des héros matous-vu

SWAT Kats : The Radical Squadron

Je sais qu’il est de coutume, lorsqu’on parle d’un jeu adapté d’un dessin animé qui a bercé notre enfance, de commencer sa prose en entonnant gaiement la chanson-titre. Dans le cas de SWAT Kats, je passerai mon tour sans regrets : tout d’abord parce que je chante très faux, même à l’écrit ; ensuite, il n’y a pas de paroles dans le générique, ce qui me compliquerait singulièrement la tâche, et dernière raison mais pas la moindre, je n’avais jamais entendu parler de ces bestioles jusqu’à la semaine dernière. Autant dire que pour la petite larme de nostalgie, on repassera…

SWAT Kats (Super NES screenshot 01)Histoire de raconter le moins d’âneries possibles, j’ai quand même jeté un oeil distrait à un épisode avant de m’attaquer à l’écriture de ce test, et ma foi, ça ne m’a pas beaucoup éclairé. Les sales trognes des criminels, l’environnement urbain et sombre et un goût évident pour la castagne évoquent les Tortues Ninja, mais j’en ai vu trop peu pour établir l’analogie avec certitude. Ce qui est sûr en revanche, c’est que la série se compose de vingt-cinq épisodes répartis sur deux saisons, et qu’en France, elle a été diffusée sur Cartoon Network à la fin des années ’90. À l’instar du jeu éponyme, on y trouve en vedettes deux chats masqués qui, à bord de leur Turbokat, prennent le relais de la police lorsqu’un “kataclysme” menace Megakat City (c’est bien ce que je pensais, ça n’apporte pas grand-chose de remplacer les “c” par des “k”…). Comme dans tout duo qui se respecte, T-Bone, le balèze, use souvent de sa force tandis que Razor, moins gâté par la nature, privilégie ses méninges pour se sortir des mauvais pas (encore qu’il n’ait pas non plus l’air d’un parangon d’intelligence, mais je lui laisse le bénéfice du doute…).

Un poil de savoir-faire

SWAT Kats (cartoon)Pour en revenir à nos chatons, le développement du soft a été confié à AIM (aujourd’hui Fortyfive), un nom peu ronflant en Europe et pour cause, puisque aucune de ses productions n’a jamais atteint le Vieux Continent (SWAT Kats n’a d’ailleurs pas dérogé à la règle en ne quittant jamais l’Amérique du Nord). Le studio n’en avait pas moins déjà de l’expérience dans la transposition vidéo-ludique de dessins animés puisqu’on lui doit, en 1993, la version Super NES de Inspecteur Gadget, un jeu de plates-formes juste correct et qui ne brillait en tout cas pas par sa folle originalité. Il faut croire que chat échaudé ne craint pas tant l’eau froide que ça, puisque c’est également à ce genre indémodable que s’attaque notre binôme félin durant l’été 1995. Souhaitons-lui gloire, minettes et croquettes à foison !

SWAT Kats (Super NES screenshot 02)Après un écran-titre avec le générique en fond sonore (j’espère que vous l’apprécierez, parce qu’il revient plus qu’à son heure durant l’aventure…) s’affiche une carte proposant quatre zones d’opération. La liberté offerte est plutôt illusoire : je ne vous cache pas qu’en entamant l’expédition par le quatrième niveau, il faudra une vingtaine de coups pour battre un ennemi, et votre protégé (puisqu’il faudra choisir entre les deux chats au début de chaque niveau) va vite être renvoyé dans son bac à litière. Ce qui ressort surtout de cette organisation, c’est qu’il n’y a pas d’histoire à proprement parler ; il s’agit plutôt d’une succession de petites missions tirées de divers épisodes, et qui se concluront toutes par un duel avec un vilain emblématique : Dr. Viper, Mad Kat, le Maître du Passé, les Metallikats, et Dark Kat pour le bouquet final (son repaire ne sera logiquement accessible qu’une fois les quatre premiers actes bouclés).

Un duo de choc… en solo

SWAT Kats (Super NES screenshot 03)Avant d’en arriver là, il faudra cravacher un bon moment au sein de mondes parfois méandreux, souvent escarpés et toujours mal famés. La faculté des SWAT Kats à s’accrocher aux parois sera ainsi indispensable à leur survie, de même que l’arme dont ils sont équipés et qui évoluera en même temps qu’eux. En effet, le jeu intègre un certain nombre d’éléments tirés des jeux de rôle : héros et ennemis possèdent des points de vie, et T-Bone comme Razor gagnent des points d’expérience à chaque adversaire défait. Leur force s’accroît quand ils montent d’un niveau, et tous les cinq passages de grade, l’équipement s’améliore : le lance-toiles d’araignée laisse ainsi la place à la mitraillette à ciment, qui s’efface à son tour devant le missile-pieuvre, et ainsi de suite jusqu’au disque tranchant qui sanctionne le niveau 25. Vraiment simple, pour ne pas dire simpliste, ce système ne laisse aucune initiative au joueur et fait un peu poudre aux yeux… Pour ne rien arranger, les deux lascars ont la même arme principale et ne se différencient donc pas tant que ça durant les combats, sinon par les dégâts qu’ils infligent.

SWAT Kats (Super NES screenshot 04)L’attirail secondaire est heureusement un peu plus spécifique : le cerveau de la bande est équipé d’un jet-pack qui lui offre plus de mobilité et un accès aux lieux en hauteur, tandis que le malabar, avec son lance-roquettes, est capable d’exploser les murs pour accéder à de nouvelles zones. Rien de décisif certes, mais la distinction entre les deux compères pimente un chouia la progression. À ce titre, il est vraiment dommage qu’ils ne puissent pas mettre leurs qualités au service l’un de l’autre, à la manière d’un Lost Vikings ou d’un Psycho Fox. Cela aurait introduit un petit côté réflexion rafraîchissant, qui aurait rompu la monotonie d’une progression vue maintes fois ailleurs.

Des chats sans beauté ?

SWAT Kats (Super NES screenshot 05)Après des débuts prometteurs, le titre peine en effet assez vite à se renouveler. Les ennemis manquent de variété et agissent tous de la même façon, et les boss, peu impressionnants, n’opposent pas beaucoup de résistance sitôt leurs patterns assimilés. Les difficultés que le joueur peut rencontrer proviennent généralement de l’imprécision des sauts, et plus particulièrement du petit salto incontrôlable que fait le personnage en arrivant au sommet d’une paroi : c’est stylé mais parfaitement inutile, et bonjour pour ne pas se louper sur de petites plates-formes. Cependant, c’est sûrement en terme de level design que la déception est la plus forte : passe encore le manque global d’originalité, mais introduire un labyrinthe par monde pour noyer le poisson (chat, bien sûr) ne fait pas grande illusion et agace plus qu’autre chose – surtout que le timer qui accompagne chaque tableau est plutôt serré.

SWAT Kats (Super NES screenshot 06)Les passages à bord du Turbokat auraient pu apporter beaucoup en terme de dynamisme, mais tombent complètement à plat. Présentes à trois moments-clés de l’histoire, il s’agit de phases de shoot dont l’objectif est d’infiltrer un organisme mutant afin d’en détruire le coeur, tout en évitant les projectiles qui tenteront évidemment d’anéantir le vaisseau. Techniquement, c’est vraiment une réussite avec une utilisation intelligente du Mode 7 et des effets de zoom, tant lors de la plongée vers l’abomination qu’une fois dans ses entrailles. La jouabilité est en revanche totalement insipide et très approximative, et les vies sont d’ailleurs infinies pour compenser cette imprécision. En bref, c’est mou, très aléatoire puisqu’on déplace le viseur en même temps que le véhicule, et beaucoup trop long eu égard au manque d’intérêt de la chose. Rien de pire que de devoir refaire ces séquences après un Game Over ; de quoi y réfléchir à deux fois avant de rejouer les super-héros…

Le mot de la fin

SWAT Kats (Super NES screenshot 07)Si j’insiste beaucoup sur ses défauts, SWAT Kats n’a rien d’une calamité ; il s’en tire même honorablement, et je ne vois d’ailleurs aucun reproche majeur à lui faire. L’aspect graphique est assez épuré mais très propre et fidèle à celui de la série, la difficulté bien calibrée grâce aux nombreux items de soin et vies supplémentaires disséminés ici et là, et le gameplay, malgré les désagréments évoqués plus haut, tient parfaitement la route. Le titre promettait simplement plus et tombe un peu dans l’esbroufe par moments, à l’image de ses séquences de shoot qui assurent jusqu’à ce qu’on commence à les jouer. Un jeu loin des sommets en somme, mais qui reste néanmoins de bonne facture et peut valoir le coup d’oeil pour qui a quelques heures à tuer.

Note Finale
Technique – 6,5 /10

En dehors des séquences de shoot, SWAT Kats ne cherche pas à en mettre plein les mirettes : les décors apparaissent un peu vides et pauvres en couleurs, même s’il ne fallait évidemment pas s’attendre à un Mr. Nutz vu le thème. C’est tout de même du travail très propre qui permet à l’action de rester toujours lisible, et l’animation est pour sa part qu’une qualité convenable.

Musique – 7 /10

Même si le thème principal est un peu assorti à toutes les sauces, SWAT Kats permet de constater que la bande originale de la série était de bonne facture. Du rock nerveux et efficace, qui ne dépareille pas dans cet univers très urbain.

Gameplay – 7 /10

On est dans de la plate-forme assez basique, que seule la possibilité de s’agripper aux murs vient un peu égayer. La prise en main se tient malgré quelques faiblesses, comme le rebond sur les ennemis qui est beaucoup trop enthousiaste et difficile à contrôler.

Durée de vie – 5 /10

En dehors d’une paire de passages crispants, le soft ne se montre pas d’un grand sadisme (les vies supplémentaires pullulent, et il est facile de gonfler son compteur au maximum) ; logique, le public visé étant plutôt jeune. Même en hard, le tout ne résiste pas plus de cinq heures.

En résumé
Un jeu d’action / plate-forme agréable, sans réel point faible, mais sans point fort non plus.
6
Honnête

Infos Pratiques
Développé par AIM
Édité par Hudson Soft
Sorti en août 1995 (USA)
Pas sorti au Japon
Pas sorti en Europe
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe sur rien d’autre
Encore + d’images
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