Un très bon jeu de plate-forme... sans mentir !

Pinocchio

Pinocchio (le dessin animé) représentera toujours pour moi un souvenir assez unique. Visionné pour la première fois sur grand écran, alors que je devais avoir 4 ou 5 ans, le récit de ce petit pantin dont le nez s’allonge au premier mensonge prononcé m’avait pour le moins marqué… mais pas forcément dans le bon sens, impressionné que je fus par certaines scènes visuellement assez fortes. C’est donc avec ces petits souvenirs dans un coin de la tête que j’ai commencé le test de son adaptation Super NES, ce que je ne regrette finalement pas vu la qualité technique du titre. Grâce à ce jeu, j’en viendrais presque à me réconcilier avec ce grand classique de l’animation…

Adaptation pour le moins inattendue

Pinocchio Super NES screenshot 01Au plein cœur de la période 16 bits, piqué par les redoutables mouches “marketing” et “promotion”, Disney avait pris pour habitude de décliner quasi systématiquement, et avec succès, ses longs métrages en jeux vidéo. Les films plus ou moins récents avaient bien évidemment droit à ce “traitement de faveur” (Aladdin, Le Roi Lion, Pocahontas, La Belle et la Bête…) mais aussi les plus anciens, soit des longs métrages que l’on ne s’attendait pas forcément à voir un jour atterrir sur une console (Blanche-Neige, Le Livre de la Jungle, Pinocchio…). Concernant plus précisément l’histoire du petit pantin de bois, son incursion dans la sphère jeu vidéo s’expliquera surtout par la “ressortie” du long métrage en 1996 (encore une autre vieille habitude de Disney).

Pinocchio Super NES screenshot 02Vous devez certainement vous souvenir de la trame de ce classique décrivant le parcours initiatique de cette marionnette qui voulait devenir un vrai petit garçon. Geppetto, un pauvre menuisier italien, pour briser sa solitude, construit dans le secret de son atelier une marionnette représentant un garçonnet. Durant la nuit qui suit, une Fée bleue donne vie au pantin, ce qui rend le vieux Geppetto fou de joie. Pour que Pinocchio mène une vie identique à celle de tous les petits garçons, le vieil homme l’envoie alors à l’école mais en s’y rendant, le petit héros est détourné du droit chemin par deux individus bien fourbes, Grand Coquin le renard (Honest John dans la v.o.) et le chat Gédéon.

Pinocchio Super NES screenshot 03Par la suite, après un passage par le théâtre de marionnettes Stromboli, et pour avoir préféré Pleasure Island (une île ressemblant à un parc d’attractions) à l’ambiance studieuse des salles de classe, notre pantin sera transformé, en guise de punition, en âne. Pendant ce temps, inquiet de ne pas le voir revenir, Geppetto part à sa recherche mais le vieillard est avalé par Monstro la baleine. Finalement, après maintes péripéties, notre héros de bois parviendra malgré tout à sauver son “père” et la Fée bleue interviendra à nouveau, levant la malédiction et le transformant, cette fois pour de bon, en vrai petit garçon fait de chair et de sang.

Un  “hommage” appuyé

Pinocchio Super NES screenshot 04Avec un tel classique comme matière première et un peu de conscience professionnelle, on ne peut se permettre tout et n’importe quoi, même pour un jeu vidéo. Virgin, en grand habitué des adaptations Disney, s’est donc donné pour objectif de suivre scrupuleusement la trame du film. Et c’est surtout sur le gameplay, qui se renouvelle sans cesse durant tout le jeu, que le développeur a voulu mettre l’accent et faire parler la créativité. Au cours du tout premier niveau, on retrouve Pinocchio sur le chemin de l’école : il doit éviter les pièges qui lui sont tendus par les garnements du quartier, les oies et autres oiseaux, les fameux chat et renard. Via une interface simplissime (une jauge de vie à l’écran, un bouton pour le saut), on cerne rapidement les aptitudes du petit pantin : sauter le long des murets, faire des pirouettes autour des enseignes, bien se servir des pompes à eau qui font ici office de trampoline ou, plus classiquement, se balader sur les toits dont certaines tuiles “piégeuses” se détachent.

Pinocchio Super NES screenshot 05Le second niveau est aussi surprenant que court : Jiminy Cricket, bonne conscience du petit héros, veut profiter de la lumière d’un réverbère pour assister au spectacle de marionnettes dans lequel jouera Pinocchio. Mais les papillons de nuit en ont décidé autrement et il devra batailler ferme à l’aide de son parapluie pour éliminer les insectes envahissants. Troisième niveau… et rebelote ! De nouveau un changement de gameplay, avec cette fois-ci un Pinocchio qui est sur scène, au cœur du spectacle de marionnettes. Il s’agira ici de faire travailler -un peu- ses neurones et ses réflexes avec un petit jeu de mémoire, Pinocchio devant reproduire fidèlement les séquences de mouvements montrées par les autres marionnettes.

Pinocchio Super NES screenshot 06La prestation réussie, en route pour Pleasure Island, ses attractions et son ambiance de fête ; une île où les joueurs les plus observateurs ne pourront s’empêcher de remarquer quelques similitudes troublantes avec certains passages d’autres jeux, qu’ils soient frappés du sceau Disney (Le Roi Lion) ou non (Tiny Toon Adventures, Cool Spot). Je ne vais pas aller plus loin dans ma description, mais la suite du jeu est à l’image de ces premiers niveaux : un gameplay à chaque fois renouvelé, au service de niveaux courts qui respectent à la lettre le cadre posé par le récit original (ce qui, au passage, impliquera aussi une absence totale de boss dans le jeu).

Pinocchio Super NES screenshot 07La difficulté est quant à elle au ras des pâquerettes, voire même inexistante pour certains passages, et il est possible de boucler l’aventure en une toute petite heure à peine: Pinocchio dispose d’une jauge de vie du genre “inusable” et les ennemis croisés sont très très loin d’être des tueurs. Ce sont surtout les mauvaises manipulations du joueur (les chutes…) qui causeront sa perte et non un quelconque combat insurmontable. Ce dernier point est assez typique des jeux Disney : une technique maîtrisée du début à la fin de l’aventure, mais aussi une grande facilité que l’on qualifiera aisément d’excusable parce que le jeu est avant tout destiné aux jeunes enfants.

Pinocchio Super NES screenshot 08Ce qui est par contre moins excusable dans ce Pinocchio, c’est le peu d’indications laissées au joueur au cours du jeu. Le tout premier niveau est à ce titre assez perturbant, tout comme celui se déroulant dans les entrailles de la baleine Monstro. Quel est le but du niveau? Quels items ramasser? Autant de questions que l’on se pose immédiatement. Il aurait été plus judicieux d’insérer ne fut-ce qu’une ligne de texte, voire une petite animation pour informer le joueur sur la marche à suivre, à l’image de ce qui a été prévu par les développeurs pour le niveau du théâtre de marionnettes, avec un petit didacticiel tout en images montrant les différents mouvements possibles pour danser.

L’oncle Walt aurait très certainement apprécié

Pinocchio Super NES screenshot 09Ce Pinocchio aurait pu n’être qu’un jeu Disney de plus, noyé dans une série d’adaptations à la technique policée et à l’intérêt en dents de scie. Mais Virgin, qui -chose assez rare- a à nouveau travaillé en étroite collaboration avec les animateurs de Disney, atteint ici des sommets en terme de fidélité et de mimétisme avec le long métrage original. On le ressent au niveau des décors et de leurs détails, mais aussi et surtout en terme d’animation. Nettement plus réussie que celle d’un Disney’s Aladdin, faisant jeu égal avec celle d’un Mickey Mania, la gestuelle du petit pantin est tout simplement superbe, fluide, sans aucun ralentissement perceptible. Le jeu est aussi bourré d’animations contextuelles (quand Pinocchio fait mine de tomber au bord d’une plate-forme, quand il s’accroche au bord d’une plate-forme, ou qu’il subit les assauts variés des différents “ennemis”…) qui contribuent énormément à rendre le titre encore plus proche d’un film d’animation que d’un jeu vidéo.

Pinocchio Super NES screenshot 10Le soft de Virgin mérite donc amplement le titre de “claque graphique”, une claque à laquelle viennent se greffer de bons bruitages et -surtout- des musiques exceptionnelles venant en droite ligne du film. On reconnaît en effet sans peine les morceaux emblématiques du long métrage : When you wish upon a star, I’ve got no strings, etc. Si en terme de qualité visuelle et sonore, on est donc proche de l’extase, niveau expérience de jeu, tout n’est pas aussi rose, avec notamment un certain malaise qui s’installe rapidement: les aventures de la petite marionnette nous sont contées de manière laconique (quelques écrans fixes insérés entre les niveaux), on ne gère que la vie du petit héros et ses déplacements (le coup de pied ne fait son apparition que sur la fin du jeu), on s’imprègne à peine de l’ambiance d’un niveau que l’on passe déjà au suivant…

Pinocchio Super NES screenshot 11Voilà quelques éléments qui font que le joueur n’entre jamais de plein pied dans le titre. Je n’irai pas jusqu’à dire que ce Pinocchio n’est qu’une superbe démo technique (même si c’est un peu vrai, il y a ici une véritable dimension artistique et un souci du détail qui entrent en ligne de compte, soit des éléments souvent absents d’une simple démo), mais le rythme et la dimension ludique ne sont pas totalement au rendez-vous, cédant le plus souvent le pas à la monotonie. Et là, on met le doigt sur le dilemme qui a probablement écartelé les équipes de Virgin : rendre hommage, du début à la fin, à l’œuvre originale (au risque de tuer l’aspect ludique), ou prendre ses distances pour mieux cadrer avec le média “jeu vidéo”.

Pinocchio Super NES screenshot 12En optant pour la première solution, celles-ci ont donc accouché d’un soft techniquement superbe, au gameplay varié à défaut d’être inventif… mais qui ne parvient pas à faire oublier ses plus gros défauts ! Une autre piste qui pourrait aussi expliquer un tel résultat est la nature même du long métrage Pinocchio (assez “psychologique” et pas tellement tournée sur l’action) qui ne se prête peut-être pas facilement à une adaptation vidéoludique. Mais là, je vous laisse seul juge… Sachez juste que Disney, lui, a tranché, puisque outre Pinocchio, il donnera aussi son feu vert pour les jeux Blanche-Neige, La Belle et la Bête ou encore Pocahontas, toujours sur la 16 bits de Nintendo. Trois autres longs métrages qui, soyons franc, ne représentent pas non plus le matériau idéal dont peut rêver un concepteur de jeu vidéo ! ^^;

Note Finale
Technique – 8 /10

Couleurs, détails nombreux, animations plus que soignées: tous les éléments sont réunis pour que ce jeu soit le plus proche possible du long métrage dont il s’inspire. On n’en attendait pas moins d’un jeu Disney.

Musique – 7 /10

À l’instar des graphismes, les musiques sont elles aussi très proches de celles du film. La Super NES excelle une nouvelle fois dans sa capacité à reproduire fidèlement des partitions connues. Un des gros points forts du jeu.

Gameplay – 7 /10

Très simple d’accès, une grosse partie du jeu ne consistant qu’à diriger le petit pantin (couple croix directionnelle/bouton de saut). Même si ceux-ci ont été vus dans bon nombre de jeux concurrents, Virgin s’est quand même démené pour doter les niveaux de gameplay différents et bien adaptés aux situations décrites.

Durée de vie – 3 /10

On peut jouer sur la difficulté du soft dans les options, mais même en la poussant au maximum, les aventures du petit pantin ne feront pas long feu entre les mains d’un joueur un peu expérimenté.

Innovation – 4 /10

Ouch ! Si Pinocchio émerveille par sa réalisation technique sans fausse note, on ne peut pas dire que Virgin fasse preuve d’une créativité débordante. La prise de risque est minime et les situations de jeu bien “scolaires” : plate-forme pure, petit jeu de mémoire, passages faisant appel aux réflexes…

En résumé
Techniquement superbe, Pinocchio souffre d’une absence de rythme et de challenge.
6
Joli

Infos Pratiques
Développé par Virgin Studios London/Disney
Edité par Disney Interactive (*)
Sorti le 20.12.1996 (Japon)
Sorti le 28.11.1996 (Europe)
Sorti en 11.1996 (USA)
plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 32Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi sur Megadrive
(*) pour les USA uniquement (pour le Japon et l’Europe, les éditeurs seront respectivement Capcom et Nintendo)
Voir aussi, les autres Disney en jeu vidéo
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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