arcade zone se mesure à capcom

Legend

Chose assez rare pour être soulignée (surtout sur la génération 16 bits): le jeu dont je vais vous parler a été réalisé de A à Z par un petit développeur français: Arcade Zone. Et le genre abordé par ce titre est tout aussi surprenant, puisqu’il s’agit d’un bon gros beat-them-all bien viril, le type de soft que l’on a plutôt l’habitude de voir dans le catalogue des développeurs japonais ou US. Alors, Legend: un rival sérieux pour les ténors de la baston déjà bien installés sur Super NES ? La réponse dans les lignes qui suivent.

Ça va trancher !

Legend Super Nintendo screenshot 01A l’opposé d’un Final Fight ou d’un Double Dragon (pour ne citer que les plus connus), dans Legend, les deux héros  prénommés Kaor et Igor vont se battre avec une arme blanche bien lourde et affûtée (épée pour l’un, hache pour l’autre) qu’ils tiennent fermement à deux mains. Du genre brutes, ils vont s’en servir pour « trancher dans le vif » (je sais, le jeu de mots était un peu facile ^^;). Rien qu’avec ça, on voit déjà que dans l’esprit, Legend se rapproche plus de titres comme Magic Sword ou The King of Dragons (tous deux de Capcom). Ce n’est en tout cas pas un mal: ça nous change un peu des habituels combats à mains nues vus maintes et maintes fois dans les softs de ce genre, et ça en dit long aussi sur le type d’action qui sera proposée et qui, comme nous allons le voir, est du style « je cogne très fort avec mon arme et j’achève les récalcitrants avec des coups de pied bien placés ». ^^;

Legend Super Nintendo screenshot 02Pour titiller l’imaginaire du joueur, il fallait aussi un univers à la hauteur, et quoi de mieux, je vous le demande, qu’un monde baignant dans l’heroic-fantasy, terrain idéal permettant aux développeurs de laisser libre cours à leur imagination et de proposer une action brute de décoffrage ? Le royaume dans lequel vous allez sévir est appelé Selleck. Ses habitants subissent depuis des décennies les attaques de bandits, pillards et autres créatures démoniaques (squelettes, sorciers, orcs et j’en passe). Bien décidés à mettre un terme à ce règne de la terreur et à sauver les leurs, Kaor et Igor partent pour un périple qui les mènera jusqu’à la forteresse de Beldor, baptisée du nom d’un despote qui, en son temps, avait fait régner la terreur sur tout le royaume et dont le fils Clovis (oui oui, comme le roi des Francs…) tente actuellement de prendre la succession. Comme d’hab’, le scénario est simple, sans détours superflus, et a pour rôle premier de nous faire traverser des endroits très mal fréquentés (forêts épaisses et sombres, bourgades, bâtisses en ruine…).

Pour sûr, ils aiment la baston !

Legend Super Nintendo screenshot 03Les deux frangins, outre un aspect, disons, rustique et un goût prononcé pour la bagarre, se voient doté de capacités qui viendront bien à point tout au long du jeu. Petite précision importante (et en même temps, petite déception), avant d’aller plus loin dans les explications: on s’aperçoit qu’en mode 1 joueur, on ne peut jouer qu’avec Kaor (celui qui est armé d’une épée). Son frère Igor n’est lui accessible que pour le second joueur dans le mode 2 joueurs. Déjà, d’entrée de jeu, on est un peu refroidi: pourquoi ne pas avoir permis le choix entre l’un ou l’autre perso dans le mode solo ? That’s the question… Enfin soit. Votre perso pourra bien entendu frapper essentiellement avec son arme, à plusieurs reprises, avec la possibilité aussi de sortir une petite combo terminée par un beau coup de pied.

Legend Super Nintendo screenshot 04Si nécessaire, quand il est « encadré » par plusieurs ennemis, il peut aussi commencer à frapper en face de lui et enchaîner immédiatement par un coup retourné vers l’arrière pour envoyer dans les choux, d’un coup d’un seul, l’ennemi qui se tenait derrière lui. Il ne pourra pas courir, mais pourra par contre sauter et asséner un coup de pied sauté si vous enchaînez les touches adéquates. Ce dernier mouvement a d’ailleurs une double utilité: se dégager des situations périlleuses et se déplacer rapidement d’un coin à l’autre de l’écran (ce qui compense en partie l’impossibilité de courir). Ces actions « de base » sont complétées par la possibilité de se protéger (touches L ou R), de lancer un flux d’énergie (qui, attention, entamera la jauge de vie de votre perso), ou de lâcher la traditionnelle super attaque (mais à condition d’avoir en stock deux fioles de magie, pour chaque attaque).

Legend Super Nintendo screenshot 05Maintenant, dans la pratique, on s’aperçoit vite que l’on utilise souvent certains coups… et d’autres beaucoup moins. C’est le cas par exemple de la parade (peu utilisée par votre serviteur, parce que peu efficace quand on est entouré d’ennemis, vu que les ennemis n’hésitent pas à taper dans le dos) et des grosses attaques (qui occasionnent proportionnellement peu de dégâts). Voilà donc pour l’essentiel de ce qu’il est possible de faire avec les amis Kaor et Igor. Comme c’est très souvent le cas pour les beat-them-all, on constate aussi que les différents coups possibles sont limités en nombre, ce qui fera dire à certains joueurs que l’action de Legend est trop répétitive et peu originale. Je pense personnellement que ce n’est pas trop le cas (tout du moins, pas plus que dans un autre jeu du même genre) et que dans un tel soft, le plaisir est de toute façon à chercher ailleurs, que ce soit dans le déchaînement de puissance qui émane de votre seul perso ou dans la satisfaction de se sortir de situations désespérées où vous êtes cerné par les ennemis. Et sur ce point, le jeu d’Arcade Zone ne déçoit pas et remplit parfaitement sa mission.

Legend Super Nintendo screenshot 06Tout ce que je vous ai décrit ci-dessus à propos des mouvements et attaques est valable aussi bien pour Kaor que pour Igor si vous jouez avec celui-ci dans le mode 2 joueurs, et ce, à la virgule près. Ce qui, quand on y pense, est assez dommage (en plus du fait -déjà mentionné plus haut- de ne pas pouvoir le sélectionner en mode 1 joueur): imaginer un second perso si pas à l’opposé, du moins différent du premier aurait été un réel « plus » en terme de variété et d’expérience de jeu. Même visuellement, on sent bien que les développeurs ne se sont pas trop compliqués la vie, puisque le sprite d’Igor ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Kaor, hormis la hache et la couleur de ses vêtements. Même tête, même allure… Du coup, si les scénaristes nous avaient précisé texto qu’il s’agissait de jumeaux, on les aurait cru sur paroles! La bonne affaire…

Un beat-them-all « bling bling » ?

Legend Super Nintendo screenshot 07Si vous êtes du genre observateur, vous avez certainement remarqué la taille imposante des sprites sur les screenshots qui ornent cette page. Si c’est le cas, vous venez de mettre le doigt sur une des grandes qualités de Legend: ce jeu fait dans le beat-them-all « tape-à-l’oeil », proposant à tour de bras des sprites énormes, que ce soit pour les simples ennemis qui viennent se frotter à vous ou les boss qui attendent, tapis, au milieu et à la fin de chaque niveau. Les décors du jeu sont également réussis et proposent un style graphique bien à eux, avec un univers mature et sombre. Pour le coup, je dirais qu’ils optent pour une représentation « à l’occidentale » de l’univers heroic-fantasy, si tant est que cette appellation existe. En compagnie de Kaor et Igor, vous traverserez des lieux assez originaux, mais sans fantaisies (auberge, temple, vieux moulin, prison, marais…) qui cadrent bien avec l’esprit du jeu. Soit, des endroits en fin de compte bien différents de ce que l’on trouve habituellement dans ce type de jeux. On ne va pas s’en plaindre.

Legend Super Nintendo screenshot 08Des effets propres à la Super NES sont présents (transparence pour la représentation de la brume, distorsion du décor pour le stage dans la caverne -soit dit en passant, superbe, avec des flammes qui dansent à l’avant-plan-…). Le jeu use aussi, et abuse même, de l’affichage d’éléments au premier plan: couplé au scrolling différentiel, ce procédé fait son petit effet sur le plan esthétique. Par contre, assez souvent, ces éléments du décor cachent littéralement votre perso et les ennemis pendant de précieuses secondes, rendant l’action à l’écran totalement opaque. Ce qui oblige le joueur à prendre pour habitude, soit de frapper comme un damné et d’avancer à l’aveuglette jusqu’à ce qu’il revoit son perso, soit de sauter pour se déplacer dans une autre partie de l’écran. Je ne sais pas si c’est une volonté délibérée des développeurs, mais ce choix esthétique est par moment bien trop envahissant et vient quelque peu entacher l’expérience de jeu.

Legend Super Nintendo screenshot 09Pour rester dans le domaine des petits regrets, on pourra aussi épingler les portions de forêts présentes à plusieurs endroits du jeu, et qui se répètent en changeant juste de teintes. Non pas qu’elles soient moches, loin de là, mais le procédé fait un peu cheap, surtout sur Super NES, une console qui proposait des cartouches de taille suffisamment importante pour éviter ce genre de « redites ». Les animations qui font bouger tout ce petit monde sont sympas bien qu’un peu lourdes, et les mouvements des deux frères sont suffisamment amples, avec une puissance des coups bien restituées à l’écran. Quand l’action est intense, on remarquera bien à certains endroits du jeu des clignotements pour les éléments d’interface affichés à l’écran (jauge de vie, etc.), mais ceux-ci ne pénalisent en rien le gameplay. Totalement assumée par le jeu, l’ambiance heroic-fantasy façon testostérone est épaulée par des musiques épiques et pêchues, mais hélas pas très surprenantes ou très nombreuses. Elles ont même tendance à se répéter de niveau en niveau, laissant le joueur mélomane un tantinet désappointé.

En conclusion

Passé quasiment inaperçu lors de sa sortie dans nos contrées (en raison d’une distribution discutable orchestrée par Sony pour l’Europe), Legend n’a finalement pas marqué les esprits. Il aligne pourtant une fiche technique avantageuse et une difficulté modérée (qui, du coup, le rend très accessible à tout un chacun, contrairement à pas mal de softs concurrents). Si vous cherchez de la variété et que vous le parcourez seul, vous risquez peut-être de vous lasser rapidement, mais comme le jeu n’est pas spécialement ardu ou long, ce n’est qu’un demi-mal. À apprécier de préférence à deux joueurs, pour s’éclater un après-midi.

Note Finale
Technique – 8 /10

Legend est bien décidé à nous en mettre plein la vue : persos de taille conséquente, décors soignés et animations qui vont à l’essentiel. L’affichage d’éléments à l’avant-plan est parfois gênant.

Musique – 6 /10

Cadrant parfaitement avec l’univers bourru et violent du jeu, les différentes musiques sont pêchues et stimulent le joueur, mais elles manquent aussi de variété et se répètent de niveau en niveau.

Gameplay – 7 /10

Ça bastonne sec, les coups d’épée pleuvent et sortent facilement au pad. Nos deux héros ont même une panoplie d’actions bien complète (protection, super attaque magique, saut et coup de pied sauté….). Il y a de quoi s’amuser.

Durée de vie – 6 /10

Pas forcément ardu (surtout à deux), ni très long, Legend se positionne comme un beat-them-all accessible qui conviendra à pas mal de monde. C’est suffisamment rare pour être souligné.

Innovation – 6 /10

C’est surtout par son aspect graphique que Legend se démarque des softs concurrents, ce qui lui confère une véritable identité. Par contre, en terme de gameplay, il ne réinvente pas le genre ni n’en bouscule les standards.

En résumé
Surtout sympa à deux, Legend fait dans le tape-à-l’oeil, et c’est ce qui le différencie des autres softs.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Arcade Zone
Édité par Sony
Sorti en 04.1994 (USA)
Sorti en 1994 (Europe)
Pas sorti au Japon
beat’em all
1 à 2 joueurs
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
Voir aussi, dans le même trip
Plus Loin
Sanjuro ( site 1UP! ), outre un très bon test du jeu, vous propose également une interview exclusive des créateurs de Legend. On y apprend une foule de choses intéressantes sur le jeu et son élaboration.
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