En rapport des japonais ou des américains, il n’y a pas beaucoup de jeux français qui ont marqué leur temps. Et pourtant, si on fouille un peu dans un passé pas si lointain, la Megadrive fut le support d’une oeuvre «frenchie», à la hauteur de toutes les espérances. Développé par Delphine software, on retiendra surtout un nom, celui de Paul Cuisset dont Flashback est un peu le bébé. Fils spirituel du grand Another World d’Eric Chahi (un autre talentueux Français), Flashback marqua son temps par une réalisation technique étonnante et une aventure finement scénarisée. Faites place à l’un des plus grands chef-d’oeuvre de l’ère 16bits…
Un scénario futuriste très accrocheur
L’intro s’ouvre sur une course poursuite haletante et notre héros, à peine échappé, s’échoue en pleine jungle. On prend alors les raines d’un homme qui ne sait même plus son nom. Un peu plus loin, on trouve l’holocube, qui nous révèle notre nom (Conrad) et nous dévoile qu’on a une grande mission à accomplir. Mais avant toute chose, il faut retrouver ses souvenirs et pour se faire, Conrad doit rejoindre son ami Ian à New Washington. Assis dans un cérébro-reconstricteur, les souvenirs lui reviennent peu à peu. Conrad a créé un appareil capable de mesurer la densité moléculaire des personnes. C’est ainsi qu’il découvrit que certains êtres, à la densité 1000 fois supérieure et donc non humains, sont parmi nous.
Mais son invention a commencé à se faire connaître et les envahisseurs ont cherché à le faire taire. Conrad doit retourner sur Terre pour contrecarrer les plans d’invasions des aliens mais pour se faire, il devra travailler pour se payer de faux papiers, qui serviront à participer au grand show télévisé Death tower, où l’on gagne un voyage sur Terre justement. Retour pas très accueillant sur sa planète, Conrad doit faire face à une horde de flics hargneux et finira par se faire capturer. Sans arme pour un temps, il devra ensuite s’enfuir de la prison et trouver le téléporteur qui mène sur la planète des aliens. La suite on s’en doute, Conrad sauve l’humanité en détruisant la dites-planète et s’échappe à bord d’une navette. Perdu au fin-fond de l’univers, Conrad se retrouve à errer sans fin dans l’espace…
Flashback fut écrit comme un film. Très inspiré par le cinéma, notamment Running Man et Total Recall, le développement scénaristique offre maints rebondissements ainsi qu’une trame axée science-fiction très accrocheuse. Plus fort encore, certaines scènes ponctuent l’aventure: ramasser un objet, utiliser une borne ou mieux encore, des cut-scènes entières sont proposés. Entièrement en pseudo-3D et d’une qualité bien supérieure à l’honorable Out of this World, ce fut une véritable révolution en son temps. Et pour ne rien gâcher, la mise en scène est impeccable. Nous avons donc un vrai travail de scénarisation de l’aventure, ce qui enrichi grandement le jeu.
Une jouabilité à la fois souple et précise
Basé sur le principe de Prince of Persia (concept repris plus tard par les Oddworld), la jouabilité est basée sur un quadrillage des niveaux (le défilement des écrans étant séquentiel) et les mouvements, en grand nombre, s’effectuent via des combinaisons de touches. Après un temps d’adaptation, on découvre une jouabilité très précise avec un niveau d’interaction assez poussé. Conrad possède un inventaire où il peut stocker les objets ramassés tels que des clés, arme de poing et autre téléporteur manuel, bien pratique. Il peut donc prendre tout ce qui est à portée de main, utiliser les machines, prendre le métro, monter/descendre avec des élévateurs, recharger son bouclier ainsi que toute une panoplie de mouvements gérant les phases de plates-formes.
Car notre héros est un véritable acrobate et à l’instar d’une certaine miss Croft, il devra souvent jouer de l’escalade. Disséminées dans le décor, des bornes de sauvegarde mémorisent votre position mais attention, le jeu ne possède pas de pile. Ainsi, pour rejouer un niveau, il faut utiliser les password, la -save- étant volatile (en plus, j’ai jamais compris pourquoi cette -save- virtuelle était si longue). Enfin, Conrad jouera du flingue (il possède aussi un bouclier énergétique de protection) afin de dessouder les gêneurs. Alors, en bon résumé, la jouabilité est d’une souplesse et d’une précision qu’on apprivoise et il est très difficile de s’ennuyer avec un tel jeu. Le gameplay est sans cesse renouvelé, les interactions sont très nombreuses et une fois les rudiments du maniement acquis, on fait ce qu’on veut de notre héros malgré lui.
Des animations très impressionnantes
À mon humble avis, Flashback est le premier jeu a utiliser une technologie issue du cinéma: le retroscoping. Sous forme de motion capture, les mouvements de Conrad ont été calqués sur des animations réelles, ce qui rend chaque geste extrêmement fluide et réaliste. Une véritable prouesse technique à l’époque, qui a forcé l’admiration des joueurs comme des développeurs. Pour ce qui est des décors, Flashback joue beaucoup sur la variété: jungle, ville, la Death tower, la prison, la planète alien… Tous sont très différents, bien que les gameplans soient construit de la même façon.
Les graphismes, même si quelques passages sont un peu vides, possèdent leur charisme propre, ainsi qu’une bonne définition et une bonne coloration. Mais bizarrement, cette version Super NES est plus lente que celle sur Megadrive. La raison est simple, toute l’image est créé par le CPU central et on le sait bien, en terme de puissance brute, la Megadrive est plus puissante que la console de Nintendo, le puissant Motorola 68000 y étant pour quelque chose. Rien de dramatique pour autant, ça reste parfaitement fluide, c’est juste que pour un habitué de la version Sega, on trouve une légère différence.
Quelques musiques ponctuent les temps forts du jeu mais elles sont finalement assez rares. Certains y verront une originalité contemporaine, d’autres trouveront le jeu un peu vide. Question qualité, il est sûr que le résultat est bien meilleur que sur Megadrive où ça grésillait à mort. Malgré tout, elles restent sympas, le silence et les bruitages (bien que crédibles, ils sont assez banals) restant mis en avant. Il n’y a aucune voix dans le jeu mais les sous-titres sont traduits dans notre belle langue.
En conclusion
Moins difficile et millimétré qu’Another World, dont beaucoup de joueurs pensaient à tort que c’était la suite, Flashback n’en demeure pas moins une aventure longue et très prenante. Scénario béton, jouabilité tout en finesse et précision, animation d’un réalisme éblouissant, jolis graphismes, cut-scènes en pseudo-3D, les petits Frenchies ont prouvé qu’on pouvait nous aussi faire de grands jeux. Et parmi les meilleurs titres de la console, Flashback tient sa place dans le Top 10. Avis aux amateurs de grandes aventures, même si étrangement, je lui préfère la version Megadrive. Si le son est moins bon et les décors un peu moins colorés, le jeu est plus rapide et par conséquent, plus agréable à jouer. Ceci dit, cette version Super NES reste excellente. L’action est restée prenante, la jouabilité précise et le scénario est toujours aussi cinématographique. Au final, Flashback est un jeu toujours aussi exceptionnel.
À savoir: la version originale de Flashback est parue sur Amiga en 1992. Les versions Megadrive et Amiga sont très proches car les 2 hardwares sont similaires. Après le succès du jeu sur la console de Sega, Delphine Software a adapté Flashback sur Super Nintendo, Jaguar, MegaCD, PC et 3DO. La suite des aventures de Conrad se passent dans Fade to Black, paru sur PSOne et PC en 1995/96.
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Note finale
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| Scénario | ![]() ![]() ![]() ![]() |
Gameplay | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Un scénario digne des meilleurs films de science-fiction, avec de nombreux rebondissements et une trame générale très accrocheuse. De nombreuses cut-scenes viennent aussi ponctuer l’évolution du récit, et la mise en scène est impeccable. Exceptionnel. | Un gameplay qui se renouvelle sans cesse, couplé à une jouabilité à la fois souple et précise. L’interaction avec les décors et les items du jeu est aussi très poussée. Une fois les quelques rudiments du maniement acquis, on fait faire ce que l’on veut à Conrad. | |||
| Graphismes | ![]() ![]() ![]() ![]() |
Musique | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Une animation extrêmement fluide et réaliste. Les mouvements de Conrad ont été calqués sur des animations réelles (une prouesse technique pour l’époque). Les graphismes font preuve d’une belle variété, et même si certains passages du jeu semblent un peu vides, ils possèdent à chaque fois un charisme qui leur est propre. | Les musiques qui ponctuent le jeu sont assez rares, mais sont mieux restituées que sur la version Megadrive. Ce sont surtout les bruitages (assez banals) et les moments de silence qui sont mis en avant dans le jeu. | |||
| Infos pratiques | ||||
| Développé par Delphine Software Édité par US Gold Sorti le 22.12.1993 (Japon) Sorti en 02.1994 (USA) Sorti en 1993 (Europe) |
action 1 seul joueur Cartouche de 12Mb Existe aussi sur Amiga, MD, Mega CD, Jaguar, PC et 3DO |
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| en vidéo | ||||
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salut Kenshiro. petite rectification, la cartouche de Flashback fait 12Mb et non 16.
C’est rectifié.
Merci! :o)