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la simu de tennis qui a tout compris

Jimmy Connors Pro Tennis Tour

Années 90. Plus que jamais, les éditeurs de jeux vidéo aiment s’offrir des licences de films, de dessins animés, ou encore de sportifs connus. Avant de commencer ce test, voici un petit briefing historique consacré à celui qui prête son nom à ce jeu de tennis sorti sur la Super Nintendo.

Connors: une légende du tennis moderne!

Jimmy Connors est un tennisman américain qui a brillé dans sa discipline durant les années 70. Champion à la combativité sans faille, celui que l’on surnommait aussi « Jimbo » a été classé numéro 1 mondial pendant 268 semaines, dont 160 consécutives. Cet athlète au tempérament bien trempé, jugé même par certains comme arrogant, possède à son palmarès pléthorique (en simple, 109 titres recensés par l’ATP) pas moins de 8 titres du Grand Chelem (5 à l’US Open, 2 à Wimbledon et 1 à l’Open d’Australie). Il fallait bien un jeu vidéo pour rendre hommage à cette légende du tennis moderne! Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Jimmy Connors Pro Tennis Tour est une adaptation de Great Courts, une des sagas références tennistiques de l’époque (fin des années 80) sortie sur ordinateur (popularisée sur l’Amiga), programmé par Blue Byte, un modeste développeur allemand. Un an après la sortie de Super Tennis sur la Super Nintendo, voilà donc Jimmy Connors Pro Tennis Tour qui débarque en 1993 sur console pour le plus grand plaisir des amateurs de la petite balle jaune.

Il a quoi dans le ventre Jimmy?

Le soft propose 3 modes: exhibition, tournoi et entraînement. Pour ce dernier, 5 coachs vous proposent autant d’entraînements spécifiques: 3 sont accompagnés de conseils selon votre niveau (débutant, confirmé, pro) et 2 autres vous initient à la volée et au service. Rien de bien transcendant, ce mode est largement dispensable, surtout si vous jetez un œil à la notice, d’une excellente facture. Fidèle à ses habitudes, le sempiternel mode exhibition propose des parties contre l’ordinateur ou un ami (un seul malheureusement, les programmeurs nous ont refusé le luxe de sortir notre multitap). Il est bien sûr possible de régler divers paramètres: nombre de sets, niveau de difficulté de l’adversaire (contre l’ordi), match en simple ou double (le CPU pouvant officier à vos côtés si vous êtes seul), choix du court au nombre de 5: gazon, terre battue, court en indoor, et 2 courts fantaisistes (désert et antarctique!).

C’est peu mais l’essentiel est là, d’autant que les surfaces respectent (timidement mais quand même) la réalité: par exemple, le gazon favorise un jeu rapide, contrairement à la terre battue où le rebond est plus lourd. Pour ce qui est du casting, on peut compter sur 16 joueurs sélectionnables, dont Jimmy Connors, vous l’aurez deviné. Hormis ce joueur réel, tous les autres sont factices, question d’argent et de droits, s’offrir le nom d’un champion dans un jeu étant déjà un luxe pour l’époque! Ainsi, les autres choix sont de lamentables pseudos archi-clichés qui font penser, de près ou de loin, à de vrais champions. Pêle-mêle, le suédois Bjoern Edson (Stephan Edberg), l’américain Bruce Barnaby (André Agassi) ou encore l’allemand  Moritz Mueller (Boris Becker).

Pour la déconne, voici les noms des 2 français du jeu: Rashid Orgul et Pierre Papou (…). Logiquement, chaque joueur possède ses points forts et ses faiblesses (coup droit dévastateur, revers défaillant, jeu au filet redoutable, etc.), à exploiter pour triompher en toute circonstance. Enfin, pour les loups solitaires, le jeu est doté d’un mode World Tour dont le but est d’atteindre le rang de numéro 1 mondial au terme d’une saison d’un an. Chaque mois, le joueur choisit le tournoi auquel il veut participer, sachant que chacun possède sa cote selon son prestige (les 4 tournois du Grand Chelem étant évidemment les plus intéressants). Les points sont attribués en fonction du parcours effectué lors du tournoi. Un système de mots de passe permet de reprendre la partie après avoir éteint sa console. Ce mode World Tour se révèle au final agréable mais manque toutefois de challenge et ne devrait pas vous tenir très longtemps en haleine…

Silence SVP, les joueurs sont prêts

Avant d’en venir aux commandes, passons brièvement sur l’enrobage du soft car soyons clairs, le jeu ne fait pas dans la performance technique. Mais est-ce vraiment ce qu’on demande à un jeu de tennis (qui plus est sur 16 bits)? Les graphismes sont minimalistes mais propres, les animations sont fluides, correctement décomposées bien que l’on puisse noter une approximation de collision lors de certaines frappes. Rien de bien méchant, on s’y fait rapidement. Pour leur part, les bruitages sont succincts mais réalistes. Bref, le soft joue la carte de la sobriété. Passons à l’essentiel, les commandes. Le jeu propose 2 modes de contrôle. Un contrôle total où vous maîtrisez les déplacements et les frappes de votre joueur (comme dans quasiment tous les jeux de tennis). La 2ème option est le contrôle partiel où l’ordinateur gère les déplacements de votre joueur. À préconiser pour les néophytes ou les grosses feignasses à qui le simple fait d’appuyer sur la croix directionnel constitue un effort considérable…

Lors du service, vous contrôlez un curseur et devez appuyer au moment opportun pour placer la balle où vous le souhaitez dans le carré de service. Selon le bouton pressé, vous pouvez réaliser des services puissants (ou non), risqués (ou pas) et imprimer un effet à la balle. Lors des échanges, la gamme des coups du parfait tennisman est au rendez-vous: l’amorti, le lob, la frappe normale et le coup rapide. Le jeu à la volée possède également ses variations: la volée sûre mais pas forte, la volée lobée, la volée amortie et la volée forte mais risquée. Il est également possible de donner un effet slicé à la balle en appuyant sur les gâchettes de la manette. À noter que les touches haut et bas de la croix directionnelle influent sur la longueur de la balle. Le tout s’avère au final aussi complet que simple à prendre en main.

Game – play!

Niveau gameplay, le soft sort le grand jeu et fait honneur à son statut de simulation. Pour bien appréhender les matchs, les caractéristiques de votre joueur sont à prendre en compte, de même que celles de votre adversaire mais aussi le type de surface sur lequel vous jouez. Il est fréquent de sortir la balle du court ou de la laisser dans le filet si votre placement est mauvais ou que la trajectoire de votre coup est trop approximative. Une frustration pour les amateurs d’arcade, un régal pour les puristes qui ont souvent pesté contre tous ces jeux où faire une « faute » relevait du miracle! Par ailleurs, en plus du placement prépondérant pour ne pas sortir la balle du court, Jimmy Connors est l’un des premiers jeux de tennis à prendre en compte la gestion du dosage des coups. Plus vous préparez votre coup en appuyant sur le bouton de frappe sans le relâcher, plus celui-ci sera à même de laisser votre concurrent sur place. Un système intuitif, efficace, qui est toujours utilisé de nos jours pour les simulations de haute volée, Top Spin 3 en tête.

L’I.A de l’ordinateur est également à la hauteur, surtout si vous jouez en mode vétéran. Vous n’aurez dès lors d’autre choix que de maîtriser parfaitement les différents coups et de mettre en place une tactique pour disposer de votre adversaire. Petit détail sympathique, une fiche de statistiques est proposée lors des matchs, entre les jeux. Parlons maintenant de l’élément fondamental qui fait que chaque jeu de sport (et plus globalement de chaque jeu tout court) est réussi ou non: le plaisir. Une fois encore, Jimmy Connors répond présent. L’alchimie trouvée par les programmeurs est excellente, et les sensations tennistiques sont restituées avec brio. Une fois assimilées les bases et multiples subtilités, le plaisir de taper dans la petite balle jaune devient total et les parties s’enfilent inlassablement. Quand on sait que le jeu se trouve aujourd’hui facilement dans le commerce et pour une poignée d’euros, il serait criminel, pour tout amateur de tennis, de s’en priver.

Jeu, set et match

D’une efficacité redoutable et sans forcer son talent, Jimmy Connors Pro Tennis Tour est le genre de titre qui a tout compris de ce que l’on attendait d’une simulation de tennis. Simple d’accès mais riche en possibilités en dépit de quelques légers défauts, il supplante sans peine ses 2 concurrents directs sur la console, Super Tennis (1992) et Smash Tennis (1994). Il peut même prétendre à une place dans le panthéon des ténors du genre, aux côtés de l’impérial Final Match Tennis de la PC Engine et, plus récemment (toute proportion gardée bien sûr), des superbes sagas Top Spin et Virtua Tennis. Indéniablement, ce soft possède, encore aujourd’hui, un vrai plaisir et intérêt à être pratiqué. La marque des grands, à l’instar du champion qu’était Jimmy Connors. Respect.

Note finale
 
Technique     Musique  
Dans l’ensemble, le jeu fait dans la sobriété. Niveau graphismes, pas de quoi écarquiller les yeux, loin de là, mais l’ensemble est cohérent et efficace. L’animation n’est pas en reste avec des mouvements bien décomposés et réalistes, sans ralentissement. On notera cependant une gestion des collisions pas toujours optimale lors des frappes. On ne peut de toute façon pas exiger beaucoup plus d’un jeu de tennis 16 bits.   Évidemment, pas de musique pendant les matchs, hormis celle qui accompagne les stats entre chaque jeu, sympa mais ultra répétitive. De leurs côtés, les bruitages des rebonds de balle diffèrent selon le type de surface, et les voix digitalisées de l’arbitre (et même parfois les acclamations du public) sont basiques mais respectables.
Gameplay     Durée de vie  
Une possibilité sympathique de jouer en mode manuel ou automatique (pour les néophytes ou les fainéants). Mais surtout, ce jeu est l’un des premiers à proposer une gestion du dosage de la puissance des coups, qui vient s’ajouter à l’importance du placement du sportif. De plus, le soft permet de développer aussi bien le jeu de fond de court que celui au filet, un luxe pour l’époque. En résumé, un mix parfait pour cette simulation complète qui reste facile à prendre en main.   Même si les 3 niveaux de difficulté son parfaitement dosés, il est évident que les oppositions contre le CPU montreront inévitablement leurs limites à la longue mais le mode World Tour vous offrira des parties savoureuses. Pour le mode 2 joueurs, le jeu est assez riche pour que l’intérêt soit quasi infini, surtout si vous trouvez un ami de votre niveau. On regrettera juste l’absence d’un mode 4 joueurs, présent dans le concurrent direct Smash Tennis.
Innovation    
Un jeu de tennis quoi!  
Infos pratiques
Développé par Blue Byte Software
Édité par Ubi Soft
Sorti le 23.10.1993 (Japon)
Sorti en 12.1992 (USA)
Sorti en 1993 (Europe) (*)
  jeu de tennis
1 à 2 joueurs
Cartouche de 4Mb
Sauvegarde par mots de passe
(*) date de sortie à confirmer
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Crédits
Illustrations en provenance du site Jeuxvideo.com.
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