un hybride action / plate-forme qui épate

Kishin Douji Zenki : Rettou Raiden

À première vue, Kishin Douji Zenki Rettou Raiden semble partager quelques points communs avec Battle Zeque Den, un autre beat’em all très nippon testé depuis belle lurette sur votre site préféré. Ils adoptent en effet tous les deux une représentation sur un seul plan (tout le contraire d’un Final Fight donc, qui lui, permet des déplacements en profondeur) et un look anime/manga très prononcé (simple choix artistique dans le cas de Battle Zeque Den, mais obligation pour Rettou Raiden puisqu’il s’agit de l’adaptation vidéoludique d’un manga). Mais si on gratte un peu, on voit aussi qu’ils empruntent tous les deux des voies bien différentes en terme de gameplay, Battle Zeque Den se contentant d’être un simple beat-‘em all assez plat, alors que Kishin Douji Zenki Rettou Raiden prend une orientation plate-forme qui joue fortement en sa faveur au moment du verdict final.

Les démons n’ont qu’à bien se tenir

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 01Fruit de l’imagination fertile de deux auteurs (Yoshihiro Kuroiwa au dessin et Kikuhide Tani au scénario), Kishin Douji Zenki est un manga publié initialement dans le magazine Monthly Shonen Jump de 1992 à 1996 et qui a ensuite connu la consécration avec la mise en chantier d’un anime diffusé à la télé japonaise (51 épisodes réalisés par le studio Deen en 1995), une OAV (en 1997) et pas moins de cinq jeux vidéo (dont trois rien que sur Super Famicom, tous édités par Hudson Soft). Durant ses quatre grosses années de publication, les fans ont pu y suivre les aventures de Chiaki et Zenki dans leur lutte face aux sbires de la déesse démoniaque Karuma. Jeune écolière, Chiaki est en fait la descendante d’Ozuno Enno, le maître du temple Enno qui, des siècles auparavant, avait vaincu Karuma en invoquant Zenki, l’esprit du démon gardien (d’où le titre du manga, qui signifie littéralement “l’enfant démon Zenki”).

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 02Après sa victoire, Enno avait ensuite réenfermé Zenki en vue d’une possible nouvelle invocation, au cas où Karuma refaisait parler d’elle. Comme son illustre ancêtre, Chiaki a donc la faculté de faire apparaître Zenki qui, à la base, est un jeune garçon. Pour le transformer en démon surpuissant, elle utilisera un bracelet magique (apparu pour la première fois à son poignet quand des démons ont brisé le sceau qui emprisonnait une graine de Karuma). Mets délicieux pour Zenki, ces fameuses graines sont capables de transformer la population en monstres et se présentent sous la forme de grosses boules ornées d’un œil unique. Au fil du récit, les apparitions des graines vont se multiplier et vont conditionner les interventions du duo Chiaki / Zenki qui fera tout pour déjouer les plans de Karuma.

Dédoublement de personnalité

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 03Tout au long du jeu, vous allez être aux commandes de Zenki aussi bien sous sa forme “simple” de jeune garçon que sous sa forme démoniaque. Mais vous ne pourrez pas zapper de l’un à l’autre au sein d’un même stage: dans certains d’entre eux, Zenki sera enfant, dans d’autres, il aura sa forme plus évoluée, la transition entre les deux se faisant entre les sections des stages (voir plus bas), via une petite séquence sympa faite d’images sommairement animées. Ce choix des développeurs de ne pas inclure de transformation “in game” est en fin de compte assez malin et n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur le challenge des différents niveaux (tantôt plus plate-forme, tantôt plus beat’em all) et surtout sur les capacités du perso que l’on dirige. Sous sa forme simple, outre une taille du sprite plus petite, Zenki ne pourra “que” sauter, frapper avec ses poings, faire un coup de pied sauté ou une roulade dans les airs, “dasher” (courir vers la gauche ou la droite), s’accroupir ou lancer une super attaque (bouton B du pad). Ce qui est, vous en conviendrez, déjà pas si mal.

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 04Par contre, sous sa forme démoniaque, c’est une toute autre histoire! En plus des capacités déjà citées, il pourra balancer des boules d’énergie (coup de poing “chargé”), concentrer une boule d’énergie au bout de son poing, lancer un uppercut du bas vers le haut accompagné d’une vague d’énergie (c’est particulièrement efficace contre les ennemis volants ou contre ceux qui se trouvent sur des plates-formes supérieures), et enfin “dasher” à pleine puissance avec le poing en avant. Dans les niveaux où il est sous cette forme, la baston prend du coup une toute autre saveur et éclipse un peu les autres aspects du jeu, à commencer par l’orientation plate-forme assumée du soft, pourtant présente dans tous les stages que compte le jeu. On remarquera aussi, et ça c’est un point commun aux deux versions du héros, que Zenki est lent dans ses déplacements et incapable de courir, au point d’être rigide (un peu à la manière d’Hagane dans le jeu du même nom, mais de manière encore plus prononcée ici). Pour pallier à ce petit défaut, on n’hésitera donc pas à utiliser constamment le “dash”.

Plus qu’un simple beat’em all

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 05Kishin Douji Zenki Rettou Raiden repose sur un système de stèles que notre héros énervé pourra faire exploser à l’aide de ses attaques. Elles ont différentes utilités, dont la plus fréquente, pour les simples stèles de pierre, est de fournir des items en tout genre: des petites ou grosses billes foncées (items de score), des graines de Karuma (petites ou grandes, elles redonnent de l’énergie vitale à Zenki), des vies supplémentaires ou encore des parchemins (en récolter trois donne droit à une attaque spéciale qui devra être utilisée avec parcimonie, vu qu’elle entame à chaque fois l’énergie du perso). Au moment de ramasser tous ces items, il faudra aussi rester vigilant, les développeurs ayant imaginé un item “piégé”. Il a la forme d’une banale graine de Karuma, mais celle-ci, au lieu de vous régénérer, va se “réveiller” au bout de quelques secondes et va essayer, telle une véritable sangsue, de “coller” Zenki pour lui faire perdre de l’énergie.

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 06Certaines de ces stèles de pierre jouent aussi le rôle d’interrupteur: brisées, elles feront apparaître de nouvelles plates-formes ou une colonne d’énergie apte à transporter Zenki vers des plates-formes en hauteur. En marge de ces stèles communes, on trouve aussi des stèles dorées (le plus souvent cachées, elles donnent plus d’items intéressants) et des stèles de couleur orangée (parfois une seule, parfois plusieurs) qui, elles, devront être impérativement trouvées et brisées pour avancer plus loin dans le jeu. En fait, assez souvent, vous verrez que la sortie du stage est bloquée par un champ de force qui sera désactivé une fois toutes les stèles orangées détruites. C’est un des mécanismes particulièrement funs de ce Rettou Raiden : les stages ne sont pas très longs mais on est obligé de revenir sur ses pas, de fouiller le moindre recoin pour trouver les fameuses stèles qui ne se dévoilent qu’au fur et à mesure au sein du stage (certaines sont directement visibles, d’autres sortent du sol).

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 07Plus rares parce que moins évidents à trouver, on peut aussi faire apparaître des items en frappant certaines parois. Dans ce cas de figure, tous les items du jeu sont concernés, du parchemin indispensable aux super attaques jusqu’à la grosse graine de Karuma qui tombe à point nommé pour regagner de l’énergie avant d’affronter un boss. Les boss… parlons-en! Très certainement repris du manga (je ne saurais vous le confirmer, mais il y a de fortes chances pour que ce soit le cas), on en trouve au sein des stages (boss de mi-niveau de type grosse bébête, dragon, etc.) et immanquablement à la fin de ceux-ci. Concernant ces derniers, ce sont à chaque fois des démons à forme humaine, adeptes du déguisement, et qui possèdent des attaques assez originales. Il n’est pas très compliqué de leur faire mordre la poussière, à condition d’utiliser la bonne “méthode” face à eux. Certains seront en effet sensibles aux simples coups de poing, d’autres aux coups de pied sauté, d’autres à l’uppercut, etc. Mais pas de panique, le jeu laisse le temps de trouver l’attaque adéquate, tant les vies octroyées sont nombreuses.

Sympa pour un jeu tiré d’un manga

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 08Hudson Soft et CA Production ont pris pour objectif premier de gâter les fans du manga et de l’anime (avec trois softs bien différents rien que sur Super Famicom, difficile de prétendre le contraire…), mais sans non plus faire dans l’esbroufe ou en sacrifiant la qualité du soft! Avant de jouer, on peut admirer une intro illustrée par de bien belles images (voir galerie ci-dessous). Et les transformations de Zenki font aussi l’objet d’une petite séquence entre les sections concernées. Dans un cas comme dans l’autre, c’est classieux et on en prend plein les mirettes. Si cette impression très “anime” est présente dans l’habillage du soft, on la retrouve aussi en cours de partie, avec un scénario porté par les interventions de Chiaki et Zenki sous forme de phrases accompagnées de petites vignettes genre “trombi” qui illustrent les expressions de nos deux héros quand ils parlent (pour ceux qui connaissent, un procédé similaire et tout aussi efficace avait été utilisé dans The Firemen).

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 09Ce type de représentation est aussi présent à chaque affrontement contre un boss, moment propice à quelques échanges verbaux entre les différents protagonistes. C’est sympa à regarder (même si tout le texte est en japonais) et ça dynamise pas mal le jeu. De manière générale, graphiquement, Kishin Douji Zenki Rettou Raiden est très propre, avec des images de fond originales aux teintes douces et légèrement diluées. À l’avant-plan (celui sur lequel évoluent Zenki et les ennemis), les éléments de décor sont travaillés, avec de beaux dégradés, et nous baladent dans des zones à la topographie quelque peu torturée (il est rare d’évoluer uniquement de la gauche vers la droite, le jeu se faisant un point d’honneur de nous mener dans à peu près toutes les directions, tantôt en hauteur, tantôt vers le bas…).

Kishin Douji Zenki Rettou Raiden Super Famicom screenshot 10Visuellement, les développeurs ont même osé intégrer de petits effets qui montrent qu’ils sont familiers du hardware Super Famicom. On peut citer, à titre d’exemple, la neige qui tombe à gros flocons ou la pluie (respectivement dans les stages 2 et 5), ou encore les “spores” projetés par les ennemis végétaux du stage 4. Dans l’ensemble, les stages sont relativement courts (une impression renforcée par le découpage de ceux-ci, à chaque fois, en quatre sections) et il est heureux d’avoir un gameplay qui oblige le joueur à les explorer de long en large. Au nombre de cinq, chacun d’entre eux est un mix heureux entre action/plate-forme et beat’em all. Il est donc difficile de s’ennuyer entre la castagne avec des ennemis originaux (peu résistants, et dont la grande majorité réapparaît constamment), et la recherche des fameuses stèles parfois placées dans des endroits pour le moins inattendus.

En conclusion

Si Battle Zeque Den était juste un bon défouloir pour joueur en quête d’exotisme et en manque d’univers manga / anime, Kishin Douji Zenki Rettou Raiden met en avant d’autres atouts: une réalisation supérieure, une ambiance plus vivante et plus fun, et un aspect plate-forme qui donne plus de densité au titre, faisant de lui plus qu’un simple beat-‘em all. Et même si il n’est pas aussi décisif que d’autres titres sur la même console, il démontre en tout cas que l’adaptation d’un manga en jeu vidéo ne débouche pas toujours sur quelque chose de catastrophique ou de moyen.

Note Finale
Technique – 7 /10

CA Production s’en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir : gros sprites, décors de fond soignés, effets visuels réussis qui démontrent le soin apporté à l’ensemble du soft.

Musique – 5 /10

Un peu trop expressif l’ami Zenki ! Le moindre coup porté ou encaissé donne lieu à de petits cris poussés par notre héros. Particulièrement énervant au bout d’un moment. Les thèmes musicaux changent pour chaque stage mais ils sont très quelconques.

Gameplay – 7 /10

Le b.a.ba de la baston, quelques coups spéciaux bienvenus (surtout quand Zenki est en mode “démoniaque”), mais surtout les fameuses stèles à exploser qui rythment efficacement la partie et qui font de Rettou Raiden bien plus qu’un simple beat’em all.

Durée de vie – 6 /10

Cinq stages en tout et pour tout, chacun divisés en quatre sections: ce n’est pas beaucoup, d’autant plus qu’il n’y a qu’un ou deux endroits dans le jeu qui font que l’on bloque un peu.

Innovation – 6 /10

Les fans seront rassurés de retrouver l’ambiance du manga et de l’anime, à grand renfort d’illustrations réussies. Et plutôt que de proposer un énième beat’em all insipide, les développeurs en ont fait un titre intéressant grâce à une orientation plate-forme pour le moins inattendue dans ce type de jeu.

En résumé
Un mix action, baston et plate-forme qui s’en tire bien pour une “simple” adaptation d’anime.
6
Exotique

Infos Pratiques
Développé par CA Production
Édité par Hudson Soft
Sorti le 04.08.1995 (Japon)
Pas sorti aux USA
Pas sorti en Europe
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
Voir aussi, dans la même série
Plus Loin
Ce Rettou Raiden est le premier jeu consacré au manga Zenki à être sorti sur Super Famicom. Par la suite, Hudson Soft a encore sorti Kishin Douji Zenki : Denei Raibu (un soft mélangeant combats animés et plate-forme) et Kishin Douji Zenki Tenchi Meidou (un jeu de plateau mettant en scène les différents personnages de l’anime).
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