baston en mode mollasson

Ranma ½

Tous les adorateurs du Club Dorothée ou les fans de manga en général ont forcément déjà entendu parler de Ranma ½. Certes, cet anime n’a jamais disposé de la notoriété ravageuse d’un Dragon Ball Z ou encore de celle des Chevaliers du Zodiaque, mais il a toujours eu sa bande de fidèles.

Ce manga né en 1987 sort tout droit de l’imagination débordante de Rumiko Takahashi, l’une des rares mangaka (dessinatrice de manga) féminines au Japon. Déjà maman du cultissime Maison Ikkoku (connu chez nous sous le nom de Juliette je t’aime), elle signe avec Ranma ½ l’une de ses œuvres les plus abouties. Habile mélange entre la comédie (le manga verse souvent dans le vaudeville) et les arts martiaux, il y est question d’un jeune garçon, Ranma Saotome, qui se transforme en fille au contact de l’eau froide. Une particularité survenue après une chute dans l’une des sources maléfiques, située en Chine.

Une adaptation sous le signe de la baston

Ranma ½ Super Nintendo screenshot 01Fort de son succès en France dans les années 90, il était donc normal que cette licence fasse l’objet d’une adaptation sur la Super Nintendo, au même titre que la série des Dragon Ball Z ou encore Sailor Moon. C’est vers le jeu de baston que se tourne ce Ranma ½. Du côté des modes de jeu, le titre fait dans le classicisme absolu. Un mode histoire, un mode versus et enfin, petite folie… un mode Team match pour des combats en équipe. C’est léger.  Concernant le mode story, chaque personnage dispose de sa petite histoire articulée autour de la décision du principal du collège d’organiser un tournoi d’arts martiaux. En le remportant, les protagonistes ont chacun leurs attentes : Ranma espère éviter de passer ses examens, Akane (sa copine à leur insu) veut punir les garçons qui ne cessent de la courtiser, Genma souhaite donner une raclée à son fils, etc… Autant de mini-sketchs, dans l’esprit décalé du manga, qui ne sont en définitive que des prétextes pour combattre.

Une fidélité respectée

Ranma ½ Super Nintendo screenshot 02Le casting du jeu se compose de 10 fighters (dont 2 à débloquer) sortis tout droit du manga: Ranma version homme, Ranma version femme (aussi différent que Ryu et Ken…), son papa alias Genma sous sa forme de panda, le principal rival du héros en la personne de Ryoga, la petite amie de Ranma, Akane (traduite en Adeline) et la ravissante mais vicieuse Bambou. Au rayon des moins connus, on note l’énigmatique Gosunkugi, la cuisinière Frédérique, le bigleux Mathias, le joueur invétéré King, et enfin le boss Johnny Pantyhose (disponible sous 2 formes). Comme tout bon jeu de combat qui se respecte, chaque combattant possède ses propres spécificités.

Ranma ½ Super Nintendo screenshot 03D’ailleurs, la principale force du titre réside dans sa fidélité bienvenue à l’œuvre de Rumiko Takahashi. Le soin accordé aux graphismes permet de restituer l’univers coloré de la série, la bonhomie des personnages et l’exotisme des lieux visités. Pour ne rien gâcher, l’humour est également de la partie. Les mimiques de certains personnages se révèlent souvent tordantes lorsqu’ils se font cogner (avec par exemple l’apparition de bosses ou de pansements!), de même que leurs attitudes après une victoire ou une défaite. Le genre de petits détails bien sympathiques qui n’échappent pas au regard acéré des fans. On en attendait pas moins d’un jeu Ranma mais les coups spéciaux sont eux aussi en rapport direct avec le manga, ce qui comblera assurément les fans.

Ran- mou

Ranma ½ Super Nintendo screenshot 04Malgré cette fidélité  respectable, le soft cultive quelques lourds handicaps, parmi lesquels un sérieux manque de nervosité. Où est donc le punch d’un Street Fighter II ? Ici, les combats souffrent de lenteur, et manquent globalement de vigueur et d’énergie.  C’est d’autant plus regrettable que l’univers de Ranma se prêtait à des affrontements davantage « fou-fous ». On aurait par exemple apprécié des métamorphoses lors des combats, au contact de seaux d’eau disséminés dans le décor. Une idée parmi tant d’autres car il y avait vraiment matière pour profiter de l’originalité de cette franchise délicieusement déjantée. D’autre part, la palette de coups dont dispose les persos est bien trop restreinte.

Ranma ½ Super Nintendo screenshot 05Pas de quoi s’étouffer avec les attaques simples (un coup de poing, un coup de pied, une projection… et c’est à peu près tout) et les coups spéciaux se comptent sur les doigts d’une main. J’ose à peine préciser que les enchaînements et autres combos sont quasi inexistants, rendant ainsi le jeu accessible, si on est gentil, mais creux, si on est réaliste. Pour confirmer encore plus cet amer constat, la maniabilité n’est pas toujours très inspirée. Pour preuve, la configuration de départ vous impose d’appuyer sur le bouton X pour sauter ; les réglages dans les options ne permettent même pas d’assigner cette aptitude au haut de la croix directionnelle, comme quasiment tous les jeux de baston. De leurs côtés, les gâchettes L et R servent à se protéger. Pas super ergonomique…

Les Ranma de la Super NES

Ranma ½ Super Nintendo screenshot 06Avant de conclure ce test, voici un petit topo sur les Ranma qui ont sévi sur la 16 bits de Nintendo. La console a accouché de 3 jeux de baston, dont celui présentement testé, le seul à être sorti en France, qui est en fait le 2ème de cette « trilogie » fight. Plus achevé que le 1er, ce volet souffre toutefois de la comparaison avec le 3ème, considérablement enrichi en terme de gameplay. Deux autres Ranma s’aventurant sur des terrains différents ont aussi vu le jour. On trouve Ranma Ougijaanken, un puzzle fighter à la sauce Puyo Puyo basé sur le principe du shi fu mi (le fameux jeu pierre, ciseau, papier) plutôt réussi, et un Ranma RPG baptisé Treasure of the Red Cat Gang, minimaliste mais sympathique, clairement adressé aux fans.

En conclusion

Sans sombrer dans le mauvais jeu de mot (c’est pourtant ce que je vais faire…) Ranma ½ est un jeu moitié réussi, moitié raté. L’univers visuel et la douce folie du manga sont plutôt fidèlement retranscrits mais la mollesse du jeu et son manque de profondeur lui font mal. Les fans pourront y trouver leur compte, les yeux de l’amour aidant à faire oublier les quelques (grosses) lacunes citées. Les autres n’auront sûrement pas cette tolérance et passeront leur chemin, sans regret aucun.

Note Finale
Technique – 6 /10

Les personnages sont bien dessinés et respectueux de l’œuvre de Rumiko Takahashi. Les sprites affichent une taille convenable, les couleurs sont chatoyantes et les stages sont parfois somptueux. Malheureusement, la lenteur du jeu et l’animation dépouillée viennent noircir ce tableau.

Musique – 7 /10

L’un des points forts du jeu avec les graphismes. Elle colle parfaitement avec l’ambiance de Ranma ½ , même si elle se montre répétitive sur la longue. Les connaisseurs du dessin animé ne seront pas dépaysés. Les voix digitalisées des divers protagonistes sont aussi de bonnes factures.

Gameplay – 6 /10

Les douze personnages disposent d’une palette de coups vraiment réduite et les combats manquent de profondeur. La maniabilité est convenable. Les novices seront aux anges mais au final, sans se voiler la face, le jeu est plutôt creux.

Durée de vie – 6 /10

Un mode Histoire sympathique, l’éternel mode versus contre un ami, et un mode Team battle accessoire. Les fans pourront s’amuser le temps de quelques parties mais pour les autres, c’est moins évident…

Innovation – 5 /10

La patte Ranma permet un souffle d’originalité mais sinon, il s’agit d’un jeu de baston quelconque et d’une licence de plus pour la Super Nintendo. Rien de plus.

En résumé
Une esthétique fidèle au manga, mais un manque de profondeur flagrant. Seuls les fans risquent d’apprécier.
6
Trop mou

Infos Pratiques
Développé par Atelier Double
Édité par Ocean
Sorti le 25.12.1992 (Japon) (*)
Sorti en 11.1993 (USA) (*)
Sorti en 1993 (Europe)
combat
1 à 2 joueurs
Cartouche de 16Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
(*) le jeu est sorti sous le titre Ranma ½ Bakuretsu Rantou Hen au Japon et Ranma Hard Battle aux USA
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