un shoot' en 3D sur 16 bits ?!?

StarFox

En réalisant StarFox (renommé StarWing en Europe), la société Nintendo s’attaquait non seulement à un genre auquel elle ne s’était jamais essayée auparavant, mais surtout, elle allait écrire une page (encore une!) de l’Histoire du jeu vidéo, en proposant pour la première fois, à un large public, un shoot-’em-up tout en 3D. Et petite cerise sur le gâteau: il ne fallait même pas se rendre dans une salle d’arcade bruyante et enfumée pour y jouer, puisque ce petit chef-d’oeuvre tournait sur sa console «maison», la Super Nintendo…

Nintendo joue les précurseurs

StarFox Super NES screenshot 01Pour avoir une généralisation de la 3D dans les jeux, il faudra attendre l’arrivée de consoles 32 bits comme la PlayStation ou la Saturn, soit, des consoles à la puissance de calcul beaucoup plus importante que celle de la Super Nintendo. La firme de Mario a donc joué à fond son rôle de précurseur, en proposant, dès 1993, un titre que beaucoup pensaient techniquement impossible sur une console 16 bits. Dès lors, comment Nintendo est-t-il parvenu à réussir un tel tour de force? La réponse réside dans l’architecture même de la Super Nintendo, qui est de type «RISC».

StarFox Super NES screenshot 02Pour faire simple, disons que cette particularité technique permet d’ajouter dans les cartouches de jeu des coprocesseurs mathématiques qui viennent augmenter les capacités de la console dans certains domaines (dans le cas qui nous intéresse, la 3D). Nintendo a donc développé, en collaboration avec Argonaut Software, un coprocesseur spécifique (nom de code: Super FX Mario Chip) permettant d’afficher de la 3D polygonale pré-calculée. Au final, le fruit de ce travail donnera un jeu très spectaculaire, aux graphismes certes simplistes, mais à l’animation fluide et -le plus important- offrant au joueur une expérience de jeu inédite.

Des pilotes pour le moins originaux…

StarFox Super NES screenshot 03Après ces considérations purement techniques, intéressons-nous maintenant au jeu. Pour imaginer le background de StarFox, Nintendo a une fois de plus fait appel à son génie maison, j’ai nommé maître Shigeru Miyamoto, papa -entre autres- de Mario et Zelda. Assez rapidement, son équipe de développement décide de faire évoluer l’action du jeu dans l’espace inter-galactique. Vous me direz: «Normal pour un shoot ‘em-up!». Et je suis d’accord avec vous. Par contre, ce qui est nettement plus original, c’est de retrouver des animaux aux commandes des vaisseaux spatiaux. Et là, notre petit shoot’ «made by Nintendo» se démarque sans difficulté de la concurrence.

StarFox Super NES screenshot 04Si les protagonistes sont donc pour le moins originaux, le scénario est quant à lui identique à celui de nombreux autres shoot-’em-up. Voyez plutôt. La StarFox Team, escadron en charge de la protection de la planète Corneria, se compose de quatre pilotes émérites: Fox McCloud (le renard et perso principal du jeu), Peppy Hare (le lapin), Falco Lombardi (le faucon) et Slippy Toad (la grenouille). Ils sont appelés à la rescousse par le général Pepper, leur supérieur, pour stopper les troupes du dictateur Andross. Ce dernier, comme tout bon «méchant», sème la destruction sur son passage et n’a pour seul objectif que de régner sur la galaxie toute entière. Comprenant la gravité de la situation, nos quatre héros sautent dans leurs vaisseaux! Direction: la flotte d’Andross. Commence alors une aventure qui sera faite de combats spatiaux et de moments de bravoure.

Présentation globale

StarFox Super NES screenshot 05Dès l’écran-titre du jeu, trois options s’offrent à vous: configuration, entraînement, et le jeu proprement dit. «Configuration» vous permet de choisir la configuration des touches, parmi quatre possibilités. Le mode «Entraînement» est présent pour vous permettre de vous familiariser avec le pilotage de l’Arwing, le vaisseau de Fox. Au programme: passage dans des anneaux, tir sur cibles et vol en formation avec les coéquipiers. Ce mode n’est pas un passage obligé mais il a au moins le mérite d’exister.

StarFox Super NES screenshot 06Entrons maintenant dans le vif du sujet et commençons une partie. Pour libérer la galaxie et arriver jusqu’au boss final, le jeu vous propose de choisir entre trois itinéraires différents (qui représentent autant de niveaux de difficulté). Notez à ce sujet que l’univers de StarFox est assez vaste et que les environnements traversés font preuve d’une grande diversité (surface de planètes, champs d’astéroïdes, combats spatiaux…). En outre, mis à part les premier et dernier niveaux qui sont communs aux trois itinéraires, tous les autres sont uniques. En conséquence, la durée de vie du soft s’en trouve multipliée, puisque refaire le jeu dans une autre difficulté signifie découvrir de nouveaux niveaux.

StarFox Super NES screenshot 07Au cours de l’aventure, vous rencontrerez des ennemis aux formes diverses (c’est le cas de le dire, puisque c’est de la 3D polygonale… :o) …), qui constituent autant de cibles potentielles. Entre ceux qui vous tirent dessus depuis le sol, ceux qui vous attaquent par les airs ou qui poursuivent vos coéquipiers, vous aurez de quoi faire. Tout ceci, en gardant à l’esprit qu’il faut éviter les éléments du décor, sous peine de voir votre vaisseau se dégrader et exploser. Après avoir parcouru les stages, vous tomberez nez à nez avec les classiques boss de fin de niveau. Ici, ils prennent la forme de véritables «vaisseaux mères», et vous devrez viser certains points précis de leur cuirasse pour espérer les détruire.

Un vaisseau à la pointe de la technologie

StarFox Super NES screenshot 08L’Arwing, votre vaisseau, est sur-équipé et est capable de bien des prouesses dans les airs. À ce sujet, les développeurs ont su tirer parti des possibilités offertes par la manette Super Nintendo, puisque tous les boutons sont utilisés. Les boutons L et R permettent de pencher le vaisseau sur la gauche ou sur la droite (voire même de faire des vrilles), un bouton actionne le Boost (pour accélérer un court instant), un autre s’occupe des rétro fusées (pour ralentir). Les deux boutons restant sont dédiés à l’armement, avec votre tir laser de base (illimité) et les bombes (trois en début de partie et jusqu’à cinq maximum). La croix directionnelle permet quant à elle de diriger l’Arwing vers le haut, le bas, la gauche ou la droite.

StarFox Super NES screenshot 09Au long des niveaux, vous pourrez récolter des items permettant d’upgrader votre vaisseau (double tir ou encore des bombes supplémentaires) ou de le réparer. Sur ce dernier point, sachez que si vous vous faites toucher par les tirs ennemis ou que si vous cognez un obstacle, vous perdrez non seulement de la vie, mais votre vaisseau se détériorera progressivement… au risque de perdre une aile, voire les deux, ou pire, d’exploser. C’est pourquoi les items de réparation sont toujours les bienvenus. En outre, des anneaux disséminés ici et là vous permettront de regagner un peu de vie.

Un jeu techniquement réussi

StarFox Super NES screenshot 10 StarFox en jette du début à la fin. L’animation en polygones est relativement fluide, et le jeu ne rame qu’à de très rares occasions. Au niveau des détails, les graphismes sont très simplistes et ne permettent pas, vous l’aurez compris, de rivaliser avec la finesse des jeux en 2D (sur la même console) ou en 3D (sur consoles 32 bits). Mais il y avait un choix à faire et la présence de la 3D était déjà, en soit, une véritable révolution. Cette simplicité du graphisme est aussi compensée par un contenu riche, qui placera le joueur dans des situations variées et extrêmement bien pensées. Certains passages du jeu s’éloignent d’ailleurs du schéma classique «je tire sur tout ce qui bouge», et feront appel à vos talents de pilote.

StarFox Super NES screenshot 11Du côté des musiques, le soft s’en tire aussi très bien. Les différentes compositions se montrent tantôt entraînantes dans les moments d’action soutenue, tantôt un peu plus dramatiques dans les combats face aux boss. Quoi qu’il en soit, sans y faire référence, elles apportent un petit côté «Guerre des Étoiles» qui colle vraiment bien au jeu. Quant aux bruitages et autres explosions, ils sont dans la même veine. Un tableau idyllique donc… ou presque. En effet, si on veut vraiment être pointilleux, on peut souligner deux petits points faibles dans StarFox: l’absence d’un mode deux joueurs (impossible pour des raisons techniques) et la difficulté relativement élevée des itinéraires normaux et difficiles (ce qui poussera, au final, pas mal de joueurs à se cantonner au seul chemin facile). Mais ces deux éléments (secondaires) sont vite oubliés face au reste du soft, et StarFox est une grande réussite, aussi bien sur le plan technique que ludique.

En conclusion

Apparu dans les premières années de la Super Famicom/Super Nintendo, StarFox aura mis très peu de temps pour accéder au statut de «jeu culte». À cause de ses qualités techniques, mais aussi en raison de son contenu particulièrement bien pensé. Suite au succès rencontré par le soft, Nintendo retentera le coup plus tard, avec un nouvel épisode sur Nintendo 64. Mais ce dernier, malgré des qualités techniques supérieures, n’arrivera pas, selon moi, à faire oublier la version 16 bits. Au final, reste un soft qui accuse le poids des ans, mais qui garde un pouvoir d’attraction énorme pour tous ceux qui, comme votre serviteur, y ont joué lors de sa sortie en 1993.

Note Finale
Technique – 9 /10

De la 3D sur une console 16 bits, c’est une prouesse en soi. Le graphisme est certes simpliste, mais on se prend au jeu et c’est bien là l’essentiel.

Musique – 8 /10

La partie musicale de StarFox a un petit goût de Guerre des Etoiles. Les bruitages des tirs, bombes et autres lasers sont tout aussi excellents.

Gameplay – 9 /10

Grâce à la petite séance d’entraînement prévue dans le soft, on prend rapidement ses marques. Les développeurs ont en outre peaufiné les commandes pour rendre le pilotage de l’Arwing très intuitif. Que du bon.

Durée de vie – 8 /10

StarFox propose une durée de vie tout à fait correcte, accentuée par le niveau assez élevé des parcours "normal" et "difficile".

Innovation – 9 /10

Rien que par sa réalisation, StarFox innove un grand coup. Mais on notera aussi quelques trouvailles intéressantes comme le système des anneaux à traverser ou les bonus qui parsèment les niveaux. Le titre se démarque aussi par une grande variété dans l’action.

En résumé
Argonaut et Nintendo surprennent tout le monde avec un shoot’em up en 3D polygonale sur 16 bits : cultissime.
9
Bluffant

Infos Pratiques
Développé par Argonaut Software
Édité par Nintendo
Sorti le 03.06.1993 (Europe) (*)
Sorti le 21.02.1993 (Japon)
Sorti en 03.1993 (USA)
shoot’em up
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
(*) appelé «StarWing» en Europe
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