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Tests des jeux

The Firemen

Ami joueur, si tu as toujours rêvé de braver le feu avec une lance à incendie pour seule arme, saches qu’Human a pensé à toi avec The Firemen, un soft 100% action qui te placera au coeur d’un immeuble en proie aux flammes. Un remake de la Tour infernale en quelque sorte… mais sur ta Super NES!

Une simu de pompiers?

On peut s’étonner de voir Human débarquer avec un tel jeu, l’éditeur nippon s’étant surtout fait connaître pour ses jeux de sport (sur PC Engine principalement, mais aussi sur Super NES, avec des titres comme F1 Pole Position ou le très mémorable Super Soccer). Avec The Firemen, la firme aborde donc un tout autre créneau: celui du jeu d’action/arcade, avec en terme de contenu et de gameplay, un soft à 180 degrés de ses productions habituelles. Concernant ce point, il faut dire que le scénario futuriste prôné par le jeu (l’intrigue se déroule en 2010, soit 15 ans après la date de sortie réelle du jeu) a pas mal aidé l’équipe en charge du projet, en lui permettant d’insérer quelques éléments «fantaisistes» dans le jeu.

On ne s’étonnera donc pas de retrouver, parmi les ennemis par exemple, des robots de tailles diverses, en proie aux flammes, ou d’avoir une lance à incendie qui ne tombe jamais à court d’eau (ce qui est vachement pratique pour un pompier!). L’aspect graphique, de son côté, a aussi permis d’écarter tout soupçon de réalisme, avec des persos en fin de compte assez mignons, qui ont presque succombé à la mode SD (Super Deformed). Dès lors, pour répondre à la question en tête de ce paragraphe, The Firemen n’est pas une simu réaliste, loin de là: on est bien en présence d’un jeu d’action qui mise tout sur le fun.

Éteindre un immeuble en flammes

Le scénario du jeu est assez basique. Dès l’intro, le joueur est mis au parfum. On est en pleine période de Noël, et un incendie se déclare dans une tour de New York City où siège la Metrotech Chemical Company. Comme son nom l’indique, cette vénérable société s’occupe de produits hautement dangereux. Imaginez un peu les dégâts q’un incendie peut faire avec de telles substances et vous comprendrez toute l’importance de votre mission. Plus précisément, vous devrez trouver au cours du jeu le MDL (un produit chimique tout récent et bien toxique), pour ensuite l’amener sur le toit de l’immeuble et le faire exploser avec le réservoir d’eau qui s’y trouve. Quand je dis «vous», c’est en fait «vous et votre équipier». Le perso que vous dirigerez s’appelle Pete, un pompier qui a de la bouteille et une belle moustache bien virile au milieu du visage.

Il est équipé d’une lance à incendie pouvant cracher l’eau suivant deux modes: avec le jet d’eau à puissance maxi (bouton Y), Pete pourra éteindre les gros brasiers (grosses flammes, flammes volantes, flammes qui se déplacent, etc.) tout en gardant ses distances; avec le jet diffus (bouton B), il pourra s’occuper des petites flammes qui tapissent le sol, voire même des grosses flammes qui le collent de trop près. Pour avoir un meilleur contrôle de la lance et éviter que le jet d’eau ne parte dans tous les sens (en gros, quand Pete se retourne), vous pourrez aussi utiliser les touches L et R pour «verrouiller» notre pompier et lui permettre de se déplacer latéralement tout en utilisant la lance.

Et ce n’est pas tout! Vu que ce ne sont pas des missions de tout repos qui l’attendent, il pourra aussi ramper à même le sol (bouton A) ou encore utiliser des grosses bombes à eau (dispos en quantité limitée et lancées grâce au bouton X). Parlons maintenant de son coéquipier. Il s’appelle Danny et c’est un rookie (soit un petit jeune qui débute dans le métier: cet incendie est un peu son baptême du feu… hahaha humour!). Entièrement contrôlé par la console, il est invincible (contrairement à votre perso) et vous assistera tout au long de votre mission: il ouvre notamment les portes et vient en aide aux victimes que vous découvrirez dans le bâtiment.

Armé d’un hache, son comportement est assez aléatoire, puisque tantôt il s’occupera des brasiers qui apparaissent sur votre chemin, tantôt il vous protégera. Mais son aide est quand même efficace. Le jeu est parsemé de dialogues entre nos deux héros, mais aussi avec le reste de l’équipe restée aux abords de l’immeuble. Ces phases de parlotes (représentées avec des «vignettes» des interlocuteurs en bas de l’écran) permettent d’en apprendre un peu plus sur le scénario ou l’état d’esprit des persos, tout en donnant un peu plus de vigueur au déroulement de la partie. Cette particularité est un des gros atouts du jeu.

Un gameplay inventif et travaillé

Là où les programmeurs d’Human ont fait très fort, c’est dans la mise en scène de l’élément «feu» tout au long du jeu. Eteindre uniquement de simples flammes aurait pu paraître bien peu excitant pour n’importe quel joueur. Forts de cette constatation, l’équipe de développement a donc imaginé différentes sortes de brasiers. À titre d’exemple, sachez que certaines flammes sont immobiles, d’autres se déplacent plus ou moins vite, se propagent, reprennent vigueur, etc. Les boss (on en trouve à la fin de chaque mission) découlent de la même logique: ce sont bien souvent des feux plus importants en taille, plus virulents aussi, qui présentent à chaque fois un point faible qu’il vous faudra découvrir. Et comme l’action se déroule dans un immeuble «high tech», vous rencontrerez aussi des robots «fous» et des explosions à tous les étages.

En prenant un peu de recul, on s’aperçoit finalement que The Firemen partage de nombreux points communs avec les shoot-them-up au sens large tels que nous les connaissons: votre perso dispose de deux types de tir (court ou long) et peut lancer des grosses bombes disponibles en nombre restreint. Suivant la même logique, les flammes et autres ennemis du jeu se comportent aussi comme le feraient les vaisseaux ennemis dans un shoot classique: certaines sont lentes, d’autres plus rapides. Imprévisibles, elles pourront bien souvent se déplacer dans toutes les directions et vous assaillir de tous les côtés. On en trouve aussi qui se déplaceront par «vague» dans votre direction. Comme quoi, d’un côté, Human a fait preuve d’une grande imagination pour mettre en scène son jeu, mais d’un autre, le développeur s’est quand même rapproché, dans sa démarche, d’une forme de jeu que nous connaissons bien, à savoir le shoot-them-up.

C’est beau un immeuble en feu?

The Firemen peut compter sur une réalisation globale d’un excellent niveau. Ce n’est peut-être pas le plus beau jeu de la Super NES, mais il possède, entre autre, un chara design de qualité qui lui permet d’exhiber une véritable identité visuelle. Mais ce qui se remarque surtout dès les premières parties, et qui, dans une certaine mesure impressionne, ce sont les différents détails visuels insérés dans le jeu qui font toute la différence. Ils sont nombreux, mais on peut par exemple citer les empreintes au sol laissées par le feu une fois celui-ci éteint, les vitres qui volent en éclats sous la pression de votre lance à incendie, les nappes de fumée qui emplissent certaines zones, les explosions qui fusent de toute part… On constate aussi le même souci de «bien faire les choses» dans la construction même des différents endroits du jeu. Le level design de l’immeuble parvient à éviter le piège de la monotonie en obligeant le joueur à suivre un cheminement non linéaire (sur ce point, la présence en permanence d’une map à l’écran est une aide non négligeable). On peut ajouter à cela quelques petits effets propres à la console, distillés avec parcimonie tout au long de la partie, et on obtient un jeu qui tient bien la route sur le plan visuel.

La partie «musique» est, quant à elle, un peu moins rose, et ce sont surtout les bruitages qui se taillent la part du lion, avec des explosions très bien rendues et des sonorités basses qui exploitent bien le chip sonore de la console. De leur côté, les thèmes musicaux font plutôt pâle figure: ils se font bien trop discrets (submergés qu’ils sont par les bruitages) et manquent d’originalité. On se dira juste, pour se consoler, que le jeu misant beaucoup sur l’ambiance et les bruitages, cette «timidité» côté musique n’a que peu de conséquences sur la qualité du soft. Elle participe même, dans une certaine mesure, à son ambiance si particulière.

Un incendie circonscrit en deux bonnes heures

Pour terminer ce test, je vais vous parler de ce qui constitue, à mon sens, le seul gros défaut de The Firemen: sa faible durée de vie. Le jeu d’Human peut se terminer, pour un joueur un peu expérimenté, en deux bonnes heures. Les programmeurs ont bien prévu quelques astuces pour compliquer -un peu- la vie du joueur (crédits au nombre de trois… et pas un de plus, pas de sauvegarde possible, temps limite par niveau), mais ça ne change pas grand-chose. Les seules concessions faites au joueur sont la possibilité de reprendre le niveau là où Pete a perdu la vie (et non au début de la mission). Et malheureusement, la replay value est elle aussi assez faible, pour deux bonnes raisons: l’action est trépidante mais aussi répétitive à la longue et scriptée, et le mode 2 joueurs est tout simplement inexistant. La présence du second perso Danny était pourtant l’occasion rêvée pour proposer un mode 2 joueurs en coopération. Je dis ça, je dis rien.

En conclusion

The Firemen fait partie des jeux auxquels on s’adonne par curiosité. Et force est d’admettre que l’on est rapidement embarqué dans l’aventure, séduit par l’ingéniosité déployée par ses concepteurs pour nous pondre un jeu somme toute unique, avec un univers cohérent et une identité visuelle qui lui sont propres. Cependant, à la longue, on ne peut s’empêcher de remarquer aussi ses quelques défauts, dont les plus pénalisants sont, à mon sens, sa faible durée de vie et l’absence d’un mode 2 joueurs qui aurait été bien fun. Pour résumer, il s’agit d’un excellent titre qu’il faut essayer sans hésiter si l’occasion se présente, mais pas un hit absolu.

Note finale
 
Technique     Musique  
Un univers unique, avec un chara design presque SD pour les persos, ce qui donne une vraie identité au jeu. Le hardware de la console est utilisé à bon escient: l’animation tient la route et quelques effets "spéciaux" sont aussi présents.   On ne joue pas à The Firemen pour ses compositions mélodieuses, et c’est tant mieux. Ici, ce sont les bruitages -au demeurant excellents- que l’on remarque avant tout.
Gameplay     Durée de vie  
Human se décarcasse pour rendre une action toute simple ("éteindre le feu") captivante, et ça fonctionne du début à la fin du jeu. Sur ce point, The Firemen est très travaillé et fait preuve d’originalité. Les différentes actions de votre perso se mémorisent facilement et le diriger ne pose aucun souci particulier.   Comptez deux bonnes heures pour mener à bien votre mission, même si le soft joue de certains artifices pour offrir une durée de vie décente (3 crédits seulement, pas de sauvegarde). La replay value est faible (événements scriptés, pas de mode 2 joueurs).
Innovation    
Les jeux mettant en scène des pompiers ne sont pas légion, probablement en raison de la difficulté à rendre un jeu de ce type attrayant. Mais avec The Firemen, Human relève le défi avec brio et parvient à tirer son épingle du jeu en laissant le côté simu au placard, au profit de l’action et du fun. Pari réussi.  
Infos pratiques
Développé par Human
Édité par Human
Sorti le 09.09.1994 (Japon) (*)
Sorti en 1994 (Europe)
Pas sorti aux USA
  action
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
(*) le jeu est apparemment sorti une seconde fois au Japon, le 12 janvier 1997, via le service Nintendo Power.
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