Déjà fort gâtée avec un splendide Super Mario World et un pêchu Street Fighter II, la Super Nintendo allait convertir les quelques joueurs indécis -si si, il y en avait- grâce à un titre d’anthologie: Super Mario Kart. Comme quoi, entre deux sauvetages de princesse, Mario sait aussi prendre du bon temps avec ses potes!
La sortie de Super Mario Kart était à marquer d’une pierre blanche à plus d’un titre. Il s’agissait d’une des premières fois où Nintendo déclinait son héros dans un genre autre que celui du jeu de plate-forme, et suite au succès de masse engrangé par Super Mario Kart, la firme allait sensiblement accélérer la cadence sur ses futures consoles: avec des nouvelles déclinaisons de Mario Kart bien sûr, mais aussi avec des jeux de tennis, de golf, de foot… accueillant le petit monde de Mario.
Une cartouche survitaminée
Mais revenons à nos moutons! Mis à part l’originalité de son concept, le soft de Nintendo représentait aussi une concrétisation tangible des possibilités techniques de la Super Nintendo, et surtout, de son architecture «RISC» si particulière. La cartouche du jeu renfermait en effet la fameuse puce DSP-1, déjà présente dans Pilotwings. Chargée d’épauler la console lors de l’utilisation du mode 7, c’est elle qui a permis l’affichage d’une pseudo-3D fluide -inédite pour l’époque- et l’intégration de petits «plus» non négligeables. Quelques exemples -parmi d’autres-: le fait que chaque perso tourne la tête quand un concurrent vient à sa hauteur, l’intégration du rétroviseur (indispensable pour voir ce qui se passe derrière le kart), les effets de rotation impressionnants, la gestion en temps réel de la carte du circuit… soit une série d’éléments qui donne véritablement vie à l’ensemble du soft.
Huit persos prêts à en découdre
Super Mario Kart propose une palette de huit persos, chacun représentant une manière différente d’aborder les courses. Les karts qu’ils pilotent se différencient selon la tenue de route, la vitesse de pointe et l’accélération. À partir de ce constat, on voit rapidement que quatre duos se forment. Tout d’abord, Mario et Luigi, qui représentent le choix idéal pour commencer le jeu. Leurs karts n’ont pas de grandes qualités marquantes mais sont bons dans tous les domaines (bonne tenue de route, bonne accélération et vitesse de pointe convenable). Viennent ensuite Toad et Koopa Troopa, dont les machines offrent la meilleure tenue de route. Par contre, ils se feront facilement éjecter lors des accrochages avec les autres concurrents. Quant à Princesse Peach et Yoshi, ils possèdent les karts offrant la meilleure accélération. Enfin Bowser et Donkey Kong Junior, en raison de leur poids, sont de véritables tortues au démarrage, mais peuvent par contre atteindre la vitesse de pointe la plus élevée.
Trois championnats
Le challenge proposé par Super Mario Kart se décompose en trois championnats, chacun pouvant se disputer dans trois catégories différentes (50cc, 100cc et 150cc). On trouve ainsi la Mushroom Cup (facile), la Flower Cup (intermédiaire), et la Star Cup (difficile). Chaque championnat est découpé en cinq courses différentes, chacune se déroulant en cinq tours. Pour accéder à la course suivante, vous devrez terminer dans les quatre premiers. Dans le cas contraire, vous perdrez une vie (symbolisée par un kart). Notez que si vous décidez de recommencer une course avant son terme, vous perdrez aussi une vie. Comment, dès lors, en gagner? Tout simplement en marquant des points au championnat (36 exactement).
Bonus, carapaces et autres subtilités
Tourner bêtement en rond pendant cinq tours avec pour seul objectif de dépasser les concurrents et finir premier n’aurait pas passionné grand monde… C’est pourquoi Nintendo a introduit de nombreux éléments permettant de dynamiser l’ensemble. Sur chaque circuit sont ainsi disséminées des cases jaunes portant un point d’interrogation: en passant dessus, vous déclenchez une roulette qui vous donne rapidement un item à utiliser contre les adversaires. Vous trouverez des peaux de bananes (qui font déraper les karts), des champignons (qui permettent d’accélérer), des carapaces vertes (qui peuvent être utilisées comme «missile»), des carapaces rouges (plus intéressantes, elles sont à «tête chercheuse» et dégomment l’adversaire proche de vous), les éclairs (qui font rétrécir tous vos adversaires pendant un court moment), les plumes (qui permettent d’effectuer un grand saut)…
Vous pourrez aussi vous amuser à collecter des pièces tout au long des parcours. Celles-ci vous permettent non seulement d’augmenter votre vitesse de pointe mais aussi de vous prémunir en cas de collision avec un concurrent. En résumé, au plus vous en avez, au mieux c’est! Si par contre, vous n’en avez plus et que vous vous faites toucher, c’est la perte de contrôle immédiate… ce qui vous empêche souvent d’arriver dans les premiers. Ce que je viens de décrire constitue la base du soft. Pour le reste, ce sont surtout vos talents de pilote et votre connaissance des parcours qui vous permettront de gagner des courses, notamment en réussissant de bons départs et en empruntant les raccourcis présents sur certains circuits… Quoi qu’il en soit, vos adversaires ne vous laisseront aucun répit et il faudra souvent ruser pour arriver en tête du championnat.
En marge du mode solo
Pour vous familiariser avec les commandes et le pilotage des karts, les développpeurs ont prévu un mode entraînement (trial mode). Vous êtes seul en piste et votre unique but est alors d’améliorer votre chrono. Une fois votre meilleur temps en mémoire, vous pourrez aussi concourir contre votre fantôme, histoire de peaufiner vos trajectoires. Mis à part le mode deux joueurs «classique» (concourir à deux pour le championnat, en écran splitté), vous avez aussi le mode «bataille», qui à lui seul, vaut son pesant de cacahuètes! Il s’agit en fait d’un mode deux joueurs un peu particulier, qui se déroule sur quatre arènes spécifiques. Votre kart, tout comme celui de votre adversaire, est équipé de trois ballons. Le premier qui réussit à éclater les trois ballons de l’adversaire a gagné. Pour y parvenir, chaque joueur dispose de tout l’arsenal présent dans le mode championnat (peaux de bananes, carapaces…). Autant vous dire que ce mode apporte à lui seul une durée de vie illimitée au soft.
Un mot sur la technique
Avec Super Mario Kart, Nintendo réalise le «sans-faute». Les graphismes sont très réussis, chaque course prenant place dans un décor issu du monde de Mario (verdure et collines, maison fantôme, monde de lave, plage, désert…). Les bruitages ont fait l’objet d’une attention toute particulière. Ainsi, à titre d’exemple, votre kart ne fera pas le même bruit en passant sur un pont de bois ou en traversant de la boue ou de l’eau. Idem pour les bruits des moteurs: ils se font plus présents quand un concurrent s’approche de vous et ils s’amenuisent quand ce dernier s’éloigne. Un mot aussi sur les musiques, qui sont devenues de véritables «classiques» avec le temps, et ce, malgré leur caractère parfois un peu répétitif. Terminons par la maniabilité, digne de Nintendo, c’est-à-dire absolument parfaite. Les karts se manient au doigt et à l’oeil et n’importe quel joueur -débutant ou expérimenté- trouvera rapidement ses marques.
En conclusion
Ce premier Super Mario Kart est tellement abouti que les épisodes qui sortiront par la suite ne seront finalement que des variations de ce que l’on trouvait déjà dans l’original. Dès sa sortie en 1992, il s’est facilement imposé comme LA référence, dans un genre qu’il a lui-même créé (la course de kart, version fun à 100%). On peut d’ailleurs affirmer, sans se tromper, que l’aura de ce premier épisode, savamment entretenue par les versions plus récentes, se perpétue encore aujourd’hui. À tel point que, pour les joueurs, le fait d’acheter un épisode de Mario Kart est devenu une évidence, tant le titre est synonyme de qualité et de fun. Quoi qu’il en soit, cette première version est un classique du jeu vidéo, à classer dans le top 5 de la console.
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