Dans le jeu vidéo comme ailleurs, il n’y a pas de petits profits. C’est certainement la devise du duo Banpresto/Bandai qui, pour la troisième fois, déterre quelques vieilles licences chères au coeur des japonais et les leur ressert sous la forme d’un beat-them-all iconoclaste.
Licences à succès + traitement SD = carton assuré (du moins au Japon)
Comme son titre le laisse supposer, The Great Battle III est le troisième opus d’une série entamée par Banpresto dès fin 1990, sur Super Famicom, avec SD The Great Battle (autrement dit, quasiment en même temps que la sortie de la console sur le sol japonais). L’idée sous-jacente de ce premier épisode (et de tout ceux qui suivront) était de rassembler dans un seul et même jeu les héros de différentes séries cultes bien connues du public japonais, à savoir Gundam (une véritable institution de la S.F. made in Japan), Ultraman (tout aussi culte) et Kamen Rider. Le genre choisi fut l’action/beat-them-all, avec, par la suite, des variantes en fonction des épisodes, certains penchant plus du côté de l’action, de la plate-forme ou même du shooter.
Et la représentation des persos en SD (pour Super Deformed, soit grosse tête et petit corps) acheva de rendre le titre sympathique aux yeux des fans et des profanes. Il faut d’ailleurs croire que la recette a bigrement bien fonctionné puisque la série comptera pas moins de 5 épisodes sur Super Famicom et poursuivra par la suite sa carrière sur PSone. Maintenant, à la question «Pourquoi tester le troisième épisode et pas le premier?», ce qui aurait été, je l’avoue, plus logique, je vous répondrais qu’en raison de son ambiance heroic-fantasy/médiévale, c’est surtout ce troisième opus qui m’a personnellement tapé dans l’oeil, bien avant les autres.
Et comme les tests le concernant sont plus que rares sur le Net, raison de plus pour lui rendre justice et lui consacrer une page sur le site. Résultat: je m’exécute en vous livrant ce test. Tout ceci ne veut pas dire non plus que vous ne verrez jamais les tests des deux premiers épisodes sur la MdP. Loin de moi cette idée. Mon petit doigt me dit même qu’ils seront publiés dans un avenir plus ou moins proche sur votre site bien aimé… «Stay tuned» comme diraient nos amis anglo-saxons. ^^;
Revenons-en à nos quatre larrons
Sorti en 1993, The Great Battle III propose le casting «habituel» de la série, c’est-à-dire des persos issus des licences citées précédemment: Gundam F91 (Gundam), RX (Kamen Rider), Ultraman (Ultraman) et Fighter Roa (un perso original imaginé par Banpresto pour les besoins de la série, et apparu pour la première fois dans le second volet). Ceux-ci voyageaient tranquillement dans l’espace, quand subitement, une météorite est venue frapper leur vaisseau de plein fouet. S’ensuit pour nos héros un atterrissage en catastrophe sur une planète proche baignant en pleine époque médiévale. À peine remis de leurs émotions, ils se font rapidement cerner par des autochtones et sont emmenés «manu militari» auprès du Roi. Et une petite audience plus tard, les voilà partis sur les traces d’un sorcier malfaisant qui terrorise le royaume (puisqu’ils sont là, autant se rendre utiles non?). Le trip qui les attend est cependant loin d’être cool puisque nos héros sont habitués à vivre dans le confort d’un monde à la pointe de la technologie.
Dépaysement garanti pour eux donc, d’autant plus qu’ils vont devoir laisser leur arsenal habituel (lasers, bombes plasma…) au vestiaire et le troquer contre un armement, disons, nettement plus rustique: F91 maniera l’épée, RX la lance, Ultraman une masse ornée de pointes, et Fighter Roa un arc. Votre perso avancera dans les niveaux de la gauche vers la droite, et pourra se déplacer en profondeur (vers le fond ou vers l’avant de l’écran), tout en restant de profil. D’une simple pression sur «select», on peut changer de perso à volonté et ils sont tous les quatre disponibles dès le début de l’aventure. C’était déjà le cas dans les épisodes précédents. Ça l’est toujours dans celui-ci puisque c’est la marque de fabrique de la série. Au gré des situations (mais surtout de vos envies), vous pourrez donc changer de perso et ainsi goûter à un feeling légèrement différent (qui découle directement de la nature de l’arme utilisée).
Car pour le reste, chaque perso possède des aptitudes plus ou moins similaires, et même assez nombreuses pour un beat-them-all n’ayant pas de prétention autre que celle de se vendre auprès des fans. Sont de la partie: les projections, les attaques «chargées» (en laissant le bouton «attaque» enfoncé quelques secondes), les petits combos automatisés (coups de pied par exemple, bien utiles pour éloigner temporairement un ennemi), le saut (simple ou double, avec possibilité d’enchaîner avec un coup dans les airs), le dash (faire courir votre perso vers la droite ou la gauche et enchaîner éventuellement avec un coup), la protection, et enfin les attaques spéciales. Ces dernières ne sont réalisables que si l’on achète l’item adéquat dans une des boutiques que compte le jeu.
Facilement reconnaissables à leur enseigne «Shop», elles proposent de quoi survivre tout au long de l’aventure: des items régénérants plus ou moins puissants, des attaques spéciales dévastatrices, des items qui vont augmenter la puissance de votre perso… On peut en porter plusieurs à la fois, mais là ou certains items peuvent être accumulés, d’autres ne pourront être portés qu’en exemplaire unique. L’interface du jeu est très claire et exploite le pad Super Famicom le plus simplement du monde: on switche entre les items avec L ou R, les autres boutons étant affectés aux différentes actions de votre perso (parade, attaque spéciale, saut, coup). Vous allez me dire que pour faire des emplettes, il faut de l’argent! Et moi de vous répondre: «Ce sont ici les ennemis qui régalent!». En fait, chaque ennemi tué donnera une pièce (plusieurs pour les boss), de quoi se constituer un petit bas de laine fort utile quand on trouve une boutique sur sa route (généralement placée proche d’un boss).
SD style pour tout le monde!
Pas de jaloux, la très grande majorité des ennemis est elle aussi soumise au traitement SD, tout comme nos quatre héros. Et ils devront eux aussi se contenter d’armes typiquement médiévales (masses, épées, haches, boucliers…). Certains font même dans la magie, et il vaudra mieux les neutraliser le plus rapidement possible, car certains sorts peuvent transformer temporairement votre perso, le rendant ridicule (c’est pour l’humour) mais surtout vulnérable. Les boss sont pittoresques, parfois sans surprise (gros chevalier, chauve-souris géante, dragon volant…), parfois hors du commun (monstre de flammes pas évident à aborder). Mais bon, vous ne serez pas non plus face à des dangers insurmontables: c’est loin d’être le but du jeu.
Parfois, c’est même plutôt la maniabilité hasardeuse qui vous causera quelques soucis à certains endroits plutôt que la difficulté intinsèque des ennemis. Preuve s’il en était que Banpresto n’est pas Nintendo et que ses réalisations ne sont pas exemptes de défauts. D’un autre côté, les fans n’en auront cure, d’autant plus que l’ensemble est vraiment agréable à jouer et que les niveaux sont bien construits: ni trop courts, ni trop longs, avec parfois un cheminement plus élaboré (comme le petit dédale dans le stage de la mine), on prend plaisir à les arpenter.
Les combats seront menés tambour battant, sur fond de musiques épiques et rythmées qui sonnent à chaque fois juste au gré des situations. Je ne saurais cependant pas vous dire si elles s’inspirent des thèmes musicaux des différentes licences dont sont issus les héros. Quoi qu’il en soit, si c’est le cas, le travail d’adaptation a été rondement mené, et si ce n’est pas le cas, le mérite du ou des compositeurs n’en est que plus grand. Face aux boss, on constate aussi que le thème musical change pour prendre une couleur plus pesante, plus dramatique. C’est une petite astuce pas très originale (on la retrouve dans bon nombre de jeux) mais elle fait son petit effet à chaque fois. Simple et efficace je vous dis. Comme les bruitages d’ailleurs qui, sans être très marquants, font bonne figure dans cet ensemble pour le moins bigarré.
En conclusion
Avec The Great Battle III, nos héros débarquent dans un univers médiéval, et on peut dire que ce changement d’air leur est plus que salutaire. Pas évident au départ, l’abandon des lasers et autres armes high tech permet même de renouveler un gameplay qui commençait à se mordre la queue. Les habitués de la série apprécieront donc forcément ce troisième volet, et il y a de fortes chances que les nouveaux venus se laisseront également embarquer par ce titre au casting improbable et à la réalisation plus qu’honnête.
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Note finale
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| Technique | ![]() ![]() ![]() ![]() |
Musique | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Les sprites (héros ou ennemis) sont gros et les niveaux assez longs. Qu’à cela ne tienne, la Super Famicom digère tout cela sans difficulté, d’autant plus que l’on ne dépasse jamais la poignée de 5 ou 6 protagonistes à l’écran. Les effets spéciaux se font rares tout au long du jeu. | Des thèmes énergiques, dignes de super héros. Normal, Gundam et ses amis sont des stars dans leurs séries respectives. Morceaux inspirés ou non de leurs licences? Je ne saurais le dire, mais ils sont réussis. | |||
| Gameplay | ![]() ![]() ![]() ![]() |
Durée de vie | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Par moment imprécise (surtout pour les sauts, approximatifs), la maniabilité est le reste du temps bonne. Le joueur est gâté: nos quatre héros sont dotés de nombreux mouvements et -marque de fabrique des Great Battle- sont tous dispos dès le début du jeu. C’est suffisamment rare pour être signalé. | Pas bien difficile, The Great Battle III se consomme assez rapidement. À noter que le soft se montre conciliant (les modes easy / normal / hard sont sélectionnables dans les options) et propose une replay value intéressante de par son ambiance et ses modes 2 joueurs (un mode « normal » -pour faire l’aventure à deux- et un mode « versus » -pour se lancer dans un semblant de beat-them-up, nettement plus anecdotique-). | |||
| Innovation | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Escale médiévale pour la série, jusque-là habituée à un univers moderne et futuriste. L’idée est excellente: elle influence directement le gameplay et sera d’ailleurs reprise dans le 5ème épisode qui, lui, se déroulera dans un univers western! Les développeurs parviennent aussi à retravailler le gameplay, sans toutefois le changer fondamentalement. En gros, ils le font suffisamment évoluer pour éviter l’enlisement de la série. | ||||
| Infos pratiques | ||||
| Développé par Banpresto Édité par Banpresto Sorti le 26.03.1993 (Japon) Pas sorti aux USA Pas sorti en Europe |
beat-them-all très exotique 1 à 2 joueurs Cartouche de 16Mb Sauvegarde par mots de passe |
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