
Lorsque j’ai acheté ma première Game Boy Advance (je m’en souviens encore, j’avais opté pour le modèle translucide…), le choix des jeux qui allaient l’accompagner fut vite fait: Super Mario Advance et Advance Wars. Si le premier était évident, le second l’était un peu moins, mais les quelques screenshots vus dans la presse et les échos positifs autour de moi avaient fini par me convaincre. Au Japon, la série imaginée par Intelligent Systems avait déjà connu deux épisodes à succès (dont un sur Super Famicom d’ailleurs), mais pour moi comme pour pratiquement tous les joueurs européens, la sortie de cet opus GBA fut la première occasion de s’essayer à un jeu de la série. Je ne vous le cache pas: ce fut une véritable révélation. De la stratégie militaire au tour par tour, c’était (et c’est toujours) une denrée rare sur nos consoles.
L’étincelle de génie des développeurs est d’avoir imaginé une formule qui se suffit quasiment à elle-même, et dont les caractéristiques principales étaient déjà présentes dès les tous premiers épisodes. Le passage sur GBA leur a permis de peaufiner encore un peu plus leur bébé, en proposant un véritable scénario pour le mode solo, au cours duquel vous serez le « conseiller militaire » d’un tout jeune général (Andy) et par la suite de deux de ses amis (Max et Sam). Ils affronteront au cours des 17 missions qui les attendent des généraux hauts en couleurs ayant chacun un domaine de prédilection (aviation, marine, artillerie…). Avant de vous lancer dans l’aventure, vous pourrez suivre un didacticiel sous les conseils avisés de la jolie Nell, de quoi se familiariser avec les bases du jeu et ses mécanismes. Vous vous apercevrez rapidement qu’Advance Wars est en même temps très accessible et doté d’une grande profondeur.
Il suffit pour s’en convaincre de voir l’impressionnante panoplie de troupes mise à notre disposition: des fantassins (armés de simples fusils ou de bazookas), des tanks simples ou plus « costauds », de l’artillerie, de la DCA, des unités de ravitaillement et de transport de troupes, une aviation digne de ce nom (avec hélicoptères de combat, chasseurs, bombardiers…) ou encore des unités marines (de la simple barge jusqu’au sous-marin, en passant par le destroyer et le croiseur). Il vous faudra composer avec les caractéristiques de chacune d’entre elles, puisqu’elles ont toutes leurs points forts et leurs points faibles. Les « maps » (ou missions) proposent une grande diversité de situations. Elles se divisent en deux grandes catégories: celles où vous aurez un certain nombre d’unités fournies dès le départ (vous ne pourrez pas en « produire de nouvelles », à vous de vous débrouiller pour les épargner au maximum en combat, et si possible, les réparer), et celles où vous aurez la possibilité de les produire à la chaîne… si vos moyens financiers vous le permettent.
Ces derniers sont calculés en fonction du nombre de bâtiments en votre possession sur la carte en cours. Certains sont de simples immeubles, alors que d’autres (les « usines », les « héliports »…) vont vous permettre de produire les unités dont vous aurez besoin. Il n’y a pas de secret: pour avoir beaucoup de ressources financières, il faut s’emparer du plus grand nombre possible de bâtiments à l’aide de vos troupes (tout en sachant que seuls les fantassins en sont capables, avec un minimum de 2 tours pour prendre un bâtiment et le faire basculer dans votre camp). Le jeu fourmille d’autres subtilités et prend en compte pas mal de paramètres différents: la nature du terrain qui influera sur votre protection et votre mobilité, la possibilité de « réparer » ses unités sur les différents immeubles en votre possession (moyennant finance), les caractéristiques de vos généraux et leur « pouvoir » (Andy peut réparer ses unités, Max décuple sa force pour balayer les unités adverses…).
Une fois la campagne « solo » terminée, vous pourrez vous lancer dans non pas un mais bien deux modes multijoueurs. Le premier se joue avec une seule console, le second avec plusieurs GBA reliées par câble link. C’est bien évidemment dans ceux-ci que toute la richesse d’Advance Wars éclate au grand jour. Aux maps mises à votre disposition dès le départ, vous aurez l’occasion d’en « acheter » de nouvelles (avec des pièces obtenues dans la campagne « solo »). Particulièrement nombreuses et variées, elles seront une source inépuisable de fun pour vos « joutes » virtuelles entre amis. Et pour enfoncer le clou un peu plus, les différents généraux présents dans le scénario « solo » seront ici jouables (dont certains à débloquer, à nouveau grâce aux pièces durement gagnées auparvant).
Toutes ces escarmouches et grandes manoeuvres se déroulent dans une ambiance bon enfant, avec des généraux au look très « manga/anime », et un graphisme clair, indispensable pour avoir une bonne vision de ce qui se passe sur la carte. Le tout est animé sommairement, mais est en mouvement constant, ce qui donne une touche très vivante au jeu (fumée qui sort des « usines », sprites des unités qui se dandinent sur place). Les animations qui interviennent lors des combats sont par contre très sympas. En fin de compte, seules les musiques risquent de vous porter un peu sur les nerfs, principalement en raison de la piètre qualité de la restitution sonore de la GBA. Un petit conseil: jouez-y avec des écouteurs… ou encore mieux, soyons fous, coupez carrément le son. Vu le temps passé sur certaines maps, vos nerfs risquent d’être mis à rude épreuve avec les musiques qui tournent en boucle.
Cette redécouverte d’Advance Wars m’a en tout cas permis de constater que le concept même du jeu n’a pas vieilli d’un pouce: ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la série a continué par après à faire les beaux jours de la GBA et ensuite de la DS. C’est fun, vivant, et on se prend très vite pour un véritable petit stratège. Je ne me souvenais pas, par contre, que la campagne solo était aussi courte (même si certaines maps prennent du temps, on reste un peu sur sa faim…). Peut-être que le fait de mieux connaître aujourd’hui les ficelles du jeu m’a permis de le terminer plus rapidement. Sinon, c’est bien évidemment le genre de cartouche que l’on conserve précieusement dans sa ludothèque et que l’on ressort à l’occasion pour affronter un ami dans l’inépuisable mode « multi ». A conseiller fortement à tout stratège qui se respecte.







Commentaires
Aucun commentaire pour “[Test] Advance Wars sur GBA”