éclater la concurrence

Super Street Fighter II : The New Challengers

On le sait, Capcom s’est fait un max de fric avec sa licence Street Fighter et après 3 épisodes qui tournaient autour du pot (Street Fighter II, Street Fighter II’ et Street Fighter II Turbo), le développeur se décide enfin à renouveler un peu la formule.

Une pluie de nouveautés

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 01Et c’est aussi vrai que Capcom aime bien dépasser les limites techniques d’une console en réalisant ce qui semblait être irréalisable, comme convertir Street Fighter II’ sur Megadrive et PC-Engine. C’est ainsi que pour la troisième fois, Capcom sort la plus grosse cartouche jamais sortie sur la console de Nintendo, avec un record de 32Mb (huit fois Super Mario World, c’est pas rien). Sorti un an après Street Fighter II Turbo, le jeu se pare pour la première fois sur Super Nintendo, d’une intro. Superbe et bien menée, notre Ryu international nous balance un hadoken en pleine poire ! La première fois, ça scotche, et Capcom ne pouvait pas faire l’impasse sur cette attraction venue de l’Arcade.

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 02La deuxième grosse nouveauté de cette édition (non, Capcom n’a pas nommé son jeu “Super” SFII pour faire plaisir à Nintendo), c’est l’ajout des quatre nouveaux combattants (T.Hawk, Fei long, Cammy et DeeJay) portant le total à seize fighters (en solo, si le jeu compte seize personnages, on en affronte que douze, comme d’habitude). Si T.Hawk et DeeJay sont des personnages sans grand intérêt (balourds et aux techniques sans plus), on ne peut pas en dire autant de Cammy (la deuxième fille du jeu) et surtout de Fei Long (que j’adore), qui n’est autre que la copie conforme de Bruce Lee (le grand maître… respect). Et qui dit quatre nouveaux personnages, dit quatre nouveaux décors, quatre nouvelles musiques et quatre nouveaux gameplays.

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 03En plus, désormais, on a de véritables différences entre Ken et Ryu (les boules de feu, les Hurrican Kick et les Dragon Punch ne sont pas les mêmes), Chun-Li aura une – vraie – boule de feu (instaurée dans SFII Turbo, sa boule de feu n’était qu’un habile mixage d’un mouvement existant) et pas mal de mises à jour ont été faites car tous les personnages ont de nouveaux coups. On peut citer Ken et Ryu qui peuvent faire un Hurrican Kick en l’air, Ken fait des Dragon Punch enflammés, Ryu balance des Hadoken d’une nouvelle forme (parfois ils sont rouges), Honda ou Blanka qui peuvent se projeter verticalement ou encore Guile qui a une chope en l’air (on sent que les versions pirates ont donné des idées). Avis toutefois aux amateurs de mode Turbo (y’en a ?), puisque dans cette ultime version de SFII sur console 16 bits, l’Hyper Fighting a totalement disparu.

Gameplay et réalisation toujours aussi impeccables

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 04En plus, dès le niveau “easy”, les adversaires sont moins passifs, ainsi même si le jeu reste facile (au niveau 0 ça semble normal), on a un peu moins l’impression qu’ils se laissent faire. À noter aussi qu’on a une couleur de fringue par touche d’action (soit six), ce qui permet de varier les plaisirs vestimentaires. Évidemment, pas besoin de préciser que la jouabilité est toujours aussi exemplaire et les combats toujours aussi techniques. Au menu, on nous propose en plus quelques variantes au jeu solo ou au versus: Group Battle, Tournoi et Time Attack. Sympa pour se changer un peu les idées après avoir pris une taulée en jouant au niveau 8.

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 05Le jeu compte aussi vos combos (enchaînements de coups) et on retrouve très vite ses marques, Super Street Fighter II restant un Street Fighter II avec tout ce que ça implique de lois intrinsèques, de manipulations pour les coups spéciaux et de prise en mains. Car le jeu ne change pas du tout au tout, c’est juste une évolution de plus de la version originale. Techniquement identique à lui-même, c’est sur les détails que Capcom a joué, ne voulant pas trop changer sa recette miracle. Les seize protagonistes sont parfaitement dessinés (les douze anciens ont été revus au passage) et assume toujours un très bon charisme. Encore un peu plus fluide, l’animation gagne du galon et la plupart des décors ont été refaits.

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 06Par exemple, le niveau de Ryu se passe de nuit et la plupart des levels ont vu leurs couleurs changer, histoire de ne pas se taper pour la quatrième fois les mêmes décors (même si rien ne change fondamentalement). C’est notamment le cas des levels de Blanka ou Honda et le résultat est somptueux. Mais certains choix sont plus douteux, comme lors du premier bonus-stage où la mer est verte, ou la fille au rouge-à-lèvres bleu du level de Balrog (en parlant de bonus-stages, on retrouve les trois mêmes, issus de la version Turbo). Mais dans l’ensemble, les décors sont vraiment magnifiques, notamment ceux des petits nouveaux (contrairement à l’Arcade, chez Cammy, l’aurore est gérée par mode 7 et nous évite l’affront d’être saccadée). En parlant de Blanka, il a enfin une voix de monstre (il était temps) car toute la bande-son a été revue. Malheureusement, c’est aussi la pire critique du jeu.

Musiques jolies mais bruitages… insipides

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 07Tout le monde a été agréablement surpris lorsqu’on a découvert en 1992 que Capcom nous avait concocté des bruitages de furieux, qui claquaient à fond. Ça dynamisait énormément le jeu et c’était un vrai régal. Il a fallu attendre très longtemps pour avoir un jeu avec des bruitages aussi violents. Eh bien en passant du CPS1 au CPS2, Capcom a entièrement revu sa bande-son et si sur Arcade, ça passe assez bien, sur Super Nintendo c’est… minable ! Évidemment les remixes des anciennes musiques restent jolies (même si elles n’ont plus aucunes basses, c’est désoeuvrant) et les nouvelles pistes, notamment celles de Fei Long et Cammy (on en revient toujours à eux), sont vraiment très bien.

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 08Les voix ont aussi toutes été changées. Pas forcément meilleures, elles sont par contre en plus grand nombre et sont plus variées. Non, le vrai problème, c’est les bruitages. Ils sont devenus insipides, mous, sans puissance… Bref tout ce qu’il ne fallait pas faire! Le jeu a énormément perdu de son dynamisme et de sa patate à cause de ça, et moi qui suis un véritable audiophile, je suis le premier à le regretter. En plus, si sur Arcade, la musique continue entre deux rounds (ce qui est plus contemporain), ici c’est comme d’hab’, elle s’arrête pour reprendre à chaque round (c’est pour ça que le jeu perd un point sur sa note finale : à cause du son). Mais même si j’ai beau râler plus que ne porte ma voix, pester, gueuler contre ce changement majeur dans l’ambiance, l’aura qui se dégage du jeu (surtout sur Super Nintendo où la bande-son éclatait tous les standards), en tant que fan absolu de la saga de Capcom, je ne peux que m’incliner… une fois de plus.

Super Street Fighter II éclate tout !

Super Street Fighter II Super Nintendo screenshot 09Les quatre nouveaux persos sont vraiment les bienvenus, techniquement le jeu est magnifique (sauf pour quelques couleurs de mauvais goût), on retrouve ce gameplay riche et accessible qui a fait la renommée de la marque, cette jouabilité infaillible… Bref, tout ce qui fait l’attrait de la licence. Et cette réussite venue du CPS2 (une évolution du CPS1, l’hardware Arcade made in Capcom) se devait de frapper un grand coup car la marque jaune et bleu n’est plus la seule maîtresse sur le secteur de la baston, puisqu’une autre marque montante, SNK pour ne pas la citer, est entrée dans la danse. Si avec son premier épisode, ils n’avaient pas marqué les esprits, Fatal Fury 2 était le premier jeu a réellement contrecarrer la saga Street Fighter, le MVS concurrençant ouvertement le CPS. Voilà pourquoi Capcom a redoublé d’efforts et finalement, ce sont les joueurs qui en sont satisfaits. Car SNK ou pas SNK, à sa sortie, Super Street Fighter II a éclaté toute la concurrence. Et même si ça reste du SFII, Super Street Fighter II est sans conteste l’un des meilleurs épisodes de la série.

Note Finale
Technique – 8 /10

Des combattants charismatiques et très bien dessinés. L’animation prend du galon et la plupart des décors ont été refaits. Certains choix graphiques sont plus douteux, mais dans l’ensemble, le tout reste vraiment magnifique.

Musique – 6 /10

La critique principale que l’on peut faire à Super Street Fighter II: les bruitages sont devenus insipides, mous, sans puissance… ce qui enlève une bonne part de dynamisme au jeu. Concernant les musiques, elles restent jolies et les nouvelles pistes sont vraiment très bien.

Gameplay – 10 /10

Sur le terrain du gameplay, Capcom est inattaquable. Avec Super Street Fighter II, ses développeurs font une nouvelle fois la preuve de leur savoir-faire en la matière. La jouabilité est infaillible, et on retrouve les "marques de fabrique" de la série: combos, manipulations pour les coups spéciaux, etc.

Scénario – 0 /10

Mesdames et messieurs, bienvenue dans le plus grand tournoi de Street Fighting au monde! (pour la énième fois).

En résumé
Le “dauphin” de Street Fighter Alpha 2 roule, encore aujourd’hui, des mécaniques. Un des meilleurs opus de la série.
9
Enorme

Infos Pratiques
Développé par Capcom
Édité par Capcom
Sorti le 25.06.1994 (Japon)
Sorti en 06.1994 (USA)
Sorti en 1994 (Europe)
combat
1 à 2 joueurs
Cartouche de 32Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi en arcade, sur Megadrive
Voir aussi, dans la même série
Encore + d’images
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Crédits
Version originale du test sur The Gravitor Box.
Repris sur la MdP avec l'autorisation de iiYama.
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