ébauche d'un hit en devenir

Magical Drop

Aussi géniaux soient-ils, vous avez la sensation d’avoir fait le tour de Tetris Attack et Tetris Battle Gaiden, les plus dignes représentants de Tetris sur Super Famicom ? Ou alors, vous êtes plutôt branché Puyo Puyo et vous désespérez de retrouver un jour une série de puzzle games aussi marquante que celle de Compile ? Ne cherchez plus ! J’ai peut-être une solution à votre problème et elle tient en deux petits mots : Magical Drop.

Premier jeu, premier hit

Magical Drop Super Famicom screenshot 01Imaginée par le développeur Russ et éditée par Data East, la série des Magical Drop a d’abord pointé le bout de ses pixels dans les salles d’arcade, avec un premier opus tout simplement baptisé Magical Drop pour le Japon et renommé Chain Reaction pour les marchés occidentaux. Véritable petit coup de génie dans le genre finalement assez cloisonné du puzzle game, le soft du duo Russ/Data East proposait un rythme trépidant et nerveux, pour ne pas dire frénétique, soit une caractéristique que bon nombre de puzzle games mollassons lui enviaient. Son univers et ses persos pour le moins singuliers, inspirés par les cartes du Tarot, lui ont permis de rapidement sortir de l’anonymat et de se constituer une base de fans prêts à dépenser sans compter pour leur puzzle game préféré. Pour permettre à ces derniers de s’éclater au chaud dans leur canapé, les consoles de salon et les consoles portables ont donc rapidement accueilli différentes déclinaisons du hit, et à ce petit jeu-là, ce sont la Saturn et la Super Famicom qui ont bénéficié d’un traitement de faveur, avec à la clé, pour la console de Nintendo, non pas un mais deux titres : Magical Drop et Magical Drop 2.

Magical Drop, le trésor légendaire

Magical Drop Super Famicom screenshot 02On a beau être en présence d’un puzzle game, Magical Drop a le mérite de proposer, un peu à la manière d’un Super Puyo Puyo, un semblant de scénario (si on se donne la peine de gratter un peu): six persos partent à la recherche d’un trésor appelé «Magical Drop» qui, selon la légende, permet d’exaucer tous les vœux. Et suivant la formule éculée, ils vont devoir se frotter les uns les autres pour finalement affronter le boss final, appelé ici «The World», une déesse toute mimi à la fois élégante et sexy. Parmi ces six prétendants au trésor (qui sont autant de persos jouables), on trouve The Fool (littéralement «l’imbécile», le perso gaffeur par excellence qui deviendra une des figures emblématiques de la série), The Star (une jeune fille débordant d’amour), The Devil (un petit démon/diablotin), The Priestess (une prêtresse), The Chariot (un combattant en armure) et The Magician (un magicien).

Magical Drop Super Famicom screenshot 03Comme je vous le disais plus haut, ils sont tous inspirés par les cartes du jeu de Tarot. Dans ce premier épisode, il n’y en a que six, mais par après, la série exploitera aussi les autres cartes. Si l’influence initiale est donc relativement sérieuse, avec un petit background pour chaque perso et même une certaine logique (par exemple, The World est une des cartes les plus fortes au Tarot, il est donc normal de la retrouver comme boss de fin dans le jeu), il faut bien admettre qu’ici, la représentation très japonaise des protagonistes prend l’ascendant sur le reste et détend les zygomatiques, nous permettant de jouer le sourire aux lèvres.

Magical Drop Super Famicom screenshot 04Visuellement, les plus observateurs d’entre vous (ou ceux qui se contentent de regarder les screenshots plutôt que de lire ma prose ^^; …), lui trouveront bien quelques similitudes avec Puyo Puyo (on va en effet devoir former des groupes de billes, par couleur) ou Puzzle Bobble (comme dans le titre de Taito, votre perso envoie des billes vers le haut de l’écran pour former des groupes «gagnants»). Si ces comparaisons ne sont pas totalement fausses, réduire Magical Drop à cela serait injuste, ce soft ayant suffisamment de personnalité pour se distinguer du lot et exister par lui-même. À commencer par un concept qui, comme pour tous les grands hits, peut tenir en quelques lignes d’explications. Sur l’écran de jeu, de forme rectangulaire, les lignes horizontales de billes colorées descendent par le haut de l’écran (plus ou moins vite en fonction des coups de l’adversaire ou du mode de jeu choisi).

Magical Drop Super Famicom screenshot 05Votre perso est présent à l’écran et se déplace latéralement au bas de celui-ci: il peut récupérer les billes de même couleur (à l’aide du bouton B) et les replacer d’un seul coup auprès d’autres billes identiques (en les renvoyant vers le haut, avec le bouton A). Le but de la manœuvre ? Former des groupes de minimum trois billes de même couleur. Ainsi rassemblées, elles disparaissent et les autres billes restantes, voisines du groupe de billes gagnant, remontent vers le haut de l’écran, avec la possibilité qu’elles forment à leur tour des coups gagnants (d’où la notion de réaction en chaîne ou combo, qui est une des caractéristiques principales du jeu et à laquelle le titre occidental fait référence).

Pleins de billes et des pouvoirs

Magical Drop Super Famicom screenshot 06En marge de cette règle de base, le joueur devra aussi tenir compte de quelques spécificités propres à la série. Tout d’abord, même si les groupes de billes gagnants pourront prendre des formes diverses en fonction de l’emplacement des billes présentes à l’écran, il va falloir, chers amis, apprendre à constamment penser en «ligne verticale». On ne peut en effet assembler les billes que verticalement (ce qui est normal puisque le perso ramasse et renvoie les billes à la verticale). En outre, il ne pourra porter que des billes de la même couleur: autant qu’il veut, mais impérativement de la même couleur. Ensuite, en marge des billes normales, l’écran de jeu comportera aussi des «billes de glace» au fonctionnement un peu particulier: quand une bille de glace est voisine d’un groupe gagnant, elle disparaît aussi, en même temps que celui-ci, ce qui va avoir pour conséquence de transformer les autres billes de glace présentes ailleurs à l’écran en billes «normales», avec une couleur identique à celle du groupe venant de disparaître.

Magical Drop Super Famicom screenshot 07D’une certaine manière, ça rappelle un peu les blocs «poubelle» que l’on retrouve dans Tetris Attack et autres, et que l’on doit d’abord transformer en blocs normaux pour ensuite les faire disparaître définitivement. Enfin, troisième point important, chaque perso possède un pouvoir spécial qui va lui faciliter la vie quand il s’agira de faire des combos et de manière plus générale, d’éliminer des billes en nombre. Déclencher un pouvoir revient à regrouper un minimum de trois symboles de «pouvoir»: ils apparaissent mélangés aux billes normales et ils représentent, en fonction des persos, une étoile, une jarre, une épée, un bâton de magicien… À ce sujet, on remarquera que d’une part, le perso The Fool n’a pas de pouvoir spécial (parvenir à terminer le jeu avec lui ne sera donc pas chose aisée), et que d’autre part, certains persos (pas tous) ont plus d’un pouvoir, ce qui les rendra attrayants aux yeux des débutants.

Magical Drop Super Famicom screenshot 08Quoi qu’il en soit, vous pourrez mettre toute cette belle théorie en pratique grâce aux différents modes de jeu présents sur la cartouche: le mode «story» (qui se résume en une succession de matches contre les autres persos, avec, comme but ultime, la confrontation avec The World), le «endless mode» (dans lequel on essaie d’obtenir le plus haut score possible), le mode «casse-tête» ou «puzzle» (à partir d’un écran donné, avec des billes préinstallées, vous devrez toutes les faire disparaître mais en ne dépassant pas un nombre limité de coups), et enfin le classique mais non moins indispensable mode «2 joueurs».

Un concept, aussi génial soit-il, ne fait pas tout

Magical Drop Super Famicom screenshot 09Bien qu’il soit sorti en 1995, Magical Drop n’est pas vraiment un titre clinquant. Ses graphismes sont même assez fades, avec pour seule interface quelques écrans de texte qui se contentent du minimum. Par contre, le chara design du jeu assez inventif séduit et les personnages au style manga/anime donnent au titre une réelle identité. Apparemment exclusives à la Super NES, les petites animations des persos en début et en fin de match sont aussi une très bonne idée (The Fool court par exemple comme un dératé et se cogne contre le bord de l’écran de jeu, The Star envoie des bisous, etc.). Même chose pour l’énorme image qui représente le perso que vous avez choisi et qui joue le rôle de fond d’écran, avec en prime, des changements de pose ou de mimique en fonction de votre situation dans le jeu (coup gagnant, situation critique, victoire…).

Magical Drop Super Famicom screenshot 10C’est de bon goût, même si on a pas trop le temps de les regarder pendant les parties, tant le rythme du jeu est rapide. Si les graphismes s’en tirent donc plus ou moins bien, on ne se montrera pas aussi enthousiaste pour la partie audio du soft. C’est vraiment le gros point noir de Magical Drop. Les bruitages lourdingues qui se font entendre pour chaque action réalisée agacent. Pire encore : le jeu ne semble comporter, en gros, que deux thèmes musicaux (un durant les matches «normaux» contre les autres persos, un autre contre The World en fin de jeu). Forcément, c’est répétitif et énervant, et au bout d’un moment, on coupe le son pour éviter les maux de tête.

En conclusion

Ce premier Magical Drop sur Super Famicom est arrivé sous une forme un peu brouillonne (interface dépouillée, couleurs fades…) où seuls le chara design et le concept réellement novateur tirent leur épingle du jeu. Par la force des choses, on y prend donc du plaisir, aidé par les différents modes de jeu proposés, mais sans pour autant être en présence de l’épisode ultime et incontournable. Pour cela, les fans auront dû attendre une petite année supplémentaire avec la sortie, en 1996, de Magical Drop 2, toujours sur Super Famicom.

Note Finale
Technique – 6 /10

Pas très sexy, Magical Drop se contente, pour son interface, d’écrans-texte pas très jolis. L’aspect visuel “in game” est par contre nettement mieux avec de petites animations sympas pour chaque perso et des illustrations de grande taille pour l’écran de chaque joueur ou opposant.

Musique – 4 /10

Des bruitages qui sont vite agaçants, un thème principal qui se répète durant les affrontements contre les autres persos, et un autre avec The World, le boss final du jeu. Ni plus ni moins. Forcément, au bout d’un moment, ça énerve.

Gameplay – 7 /10

On se fait très rapidement à la logique “Magical Drop” : ramasser les billes et les renvoyer illico au bon endroit devient rapidement une seconde nature et avec un peu d’entraînement, on s’étonne même de la rapidité avec laquelle on réagit.

Durée de vie – 6 /10

Le “puzzle mode” comporte 30 situations toutes faites, le niveau des adversaires dans le mode “story” est du genre costaud, et le mode 2 joueurs répond présent pour garantir au titre une substantielle durée de vie.

Innovation – 7 /10

Magical Drop possède une mécanique bien à lui, suffisante pour lui permettre de sortir du lot sans difficulté aucune. Et les développeurs en remettent une couche en le dotant d’un “look” hors du commun, avec des persos inspirés du Tarot. Il est donc à la fois surprenant et original.

En résumé
Un premier épisode avec de bonnes bases, mais elles ne sont pas encore totalement exploitées.
6
Prometteur

Infos Pratiques
Développé par Russ Ltd.
Édité par Data East
Sorti le 20.10.1995 (Japon)
Pas sorti aux USA
Pas sorti en Europe
puzzle game
1 à 2 joueurs
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi en arcade, sur Saturn, PSone, …
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