Avec Battle Zeque Den, Asmik tente de se faire une place au soleil parmi les nombreux beat’em-all de la Super Famicom, avec en point de mire, la série des Final Fight signée par Capcom. Pour y parvenir, le développeur japonais a misé sur une formule pour le moins originale: de beaux graphismes, un trio d’héroïnes très typé « manga », et des affrontements qui se déroulent dans un monde où se côtoient démons malfaisants et magie. Voyons ensemble si Battle Zeque Den parvient à tirer son épingle du jeu, ou si, au contraire, il est à classer parmi les softs tout juste «moyens» de la console.
Préalable à l’aventure
Une fois le jeu inséré dans la vénérable Super Famicom, tout se présente pour le mieux. Une petite séquence en images explique au joueur en manque d’action le drame qui se prépare et ce qui pousse, pour l’occasion, les trois guerrières à se démener pour aller casser du démon. Le tout est bien entendu en japonais avec des kanjis dans tous les sens, et le joueur occidental restera une fois de plus sur la touche pour ce qui est de comprendre le scénario. Cependant, on se consolera en se disant que l’on est en présence d’un beat’em-all, et que par conséquent, comprendre l’histoire est loin d’être indispensable pour latter les ennemis. Si vous vous attardez un peu dans le menu des options, là, vous remarquerez que bizarrement, tout est en anglais. Ce qui est très appréciable pour paramétrer le jeu. Côté possibilités, rien de bien neuf dans ce menu: on peut régler le niveau de difficulté, le nombre de vies par partie, choisir ou non d’afficher les textes à l’écran dans les phases de dialogues et écouter les musiques du jeu. Du classique de chez classique.
Trois filles qui en imposent
Une fois les éventuels réglages terminés, on entre dans le vif du sujet en appuyant sur le bouton Start. En début de partie, on doit choisir son perso parmi une palette de trois combattantes, qui comme dans tous les jeux du même genre, possèdent des aptitudes et des coups différents. Cependant, après quelques parties, on se rend vite compte que les différences entre elles ne sont pas aussi flagrantes ou marquées, du moins pas autant qu’on aurait pu l’espérer. Leur maniement est de ce fait assez similaire et la seule chose susceptible de faire pencher la balance en faveur de l’une plutôt que l’autre se situe au niveau de leurs attaques spéciales (dispos en quantité limitée). On les passe vite en revue. On a tout d’abord Hamusu, qui est, selon moi, le perso le plus craquant et le plus réussi des trois (vous me direz: ça, c’est un détail très subjectif… et vous avez raison!). Enfin bref. Elle est facilement reconnaissable grâce à ses longues tresses brunes et surtout ses gants de boxes cloutés (sic!). Au niveau de ses coups, on retiendra ses attaques spéciales qui sont particulièrement efficaces, notamment celle où elle invoque deux monstres sanguinaires tout verts, du style «loups féroces», qui se feront un plaisir de croquer les ennemis présents à l’écran.
On trouve ensuite Kairu, reconnaissable à ses cheveux de couleur mauve. C’est un personnage un peu plus «passe-partout». Sa caractéristique principale est de pouvoir enchaîner les coups de poing de manière très rapide. Côté attaques spéciales, elle peut notamment invoquer des orbes d’énergie qui causeront des dommages aux ennemis. On termine ce petit tour d’horizon avec le troisième perso: Rufuu, la combattante aux cheveux rouges. Ses déplacements sont assez rapides et l’une de ses attaques spéciales permet d’ajouter un effet d’explosion à ses coups. Pour être tout à fait complet, sachez aussi qu’une seconde attaque spéciale est disponible pour chacun des persos. Elle permet bien souvent de se tirer d’un mauvais pas, mais, revers de la médaille, le fait de l’utiliser diminuera légèrement la jauge de vie de votre combattante.
Une utilisation honnête du pad
Comme bien souvent dans les beat’em-all, les différents coups réalisables jouent sur la combinaison croix directionnelle et boutons. C’est le cas dans Final Fight ou Super Double Dragon, c’est la même chose dans Battle Zeque Den. Et comme dans les titres concurrents, ce sera surtout la position de votre perso par rapport au sprite de l’ennemi qui va conditionner tel ou tel coup. Ainsi, si votre combattante est assez éloignée de l’ennemi, elle frappera celui-ci normalement. Par contre, si elle se «colle» à l’adversaire et que vous utilisez la croix directionnelle en frappant, elle effectuera une projection ou un enchaînement de coups à répétition. Suivant la même logique, si vous enchaînez les boutons «saut» et «coup» à la suite l’un de l’autre, votre combattante effectuera un coup de pied sauté.
Par contre, si vous appuyez simultanément sur ces deux boutons, vous déclencherez une petite attaque spéciale. Ce sont quelques exemples parmi d’autres. Le titre d’Asmik propose donc au final une certaine richesse -insoupçonnée- au niveau des coups. Mais les combinaisons de touches sont les mêmes pour les trois persos, donc, on en revient au même problème que celui énoncé plus haut: trois persos différents, mais trois manières très semblables de jouer.
Battle Zeque Den propose aussi un soupçon de RPG (c’est une des originalités du soft), puisque votre perso pourra augmenter de niveau en cours de partie. Ce qui aura pour effet d’augmenter ses capacités, et notamment la taille de sa jauge de vie. Pour le reste, le soft d’Asmik nous propose des principes de jeu vus et revus dans de nombreux titres. Au cours des niveaux, vous trouverez par exemple des plats typiquement nippons (boules de riz, etc.) ou de gros morceaux de viande pour regagner de la vie, des fioles vous permettant d’effectuer une attaque spéciale en plus ou encore des sorts qui paralysent les ennemis à l’écran pendant quelques secondes.
Déplacements sur un seul plan et level design peu inspiré
Contrairement à la majorité des beat’em-all de la même période, l’action de Battle Zeque Den ne se déroule que sur un seul et unique plan, à la manière d’un jeu de plate-forme 2D par exemple. Ce choix délibéré de la part des développeurs a de quoi laisser sceptique. Dans de nombreux beat’em-all, les déplacements sur plusieurs plans permettent de «pimenter» l’action, en laissant au joueur le choix d’esquiver ou d’affronter l’ennemi. A tel point que, selon moi, c’est un des principes qui rend ces softs si funs à jouer. Dans Battle Zeque Den, rien de tout cela, avec une conséquence fâcheuse: quand votre combattante tente de se relever après avoir été rouée de coups, elle est à nouveau frappée par les ennemis sans que vous ayez eu le temps de riposter ou de vous dégager. Frustrant, surtout qu’il n’est pas rare de perdre une vie dans cette situation.
Outre ce point, concernant le level design en lui-même, on ne peut pas dire que les programmeurs se soient vraiment foulés. Vous traverserez le plus souvent les stages de la gauche vers la droite, avec parfois quelques rares variantes. Les ennemis peuvent arriver des deux côtés de l’écran, seuls ou par très petits groupes. Une chose qui est frappante, c’est leur relatif manque de variété. On y trouve le sous-fifre de base, le gros qui fonce dans le tas, etc. Le soft doit en compter en tout une petite trentaine (et encore, boss compris). Certains sont sympas (comme les ninjas du début du jeu), alors que d’autres sont vraiment peu inspirés (notamment les ennemis du style «hommes des cavernes» dans le second niveau… ce niveau se déroule dans une sorte de grotte, mais quand même…).
Battle Zeque Den reprend aussi à son compte le vieux principe qui consiste à changer la couleur de l’ennemi en fonction de sa force. Ce qui fait que même si ils sont plus coriaces et ont des comportements plus ou moins différents, on a immanquablement l’impression d’affronter tout le temps les mêmes adversaires. Enfin, autre point commun présent dans bon nombre de beat-’em-all et que l’on retrouve dans Battle Zeque Den: le fait de devoir affronter les ennemis par vagues successives. Une fois qu’ils sont tous vaincus, une jolie flèche « Go » vous indique que vous pouvez continuer à avancer. À la fin de chaque stage, vous devrez affronter le traditionnel boss. Ici, contrairement aux simples ennemis, les boss sont nettement plus coriaces et un peu plus recherchés, même s’ils restent à taille humaine (entendez par-là, qu’ils ne sont pas représentés avec des sprites gigantesques).
De jolis graphismes sont-ils suffisants pour faire un bon jeu?
Si on prend en compte uniquement l’aspect visuel, Battle Zeque Den est une réussite. Le joueur commence d’ailleurs chaque partie sur une bonne impression, avec la carte générale des niveaux qui fait penser à celle d’un certain Super Ghouls ‘n Ghosts. Les sprites de vos persos, tout comme ceux des ennemis, sont de taille honorable et leur graphisme est léché. Les décors font également partie des points forts du titre, même si on pouvait espérer, pour certains, une meilleure utilisation de la palette de couleurs de la Super Famicom. Les effets spéciaux sont loin d’être légion (et font même parfois un peu cheap, comme la pluie au début du jeu), mais bon, on a vu bien pire sur la console de Nintendo. Côté animation, le constat est aussi mitigé, avec des combattantes bien animées mais des ennemis aux mouvements peu nombreux. Le résultat, sur ce point, est parfois «limite» et la Super Famicom était capable de faire beaucoup mieux en la matière (le jeu est quand même sorti en 1994!). Dommage aussi que l’on constate quelques ralentissements lors de certaines attaques spéciales.
La prise en main des différents persos est assez bonne, et les différents coups sortent d’ailleurs facilement. Les musiques, sans être mauvaises, passent assez inaperçu. Même si de leur côté, les bruitages et les quelques digits vocaux font quand même leur petit effet. On aurait aussi aimé avoir un challenge plus difficile à relever. En mode facile, les six stages du jeu se bouclent assez rapidement. Dans les autres modes, le challenge est déjà plus important mais ne comptez pas non plus sur une très grosse durée de vie. Dans le même ordre d’idée, une plus grande variété dans l’action (on frappe, on avance, on frappe…) ou dans les ennemis rencontrés aurait été un plus appréciable. Enfin, le mode 2 joueurs qui aurait pu relancer l’intérêt et la durée de vie du soft est aux abonnés absents.
Pour terminer sur une note positive, il faut quand même avouer que le soft d’Asmik a pour lui un petit capital sympathie, propre selon moi, aux créations des développeurs nippons. Le character design des persos principaux y est sans doute pour beaucoup, mais, en toute objectivité, est-ce suffisant pour attirer le joueur fan de beat-’em-all qui dispose, sur Super Famicom, de plusieurs titres de qualité? Je ne pense pas. D’autant plus que la comparaison avec ces mêmes softs renommés (les Final Fight en tête) est vite faite.
En conclusion
Sans être véritablement mauvais, Battle Zeque Den ne parvient pas à se hisser au niveau des softs concurrents. Il cumule en effet une série de points faibles (représentation sur un seul plan et pas de mode 2 joueurs notamment) qui en font un jeu assez passe-partout. Sa réalisation honnête, son chara design et ses tentatives d’originalité ne parviennent pas à le sauver. Dispensable donc, aussi bien pour le fana de beat-’em-all (qui trouvera beaucoup mieux à faire sur la même console) que pour le joueur lambda (encore moins susceptible d’être attiré par ce type de soft).
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Note finale
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| TECHNIQUE | ![]() ![]() ![]() ![]() |
MUSIQUE | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| On n’est pas en présence d’un chef-d’oeuvre, mais Battle Zeque Den est suffisamment beau et correctement réalisé pour accrocher l’oeil. On regrettera par contre les ennemis peu inspirés et les ralentissements qui apparaissent lors de certaines attaques spéciales. | Des compositions très typées "Asie", qui peinent à accrocher l’imaginaire du joueur. Les bruitages et les quelques digits vocaux sont bien réalisés. | |||
| Gameplay | ![]() ![]() ![]() ![]() |
Durée de vie | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Le perso monte de niveau et les différents boutons du pad sont mis à contribution. On a donc une panoplie assez large de coups, mais les mêmes "combinaisons" de touches valent pour les trois persos, ce qui entraîne une certaine monotonie. | Vous aurez droit à 3 vies et 5 crédits pour venir à bout du soft. La difficulté est paramétrable dans le menu des options. Battle Zeque Den s’adapte donc à tous les types de joueurs, et propose une durée de vie que l’on peut qualifier d’honnête. | |||
| Innovation | ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Battle Zeque Den ne fait pas mieux que la concurrence. Il fait même, à mon humble avis, moins bien sur certains points (représentation sur un plan unique). Reste son univers original et ses trois héroïnes au look réussi. C’est bien maigre. | ||||
| Infos pratiques | ||||
| Développé par Asmik Corp. Édité par Asmik Corp./Arsys/Image Works Sorti le 15.07.1994 (Japon) Pas sorti aux USA Pas sorti en Europe |
beat-’em-all 1 seul joueur Cartouche de 16Mb Pas de sauvegarde |
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| en vidéo | ||||
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