un second volet 16 bits qui innove

Final Fantasy V

Né d’un «génie» japonais (comme toujours), la saga des Final Fantasy n’était, dans ses premiers jours de conception, qu’un pari sur l’avenir du jeu de rôle.

Final Fantasy V Super Famicom (screenshot 01)Hironobu Sakaguchi a lancé une idée sur un nouveau type de jeu (à l’époque sur Game Boy) et voilà qu’en 1992 sort le 5ème volet de ce pari. C’est le 6 décembre 1992 que Square Co. –aujourd’hui Square Enix– commercialise, au Japon, Final Fantasy V qui fait un tabac avec ses 2 500 000 exemplaires vendus. Second volet de la saga à être sorti sur notre Super Mitaine d’eau adorée, Final Fantasy V innove dans le genre sur beaucoup d’aspects du RPG. Néanmoins, on n’y trouve pas que des améliorations, sujet sur lequel je m’étendrai un peu plus par la suite.

Trame générale

Final Fantasy V Super Famicom (screenshot 02)L’idée générale des histoires de Final Fantasy (tout du moins pour la plupart des volets de la saga) repose sur le déséquilibre d’un monde où vivent certaines personnes exceptionnelles qui suivront un but commun (détruire les méchants) mais qui sont parfaitement étrangers les uns pour les autres au début et qui ne connaissent rien de leur destin. Dans ce 5ème opus, le monde vit en équilibre grâce à la présence de 4 cristaux disséminés dans des royaumes différents. Chacun de ces cristaux possède un pouvoir élémentaire qui a permis aux Hommes d’évoluer: le feu pour le développement industriel, le vent les a poussé sur leurs bateaux vers de nouvelles terres inexplorées, la terre à fait s’étendre les villes et l’eau, essentielle à la vie, a assuré leur présence à travers le temps.

Final Fantasy V Super Famicom (screenshot 03)Mais un jour vint où le roi de Tycoon (Royaume du Vent) sentit que quelque chose n’allait pas. Il se rendit au temple du Vent et vit de ses propres yeux le cristal du Vent se briser. Arrivant peu après lui, Butz et la princesse Lenna virent disparaître le roi. Peu après cet événement, un météore tombe sur la planète non loin du temple du vent… C’est ainsi que débute vraiment cet épisode de Final Fantasy V. Incarnant, comme vous vous en doutiez, le combattant vagabond (il s’appelle Butz sauf si vous changez), vous allez devoir sauver ce monde des griffes du terrible Exdeath, accompagné de la princesse Lenna, du chevalier Galuf et du capitaine Faris.

Un grand Monde avec peu de héros

Au bout du 5ème, on commence à avoir l’habitude du style de jeu de Mr Sakaguchi. Comme on pouvait s’y attendre, les mondes (je dis bien «les» car il y en a plusieurs) où vous allez évoluer sont grands et parsemés de monstres, d’énigmes et de PNJ (Personnages Non Joueurs) qui vous aideront –ou pas– à avancer.

Final Fantasy V Super Famicom (monde de Bartz Klauser) Final Fantasy V Super Famicom (monde de Galuf Halm Baldesion) Final Fantasy V Super Famicom (mondes réunifiés)
Monde de Bartz Klauser (Butz) Monde de Galuf Halm Baldesion Mondes Réunifiés

Un scénario riche en rebondissements –d’ailleurs, c’est le 1er épisode où votre équipe perd un de ses membres- et en énigmes, car vous pouvez faire des quêtes secondaires qui vous apporteront des armes et des armures très puissantes. Enfin, le mode de combat, fidèle à la saga, se fait via l’ATB (Active Time Battle) avec 4 personnages. Voilà un des côtés positifs. Mais toute lumière porte sa part d’ombre… et pour ce jeu, l’ombre est le nombre peu élevé de personnages que vous pouvez contrôler. Eh oui! Comme le dit le titre de ce paragraphe, cet épisode de la saga des Final Fantasy est le seul où l’on y trouve si peu de personnages, ce qui est dommage, car j’ai toujours eu plaisir à connaître l’histoire des héros avec qui l’on joue, et plus il y a d’héros mieux c’est (c’est un des aspects qui a été mis en avant dans Final Fantasy VI avec, par exemple, les 13 rêves de Shadow qui racontent son histoire, si vous les trouvez); pour vous donner une idée, on a:

  Nombre de personnages Commentaires
Final Fantasy IV 12 -
Final Fantasy V 5 Vous n’en aurez toujours que 4 mais Galuf sera remplacé par sa fille Krile durant l’aventure.
Final Fantasy VI 14 Là encore une particularité des Final Fantasy: il y a des personnages cachés –Gogo et Umaro– et un personnage que vous pourriez perdre si vous allez trop vite –Shadow-.

Mais le génie de Mr Sakaguchi a contourné ce léger problème par ce que l’on appelle une «innovation». Inspiré de Final Fantasy III, les personnages peuvent évoluer via divers «Jobs». Il ne faut pas comprendre ce terme de la même façon que dans la réalité. Ici, un job est une orientation vers une classe spécifique qui donne des aptitudes spéciales. Vous avez en tout 26 jobs possibles, les plus puissants étant bien sûr les plus durs à obtenir et à maîtriser. Cela permet de faire évoluer vos héros plusieurs fois, mais dans des directions différentes et donc, d’augmenter considérablement l’étendue de jeu. Au niveau de maîtrise maximum, vous garderez une spécificité du métier, même si vous en changez pour en apprendre un autre. Ainsi, vous pourriez devenir Chevalier Dragon et faire de la magie noire à un certain degré. (1)

Final Fantasy V Super Famicom (Butz) Bartz Klauser (Butz dans la version japonaise)
Final Fantasy V Super Famicom (Lenna) Lenna Charlotte Tycoon
Final Fantasy V Super Famicom (Faris) Faris Sarisa Scherwiz Tycoon
Final Fantasy V Super Famicom (Galuf) Galuf Halm Baldesion
Final Fantasy V Super Famicom (Krile) Krile Maia Baldesion (Clule dans la version japonaise)

(1) Il faut tout de même garder à l’esprit qu’un personnage hybride (appelé aussi «Multiclassé»: personnage possédant des caractéristiques venant de plusieurs classes comme Mage Noir/Chevalier ou Voleur/Mage Bleu) ne pourra pas être aussi fort qu’un personnage «pur» (appelé aussi «Monoclassé»: un Chevalier par exemple) dans un métier spécifique. Néanmoins, il possède les caractéristiques des 2 métiers; ainsi un Mage Noir fera de plus puissantes magies qu’un Mage Noir/Chevalier.

Tuer l’ennemi c’est bien, exterminer le Mal c’est mieux…

Le gameplay de Final Fantasy V ne change pas vraiment de celui de son prédécesseur qui possédait déjà pas mal d’améliorations. Donc, nous retrouvons notre équipe, symbolisée par le personnage principal sur la carte du monde, qui peut rencontrer aléatoirement des monstres, prendre la fuite au cours d’un combat, gagner de l’expérience s’il tue tous les monstres lors d’une rencontre, des gils (monnaie utilisée en général dans Final Fantasy), des objets… enfin bref, vous en avez l’habitude non?! Ainsi, les batailles se jouent au tour par tour avec une jauge ATB décrite ci-après.

Final Fantasy V Super Famicom (screenshot ATB)«L’Active Time Battle (ou ATB) représente une grande partie du gameplay des FF (surtout parce que ce sont eux qui l’on «intégré» en quelque sorte au monde du RPG). Contrairement aux jeux datant d’avant les FF sur Super Nintendo, on avait un gameplay plus du genre Real Time Battle (RTB) (qui existait déjà sur Game Boy, par exemple dans le très fameux «Mystic Quest») et qu’on retrouve notamment sur Secret of Mana. Le RTB, comme son nom l’indique, est un combat en temps réel où vous pouvez bouger tout en frappant votre ennemi, lancer une magie en même temps que lui… À l’opposé, il y a l’ATB qui s’illustre par le remplissage progressif d’une barre affectée à un personnage. Cette barre s’appelle par exemple Jauge ATB dans Final Fantasy VII. Lorsque cette jauge est remplie, le personnage associé peut effectuer la (les) action(s) déterminée(s) par le joueur. Plus spécifiquement, et c’est là tout son intérêt, la vitesse à laquelle se remplit la jauge ATB dépend d’un certain nombre de paramètres, et notamment de l’état du personnage associé, et induit donc un aspect stratégique, dans une certaine mesure: les actions que le joueur décidera d’affecter au personnage dépendront de la condition dudit personnage, de son état, et donc de la vitesse de remplissage de la jauge.»

Une saga qui évolue avec son temps

Le jeu est sorti en 1992, donc 1 an après son prédécesseur, ce qui n’a pas donné à Square beaucoup de temps pour améliorer le graphisme déjà beau de Final Fantasy IV (beau pour l’époque, aucune comparaison avec les jeux d’aujourd’hui n’est faisable). On retrouve donc des personnages, terrains de combat et monstres améliorés avec un rendu moins pixélisé grâce à une meilleure optimisation du code et donc à une meilleure utilisation des 16 bits de la console.

Final Fantasy IV

Final Fantasy V Super Famicom (FFIV)Les décors sont plus évolués (plus lisses avec un rendu de couleurs nettement meilleur) par rapport à ceux de la Nintendo (normal, on passe de 8 à 16 bits) mais ce n’est que le début… Malgré cela, Yoshitaka Amano fera un excellent travail sur les personnages.

Final Fantasy V

Final Fantasy V Super Famicom (FFV)Encore une fois, c’est Yoshitaka Amano qui s’occupe du design des personnages, où l’on observe… hé bien… pas beaucoup d’améliorations. Seuls les décors et les combats avec les monstres sont plus soignés (les dessins sont plus originaux et un peu plus précis). Peut-être est-ce également dû au fait qu’il ne soit sorti qu’un an après le précédent, alors que Final Fantasy VI a eu le double du temps.

Final Fantasy VI

Final Fantasy V Super Famicom (FFVI)Dernier sorti sur Super NES, Final Fantasy VI possède de très beaux rendus graphiques, grâce à la technologie qui a 3 ans de plus que celle de Final Fantasy IV, et aussi aux designers Yoshinori Kitase et Hiroyuki Itô (Yoshitaka Amano est le «character designer» comme pour la plupart des Final Fantasy).

Ce jeu n’a donc pas réellement évolué du point de vue des graphismes: il a simplement suivi le cours des avancées technologiques. C’est pourquoi il n’y a pas d’énorme différence avec Final Fantasy IV – a contrario de celle qu’il y a entre ce 5ème volet et Final Fantasy VI -.

Héros, entends-tu cette mélodie qui te pousse à avancer ?

Entrons maintenant dans ce qui nous a tous donné l’envie de continuer a jouer à un Final Fantasy -bien qu’il soit déjà 3 heures du matin et qu’on doive aller au travail le lendemain…- j’ai nommé: l’ambiance musicale.

Final Fantasy V -Original Sound Version-

Final Fantasy V Super Famicom (Original Sound Version)Composées par Nobuo Uematsu, on s’attendait, après son excellent travail sur Final Fantasy IV, à un nouvel album brillant… Malheureusement, on observe une inégalité de composition très peu habituelle dans ce double OSV. Si l’on excepte la faiblarde bande-son de Final Fantasy II, on remarque tout de même que le travail sur ce 5ème volet reste le plus décevant qu’il ait fait sur la série. Néanmoins, même si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, on ne peut pas exclure nombre de thèmes très réussis. Autre innovation de cette aventure de Final Fantasy, cet album se décompose en 2 CD’s:

  • Le 1er se centre sur les thèmes des lieux et des personnages (celui de Lenna est très doux et agréable). Certains thèmes d’évènements sont très conventionnels, voire pas terribles (on notera la 4ème piste: Hurry Hurry … excusez moi pour le mot mais … beurk!!). Sur ce même disque, on retiendra le thème symbolisant le vol du dragon The Dragon Spreads its Wings, particulièrement enjoué, étant d’un meilleur niveau que le très moyen The Airship. On retrouve une version Mambo de la musique du Chocobo apparue pour la première fois dans le 2ème volet de la saga. Le Battle Thème est aussi assez réussi car doté d’une mélodie dynamique, a contrario du Boss Battle, mou et plat.
  • Le 2ème disque est plus réussi grâce aux «Ending Thèmes» comme The New Origin –de loin le plus agréable à écouter– ou bien un As I Feel, You Feel incroyablement triste et mélancolique, mais également les thèmes de combats détonants: citons notamment les deux Last Battle, et surtout le rythmique Battle with Gilgamesh.

Pour finir sur l’OST1 de cet opus de Final Fantasy, je dirais, d’un point de vue objectif, que c’est un travail d’ensemble qui se maintient grâce à quelques très bons titres mais qu’il est décevant par rapport aux précédents travaux de Nobuo Uematsu.

Final Fantasy V -Piano Collection-

Final Fantasy V Super Famicom (Piano Collection)Malgré l’OST dont cet album est inspiré, parmi les musiques choisies, on peut retenir sur ce disque le «Battle with Gilgamesh», qui vaut principalement pour son inaltérable qualité mélodique (la piste devenant tout de même moins entraînante au piano), ou encore un très beau «The New Origin». On obtient aussi un Harvest beaucoup plus écoutable, et un «My Home Sweet Home» plus mélancolique. Un Piano Collection très joli dans son ensemble donc, mais qui soutient mal la comparaison avec les autres albums de la série.

Final Fantasy V -Dear Friends-

Final Fantasy V Super Famicom (Dear Friends)Au vu de la très inégale bande-son du cinquième Final Fantasy, un album arrangé n’était peut être pas un choix judicieux. Pourtant, il n’en n’est rien, Uematsu réalise un coup de maître … Dear Friends est un concentré de génie qui reflète le style si particulier du compositeur. Nobuo a déposé sa patte si délicate sur l’ensemble des morceaux. Il en résulte une véritable fraîcheur qui ne peut que vous envahir. Qui plus est, l’atmosphère que le CD distille est vraiment variée, permettant un voyage musical total. Le doux et mélancolique Lenna’s Theme, l’aventureux Ahead on Our Way, le poignant As I Feel You Feel ainsi que les ambiants Fate in Haze et Land Unknown: autant de mélodies qui vous mèneront sur les rivages du bonheur auditif.

En conclusion

Cet épisode de la saga Final Fantasy est à faire au moins une fois car le scénario en vaut la peine malgré un style déroutant du point de vue des musiques, qui manquent de profondeur dans les moments de mélancolie, et de punch et de rythme dans les scènes d’action (mis à part quelques morceaux pour les combats mythiques). Malgré une ambiance difficile et le scénario qui semble simple au départ (avec l’éternelle histoire du déséquilibre du monde, des héros qui arrivent et qui sauvent la planète…), on se rend compte au fur et à mesure que l’histoire est bien plus complexe.

Ajoutez à cela une amélioration grâce à la jauge ATB qui offre une très vaste palette stratégique (palette qui sera utilisée, pour ceux qui s’en souviennent, dans Chrono Trigger, où vous aurez le choix dès le début entre des combats «actifs» -les monstres attaquent dès que leur jauge ATB est remplie- ou «passifs» -les monstres, bien que leurs jauges ATB soient remplies, attendent que vous ayez validé vos actions-). Ainsi, Final Fantasy V reste un bon RPG qui fait parfaitement la transition entre son prédécesseur et celui dont on dit que c’est une perle rare: Final Fantasy VI.

Note Finale
Technique – 6 /10

Cet épisode possède une réalisation solide qui s’inscrit dans la continuité du 4ème épisode. On aurait cependant aimé un peu plus d’audace… mais l’épisode VI viendra combler cette lacune.

Musique – 7 /10

Même si les musiques sont d’un bon niveau, Nobuo Uematsu nous avait habitué à mieux. Certaines compositions prennent l’ascendant sur d’autres, ce qui nous donne au final une impression en demi-teinte.

Gameplay – 8 /10

Aucun souci. On est bien en présence d’un Final Fantasy. L’introduction des jobs apporte un "plus" appréciable. La jauge ATB est bien évidemment aussi de la partie et procure des combats dynamiques.

Durée de vie – 7 /10

Comme tout bon RPG, Final Fantasy V vous tiendra en haleine pendant des dizaines d’heures.

Scénario – 8 /10

Au premier abord, le scénario peut sembler assez "bateau", mais après quelques heures de jeu, il s’avère bien plus complexe et intéressant.

En résumé
Réelle évolution par rapport à Final Fantasy IV, Final Fantasy V prépare le terrain pour le monumental Final Fantasy VI.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Squaresoft
Édité par Squaresoft
Sorti le 06.12.1992 (Japon)
Pas sorti en Europe (1)
Pas sorti aux USA (1)
RPG
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe aussi sur PSone, GBA
(1) Le jeu sera disponible par la suite en Europe et aux USA, mais via les versions Game Boy Advance et PSone.
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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