kitsch à souhait

Sonic Blast Man

Le beat-them-all a toujours été un genre bien représenté sur la Super Nintendo. Notre 16 bits préférée en a accueilli un bon paquet au cours de son existence, tantôt grandioses, tantôt moyens. Fin 1992, c’est l’éditeur Taito qui s’essaie au bourre-pif de rue avec Sonic Blastman. Le soft met en scène un justicier pas comme les autres, légèrement kitsch sur les bords…

Un look très “kitsch”

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 01Pouvoirs hors du commun, combinaisons classes et allures chevaleresques, il y a les super héros qui en imposent. Et à côté, il y en a d’autres légèrement moins gâtés par la nature. C’est le cas de Sonic Blastman. Équipé d’une horloge vissée sur son armure, d’une ceinture très typée “star de catch”, de gants de boxe de couleur bleue comme sa combinaison très flashy, d’un casque avec une sorte d’antenne, niveau look, on a vu mieux. Mais ne nous y trompons pas, les programmeurs n’ont pas eu de faute de goût, ils ont juste voulu créer un personnage bien kitsch, véritable caricature de super-héros. Pari réussi pour ce Sonic qui en devient paradoxalement attachant et charismatique.

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 02Pour information, Sonic Blastman est tiré d’une borne d’arcade de 1990. Et pas n’importe laquelle! Celle-ci proposait en effet d’enfiler un gant de boxe et de rosser un petit punching-ball accroché à la borne. Le principe était de terrasser l’ennemi présent à l’écran en 3 coups. La puissance de votre frappe était chiffrée, ce qui évoquera peut-être quelque chose aux connaisseurs du dessin animé Dragon Ball Z. Pour les besoins de cette adaptation Super Nintendo, le gameplay a évolué puisque le jeu a muté en beat-them-all, un genre très en vogue dans les années 1990 et largement représenté sur la 16 bits de Nintendo.

La réalisation bancale

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 03Dès sa sortie, le jeu de Taito (à qui l’on doit des gros hits d’arcade comme Space Invaders, Arkanoid ou encore Bubble Bobble) avait réussi à attirer l’attention des observateurs grâce à la taille imposante des sprites des personnages. Pour un peu on se croirait sur Neo Geo! Une qualité d’autant plus remarquable pour un jeu de 1992. Malheureusement, la suite de la réalisation est plus inégale. Les graphismes sont assez colorés et soignés mais tout de même très répétitifs. De son côté, l’animation est plutôt fluide, la moindre des choses puisque le personnage se déplace lentement, de même que les ennemis. À se demander presque parfois si le soft ne tourne pas au ralenti. Au début, cela donne un cachet au jeu, mais sur le long terme, on se dit quand même que ça manque de pêche et qu’un peu plus de dynamisme aurait été le bienvenu. Heureusement, les musiques sont vraiment inspirées (mentions spéciales pour les 2 premiers niveaux) et atténueraient presque la sensation de lassitude inhérente à tout beat-them-all.

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 04Rayon foutage de gueule, Sonic Blastman fait partie de la bande des “beat-them-all égoïstes”. Vous savez, ceux dans lesquels les développeurs n’ont pas cru bon d’inclure un mode 2 joueurs (Final Fight, Ninja Warriors par exemple…). Une chose difficilement compréhensible quand on sait que tout l’intérêt d’un beat est de castagner du méchant avec un ami à ses côtés. Ce défaut vient inévitablement ternir l’intérêt du soft et il faudra attendre le 2ème opus sorti deux ans plus tard pour que Taito rectifie le tir (avec cependant des contreparties mais nous en reparlerons dans un prochain test). Par ailleurs, comme la très grande majorité des beat de la Super Nintendo, le soft souffre du syndrome « pas plus de 3 ». Pour des raisons techniques, la console peinait effectivement à afficher plus de 3 ennemis en même temps et c’est le cas de ce Sonic Blastman où vous ne verrez jamais plus de 3 vilains réunis sur l’écran.

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 05Ce n’est peut-être pas un mal car, sans être insurmontable, la difficulté est de mise même en mode Easy. D’autant que, caractéristique commune (et souvent énervante) à cette catégorie de jeu, les ennemis ne se gênent pas pour essayer de vous prendre en sandwich. De leurs côtés, les boss ne sont pas non plus de tout repos et nécessitent une technique pour en venir à bout sans trop de dommages. Ces derniers s’avèrent d’ailleurs imposants et accompagnés d’effets de rotation des décors assez spectaculaires. Dans le lot, on affronte un gros balèze à la carrure démentielle, 2 jumeaux aux griffes acérées, une grosse bébête monstrueuse, un robot, et enfin un clone de notre héros (avec des pouvoirs plus évolués) en guise de boss final.

Classique malgré des efforts

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 06Avec un super-héros décalé de cette trempe, on pouvait vraiment s’attendre à du lourd en terme d’originalité, et pourquoi pas, soyons fous, espérer un beat-them-all qui sorte enfin des sentiers battus. Malheureusement, il n’en est (presque) rien. Les 2 premiers niveaux nous font arpenter une ville (la fameuse récurrente dans chaque beat), puis une usine délabrée. On y rencontre des éternels punks à tabasser, des bimbos revêches ou encore des gros balourds. Les 3 autres stages versent davantage dans le trip science-fiction/série B. On visite des égouts (forcément) crades peuplés de créatures translucides, un laboratoire infesté de robots belliqueux et un vaisseau spatial habité par des mi-monstres, mi-extra terrestres.

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 07Le périple est finalement assez varié d’un point de vue géographique mais dans le fond, on avance, on cogne, on avance, on cogne… et (souvent) on se fait cogner. Bref, c’est classiquement répétitif. Sans être révolutionnaires, les aptitudes de Sonic Blastman sont plutôt cools. Une attaque tourbillon (qui étourdit Sonic et le laisse vulnérable quelques secondes), diverses projections funs comme lorsqu’on fait tournoyer l’ennemi d’une main avant de l’éjecter, quelques punchs spéciaux dont un semblable aux “mille poings” de Honda dans Street Fighter II ou encore une puissante beigne qui envoie valdinguer l’ennemi à l’autre bout de l’écran. À noter l’absence de coup de pied, hormis dans les airs.

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 08À cette panoplie s’ajoute le fameux super-coup (en quantité limitée forcément…) qu’il faut amorcer en appuyant sur la gâchette L de la manette pour faire scintiller le perso, puis en pressant le coup de poing pour déclencher un “100 mégatonnes” qui sanctionne tous les ennemis présents à l’écran. Sans être incroyablement originaux, ces coups ont de la gueule et dégagent une vraie sensation de puissance, qualité primordiale dans tout bon beat qui se respecte. Pour égayer tout ça, quelques onomatopées typées comics, “Smash !!”, “Bagoom !!”, viennent ponctuer certains des coups. On déplore ne pas pouvoir utiliser d’armes, d’autant que certains ennemis en sont pourvus. En même temps, un super-héros digne de nom n’a pas besoin de ça pour faire justice, ça se saurait !

Sonic Blast Man Super Nintendo screenshot 09Peut-être conscients de ne rien proposer de bien neuf, les développeurs ont pensé à intégrer des phases bonus entre les niveaux, directement inspirées de la borne d’arcade. Voilà une petite aération bienvenue pour nous sortir de notre boom-boom quotidien. Nous avons le choix entre 5 défis (pulvériser un crabe géant, démolir un immeuble, stopper un train, détruire une météorite…). Si sur la borne d’arcade, ce genre de mini-game très “Wii” prend tout son sens avec le punching ball, c’est moins le cas sur Super NES avec une manette. Ici, un curseur se déplace latéralement sur l’écran et il faut appuyer au moment opportun pour causer le plus de dégâts. Ça reste récréatif mais ça ne casse pas 3 pattes à un canard.

En conclusion

Malgré un super-héros excentrique vraiment charismatique, Sonic Blastman n’en demeure pas moins un beat-them-all classique dans son déroulement, répétitif, avec son lot de vilains défauts dont l’absence coupable d’un mode 2 joueurs. Pour autant, le jeu remplit son rôle de défouloir et vaut vraiment le coup d’œil, ne serait-ce que pour son côté kitsch et la taille imposante des sprites. S’il n’est peut-être pas resté dans les mémoires pour la majorité des joueurs de la Super Nintendo, les amateurs du genre sauront apprécier ce beat racé à sa juste valeur.

Note Finale
Technique – 6 /10

En plus d’être bien dessinés, les sprites du jeu peuvent se targuer d’être parmi les plus gros des beat’em all de la console. De plus, les graphismes assez “cartoon” sont colorés et propres. En contrepartie, des ralentissements ponctuels et parfois quelques clignotements. Par ailleurs, la pauvreté des décors, la monotonie des ennemis rencontrés ainsi que la lenteur et rigidité de votre héros sont préjudiciables.

Musique – 8 /10

Assurément l’un des points fort du jeu. Entraînantes, rythmées, grisantes, elles donnent un vrai coup de fouet au périple et parviennent presque à atténuer la sensation de lassitude au fil des combats.

Gameplay – 7 /10

Bien qu’il ait fait ses preuves en terme d’efficacité, le gameplay d’un beat est rarement évolué. Celui de Sonic Blastman ne déroge pas à la règle. Ici, les différents coups du perso sont restreints mais ils ont le mérite d’être intuitifs et faciles à sortir comme le jouissif super-coup du perso. On regrette de ne pas pouvoir utiliser d’armes.

Durée de vie – 5 /10

Cinq niveaux de taille convenable, soit une moyenne correcte pour un beat-them-all. Mais l’absence d’embranchement (sauf  dans le dernier stage) et l’impossibilité de jouer à 2 plombent la rejouabilité de Sonic Blastman. Heureusement, le mode Hard porte bien son nom (à noter que même en Easy et Normal, ce n’est pas une partie de plaisir). Un mode Expert est débloquable pour les “tueurs”.

Innovation – 6 /10

Hormis le fait de mettre en scène un super héros kitsch à souhait, nous avons affaire à un beat ultra classique dans son déroulement. Au rayon frais, les phases bonus entre les stages viennent insuffler une brise d’originalité. Mais bon, pas de quoi dépayser les adeptes du genre.

En résumé
En dehors de son héros haut en couleurs, Sonic Blast Man reste très classique et aligne même quelques défauts.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Taito
Édité par Taito
Sorti le 25.09.1992 (Japon)
Sorti en 02.1993 (USA)
Sorti en 1993 (Europe)
beat’em all
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi en arcade
Encore + d’images
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