véritable hommage à la souris de disney

Mickey Mania

Sur Super NES, on pensait que Capcom avait depuis longtemps fait main basse sur les adaptations portant le label « Disney ». Mais en 1995, Mickey Mania est arrivé sans crier gare avec des arguments particulièrement convaincants pour tous les amoureux de la petite souris américaine. C’est que, jouer aux Magical Quest, c’est sympa pendant un temps, mais le fan de plate-forme à la sauce Disney avait aussi certainement envie de goûter à autre chose.

Traveller’s Tales: passé, présent, futur

Mickey Mania Super Nintendo 01Mickey Mania est un titre « multi-plateforme » qui, outre sur la Super NES, verra aussi le jour sur Megadrive, Mega-CD et PlayStation (voir en fin de test pour de plus amples infos concernant ces versions). Imaginé pour fêter dignement les 65 ans de Mickey, il a été développé par les équipes de Traveller’s Tales, un développeur anglais. A ses débuts, ce studio était très lié aux consoles Sega. On lui doit notamment des jeux tels que Leander (Megadrive), Bram’s Stoker Dracula (Megadrive), ou Puggsy (Megadrive et Mega-CD). Après Mickey Mania, il continuera sur sa lancée, sans surprise, avec des adaptations de longs métrages Disney sur différentes consoles: Toy Story, Toy Story 2, 1001 Pattes, Les Aventures de Buzz l’Eclair, etc. Plus étonnant, on le retrouvera aussi sur des Sonic pour le compte de Sega (Sonic 3D Flickies’ Island, Sonic R). Enfin bref, tout ceci pour vous dire qu’il s’agissait d’un studio possédant déjà une certaine expérience et qui n’en était pas à son coup d’essai. D’ailleurs, quand on voit Mickey Mania tourner, on comprend très vite que les petits gars qui y travaillent ne sont pas des manchots, mais plutôt des perfectionnistes, amoureux du pixel bien fait.

L’univers de Mickey… autrement

Mickey Mania Super Nintendo 02Bien qu’ils mettaient en scène Mickey et ses amis, il faut bien admettre que les «Magical Quest» de Capcom se permettaient de nombreuses digressions par rapport à l’univers de Mickey tel que nous le connaissons. Les scénarios étaient spécifiquement imaginés pour les jeux, Capcom prenant ce qui l’arrangeait par-ci par-là et inventant allègrement tout le reste. Ceci n’est aucunement une critique, tant le résultat final était de qualité, que ce soit sur le plan technique ou ludique. Mais les fans qui espéraient retrouver toute la magie des dessins animés de Mickey en étaient un peu pour leurs frais, tant l’ambiance des trois softs n’avait rien à voir avec la «Disney’s Touch» version dessin animé. Heureusement pour eux, Mickey Mania est passé par-là, et plutôt que de faire rentrer la bande à Mickey au chausse-pied dans le format « jeu vidéo », les développeurs de Traveller’s Tales vont adopter une démarche diamétralement opposée: reproduire de la manière la plus fidèle possible les épisodes-clés qui ont jalonné la carrière cinématographique de Mickey.

Mickey Mania Super Nintendo 03Le choix des six épisodes en question (qui constitueront autant de stages pour le jeu) pourra être sujet à discussion, mais il faut avouer que mis ensemble, ils forment une base relativement homogène pour un jeu qui se veut autant ludique que contemplatif. Chaque stage, à chaque fois divisé en différentes sous-parties, portera donc le nom du dessin animé dont il est issu, et Mickey aura en outre l’occasion de croiser dans chacun d’entre eux son double de l’époque en pleine action. Le premier stage n’est autre que « Steamboat Willie », un dessin animé datant de 1928 qui est utilisé par Disney pour déterminer la date de naissance « officielle » de Mickey (en fait, ce n’est pas la toute première apparition de Mickey dans un film, mais c’est dans celui-ci que la petite souris a obtenu véritablement la reconnaissance du public -voir Wikipedia-). Rien que ce premier stage fait déjà très fort puisque les décors seront en noir et blanc, comme à l’époque, et seul Mickey sera en couleurs. Au fur et à mesure de sa progression, les décors se pareront de couleurs, comme pour mieux souligner le fait que Mickey évolue dans le temps.

Mickey Mania Super Nintendo 04Vient ensuite « The Mad Doctor » (1933). Dans ce stage qui se déroule dans un vieux château peuplé de squelettes et de chauve-souris, Mickey devra retrouver son ami Pluto qui a été enlevé par un savant fou. Une fois son chien retrouvé et libéré, notre souris se transformera en chasseur d’élan, Pluto faisant alors office de chien de chasse toujours aux aguets (« Moose Hunters », 1937). Après une course-poursuite mémorable entre Mickey et le fameux élan, retour dans un château rempli de courants d’air… et de fantômes facétieux, dans un stage intitulé « The Lonesome Ghosts » (datant de 1937 également). Mickey embarquera ensuite pour un stage très bucolique, peuplé de papillons et autres insectes (« Mickey and the Beanstalk », datant de 1947, et que l’on peut traduire par « Mickey et le Haricot magique »).

Mickey Mania Super Nintendo 05À noter, à ce stade, que dans les dessins animés originaux des trois derniers stages que je viens de vous citer, Mickey était accompagné à chaque fois de Donald et de Dingo. Ce qui n’est pas le cas dans le jeu, puisque Mickey y sera seul. C’est un peu dommage de ne pas y retrouver ses deux compères, dans le sens où Mickey Mania avait quand même pour but de coller le plus près possible aux dessins animés originaux. Mais bon… Arrive alors déjà le sixième et dernier stage, intitulé « The Prince and the Pauper » («Le Prince et le Pauvre», un dessin animé de 1990 (!), cherchez l’erreur…). On aurait pu mettre pas mal d’autres dessins animés en lieu et place de celui-ci, mais il semblerait que les gens de Disney aient plutôt voulu mettre en avant une de leurs dernières productions, peut-être pour montrer le caractère « moderne » de Mickey. Soit. Mais il faut avouer qu’il y a quand même un grand vide (presque 50 ans) entre les dessins animés illustrant le cinquième et le sixième stage. Pas sûr que les puristes aient apprécié ce grand écart entre les dates, un peu comme si Mickey n’avait plus fait aucune apparition valable entre les deux. Le débat restera ouvert…

Digne d’un dessin animé, et je pèse mes mots

Mickey Mania Super Nintendo 06Mickey Mania est une des plus belles démonstrations de ce que la Super NES peut apporter en terme de qualité visuelle et d’animation. Les graphismes sont super beaux, envoûtants même, et léchés. Ils fourmillent de mille et un détails, reprenant au pixel près le travail des équipes Disney qui ont oeuvré sur les dessins animés originaux. L’animation de Mickey met aussi une méchante claque. Capcom avait déjà placé la barre assez haut sur les « Magical Quest », mais ici on est clairement à un échelon supérieur. C’est fluide, avec des mouvements coulés qui comportent beaucoup d’étapes d’animation. De même, les petites animations qui interviennent ponctuellement (quand Mickey est sur le bord d’une plate-forme, quand il perd une vie, ou entre deux stages) sont tout aussi étonnantes et bluffantes pour une console 16 bits. Les esthètes du sprite seront aux anges.

Mickey Mania Super Nintendo 07Jeu d’action/plate-forme par excellence, Mickey Mania sait aussi faire la part belle à l’arcade (principalement dans le stage « The Mad Doctor », quand notre souris doit passer dans les souterrains à bord d’un wagonnet, évitant des scies circulaires; ou quand il doit « survivre » dans un ascenseur s’arrêtant à différents étages, toujours dans le même stage). Rien qu’avec ceci, beaucoup de softs se seraient déjà contenté d’un tel profil, mais Mickey Mania va encore plus loin en intégrant aussi quelques passages plus qu’originaux et très bien intégrés au reste du jeu. On retiendra surtout la fameuse course-poursuite avec l’élan (encore elle!), représentée avec un Mickey vu de face qui court en direction du joueur (un seul mot pour la décrire: impressionnant!), ou encore de l’escalade de la tour en flammes, avec un joli effet de rotation.

Mickey Mania Super Nintendo 08Parmi les effets visuels plus discrets, mais qui ont un impact tout aussi fort, on trouvera par moment des scrollings différentiels sur certains décors qui vont donner une très belle impression de perspective et de profondeur, dans un effet de pseudo-3D parfaitement maîtrisé par la console. A certains endroits du jeu, ces mêmes décors vont aussi permettre à Mickey d’évoluer en arrière-plan, caché par d’autres éléments. Vous l’aurez compris: c’est un « sans-faute » technique pour Traveller’s Tales, et ceci, malgré la présence de temps de chargement entre les différents niveaux et stages. Non, non, vous ne rêvez pas: ils sont parvenus à mettre des « loadings » dans un jeu sur cartouche… un exploit! Personnellement, je ne vois pas du tout pourquoi ils les ont intégré. Pour la version Mega-CD, à la limite, je comprendrais, mais là, j’avoue que non. Peut-être que les programmeurs voulaient nous préparer psychologiquement à l’arrivée imminente de la PSone, avec ses loadings de folie (humour!)…

Mickey Mania Super Nintendo 09Concernant l’expérience de jeu, une fois le pad en main, c’est toujours le bonheur avec un grand « B » qui prévaut. La maniabilité est calibrée juste comme il faut. Il est vrai que les mouvements possibles pour Mickey sont très simples (un bouton pour sauter, un bouton pour lancer des billes -voir ci-dessous-), mais l’accessibilité s’en trouve grandie. Même chose pour les techniques d’attaque face aux ennemis, où Mickey pourra soit leur sauter sur la tête (« à la Mario ») soit leur lancer des billes ramassées dans les niveaux (une manoeuvre qui nécessite quand même un petit temps d’adaptation, en raison de la « détente » particulière de Mickey quand il effectue ce mouvement). Le soft est globalement facile, sans non plus tomber dans la facilité à outrance. Dans certains niveaux, Mickey devra d’ailleurs être contrôlé de manière assez précise. Par exemple, face aux squelettes qui se désintègrent dans le stage « The Mad Doctor », ou encore pour éviter les branches d’arbres et les rochers dans « Moose Hunters ».

Mickey Mania Super Nintendo 10Côté ambiance, les musiques de ce Mickey Mania sont entraînantes et atteignent leur but premier: restituer l’atmosphère des dessins animés originaux, même si elles le font de manière plus ou moins fidèle par rapport aux compositions originales (la Super NES, aussi douée soit-elle, n’est pas non plus une chaîne hi-fi). On appréciera tout autant les bruitages, qui « tombent » à chaque fois juste, ainsi que la voix de Mickey, rarement aussi bien restituée dans un jeu vidéo.

Et sur les autres consoles, ça donne quoi?

Mickey Mania Super Nintendo 11Comme je vous le disais au début de ce test, Mickey Mania a aussi vu le jour sur Megadrive et Mega-CD, ainsi que sur PlayStation. Par rapport à celles-ci, la version Super NES a été un peu moins bien déservie: le stage « The Band Concert (1935) » est absent (il s’agit d’un stage-bonus que l’on retrouve uniquement sur Megadrive et Mega-CD; il est caché dans le stage « Mickey & the Beanstalk »). Même topo pour la séquence de l’escalier, à l’extérieur d’une tour, dans le stage « The Mad Doctor », également absente de notre version. Certains effets spéciaux ainsi que la présence de Pluto aux côtés de Mickey (dans certains stages) ont également disparu lors de leur transfert vers la Super NES. Les versions Mega-CD et PSone proposent de leur côté une séquence supplémentaire, vers la fin du dernier stage ( «The Prince and The Pauper » ), dans laquelle Mickey doit trouver des crayons pour invoquer les différents Mickey des six stages et vaincre ainsi Pete. Elles profitent aussi du support CD pour doter Mickey de petites phrases et expressions supplémentaires.

Mickey Mania Super Nintendo 12Enfin, la version PSone, outre le fait de profiter des 32 bits de la console côté graphismes, rajoute encore une séquence supplémentaire à la fin du cinquième stage (« Mickey and the Beanstalk »), où Mickey doit échapper à Willie le Géant (représentée de la même manière que la course-poursuite avec l’élan). Personnellement, je ne tiens pas à rentrer dans un débat « cartouche vs. CD », mais pour avoir aussi testé cette dernière version, je peux vous dire qu’il s’agit très certainement de celle qui est la plus complète, la plus aboutie: les décors ont été retravaillés et comportent plus de dégradés de couleurs, les effets visuels sont superbes, et les séquences exigeantes sur le plan technique (stages de l’élan et de Willie le Géant, tours en extérieur) sont passées haut la main par la PSone. Par contre, elle est peut-être un peu plus aseptisée, avec l’absence du charme qui caractérise bien souvent les productions « cartouche »…

En conclusion

Avec Mickey Mania, c’est le jeu vidéo qui se met au service de l’univers de Mickey. Et non l’inverse. La prestation de la Super NES est magistrale sur le plan technique, et on parcourt avec un bonheur non dissimulé les six -trop courts- niveaux du jeu. Un bien bel hommage à la souris la plus célèbre de la planète donc, qui permet à Mickey Mania de briguer sans problème le podium des meilleurs jeux Disney sur la console de Nintendo.

Note Finale
Technique – 9 /10

On a rarement pu observer une animation aussi “pointilleuse” sur la Super NES: Mickey bouge à la perfection. Un vrai dessin animé. Les décors ont aussi été dessinés dans la même optique (“coller au mieux aux dessins animés originaux”), avec de temps à autre de très beaux effets visuels.

Musique – 8 /10

Dans un anime Disney, la musique occupe une place aussi importante que l’image. Avec Mickey Mania, c’est la même recette qui est appliquée: on reconnaît sans peine les différents thèmes musicaux et la Super NES les restitue de manière plus ou moins fidèle.

Gameplay – 8 /10

Mickey Mania propose très peu d’items différents. Même chose pour les actions de notre souris (sauter, s’abaisser, lancer des billes à la tête des ennemis). Ceci n’empêche pourtant pas la maniabilité de faire dans la “finesse” (saut plus ou moins grand en fonction de la manière dont on appuie sur le bouton du pad, certains ennemis qui nécessitent un positionnement précis, etc.).

Durée de vie – 7 /10

Six stages en tout et pour tout, qui se révèlent assez courts, pas de mode 2 joueurs, et peu d’éléments qui permettraient de relancer l’intérêt une fois le jeu terminé une première fois. Sur ce point précis, Mickey Mania déçoit un peu.

Innovation – 6 /10

Aucune innovation en terme de gameplay, et des principes de jeu qui font dans le très classique. Mais d’un autre côté, vu que le jeu en lui-même est une reproduction très fidèle des dessins animés originaux, ce classicisme ne choque pas une seconde. Je dirais même qu’il s’imposait.

En résumé
Hommage classieux aux aventures de la petite souris de Disney. Un soft tout bonnement magnifique.
9
Super

Infos Pratiques
Développé par Traveller’s Tales
Édité par Sony Imagesoft
Sorti le 31.03.1995 (Japon)
Sorti le 30.03.1995 (USA)
Sorti le 01.04.1995 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi sur MD, Mega CD (1), PSone (2)
(1) Mickey Mania: The Timeless Adventures of Mickey Mouse
(2) Mickey’s Wild Adventure
Voir aussi, les autres jeux Mickey de la Super NES
Vous aimerez peut-être …
Super Adventure Island Go Go Ackman 2 Earthworm Jim 2 ActRaiser 2 Ganbare Goemon : Yuki Hime Kyuushutsu Emaki Hyper Iria Incantation Hoshi no Kirby 3
Crédits
Infos sur les autres versions du jeu en provenance de Wikipedia.
Vous avez aimé ce test ? Partagez-le !
© 2007-14 La Mémoire du Pad | Header de Pnutink pour la MdP | Partenaires | Recrutement | Contact Haut de page