X-emplaire à bien des égards

Mega Man X

Dans les jeux vidéo, il y a toujours des séries qui comptent plus que les autres, ne fut-ce que pour leur éditeur, pour qui elles revêtent une importance particulière en terme d’image. À chaque nouvelle génération de consoles, on les retrouve avec le même aplomb et parfois, leur lot de nouveautés. Ce fut le cas avec ce Mega Man X, premier volet d’une série créée en parallèle à la célèbre saga des Mega Man de Capcom.

Un enjeu de taille: donner un nouvel élan à la formule «Mega Man»

Mega Man X Super Nintendo screenshot 01Pour Capcom, et plus précisément pour Keiji Inafune (l’homme qui, depuis le début, officie à la destinée de la franchise), l’arrivée de la série des « X » sur Super NES s’apparentait à un enjeu de taille: montrer que la franchise était capable de renouveau, et ce, après six épisodes parus sur la bonne vieille NES (un record… à même de contenter les nombreux fans du petit bonhomme bleu, mais qui mettait aussi à jour un des grands travers de Capcom, à savoir les suites à la chaîne, avec comme risque principal, à la clé, de voir apparaître un manque d’innovation ou d’originalité). Dès lors, encore bien plus que par l’aspect technique (on en reparlera plus loin dans ce test), il fallait marquer les esprits et surprendre les fans.

Mega Man X Super Nintendo screenshot 02Ce qui fut fait avec l’introduction d’un tout nouveau personnage central (X l’androïde) et surtout, élément indispensable, un scénario en béton armé qui met cette fois sur le devant de la scène un univers plus adulte, plus mâture en somme, avec des protagonistes ayant beaucoup plus de profondeur. On remarquera aussi que tous les ponts ne sont pas coupés avec la série originelle. Il fallait bien assurer la filiation de la série X par rapport à la série classique, d’où notamment l’évocation en filigrane du perso du professeur Light comme « lien » entre les deux. Mais le laps de temps qui sépare les deux univers (ou backgrounds), soit une bonne centaine d’années, a permis à Capcom de s’écarter du train train habituel de la série. Mega Man X va donc poser les bases d’un tout nouvel univers, qui sera développé dans les épisodes suivants.

Un scénario riche, pêchu… et discret

Mega Man X Super Nintendo screenshot 03Consistant et bien foutu, le scénario de ce premier opus n’est malheureusement bien expliqué que dans la notice du jeu… et pas pendant le jeu lui-même. Dommage, mais ça n’enlève rien à ses qualités. Le pitch est le suivant. En 2016, l’androïde X est la toute dernière création du professeur Light. Il s’agit d’un robot d’un nouveau genre qui a la faculté de prendre ses propres décisions. Mais conscient du potentiel énorme -en bien ou en mal- de sa trouvaille, le brave professeur prévoit pour X une période de test qui durera 30 ans. Pour y parvenir, il enferme le robot dans une capsule, histoire de tester ses circuits sans risque. Malheureusement, le professeur décède quelques temps après, laissant tout son travail en l’état.

Mega Man X Super Nintendo screenshot 04Une bonne centaine d’années plus tard (en 2118 exactement), le Dr Cain (un type à la fois archéologue et concepteur de robots) découvre dans les ruines du labo de Light la fameuse capsule. Il emmène alors X et tous les travaux du défunt professeur avec lui. Grâce à cette « documentation » de premier choix, Cain parvient à créer Sigma, un réploïde parfait basé sur le système de X, et destiné à remplacer les Mechanoïds (en gros, les robots « ancienne génération »). Le résultat fut tellement probant que les Reploïds furent rapidement produits en masse, et cohabitèrent de manière pacifique avec les humains. Malheureusement, un virus fait son apparition et se propage parmi la population des Reploïds: ceux-ci, une fois contaminés, deviennent rapidement incontrôlables.

Mega Man X Super Nintendo screenshot 05Le gouvernement met alors sur pied les « Hunters », un groupe d’intervention chargé de canaliser cette nouvelle menace et de protéger la population. Dirigé par Sigma, on y retrouve également X. Mais alors que la situation semblait plus ou moins sous contrôle, l’impensable se produisit: Sigma succombe lui aussi aux effets du virus! Il prend alors la tête des Mavericks (les Reploïds infectés) et veut tout simplement détruire la race humaine. Puisque Sigma a changé de camp, c’est dorénavant Zero (un Reploïd énigmatique) qui dirige les Hunters. La résistance s’organise et X compte bien y jouer un rôle actif… Avouez que c’est pas mal comme point de départ scénaristique pour un jeu, non?

Un gameplay très «Mega Man»

Mega Man X Super Nintendo screenshot 06On aura beau dire que la série des « X » marque un tournant, ou du moins donne une nouvelle direction à la franchise de Capcom, force est de constater que les bases du système de jeu sont bien restées les mêmes. Et d’un côté, c’est un peu normal, sinon on n’aurait plus à faire à un Mega Man… Enfin bref, si vous avez eu l’occasion de jouer à un des épisodes antérieurs, vous retrouverez facilement vos repères. X devra donc se défaire de 8 boss pour récupérer leurs armes, en sachant que chaque boss sera vulnérable à l’une des armes détenue par un des autres boss. Et une fois les boss vaincus, notre héros s’attaquera à la forteresse de Sigma, qui comporte quatre stages au cours desquels il aura l’occasion d’affronter à nouveau les 8 boss (en tant que sous-boss cette fois) et, pour le grand final, Sigma en personne. Comme pour les opus précédents, cette structure de jeu poussera le joueur à trouver le meilleur cheminement possible entre les stages pour avancer le plus facilement dans l’aventure.

Des nouveautés qui font plaisir

Mega Man X Super Nintendo screenshot 07Heureusement pour le joueur, Capcom et ses équipes ont aussi inclus quelques nouveautés de taille qui non seulement vont augmenter l’attrait du jeu en première partie, mais aussi booster la replay value du titre pour les joueurs persévérants. Tout d’abord, le perso de X est upgradable: avec les armes des boss bien sûr, mais aussi au niveau de sa jauge de vie et de l’armure qu’il porte. En début de partie, il ne possédera qu’une demi-jauge de vie et une armure «stock» standard. Son arme, le Buster, permet de tirer de manière répétée, mais aussi de « charger » un tir plus puissant (il suffit pour cela de laisser le bouton de tir enfoncé). Efficace mais plus que juste pour les dangers qui l’attendent… C’est pourquoi vous devrez vous démener pour explorer les niveaux dans les moindres recoins et trouver les upgrades qui vous mèneront au succès.

Mega Man X Super Nintendo screenshot 08On dénombre ainsi 8 conteneurs de coeur (1 à trouver par stage), 4 sous-réservoirs d’énergie ou e-tanks (qui ne se rempliront que quand X a une jauge de vie pleine) et 4 upgrades pour l’armure (4 à trouver parmi les 8 stages). Pour ces derniers, on a l’upgrade « casque » (pour détruire des parois fissurées), l’upgrade « armure » (qui réduit les dégâts encaissés de moitié), l’upgrade « buster » (avec lui, le buster gagne un niveau de charge supplémentaire; à noter qu’il fonctionnera par après sur toutes les armes), et enfin l’upgrade « bottes » (qui permet à X de faire des dash et des sauts plus longs). Ensuite, pour cet opus, les boss vont désormais lorgner du côté du bestiaire animal. Leurs noms, habituellement affublés du suffixe « man », sont ici remplacés par des noms plus évocateurs, ou du moins plus originaux (Launch Octopus, Spark Mandrill, etc.).

Mega Man X Super Nintendo screenshot 09Une fois vaincus, ils donneront des armes offrant parfois des aptitudes supplémentaires à X, comme avoir un bouclier de protection, être invincible pendant un court moment, etc. Sans oublier que couplées à l’upgrade « buster », ces armes auront une puissance et une portée plus qu’améliorées. Petit bémol cependant: ces armes sont très puissantes, mais elles sont liées à une jauge de type « munitions ». Il s’agira donc de ne pas trop en abuser. Le fonctionnement des munitions est calqué sur celui des sous-réservoirs d’énergie: en ramassant un item de recharge des munitions, on réapprovisionne d’abord l’arme utilisée, puis, si celle-ci est complètement chargée, ce sera au tour des autres armes. Enfin, X pourra aussi exécuter une série de mouvements inédits qui lui permettront de se tirer de toutes les mauvaises situations. N’en déplaise aux vétérans avides de nouveautés, X ne pourra toujours pas se baisser ni tirer vers le haut par exemple, mais il pourra par contre rebondir contre les murs (grâce au kick-wall) ou encore, comme je vous le disais, faire des dash grâce à l’upgrade « bottes ». La maniabilité du petit héros est aussi très intuitive, avec l’intervention de 3 boutons du pad (un pour le saut, un pour le tir, et un pour le dash) et du bouton Start (pour accéder au menu).

Mega Man X Super Nintendo screenshot 10Les boutons L et R permettront quant à eux de switcher entre les différentes armes en sa possession, ce qui donne au titre un gameplay plus nerveux, plus vif qu’à l’accoutumée. De toute façon, les joueurs (habitués ou non de la série) pourront appréhender la base de ses mouvements dans un petit stage introductif, qui servira de tutoriel avant d’arriver à l’écran principal de sélection des stages. L’accessibilité semble d’ailleurs avoir été le maître-mot des programmeurs puisque ce premier épisode estampillé « X » est aussi un Mega Man «relativement» facile. J’insiste sur le «relativement», parce que certains des boss restent malgré tout difficiles à battre (tout en restant « faisables », même si on n’a pas l’arme appropriée), et les jauges ne se remplissent pas comme par magie après la perte d’une vie.

Mega Man X Super Nintendo screenshot 11Dans le même ordre d’idées, le dernier niveau est particulièrement casse-tête: il est long (mais heureusement découpé en levels), on y « refait » les 8 boss du jeu (ainsi que quelques nouveaux), et pour couronner le tout, Sigma est balèze de chez balèze. Mais bon, c’est de bonne guerre. Quoi qu’il en soit, un habitué de la série n’aura probablement aucune difficulté à terminer le soft assez facilement. Pour les autres, c’est une autre histoire, mais le challenge est loin d’être insurmontable. Comme quoi, le but avoué de Capcom semble ici aussi de rendre son jeu un peu plus accessible au commun des joueurs, et pas d’en faire un titre uniquement à destination des hardcore gamers.

Un premier épisode splendide

Mega Man X Super Nintendo screenshot 12Avec ses 16Mb tout mouillés et les capacités de la Super NES, Mega Man X a de quoi en remontrer aux joueurs les plus blasés. La patte « Mega Man » est bien présente, avec une robe 16bit qui lui va à merveille. Alors oui, ce n’est peut-être pas le plus beau jeu de la console, mais l’ensemble est riche et tient la route, avec des environnements graphiques variés et colorés (niveau enneigé, une centrale électrique, une jungle robotisée, un niveau aquatique…), des effets visuels bien placés et surtout un souci du détail qui fait plaisir à voir (petites bulles quand X nage, buée quand il est dans un niveau enneigé, etc.). Par moment, certains endroits pourront paraître assez vides (c’est souvent le cas pour les passages « en intérieur »), mais rien de bien grave. L’animation n’est pas en reste, et la Super NES fait le show du début à la fin, même si on sent qu’elle en a encore sous le pied. Aucun ralentissement ou bug majeur à déplorer donc, que ce soit sur la version japonaise ou européenne du jeu. Par contre, la version US semble souffrir de ralentissements dès que les ennemis sont en trop grand nombre à l’écran. Assez incompréhensible comme situation, mais pour une fois que l’on a pas une « inferior version », on ne s’en plaindra pas.

Mega Man X Super Nintendo screenshot 13Pour terminer ce test, on ne peut pas évoquer un Mega Man, fut-il un « X », sans parler des musiques. Elles sont une des pièces maîtresses dans le succès de la série, et ce, depuis ses débuts sur la NES, malgré le hardware plus que modeste de la petite 8bit. Pour ce premier opus 16bit, Capcom a donc aussi mis le paquet sur les différents thèmes musicaux du jeu. Le fil conducteur est très rock, voire même épique à bien des moments, et les différentes mélodies sont du genre à trotter dans la tête après quelques écoutes. Peu de temps morts, et du bon son durant toute l’aventure donc. Côté bruitages, on reste par contre dans le classique (mais de très bonne facture, je vous rassure), avec différents effets sonores qui n’ont plus rien à voir avec ceux de la NES et qui profitent bien évidemment de l’excellent chip sonore de la console.

En conclusion

Jolis débuts que ceux de X sur la console 16bit de Nintendo. La formule « Mega Man » adopte ici un approche plus moderne, avec un scénario et un background plus mâtures aussi. Le système de jeu reste, sur le fond, identique à celui des épisodes précédents (on ne balaie un héritage riche de 6 épisodes d’un revers de la main), mais les nouveautés apportées par cet opus (capacités upgradables, propension à devoir explorer les niveaux pour trouver de nouvelles capacités/items…) assurent au titre de Capcom un intérêt certain et une forte replay value. Même la difficulté, sensiblement revue à la baisse, permet au jeu de toucher un plus large public, n’en déplaise aux fans « hardcore ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Capcom a écoulé 1,2 millions d’exemplaires de son jeu.

Note Finale
Technique – 8 /10

Le processeur de la Super NES n’est pas au bord de l’implosion, mais Mega Man X a pour lui de bien jolis environnements et une animation de tout premier ordre (notamment pour X qui se déplace de manière très fluide).

Musique – 9 /10

Du grand art de la part des programmeurs. Déjà remarquable sur les épisodes NES, la partie “musique” prend ici une dimension toute autre, grâce aux capacités de la console… et au talent des compositeurs.

Gameplay – 8 /10

Le système de jeu mis en place par les équipes de Capcom ravira aussi bien les fans de la première heure que les nouveaux venus. Toute la force des Mega Man est là (boss à vaincre dans le meilleur ordre possible, armes à récupérer sur eux…) et les nouveautés sont appréciables.

Durée de vie – 8 /10

En terme de durée de vie, le challenge proposé par Mega Man X est tout à fait honnête pour le joueur lambda. Mais il est évident que les fans le plieront plus rapidement, en raison de son côté plus accessible (par rapport aux autres épisodes précédemment sortis).

Innovation – 8 /10

On n’a pas droit à un grand chamboulement vu que le système de jeu propre aux Mega Man reste intact, mais les nouvelles capacités de X relancent l’intérêt de la licence. Mission accomplie donc pour Capcom.

En résumé
Capcom revisite la formule Mega Man, avec une bonne dose de maturité. Une réussite !
9
Un hit !

Infos Pratiques
Développé par Capcom
Édité par Capcom
Sorti le 17.12.1993 (Japon) (1)
Sorti le 25.08.1994 (Europe)
Sorti en 01.1994 (USA)
plate-forme bionique
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe aussi sur GC (2), PS2 (2), iOS
(1) appelé “Rockman X” au Japon
(2) compilation Mega Man X Collection
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