À vouloir trop bien faire, on s'égare

GunForce

Les sections d’élite, j’en ai ma claque ! Ça suffit pas d’avoir déjà infiltré cinquante bases ennemies, dégommé du terroriste par packs de douze, désamorcé assez d’ogives nucléaires pour faire un nouveau Big Bang ? Voilà qu’il faut se retaper une même mission à un an d’intervalle… Sans rire, il reste encore des ennemis avec deux jambes après le carnage de la dernière fois ? À en croire le colonel, ça va être du gâteau ; moi, j’aurais surtout apprécié qu’il me dise enfin où on m’envoie, ça me changerait un peu…

GunForce (screenshot 01)C’est vrai ça, à chaque nouvelle virée, je me fais parachuter en pleine cambrousse sans même une petite introduction ! Pas de briefing, pas de carte, pas le moindre indice… Vu la végétation locale, je me doute bien que je suis assez loin de mon Berry natal, mais c’est vague quand même. Ceci dit, ma première expédition dans GunForce a eu lieu en 1991, et mon ordre de mission indique que je suis “enGULFed” sur l’île de la terreur, alors j’ai bien ma petite idée sur le théâtre des opérations : le parcours de golf du Puy-en-Velay ! Mais j’espère me tromper, parce que pour rentrer, ça ferait effectivement une sacrée trotte jusqu’à Châteauroux…

1991 : première offensive de GunForce en arcade

GunForce (screenshot 02)En tout cas, j’espère que le colonel sait ce qu’il fait, parce que je me rappelle que l’accueil était bouillant au dernier voyage. C’est bien simple, j’avais à peine décroché mon parachute que des vagues d’ennemis se jetaient sur moi ! Bon, c’est vrai, les troufions du coin manquaient sévèrement d’entraînement : ils passaient sous mon nez sans broncher, par grappes de quatre ou cinq, avec des têtes d’ahuris… Il suffisait de les ajuster avant qu’ils se retournent, et tacatacatac ! À moins de le faire exprès, c’était à la portée du premier bleu-bite venu. Ceux habillés en orange par contre n’hésitaient pas à jouer de la mitraillette, et évidemment ils ont vite commencé à arriver en nombre.

GunForce (screenshot 03)C’est là que les choses se gâtaient : la zone devenait rapidement encombrée, et avec une dizaine de zigotos sur le dos, les balles avaient une fâcheuse tendance à voler bas. Je sais ce que tu vas me dire, Robert : jusque-là, ça a l’air plutôt tranquille ta mission, presque une promenade de santé. Surtout que comme tu le sais, j’étais drôlement affuté à l’époque : réactif, vif comme l’éclair, aussi à l’aise avec un pistolet qu’avec un bazooka ou un lance-flammes, une vraie machine de guerre, quoi ! (comment je me la pète, moi…) Le problème, c’est qu’en face, ils ont aussi commencé à se ramener avec du gros barda qui tâche : ils ont rapidement sorti les tanks, les hélicos, les mitrailleuses fixes, les soldats équipés de jet-packs…

GunForce (screenshot 04)Ça devenait la foire à la saucisse, mon vieux Rémi ! À la limite de l’illisible par moments, même si l’action restait fluide en toutes circonstances. Dans l’ensemble, j’avais quand même l’impression qu’en s’appliquant, ces difficultés resteraient toujours surmontables… et j’avais raison d’ailleurs, sinon je ne serais pas là en train de te parler, haha ! Je ne te cache pas que je suis quand même passé par quelques moments de doute : c’est bien humain, non, Raymond ? Surtout quand on voit ce qui m’attendait à la fin de chaque secteur ! Des tourelles, des robots, des systèmes de sécurité gardés par des hordes de grenadiers… Ils avaient tout anticipé, les fourbes ! Heureusement, la technologie de pointe, c’est impressionnant mais aussi bien prévisible : un petit round d’observation, et ça passait comme dans le tunnel du Somport. Sans compter que je pouvais moi aussi utiliser certains de leurs véhicules, il faut avouer que ça facilitait pas mal les choses parfois.

GunForce (screenshot 05)Bon, je ne dis pas que c’était de la tarte de diriger un hélicoptère et de tirer en même temps, mais un bon soldat doit savoir s’adapter, pas vrai ? Tu vois Roger, en te racontant tout ça, je me rends compte que c’était loin d’être désagréable, cette petite expédition. Ça manquait peut-être un peu de panache par moments, de délires du genre “On sauve des barbus en slip qui nous remercient en lâchant des power-ups”, et les environnements qu’on traversait étaient un peu vides parfois… Oui, il manquait peut-être un brin de folie, mais c’était du solide quand même, on sentait que nos généraux avaient de la bouteille et qu’ils savaient où ils nous envoyaient. Et puis, je suis sûr que l’expérience que j’ai accumulée dans ces six zones hostiles me servira un jour, ici, par exemple… Tiens, d’ailleurs on est presque arrivés. Prépare-toi à me larguer, René !

1992 : second assaut sur Super NES

GunForce (screenshot 06)Ça y est, je ne peux de nouveau plus compter que sur moi-même… Ah, l’environnement n’a pas beaucoup changé depuis la dernière fois ! C’est sûr que c’est toujours plus beau dans les souvenirs, mais ça reste quand même pas mal, il y a de la couleur, une bonne variété des paysages… Pas dit que j’y revienne pour les vacances, mais pour un pique-nique improvisé, ça peut le faire. Oh, et là-bas, les mêmes ennemis qu’en 1991 ! Fidèles au poste, à l’identique ou presque. Ils semblent quand même avoir mal récupéré : qu’est-ce qu’ils ont à se traîner comme des vieillards ? J’avais été si violent que ça avec eux ? J’espère vraiment qu’ils ne sont pas tous dans cet état, sinon j’ai pas fini de les regarder arriver !

GunForce (screenshot 07)Remarque, c’est peut-être une bonne chose, parce que mon arthrite refait parler d’elle ces derniers temps. Je leur avais bien dit d’envoyer quelqu’un d’autre, mais rien à faire : “vous connaissez le terrain mieux que quiconque”, blablabla… Bref, ça ne m’handicape pas trop pour tirer – encore que la précision, c’est plus trop ça -, et j’ai aussi gardé de bonnes jambes : je cours plus vite que les balles ennemies, façon Lucky Luke, c’est dire ! Là où ça devient coton, c’est pour sauter : j’ai l’impression de flotter dans les airs, et du coup, bonjour pour éviter les attaques. Je ne sais pas ce qu’ils me refourguent à l’infirmerie, mais c’est du costaud ! Une chance que le coin soit assez chiche en plates-formes…

GunForce (screenshot 08)Quant à reposer mes guiboles de temps à autre, rien de plus simple : il me suffit de m’accroupir, et je deviens simplement intouchable ! C’est vraiment n’importe quoi quand on y pense, parce que les balles traversent clairement ma tête dans cette position, et rien, même pas une petite migraine ! Ça arrive régulièrement d’ailleurs, avec un peu toutes les parties du corps : quand l’action est intense, ça passe inaperçu, mais comme ici on a tout le temps… Enfin, je ne vais pas m’en plaindre, surtout que ça facilite pas mal ma progression. Il faut dire qu’à la base, on est déjà loin du parcours du combattant de l’année dernière. Tiens, un exemple tout bête : le système de tourelles placé à la fin de la première zone.

GunForce (screenshot 09)J’avais dû m’y employer il y a un an, les rayons et les boules d’énergie fusaient, il fallait bouger dans tous les sens… La belle époque ! Eh bien là, cinq tirs de bazooka et tout était rasé avant même qu’un projectile n’ait une chance de me toucher ! Et c’est comme ça tout du long, j’ai presque le temps d’aller boire un café avant que les tirs ne m’atteignent. Cette opération est une sacrée lutte, c’est sûr, mais surtout pour rester éveillé… D’ailleurs, je ne me suis pas endormi, là ? Je suis passé directement de la troisième à la cinquième zone ! Les fourbes, ils ont fermé le meilleur passage pour brouiller les pistes, celui avec les hélicoptères qui pourchassent les tanks, les hordes d’ennemis qui se jettent sous les chenilles et le bâtiment équipé de lance-flammes à la fin !

GunForce (screenshot 10)Normal en même temps, il faut dire que ça pétait vraiment dans tous les sens là-bas… Du coup, il ne reste que cinq aires de combat, ça va faire juste pour avoir un chapitre à ma gloire dans les livres d’histoire. Un paragraphe, peut-être, ou un post-it glissé entre deux pages… Ben voilà, j’ai torché le dernier vilain. Un beau morceau du reste, je me rappelle qu’il était bien coriace à l’époque où il n’était pas encore sous Tranxène. Et voilà, deux heures et c’est plié ! Si ça se trouve, je serai même rentré à temps pour L’Amour est dans le Pré ; pas si gonflant ce métier, finalement ! Bon ben, mission accomplie, Colonel. À vous !

Le mot du colonel

GunForce (screenshot 11)Transposer un titre aussi “explosif” que GunForce sur console était un pari audacieux, qui aurait éventuellement pu être relevé au prix de grosses concessions techniques. Hélas, à trop rechercher une fidélité sans faille à l’original, cette mouture Super NES en a paradoxalement perdu toute l’identité : la charte graphique et le level design sont peut-être respectés, mais le prix à payer – animation souffreteuse, action molle et challenge inexistant – s’avère du coup bien trop élevé. Le résultat ne fait franchement pas honneur à la version arcade, et à moins de chercher un Contra-like outrageusement facile à plier, même les fans du genre peuvent laisser les treillis au placard sans regrets.

- Euh, et moi, j’en fais quoi de mon treillis, Colonel ?
– Prenez quelques minutes de repos avant de repartir, soldat, vous les avez bien méritées ! On peut dire que vous avez brillamment rempli votre Contra, hahaha !
– J’ai pas compris…
– Vous avez de la chance, mon petit. Vous avez bien de la chance…

FIN DE LA TRANSMISSION

Note Finale
Technique – 5 /10

D’un côté, des graphismes plutôt homogènes, avec des sprites de belle taille (surtout pour les véhicules) ; de l’autre, un scrolling laborieux et une animation anémique en total décalage avec la nervosité qu’on attend d’un shooter. Au final, c’est malheureusement la partie négative qui se montre la plus persuasive…

Musique – 5 /10

La bande-son est plus proche de La Septième Compagnie que de Full Metal Jacket, mais elle possède un avantage certain sur le jeu : elle est rythmée. Pas de reproches particuliers pour les bruitages.

Gameplay – 6 /10

Assez efficace dans l’ensemble, la jouabilité révèle tout de même des imprécisions gênantes dans les situations chaudes (enfin, tièdes ici…) comme les sauts et les phases de conduite. La gestion du masque de collision est pour sa part un mystère qui aurait gagné à être éclairci avant commercialisation…

Durée de vie – 5 /10

Le temps nécessaire pour buter une poignée de fois sur le boss final, soit plus ou moins deux heures… Oui, les cinq niveaux sont vraiment très courts…

En résumé
On ne retrouve plus la pêche de la borne d’arcade. Dommage…
4
Très moyen

Infos Pratiques
Développé par Bits Studios
Édité par Irem
Sorti le 27.11.1992 (Japon)
Sorti en 11.1992 (USA)
Pas sorti en Europe
run’n gun
1 seul joueur
Cartouche de 4Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi en arcade
Plus Loin
En 1994, GunForce aura droit à une suite, exclusivement en arcade cette fois : GunForce II (Geo Storm au Japon). Le mimétisme entre ce titre et Metal Slug est vraiment très poussé, et pour cause : ce sont les mêmes personnes qui ont travaillé dessus, d’abord pour le compte d’Irem, puis pour celui de Nazca. GunForce II est en tout cas un shooter très solide, bien que sacrément bourrin, même pour le genre (le héros se bat quand même avec une mitraillette et un lance-flammes dans chaque main…).
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