Qui n’a jamais rêvé d’être SUPERMAN, de voler secourir les innocents, de punir avec panache les ordures de Metropolis, et accessoirement d’embrasser Loïs Lane? A défaut de pouvoir assouvir ce rêve inaccessible, la Super Nintendo vous propose d’incarner l’homme d’acier, à travers un beat-them-all sorti en 1994 et réalisé par Blizzard Entertainment (à qui l’on doit aussi sur la console les très agréables Rock & Roll Racing et The Lost Vikings, mais aussi le cultissime Warcraft sorti sur PC). L’occasion de s’épancher sur une partie sombre du comics baptisée The Death and Return of Superman (La mort et le retour de Superman).
Superman, comment ça il meurt???
Petit rappel historique de cette partie du comics adaptée dans ce jeu vidéo. La mort de Superman a débuté en 1993 et s’est déroulée sur tous les titres mettant en scène le héros volant. Suite à un affrontement titanesque avec Doomsay, un super-vilain redoutablement puissant créé artificiellement par un scientifique de Krypton (la planète d’origine de Superman) qui sème le chaos à travers les États-Unis, le héros plus connu sous l’appellation de Clark Kent à la ville se sacrifie pour éliminer son adversaire (il sera ressuscité plus tard à la Forteresse de Solitude, dans une chambre de jouvence kryptonienne). Dès lors, 4 super-héros se révèlent au grand jour pour lui succéder.
Le Cyborg Superman, un vilain mi-homme mi-machine aux intentions maléfiques, Superboy, un clone adolescent de Superman (dont l’ADN est mi-crypton, mi-humain) et Eradicator, le dernier fils de la planète Krypton prêt à reprendre le flambeau laissé par son compère. A noter que ces 3 lascars se revendiquent être des réincarnations de Superman, rien que ça! Le 4ème se nomme Man of Steel, il s’agit d’un ingénieur sauvé dans le passé par l’homme à la cape, qui se sert d’une épaisse armure de son invention et d’un marteau. Bonne nouvelle, le jeu permettra d’incarner tous ces personnages selon les niveaux.
Un jeu loin d’être infaillible
A l’instar du héros qu’il met avant, le jeu n’est pas « invincible ». Sauf que là, pas besoin de Kryptonite, il suffit d’allumer votre Snes et de jouer pour vous rendre compte que la copie rendue par les gars de chez Blizzard Entertainment est largement perfectible. On commence par un menu option désertique, avec un sound test, un mode stéréo et un control mode. On regrette d’emblée l’absence d’un choix de difficulté, d’autant que le jeu s’avère être facile dans l’ensemble, surtout avec ses continus infinis. Mais le plus problématique, c’est l’absence de mode 2 joueurs, désagrément assez courant chez certains beat-them-all de la console (Final Fight 1, Ninja Warriors, Undercover Cops, Spiderman: Maximum Carnage, Batman Returns, etc) Dommage…
Venons en maintenant à la technique. Les graphismes affichent des couleurs criardes, plutôt sommaires, même si les héros sont correctement dessinés. Cette austérité visuelle confère cependant une ambiance pesante qui correspond bien à cette partie du comics. De leurs côtés, les sprites sont corrects bien que les animations des personnages affichent une rigidité des plus malvenues, surtout pour des super-héros de cette trempe. Pour ce qui est de la palette de coups, ce n’est pas l’éclate non plus. Un bouton pour frapper du poing, un pour envoyer des rayons lasers avec ses yeux (coup d’une puissance ridiculement faible), un autre pour sauter (et voler avec une double pression de celui-ci) et une dernière touche pour utiliser le coup spécial (à utiliser avec parcimonie car il est limité).
Il est également possible de chopper les ennemis au corps à corps; la projection comporte 4 variantes dont une permettant de propulser les vilains contre les arrières-plans, ce qui peut révéler des bonus cachés (énergie, vie supplémentaire, une utilisation supplémentaire de son coup spécial). A noter qu’il est également possible d’envoyer ponctuellement quelques objets (motos, bouts de ferrailles) sur les adversaires. Niveau bestiaire, les ennemis (aux noms douteux: Rambeau, Molotov, Chamsaw, Tick…) à bastonner font peine à voir. Non seulement ils ne ressemblent à pas grand-chose, mais en plus ils sont très limités (aussi bien en nombre qu’en intelligence…). Par ailleurs, certaines aberrations du plus mauvais goût viennent ternir le soft. Au hasard, un punk qui vous met à terre en vous balançant un bâton de dynamite, un ringard qui vient vous percuter à moto ou encore une bête qui vous met minable avec… une tronçonneuse!!! Un peu de sérieux s’il vous plaît, il s’agit de Superman quand même!!!
Supercharme
On aura beau dire ce qu’on veut mais malgré son lot d’indéniables défauts, ce soft possède un charme certain. Déjà, le jeu peut se targuer de proposer des niveaux relativement longs (avec des stages entrecoupés d’images fixes qui viennent relater avec respect l’histoire du comics), ce qui est un luxe chez les beat-them-all souvent avares dans ce domaine. Autre point positif, la linéarité et la répétitivité du jeu (point faible inhérent au beat-them-all) sont atténuées par le choix des personnages, même s’il est imposé. Exemple, vous commencez les 2 premiers niveaux avec Superman (jusqu’à sa « mort »), avant d’enchaîner le 3ème avec The Cyborg, puis le 4ème et 5ème avec Eradicator, etc… et vous retrouvez Superman à la fin.
Alors c’est vrai, les coups ne changent pas vraiment d’un perso à l’autre, Eradicator, Superboy, The Cyborg et Man of Steel n’étant finalement que des clones de Superman (les programmeurs en ont profité pour se tourner les pouces!). N’en demeure pas moins que le dépaysement visuel est agréable, de même que les infimes variantes de coups spéciaux et projections bien sympathiques. Par ailleurs, quelques scènes de shoot à scrolling vertical viennent agrémenter le jeu. Le personnage que vous incarnez à ce moment doit alors, avec son point qui projette des boules de feu, détruire des sortes de droïdes. Ces phases sont courtes et très sommaires mais elles ont le mérite d’exister.
Enfin, cerise sur le gâteau, les personnages peuvent voler!!! (on n’en attendait pas moins de la part de Superman et de ses clones mais bon quand même…) On se retrouve ainsi à combattre certains ennemis dans les airs, à récupérer des bonus cachés, ou encore à franchir des obstacles surélevés. Même si cette aptitude se révèle assez « gadget » et aurait pu être mieux exploitée, elle est tout de même simple d’exécution et carrément grisante!
En conclusion
Sans bénéficier de la maestria d’un Turtles in Time, l’une des références du genre sur la console, The Death and Return of Superman n’est pas un jeu à bouder pour autant. Certes, il n’exploite pas assez ses quelques bonnes idées, mais pour peu que vous portiez ne serait-ce qu’un peu d’intérêt à ce super-héros à collant, vous devriez prendre du bon temps devant votre console à revivre cet événement majeur qu’est « La mort et le retour de Superman ». Et puis franchement, entre nous, un beat-them-all old school dans lequel on peut voler, vous en connaissez beaucoup?!
Note finale MDP » 13/20
| Technique | 14/20 | Musique | 14/20 | |
| Les graphismes ne font pas rêver, la faute notamment à des couleurs criardes, à des décors vides et exagérément répétitifs. Les personnages sont plutôt bien dessinés et l’animation est fluide, sans aucun ralentissement à noter, une chose appréciable. | Répétitives, elles n’en restent pas moins entraînantes. Elles ont également le mérite d’être assez sombres, ce qui colle bien à cette partie obscure du comics. | |||
| Gameplay | 14/20 | Durée de vie | 13/20 | |
| Comme tout bon beat-them-all qui se respecte, des ennemis à tabasser, des boss à pulvériser, des bonus à récolter, quelques projectiles à balancer sur vos ennemis de temps à autre, et une gestion du vol assez efficace. Un gameplay simple mais qui a fait ses preuves. | Les 10 niveaux sont plutôt longs mais pas vraiment corsés, et les continues illimités ne viennent pas arranger l’affaire. L’absence de mode 2 joueurs se fait également cruellement ressentir. Mais comme le jeu est sympa dans l’ensemble, il n’est pas impossible que vous ayez envie de le ressortir de temps à autre. | |||
| Innovation | 15/20 | |||
| Rien de bien neuf hormis, et ce n’est pas négligeable, la possibilité fort appréciable de voler, ainsi que quelques phases de shoot aériennes sans grand intérêt mais originales. | ||||
| Infos pratiques | ||||
| Développé par Blizzard Entertainment Edité par Sunsoft Sorti en 08.1994 (USA) Sorti en 1994 (Europe) Pas sorti au Japon (à confirmer) |
beat-them-all 1 seul joueur Cartouche de 16Mb Pas de sauvegarde Existe aussi sur Megadrive |
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| Crédits | ||||
| Certaines illustrations de cette page proviennent du site Jeuxvideo.com. | ||||
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