méga hit aux allures de spin-off

Yoshi’s Island : Super Mario World 2

Vous trouverez toujours quelques joueurs grincheux pour prétendre que Nintendo se repose sur ses acquis, en nous refourguant à intervalles réguliers des épisodes de Mario et de Zelda. Or, rien n’est plus faux. Car si le background des différents jeux évolue peu, le gameplay est à chaque fois remanié et repensé par Miyamoto et son équipe. Démonstration immédiate avec Yoshi’s Island, un titre à la fois innovant et rafraîchissant, malgré sa filiation subtile avec Super Mario World.

Première prise de contact

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 01Je dis «subtile», parce qu’en y regardant de plus près, et mis à part la présence des bébés Mario et Luigi, des Yoshi et des tuyaux, cet épisode n’a pas grand-chose à voir avec le Super Mario World sorti en même temps que la console. Sur la forme tout d’abord, et notamment au niveau des graphismes, on est à des années-lumière du premier opus. Les illustrations de ce test parlent d’elles-mêmes: tout le jeu adopte un design «crayonné» aux couleurs pastels du plus bel effet. Mais nous y reviendrons.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 02Ensuite, sur le fond, le gameplay a été totalement remanié, permettant à Nintendo de proposer un titre rafraîchissant qui s’écarte assez bien de la routine propre aux premiers Mario (à savoir, parcourir les niveaux de gauche à droite, sauter sur les ennemis, prendre une fleur de feu pour leur tirer dessus, prendre un champignon pour grandir…). Dès lors, même si beaucoup le considèrent -à tort ou à raison- comme la suite de Super Mario World, je préfère plutôt parler ici de titre «dérivé» ou de «spin-off» (sans aucune connotation péjorative, car nous le verrons par la suite, Yoshi’s Island est tout aussi incontournable que son prédécesseur, si pas plus).

Nos héros ont pris un coup de jeune…

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 03Une fois la console allumée, Yoshi’s Island innove dès les premières secondes, en proposant au joueur une charmante introduction animée comme on aimerait en voir plus souvent, surtout sur les titres de Nintendo… (mais l’esbrouffe graphique n’est pas dans les habitudes de Miyamoto, qui préfère se baser sur un gameplay solide pour impressionner le joueur). Vous comprendrez très rapidement que l’action du jeu se situe bien avant les épisodes de Mario auxquels vous aviez pu jouer jusque-là.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 04Notre héros, tout comme son frère Luigi, ne sont ici que de petits chérubins en couche-culotte. Et alors qu’une cigogne les emmènent chez eux par la voie des airs, ils croisent la route du sorcier Kamek. Celui-ci réussit à s’emparer de bébé Luigi, mais bébé Mario lui échappe et tombe dans le vide… pour atterrir -hoooo quel hasard!!!!!- sur le dos de Yoshi (le «vert», celui de Super Mario World). En fait, notre bébé a un bol pas possible, vu qu’il est sur l’île des Yoshi. Après une réunion au sommet, les petits dinosaures colorés décident de prendre soin de bébé Mario et d’aller délivrer bébé Luigi. L’aventure peut donc commencer…

De nouvelles règles, pour un nouveau gameplay

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 05Avec ce titre, Nintendo bouscule nos habitudes de joueurs élevés et entraînés à la saga Mario. Plusieurs nouveautés font donc leur apparition. Tout d’abord, vous ne dirigerez pas Mario seul, mais bien le tandem Yoshi(s)-bébé Mario (et surtout les Yoshi en fait, bébé Mario se contentant de se faire balader). Les petits dinosaures vont donc servir de monture au bébé et disposent de différentes aptitudes bien utiles, dont on avait pu avoir un aperçu dans Super Mario World. Ainsi, ils pourront sauter sur les ennemis qui se présentent sur leur route, ou encore les avaler pour s’en servir comme projectiles en les recrachant. Ils pourront aussi, en plus du saut normal, flotter un court instant dans les airs (il suffit pour le joueur de laisser le bouton de saut enfoncé). Et l’attaque rodéo, déjà présente dans Super Mario World, est également de la partie.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 06Mais la plus grosse nouveauté apportée par le titre est sans aucun doute l’apparition des oeufs. Les Yoshi pourront les utiliser comme projectiles pour se débarasser des ennemis, ou encore s’en servir pour dégager leur route, activer des switchs, ou obtenir divers bonus. Les utiliser se révêle être un jeu d’enfant grâce au système de visée intégré au jeu, et particulièrement bien pensé. Ces oeufs si précieux s’obtiennent soit en avalant un ennemi (touche vers le bas pour transformer l’ennemi avalé en oeuf), soit via des blocs «distributeurs» disséminés dans les niveaux. Notez que le nombre maximal d’oeufs que les Yoshi peuvent traîner derrière eux est limité à 6.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 07Ensuite, contrairement au principe instauré par les épisodes «classiques» de Mario, quand le Yoshi est touché par un ennemi ou un projectile, il ne meurt pas directement. En fait, dans ce cas de figure, c’est bébé Mario qui est ici désarçonné et qui s’envole dans une bulle. Commence alors un décompte de dix à trente secondes (voir plus bas) au cours duquel vous devrez essayer de récupérer bébé Mario. Si vous n’y parvenez pas, les sbires de Kamek emportent le bébé et vous perdez une vie. Si par contre, vous rattrapez le bébé, le décompte s’arrête sur le nombre de secondes qu’il vous reste (et si vous êtes en dessous de 10 secondes, votre compteur remonte progressivement jusqu’à 10 secondes).

Personnellement, je trouve ce principe nettement plus amusant que celui des Mario où la simple erreur se paie cash si vous n’avez pas de costume/champignon/fleur (barrer la mention inutile). Il occasionne en tout cas une bonne poussée d’adrénaline, tant on s’acharne pour récupérer bébé Mario avant la fin du décompte fatidique.

De l’importance du score dans Yoshi’s Island

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 08Plus que dans n’importe quel autre jeu, le score qui vous sera attribué à la fin de chaque niveau n’est pas là pour «faire joli» ou pour flatter votre égo (quoique…), mais bien pour vous donner accès à des niveaux supplémentaires (et accessoirement, aux mini-jeux bonus). Vous recevrez à chaque fois une note sur 100, calculée sur base des items que vous aurez ramassés tout au long du niveau (à savoir, les pièces rouges camouflées parmi les pièces jaunes, les grosses fleurs et les étoiles). Notez que, outre le rôle qu’elles jouent dans le calcul de votre score, les étoiles vous permettront aussi d’obtenir de précieuses secondes supplémentaires lorsque bébé Mario s’envole. Mais il y a une limite fixée à 30 secondes maximum (soit, 20 étoiles à ramasser). Dans le même ordre d’idée, les 5 grosses fleurs à trouver dans chaque niveau ont plusieurs utilités: vous donner une vie supplémentaire (quand vous trouvez les cinq), vous permettre de jouer ou non au «bonus challenge» en fin de niveau (grâce à une «roulette»), et vous donner de précieux points lors du calcul de votre score.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 09L’importance du score dans le jeu est d’ailleurs telle que l’on distingue facilement deux manières de jouer à Yoshi’s Island. La première consiste à foncer tête baissée et à enchaîner les stages les uns à la suite des autres. Il va sans dire qu’elle est fortement déconseillée et ne vous permettra pas de profiter de toutes les subtilités du titre. La seconde, celle que je vous conseille, consiste à prendre son temps pour faire et refaire chaque niveau, histoire d’obtenir le score ultime. C’est de cette manière que vous apprécierez pleinement Yoshi’s Island et que vous accéderez aux fameux stages bonus. Quoi qu’il en soit, l’un ne va pas sans l’autre, et les développeurs ont construit les niveaux de telle manière que vous devrez véritablement les «fouiller» dans tous les sens pour récolter tous les items.

Des petits «plus» bienvenus

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 10En marge des oeufs (il en existe différentes sortes que je vous laisse le soin de découvrir) et des pièces (rouges ou jaunes), les Yoshi pourront utiliser toute une série d’items bien utiles, comme les pastèques bleues (qui gèlent les ennemis) ou rouges (qui les brûlent), la loupe (qui permet de détecter les pièces rouges dans tout le niveau), le bouton «Pow» (qui secoue tous les ennemis présents à l’écran) ou encore le nuage qui permet tout simplement au Yoshi de voler dans les airs (pendant une période limitée).

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 11Si certains de ces objets se dénichent lors de votre progression, vous pourrez le plus souvent les gagner via des mini-jeux (accessibles à la fin des niveaux, ou dans les petites maisons au sein même des niveaux). Le plus souvent, ils font appel à la chance, à votre dextérité, ou à vos capacités de mémorisations (rien de bien compliqué, je vous rassure). Parmi les objets que vous pourrez y gagner, on notera surtout la présence des étoiles supplémentaires (disponibles par lot de 10 ou de 20) qui sont primordiales si vous cherchez à obtenir un score de 100 pour chaque niveau. Car contrairement aux étoiles trouvées dans les niveaux, celles-ci peuvent être ajoutées à votre compteur quand bon vous semble. Petite astuce: si il vous manque par exemple une dizaine d’étoiles pour réaliser le score absolu, vous prenez votre bonus «étoiles +10» juste avant de terminer le niveau… et, ni vu ni connu, vous obtenez un score de 100 à moindre frais.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 12Histoire d’apporter un peu de variété dans le gameplay, à certains endroits du jeu, le Yoshi de service aura aussi l’occasion de se transformer, pour un temps limité, en différents engins tels que le sous-marin, la «taupe foreuse», l’hélicoptère, le buggy ou encore le train. Pendant ce temps, bébé Mario est placé dans une bulle et retrouve le dos confortable du Yoshi une fois la transformation terminée. Particulièrement funs, ces phases de jeu sont très souvent synonymes de «pièces rouges dans les parages», pièces que vous ne pourrez récupérer qu’en étant transformé.

Réalisation technique

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 13Difficile de ne pas aimer le style graphique adopté par Yoshi’s Island. Avec son rendu style «crayonné» et ses couleurs pastels, il fait indéniablement partie des plus beaux jeux de la console. On est en tout cas très loin de la simplicité graphique du premier Super Mario World, et complètement à l’opposé de la démarche adoptée pour les Donkey Kong Country. Certains regretteront cette abondance de graphismes mignons et colorés, mais personnellement, j’adore. Ça donne une identité unique au jeu, et ça participe grandement à la bonne humeur qui s’en dégage. En outre, ce qui ne gâche rien, le jeu utilise avec intelligence des effets propres à la console (distorsions de sprites, zoom…), notamment pour les boss, ce qui me fait dire que Yoshi’s Island est tout simplement inattaquable sur le plan graphique. Soit, un modèle du genre qui n’a pas vieilli d’un pixel, malgré ses 13 ans bien sonnés.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 14Sur le plan du gameplay, on peut dire que Nintendo fait aussi très fort, car derrière un graphisme qui sous-entendrait une difficulté revue à la baisse -histoire de convenir aux joueurs en culotte courte-, se cache en fait un soft à la difficulté progressive. Difficulté qui atteint d’ailleurs des sommets dans le dernier des 6 mondes, tout comme dans les niveaux bonus débloqués, particulièrement retors. La maniabillité frôle quant à elle l’excellence. Les petits Yoshi répondent au doigt et à l’oeil, et la manette Super Nintendo est exploitée de manière efficace.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 15Yoshi’s Island, comme presque tous les softs estampillés «Nintendo», conviendra en fin de compte à tous les types de joueurs. Et que vous soyez un joueur occasionnel ou un habitué des jeux de plate-forme, vous en aurez pour votre argent, tant le petit monde des Yoshi est vaste (une bonne cinquantaine de niveaux, répartis en 6 mondes différents). De plus, la difficulté de certains passages, à laquelle vient s’ajouter le challenge qui consiste à obtenir à chaque fois un score de 100, participe grandement à sa durée de vie conséquente.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 16Lors de vos péripéties sur l’île des Yoshi, vous serez accompagné par des musiques à la fois entraînantes et guillerettes. Pour vous faire une idée, elles s’inscrivent tout à fait dans ce que Nintendo nous avait déjà proposé dans les Mario, soit du bonheur pour les oreilles. Les différents bruitages sont de la même trempe. On regrettera peut-être juste le cri de bébé Mario, qui, s’il est particulièrement bien rendu (merci au chip sonore de la console), peut agacer sur la durée, quand on peine à récupérer le bambin. Mais sinon, à part ce petit point, la partie sonore du jeu est irréprochable.

Un mot sur la version Game Boy Advance

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 17Je suppose que vous n’êtes pas sans savoir que depuis un certain temps, Nintendo aime ressortir ses hits sur ses différentes consoles. On peut critiquer cette manière de faire, mais elle a au moins le mérite de nous permettre de refaire d’excellents titres, tout en les faisant connaître à des joueurs qui n’ont pas connu l’époque bénie de la Super Nintendo. Tout ceci pour vous dire que Yoshi’s Island est ressorti en 2002 sur Game Boy Advance. Comme à son habitude, Nintendo nous a livré une conversion parfaite et splendide, qui n’a pas grand-chose à envier à son aînée tournant sur Super NES.

Yoshi's Island Super Nintendo screenshot 18Pour avoir pu jouer aux deux versions, je peux vous dire que l’on est en présence d’un «copier-coller» presque parfait, à quelques broutilles près (à savoir, des musiques qui sont un peu moins bien restituées que sur Super Nintendo -probablement en raison des capacités sonores de la petite portable-, et parfois de très légers ralentissements lorsqu’il y a un trop grand nombre de sprites à l’écran -notamment quand les poignées d’étoiles bonus apparaissent dans les niveaux-). Mais à part cela, aucun défaut à signaler sur cette version. Et vu que c’est la plus récente, c’est aussi celle que vous aurez le plus de chance de trouver chez votre revendeur.

En conclusion

Dire que Yoshi’s Island représente ce qui se fait de mieux comme jeu de plate-forme sur Super Nintendo est un doux euphémisme. Sur bien des points, il dépasse même, à mon humble avis, son illustre parent, Super Mario World. Il existe certainement des tas de raisons pour lesquelles des millions de joueurs adorent ce soft: ses graphismes colorés qui n’ont pas pris une ride, son gameplay si particulier, son ambiance… Probablement un peu de tout ça à la fois. En tout cas, une chose est sûre: Nintendo et Miyamoto signent ici, une fois de plus, un soft parfait qui aujourd’hui encore, fait figure de référence.

Note Finale
Technique – 9 /10

Yoshi’s Island bénéficie de graphismes superbes qui lui confèrent une identité unique. Toutes les ressources de la console sont utilisées, sans jamais tomber dans l’esbrouffe.

Musique – 8 /10

Les musiques sont excellentes, tout comme les bruitages. On regrettera juste le cri de bébé Mario qui peut casser la tête au bout d’un moment.

Gameplay – 9 /10

Un soft véritablement "tous publics", avec un Yoshi qui se manie au doigt et à l’oeil. La manette Super Nintendo est également très bien exploitée.

Durée de vie – 8 /10

Une aventure dense et riche vous attend. Si, en plus, vous cherchez à débloquer tous les niveaux grâce à des scores parfaits, vous en aurez pour votre argent.

Innovation – 9 /10

Nintendo repousse encore un peu plus loin les limites du genre plate-forme, avec de nombreuses trouvailles bienvenues comme le système des oeufs, du bébé sur le dos de Yoshi, etc.

En résumé
Nintendo ose le spin-off, et bien lui en a pris : Yoshi’s Island est une réussite totale.
9
Génial !

Infos Pratiques
Développé par Nintendo
Édité par Nintendo
Sorti le 05.08.1995 (Japon)
Sorti le 04.10.1995 (USA)
Sorti le 06.10.1995 (Europe)
plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe aussi sur Game Boy Advance
Voir aussi, les autres Mario de la Super NES
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