meilleur que le premier, et c'est déjà pas mal

Mega Man X2

Accoucher d’une suite est toujours quelque chose de risqué pour un développeur, même quand on s’appelle Capcom et que le titre précédent (Mega Man X en l’occurrence) a été « million seller » sans forcer. Il y a en effet toujours le risque de tomber dans la facilité, ce qui aurait pour conséquence de décevoir et les fans et les petits nouveaux qui découvriraient la série des « X ». Voyons donc ensemble comment Capcom s’est dépatouillé de ce cruel dilemme.

Les Mavericks se rebiffent

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 01Après un premier épisode ayant reçu d’excellentes critiques, aussi bien du côté des joueurs que dans la presse spécialisée, Mega Man X2 arrivait à point nommé pour installer de manière durable la série des « X » dans le coeur des joueurs. Il débarqua dans les boutiques japonaises et américaines fin ‘94. En d’autres mots, pile poil pour les fêtes de fin d’année. En Europe, les joueurs devront ronger leur frein et attendre la sortie du jeu en juillet ‘95.

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 02Côté scénario, il se présente d’emblée comme la suite directe du premier volet, chose rare pour la « franchise » Mega Man. Le pitch est d’ailleurs toujours aussi réfléchi et mâture. Six mois se sont écoulés depuis la défaite de Sigma, et les Mavericks sont clairement sur le déclin. X, de son côté, a pris la tête des Hunters, et la mission qui lui a désormais été confiée est on ne peut plus simple: détruire les derniers Mavericks encore en circulation. Lors d’une descente sur une usine désaffectée (base supposée des Mavericks), X découvre avec stupeur que ses ennemis préparent secrètement une nouvelle offensive, la bien nommée « guerre des Mavericks », et que les événements passés n’étaient en fin de compte que le commencement d’un plan d’une toute autre envergure.

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 03Au cours de ce second épisode, X aura aussi affaire à trois Mavericks particulièrement puissants, appelés les « X-Hunters ». Ils sont en possession des restes de Zero, c’est pourquoi X devra les poursuivre et les vaincre pour espérer un jour revoir son ami androïde, mais aussi pour déjouer leur plan final qui -attention spoiler!- consiste à ressusciter Sigma. Ni plus ni moins. On voit donc que cette fois-ci Capcom a pris le parti d’insuffler de nouvelles idées au scénario, puisque le joueur devra s’occuper comme d’hab’ des 8 boss (comme dans tout Mega Man), mais tout en poursuivant les trois Mavericks, et en affrontant, en guise de boss final, le terrible Sigma. Ce dernier combat n’étant pas, pour une fois, le moteur principal du scénario, mais plutôt la « cerise » sur un gâteau déjà fort appétissant.

Un « bestiaire » très fourni

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 04Travaillé et peaufiné, le chara design a toujours été un des gros points forts des Mega Man. Sur X2, le travail le plus important concerna, principalement, les trois nouveaux Mavericks. Le premier d’entre eux est Serges. Il s’agit de la tête pensante du trio. Le second, prénommé Agile, est l’archétype même du samuraï. Son caractère démontre un côté froid et calculateur. Enfin, Violen est le troisième des X-Hunters: son profil colle parfaitement à celui, commun dans les jeux vidéo, de la grosse brute épaisse qui aime « cogner » avec son arme de prédilection (en l’occurrence, une massue recouverte de pointes, la Morning Star).

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 05Cet épisode sera aussi l’occasion pour Capcom d’introduire une nouvelle version de Zero, qui sera désormais équipé de son fameux Z-Saber. De leur côté, les traditionnels boss à vaincre en fin de stage forment aussi un casting haut en couleurs et pour le moins… inattendu. Toujours inspiré d’animaux, on y trouve un alligator (Wheel Gator), une autruche (Overdrive Ostrich), un cerf (Flame Stag), etc. Conséquence directe du scénario: quand vous aurez battu deux boss, les trois X-Hunters viendront vous mettre au défi. Ils iront se cacher dans trois stages différents (aléatoires), mais vous pourrez voir lesquels. À vous alors de les suivre. Même si il est préférable de les battre (juste un petit conseil en passant…), le fait de ne pas sortir victorieux ne vous empêchera pas de continuer le jeu. Dans ce cas de figure, le Maverick retournera alors dans sa base.

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 06Pour clore ce chapitre dédié au camp « Mavericks », parlons un peu des ennemis plus communs que vous rencontrerez dans les stages. Tout comme pour les boss, ils ont droit à un chara design plus abouti et à des sprites plus fins, plus détaillés que par le passé. Rattachés le plus souvent à « leur » stage, certains pourront vous causer bien des ennuis, sans parler du fait que, comme dans le premier X, ils pourront réapparaître à tout bout de champ suivant une logique implacable dont on a désormais l’habitude dans les jeux vidéo. Ca se jouera parfois au millimètre près, et paf! Un ennemi qui réapparait et nous tire à nouveau dessus. Quoi qu’il en soit, boss ou pas, avec un tel éventail d’ennemis, il faudra avoir du répondant et un équipement à la hauteur. Ce qui nous amène aux nouvelles capacités de X présentes dans cet épisode.

Quatre nouvelles capacités et une difficulté en hausse

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 07Le principe des quatre pièces d’armure à trouver est toujours le même, à ceci près qu’elles vont ici donner à X des capacités inédites auxquelles, soit dit en passant, Capcom a donné des noms bien ronflants. On trouve, dans le désordre, l’Infra Tracer (upgrade du casque, qui permet à X de détecter les passages secrets dans les niveaux), le Double Shot (upgrade du Buster, l’arme originelle de X, qui lui permettra de charger deux tirs successifs), le Giga Crush (un upgrade d’armure un peu spécial, puisqu’il va permettre d’absorber tous les dégâts indirects (les tirs ennemis par exemple) et remplir du même coup une jauge spécifique; une fois celle-ci pleine, X pourra lâcher une super explosion à l’écran) et enfin le Air Dash (upgrade des bottes, qui permet à X de foncer dans les airs). À noter que dans cet épisode, X pourra courir dès le départ, sans l’upgrade des bottes donc.

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 08Le reste du système de jeu est calqué sur celui du premier volet. Donc, pour résumer, huit boss à combattre pour récupérer leur arme, huit conteneurs de coeurs et quatre e-tanks à trouver dans les stages. Tout comme Mega Man X, le jeu s’ouvre sur un petit stage d’intro, avec d’emblée un boss à la clé qu’il faudra combattre en temps réel. Le gameplay, hormis les différences induites par les nouvelles aptitudes de X, est relativement similaire à celui de l’épisode précédent, avec une maniabilité toujours au top et jamais prise en défaut. Ce qui ne sera pas de trop, vu que le niveau de difficulté de ce Mega Man X2 atteint de nouveau des sommets. Mega Man X avait laissé entrevoir une lueur d’espoir pour les joueurs moins doués. Eh bien, X2 les rappelle à la dure réalité. Il faudra cumuler nerfs d’acier et dextérité au pad pour plier le jeu. Les voilà prévenus.

Beau comme un androïde tout neuf

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 09Les graphismes de Mega Man X2 marquent un très net bond en avant, avec des décors plus riches en couleurs et en détails. Le jeu progresse aussi énormément dans le domaine de la technique pure grâce à un petit tour de passe-passe: la présence, dans la cartouche de jeu, d’une puce Cx4 qui permet de gérer toute une série d’effets lors des explosions par exemple, ou d’afficher de la 3D de type « fil de fer » pour certains ennemis. Ces même ennemis vont pour la plupart exploser en plusieurs morceaux sous les tirs destructeurs de votre Buster. C’est le genre de détail qui impressionne le joueur et qui le laisse admiratif. On soulignera aussi, en passant, que cet épisode ne connaît plus les « petits » problèmes de son aîné (légers ralentissements, petits bugs d’affichage). Voilà pour la partie visuelle donc.

Mega Man X2 Super Nintendo screenshot 10Sur le plan sonore, c’est Yuki Iwai (un habitué de la série que l’on retrouve sur tous les épisodes « X ») qui a composé les différents thèmes musicaux de cet opus. Sur l’ensemble des plages, on constate que la rythmique est plus nerveuse, plus rapide que dans les autres épisodes. Dès le début de la partie, le joueur mélomane restera scotché à l’écoute de « The Maverick’s Last Stand ». Et ce qui l’attend par après sera tout aussi puissant et pêchu. Une excellente OST donc, dont un des morceaux sera d’ailleurs repris dans d’autres Mega Man X (le thème du boss Bubble Crab que l’on retrouve dans les Mega Man X5 et X6). Quant aux bruitages, ils ne font pas dans la démesure et sont similaires à ceux entendus dans Mega Man X. Pour résumer, on dira donc que, beau à bien des égards, X2 est aussi un soft qui se laisse écouter.

En conclusion

Avec pour mission de faire mieux que Mega Man X, Mega Man X2 nous arrive dans une version surboostée (entendez par là, avec cartouche de 16Mb remplie à ras bord et puce Cx4). Et le résultat est bel et bien là: graphismes nettement améliorés et effets visuels supplémentaires grâce à la puce susnommée, entre autres. Côté contenu, Capcom tutoie aussi l’excellence grâce notamment à de nouvelles aptitudes pour X, l’introduction de nouveaux persos bien charismatiques et un scénario qui, à défaut de tout à fait nous surprendre, nous sort de nos habitudes. En fin de compte, seule l’augmentation de la difficulté par rapport à Mega Man X désappointera les joueurs moins doués ou « moins fans ». Les autres se régaleront, c’est certain.

Note Finale
Technique – 9 /10

Capcom exploite la Super NES efficacement et le tandem graphismes/animation fait un sérieux bond en avant. Les légers défauts techniques du premier opus ont ici disparu.

Musique – 9 /10

Les programmeurs de Capcom sont aussi des mélomanes avertis. La preuve en musique avec les excellentes compositions de Yuki Iwai. Elles sont à la fois rythmées, pêchues et puissantes. Les bruitages, calqués sur ceux de Mega Man X, sont tout aussi bons.

Gameplay – 8 /10

Le maniement de X est toujours aussi précis. Ses nouvelles capacités permettent au jeu de se renouveler. Le reste du gameplay, similaire à l’épisode précédent, est toujours aussi solide et se permet même quelques petits écarts (notamment via les combats contre les trois X-Hunters, qui viennent casser et pimenter le rythme de la progression).

Durée de vie – 8 /10

Difficile, Mega Man X2 l’est assurément. Il offre du même coup une durée de vie plus qu’appréciable. Il y a suffisamment d’upgrades et autres items d’amélioration à trouver pour y passer de nombreuses heures. Sans parler du plat de résistance habituel: les huit boss à battre dans un certain ordre pour avancer un peu plus facilement.

Innovation – 7 /10

Dans l’absolu, Mega Man X2 est moins innovant que Mega Man X (qui avait le gros avantage d’introduire la série sur Super NES), mais il ne démérite pas pour autant. Il applique en fait la bonne vieille recette du “j’améliore une formule existante”, et il le fait bien. Que demander de plus ?

En résumé
Possible de faire mieux que Mega Man X ? Oh que oui ! Mega Man X2 est un cran au-dessus.
9
Excellent

Infos Pratiques
Développé par Capcom
Édité par Capcom
Sorti le 16.12.1994 (Japon) (1)
Sorti en 01.1995 (USA)
Sorti en 10.1995 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe aussi sur GC et PS2 (Mega Man X Collection)
(1) appelé “Rockman X2″ au Japon
Voir aussi, dans la même série
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