vous reprendrez bien un ver ?

Earthworm Jim 2

Le premier Earthworm Jim, malgré ses défauts (surtout de jouabilité et de difficulté) aura eu à juste titre un énorme succès sur les deux 16 bits concurrentes. Sortie juste un mois après la version Megadrive, histoire comme ça de bien rater les fêtes de Noël, cette édition Super Nintendo est vraiment très proche de l’original. De la bouche même de Shiny, ils n’aiment pas trop la Super Nintendo, une console jugée difficile à programmer par rapport à la 16bits de SEGA. Et quand on y repense, le phénomène court toujours avec des développeurs (disons au hasard VALVe) qui préfèrent largement développer sur Xbox 360 plutôt que sur PlayStation 3. Mais ne nous égarons pas, nous sommes donc au tout début 96 et le jeu vidéo a fait un bon considérable. Car il faut remettre les choses dans leur contexte, si le passage de 8 à 16bits s’est fait en douceur, celui de 16 à 32bits a été nettement plus violent. Imaginez 2 minutes qu’on a tous laissés notre bonne vieille 2D pour que la 3D puisse faire sa révolution. C’est ainsi qu’on est passé d’un bon gros Street Fighter II à un Toshinden qui nous a littéralement explosé les yeux.

Mais revenons à nos moutons (à nos vaches serait plus approprié au jeu). 1996 donc, nos consoles 16bits sont sur la pente car elles ont déjà tout donné et comme les PlayStation et Saturn sont devenues les nouvelles reines de la scène ludique, quoi de plus normal que d’y retrouver Earthworm Jim 2, qui fait ainsi le grand écart entre les générations (en traduit, il est sorti sur PlayStation, Saturn, Super Nintendo et Megadrive). Et comme un baroud d’honneur à cette génération de consoles, Earthworm Jim 2 est l’un des derniers grands titres de la Super Nintendo, même si elle due encore perdurer jusqu’à la sortie de la N64. Et comme vous allez le voir dans les lignes qui suivent, si le jeu est toujours aussi génial et rigolo, il corrige aussi quelques défauts. Que du bonheur? Presque…

Jim est amoureux

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 01)Cette fois on n’a pas à râler, car on sait pourquoi Jim part en croisade. En fait, lors de l’écran « Licensed by Nintendo », on voit Jim jouer de l’accordéon afin de courtiser la Princesse et Psy-Crow la kidnappe sous ses yeux. D’accord, c’est hyper bref mais au moins ça a le mérite d’être clair. Bien sûr, il n’y a aucun véritable scénario (ça reste un jeu 16 bits après tout) et la fin poussera le délire jusqu’au bout en nous faisant croire que tout le jeu est basé sur la folie des vaches, qui ont fait ça juste pour se marrer. Pourquoi… y’avait plus de train? La 2ème bonne nouvelle (après le petit bout d’intro), c’est que la jouabilité a été améliorée. Bien plus réactive et précise, il sera plus rare de rater une phase de jeu parce que les commandes répondent mal ou en retard.

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 02)En plus de ça, le jeu est bien moins difficile. Shiny nous évite les puzzles bizarres où on ne comprend rien (même s’ils restent parfois étranges, ils sont tout à fait compréhensibles), les phases de plate-forme à refaire 200 fois avant d’y arriver ou les boss imbattables. Avec ça, il y a plus de checkpoints, plus de bonus de soins, plus de vies supplémentaires à récupérer et les ennemis sont plus faciles à tuer. En clair, même si quelques passages se révèlent un peu ardus, le jeu peut être fini sans tricher. Ça c’est la grosse bonne nouvelle de cette version! Et si on collecte les 4 bonus de chaque level, on peut même utiliser des passwords. On retrouve bien entendu le même menu d’options (config’ du pad et choix de la difficulté) et le gameplay a été amélioré.

Deux nouveaux gadgets pour une aventure complètement barrée

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 03)Dans le précédent épisode, en dézinguant Mucus, Jim a récupéré 2 babioles vachement pratique. Fini l’hélicoptère avec la tête, on a désormais un parachute fait en morve et au lieu d’utiliser le fouet pour se balancer, Jim se sert d’un grappin de… de morve aussi. Plus simple à utiliser, ces 2 petites nouveautés apportent un petit plus au jeu et comme il est plus réactif, c’est du tout bon. En tant que bonne suite, Earthworm Jim 2 ira évidemment plus loin dans le fantasque avec des niveaux totalement originaux et complètement barges. Jim peut porter des cochons (pour faire contre poids) ou des vaches (pour le lait) afin de débloquer la sortie, on a une phase de shoot à la Zaxxon (en 3D isométrique) où on doit pousser un ballon-bombe pour faire péter Major Mucus, on doit traverser un flipper intestinal (et sa dure loi de la gravité), gonfler Jim à l’hélium pour monter tout en haut du tableau ou plus fort encore, au niveau 2, on se fraye un chemin en tirant directement sur le sable de la fourmilière (le décor se déforme en temps réel, c’est très fort).

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 04)On a aussi une séquence de mémorisation façon jeu musical et de véritables bonus-stages (dont certains sont facultatifs) où on peut gagner des vies. Plus loin encore dans le délire, à la fin du niveau 2, on a une séquence de questions/réponses à 3 choix et le nombre de questions est assujetti au nombre de vers que vous aurez collecté dans le niveau. Dommage juste que les questions n’aient pas été traduites, les anglophobes ne pourront pas apprécier les petites touches d’humour de ces dernières. Enfin, dernier bastion du joyeurisme façon Earthworm Jim, par 3 fois on devra sauver les bébés de Puppy (vous savez le chien qui se transforme en monstre s’il est en colère). C’est cet enfoiré de Psy-Crow qui les balancent par la fenêtre et il faut se débrouiller à les faire rebondir jusqu’à la niche de leur papa (un gameplay sommaire issu d’un très vieux Game&Watch et qui a été repris maintes fois depuis mais c’est toujours aussi efficace, quoiqu’un peu trop difficile lors du 3ème passage).

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 05)Bien sûr, on retrouve tout ce qui a fait le charme de son prédécesseur, à savoir l’humour. Jim fait un peu moins de mimiques, il fait moins le gogol lorsqu’on le laisse seul mais la bonne humeur est toujours présente… souvent sous une autre forme. Évidemment, il y a aussi des petits reproches à faire. Vous voulez savoir ? Et bien c’est 3 fois rien, juste que Jim saute toujours lorsqu’il est touché (ce qui causera quelques désagréments et vies perdues à certains moments), le jeu est plus court puisque les niveaux sont moins longs (sur ce point c’est pas un mal), l’enchaînement des niveaux n’a toujours ni queue ni tête comme on dit et quelques aberrations peuvent agacer comme lors de la course finale contre Psy-Crow, je vois pas pourquoi on est arrêté par une porte et pas lui. C’est débile. Mais au final, ce n’est pas grand-chose, le jeu étant moins dur, on prend plus de plaisir à le parcourir.

Perry est parti, les souris dansent !

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 06)On s’en doute, on retrouve toute la panoplie d’animations de notre ver de terre préféré. Donc, pour la 2ème fois, tous les ennemis, le moindre sprite en mouvement et surtout notre Jim intergalactique, seront animés à la perfection. C’est sans doute ça l’effet Perry non? Eh bien pas tout à fait, David Perry (devenu PDG de Shiny) n’est même pas crédité dans ce jeu… pas même à la programmation. C’est donc une équipe indépendante qui s’est affairée à cette suite et si l’animation est toujours aussi fluide et travaillée, malheureusement on ne peut pas en dire autant des graphismes. Le coup classique, le premier niveau est hyper beau et les autres vont en dégringolant. Les pires levels seront sur la fin avec le niveau des feuilles empilées ou celui du grill et de la pizza, qui sont carrément laids. Et quand je dis coup classique, ce n’est pas des paroles en l’air.

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 07)À l’époque où on achetait nos jeux chez les spécialistes (Star Games, Micromania, Score Games), généralement on pouvait l’essayer le temps d’un niveau. Et comme on ne voyait que le premier level, on se disait que Earthworm Jim 2 réitérait l’exploit graphique du premier volume, avec des décors hyper chiadés du début à la fin. On voit bien que -boss Perry- n’est plus là pour gueuler un bon coup. D’ailleurs, la note de ce chapitre prend plus en compte l’énorme travail d’animation (dont 90% est repris du premier volet) que la qualité des décors. Petite parenthèse tout de même, Earthworm Jim nous proposait autrefois des décors essentiellement originaux, rien qu’on ne puisse identifier nous même. Eh bien ce coup-ci, le jeu se rapproche plus d’un Cool Spot (Jim ne devant pas être plus grand que Spot) avec des décors moins fantaisistes, moins futuristes, plus terre-à-terre à l’image du niveau du grill.

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 08)Pour ce qui est du comparatif Megadrive/Super Nintendo, les différences sont sacrément minces. Il faut dire que sur la console de SEGA, le résultat est tellement travaillé qu’on a un peu de mal à faire la différence. Mon œil avisé a tout de même noté que la définition d’image est un poil meilleure, les couleurs un peu plus fournies et les effets spéciaux (mode 7) un peu plus abondants. Rien de transcendant, car une fois n’est pas coutume, les 2 versions sont vraiment très proches. Pour une fois Shiny a mis tout le monde d’accord. A sa sortie, Earthworm Jim créa la surprise avec une qualité audio absolument étonnante, même si la note ne montait pas trop haut à cause de musiques un peu bof. Eh bien, on prend les mêmes et on recommence. On retrouve une énorme panoplie de voix digit qui accompagneront certaines musiques bien délirantes.

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 09)Histoire de taper dans la folie jusqu’au bout, on retrouvera aussi de grandes compositions classiques comme Sonate au clair de lune et Funicula. Bien sûr, les bruitages sont excellents, puisque la plupart sont repris du premier opus. Seulement voilà, avec son ambiance qui jongle entre fête foraine, carnaval et cirque, avec en plus quelques airs bien laids d’accordéon (eh oui, encore), eh bien le son finit par être pénible voire saoulant. Les bonnes musiques étaient déjà rares avant, c’est pire ici puisque j’en ai compté que 2. Alors bien sûr ça donne une atmosphère de bal masqué, de 14 juillet bien festif mais à la longue, ça tape sur le système. Encore une fois, la note prend plus en compte l’énorme travail sur les bruitages et les voix, que la qualité des musiques. A noter tout de même que cette version Super Nintendo profite bien du DSP son et offre une qualité meilleure que sur Megadrive.

Un grand jeu quand même

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 10)Si quelques fois les suites sont meilleures que les opus originaux (on le voit avec Street Fighter II, Super Mario World ou encore Dragon Ball Z II), ça ne veut pas dire que c’est une loi immuable car certaines suites sont moins bonnes que les versions originales. En plus, on perd l’effet de surprise, ce qui fait que le jeu doit redoubler de trouvailles pour continuer à plaire. Donc moi, déçu d’Earthworm Jim 2? Ça va pas non! L’un des derniers grands jeux de la console est absolument génial! Tout d’abord, et je tiens à bien le faire comprendre même si je me répète, c’est vraiment moins difficile. L’aventure est devenue plus abordable, moins prise de tête, sans doute parce que Shiny a eu la bonne idée d’écouter les critiques rédigées à son encontre.

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 11)Des puzzles compréhensibles, des phases de plate-forme qui nous évitent les crises de nerfs, des ennemis moins acharnés et toujours autant de cet humour décapant. Les développeurs n’ont rien recyclé des anciens niveaux, ici tout est nouveau et dans un pur style burlesque à l’image de la Meuh qui nous sort un « Well Done » en lieu et place du « Groovy » d’autrefois. Des Meuh qui sont plus présentes dans cet épisode et qui ne sont « pas vache » pour autant puisqu’elles se partagent la vedette avec les cochons. Ainsi le jeu est moins difficile (c’est promis j’en parle plus, c’était la dernière fois) mais tout aussi délirant. Par contre, si le premier épisode était super abouti techniquement, cette suite nous met de la poudre aux yeux et s’essouffle très vite.

Earthworm Jim 2 Super Nintendo (screenshot 12)La plupart des niveaux sont originaux mais graphiquement pas très beaux. Idem pour une bande-son un peu gavante à la longue. Mais Earthworm Jim 2 n’a pas son pareil pour vous faire sourire avec ses blaguounettes. Alors même si la technique est quelques crans en-dessous du premier Earthworm Jim, rien ne vous empêchera de vous éclater avec cette séquelle, qui reste malgré tout, bien au-dessus de la plupart des productions Super Nintendo. Par contre, ne cherchez à vous convaincre que cet opus SNES est meilleur que celui sur Megadrive, vous perdriez votre temps. En effet, les graphismes sont quasi identiques, idem pour la bande-son. Il est vrai que cette version apporte quelques petits plus (qualité sonore, plus de couleurs) mais les différences sont vraiment anodines, les 2 versions étant géniales et parfaitement adaptées à leurs supports respectifs.

Note Finale
Technique – 8 /10

Tous les sprites sont animés à la perfection, avec des mouvements fluides et travaillés. Par contre, côté graphismes, si le premier niveau est hyper beau, les autres vont en dégringolant. Par rapport à ceux du premier épisode, ils sont aussi moins fantaisistes, moins futuristes, plus terre-à-terre.

Musique – 7 /10

Des musiques bien délirantes, une énorme panoplie de voix digit et même de grandes compositions classiques… mais à la longue, ce mélange devient pénible voire même saoulant. Les bruitages sont excellents, la plupart étant repris du premier opus. Par rapport à la version Megadrive, cette version Super NES s’en tire mieux grâce à son chip sonore.

Gameplay – 8 /10

Une jouabilité plus réactive et précise, pour un jeu bien moins difficile. Jim reçoit deux nouvelles aptitudes et on nous épargne les puzzles bizarres, les phases de plate-forme à refaire 200 fois ou les boss imbattables. Et même si quelques passages se révèlent un peu ardus, le jeu peut être fini sans tricher.

Scénario – 0 /10

Jim est amoureux de la Princesse et ce satané Psy-Crow la kidnappe sous ses yeux. Côté scénario, Earthworm Jim 2 ne s’embarrasse pas de détails et va à l’essentiel.

En résumé
Un peu moins de folie dans la réalisation, mais un humour toujours aussi palpable. On aime !
8
Groovy!

Infos Pratiques
Développé par Shiny Entertainment
Edité par Virgin Interactive
Sorti le 25.01.1996 (Europe)
Sorti en 11.1995 (USA)
Pas sorti au Japon (*)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 24Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe aussi sur MD, GBA, Wii, PSone, Saturn, PC
(*) au Japon, le jeu n’est sorti que dans sa version Saturn
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Crédits
Version originale du test sur The Gravitor Box.
Repris sur la MdP avec l'autorisation de iiYama.
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