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Time Slip

Tombé un peu en désuétude depuis, les voyages temporels étaient un sujet plutôt tendance dans les années ’90, et la Super Nintendo le reflétait bien : Time Cop, Time Trax, Mario’s Time Machine… Autant de titres peu avenants qui n’ont jamais trouvé le portail menant au troisième millénaire, et on les en remercie. En creusant encore, on peut aussi retrouver Time Slip, obscur soft édité par Vic Tokai et qui tient visiblement plus de l’erreur du passé que du trésor archéologique…

Time Slip Super Nintendo (screenshot 01)Au premier abord, il paraît pourtant sympathique, ce petit run’n gun, avec son introduction très… copieuse ! Jugez plutôt : au 22ème siècle, les Tirmatiens découvrent que leur planète est vouée à la destruction. Ils repèrent alors une planète habitable sur laquelle se rabattre ; je vous laisse deviner laquelle… Pas de veine, en plus d’être hostiles, les bougres sont loin d’être idiots : pour éviter de se frotter à une humanité évoluée et armée jusqu’aux dents, ils décident de débarquer en des temps plus reculés pour détruire la résistance dans l’oeuf. Revirement de situation, les Terriens ont vent de leurs desseins et décident d’envoyer quelques hommes à cinq époques stratégiques pour éliminer les nuisibles… qui découvrent à leur tour le projet ! Résultat, la base futuriste est rasée avant l’exécution du plan, et aucun membre n’en réchappe… sauf Vincent Gilgamesh, qui se retrouve propulsé dans la Préhistoire seul contre tous. Niveau twists en pagaille, ça se pose donc là d’entrée !

Time Slip Super Nintendo (screenshot 02)Ne vous attendez cependant pas à de nombreuses rencontres du troisième type, la plupart des ennemis étant des humanoïdes qui ont visiblement séché les cours d’éducation civique. Notre héros, quant à lui, semble surtout avoir fait l’impasse sur le sport : il se traîne comme un camion-citerne, et porter le sort de l’humanité sur ses épaules semble bien pesant. On pouvait attendre un poil plus d’agilité d’un héros qui possède neuf vies… En revanche, il manie plutôt bien le fusil d’assaut, ce qui est heureux puisque c’est la seule arme dont il disposera – avec différents niveaux d’upgrade – et que ses attaques spéciales, qui se lancent uniquement à l’horizontale, sont d’une utilité douteuse. Ceci assimilé, le premier niveau se laisse jouer, en dépit d’une faiblesse technique qui renvoie presque à la NES et d’un manque certain d’inspiration, voire de goût pour ce qui est du design.

Time Slip Super Nintendo (screenshot 03)S’ensuit, en guise de second stage, une séquence en vaisseau… éprouvante, qui tient presque de l’anthologie des maladresses à ne pas commettre dans le genre. Premier constat : une manette Super Nintendo n’est pas dotée de deux joysticks, mais d’une seule croix directionnelle. Je le sais, vous aussi, mais visiblement pas les développeurs, qui ont pensé que diriger à la fois le véhicule et ses tirs était une bonne idée. Ce choix aberrant amène sa dose d’approximation, sans compter que faire apparaître les ennemis d’un peu partout, mais surtout de l’arrière, n’apporte rien et a tendance à vite agacer. Ensuite, le speeder est mu par un moteur de Peugeot 103 : il se montre si lent et peu réactif qu’éviter les tirs hostiles et les innombrables chutes de rochers est excessivement crispant, et malgré les très nombreux bonus de soin que l’on peut trouver, les vies fondent comme neige au soleil.

Time Slip Super Nintendo (screenshot 04)Taillons dans le gras, je n’ai jamais passé ce fichu niveau : dans les moments de grâce, il me restait quatre vies au moment d’affronter la saleté de ptéranodon qui surgissait sur le tard, bien trop peu pour rêver d’une issue favorable. Il faut dire que la bestiole a en tous points l’ascendant : outre sa (toute relative) vélocité, elle crache des salves de feu de plus en plus intenses et n’hésite pas à se jeter sur le vaisseau pour l’entraîner dans un coin. Je vous laisse imaginer la débandade… Même parmi les joueurs les plus doués et / ou persévérants, je doute que beaucoup aient réussi à forcer ce péage vers la troisième zone (c’est du moins ainsi que je voyais l’animal à l’époque, avant de découvrir qu’il y avait encore un laideron, sorte de croisement entre un Gremlin et E.T., à abattre pour réellement plier l’affaire.

Time Slip Super Nintendo (screenshot 05)De brèves recherches m’ont depuis permis de trouver un speedrun complet du soft (réalisé, sans grande surprise, en tool-assisted), levant le voile sur les merveilles que je n’avais pas su mériter. Les troisième et quatrième mondes, avec une progression de nouveau pédestre, prennent respectivement place dans l’Égypte ancienne et un Orient plus ou moins moderne, tandis que le cinquième stage est une redite de la séquence en speeder, visiblement plus corsée que l’original (sans commentaires…). Quant à l’ultime niveau, il offre le secret de la pierre philosophale, la recette du crumble aux pommes selon Mireille B. de Limoges et, si le joueur n’a perdu aucune vie jusque-là, une démo jouable de Steven Seagal is the Final Option ; qui ira vérifier ? En découvrant la risible “cinématique” de fin, l’évidence se mue en tout cas en certitude : jamais The Sales Curve n’avait envisagé que quelqu’un verrait l’épilogue de l’histoire…

Time Slip Super Nintendo (screenshot 06)“Vous n’êtes jamais né.” Heureusement que l’écran Game Over de Time Slip (bien connu de ceux qui possèdent le jeu) se charge de ramener un peu de décence : ouf, ce personnage pataud, qui se fait tailler sans espoir de survie dans des environnements insipides, n’a donc jamais existé ! En conséquence, la cartouche qui devait nous infliger ses douloureuses aventures non plus, pas plus que ce test qui est certainement le seul fruit de mon imagination… Tant mieux, voilà qui libère autant de temps pour se frotter à des hits bien réels, eux ! Ah, les joies du paradoxe temporel… Allez, une partie de GunForce pour fêter ça ?

Note Finale
En résumé
Le run’n gun dans ce qu’il peut avoir de moins attrayant. Dommage, les représentants du genre ne sont pas légion sur Super Nintendo.
3
Nul

Les + et les -
+ la bande-son pêchue
+ le premier niveau honnête
+ euh… le premier niveau honnête ?
- la difficulté atroce !
– la maniabilité pachydermique
– la réalisation très “8 bits”
Infos Pratiques
Développé par The Sales Curve
Édité par Vic Tokai
Sorti en 11.1993 (USA)
Sorti en 1993 (Europe)
Pas sorti au Japon
run’n gun
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
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Demon’s Crest Run Saber Incantation Super Back To The Future Part II Joe & Mac : Caveman Ninja Joe & Mac 3 : Lost in the Tropics Hoshi no Kirby 3 Mega Man X
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