et un clone de strider pour la super nes...

Run Saber

Si Run Saber n’est pas, pour le commun des mortels, le titre le plus évocateur de la Super Nintendo (c’est un euphémisme), il est toujours bien moins obscur que le studio qui en est à l’origine: impossible, en effet, de trouver ne serait-ce que la nationalité de la société Horisoft, qui fut apparemment le développeur d’un seul jeu avant de disparaître aussi sec. Ce Strider-like était-il donc si honteux que ses concepteurs ont préféré prendre la tangente sans laisser de traces? Pas si sûr…

American (?) warrior

Run Saber Super NES screenshot 01Les choses débutent tièdement avec une scène d’ouverture à laquelle on ne comprend pas grand-chose, sinon qu’il va être question de ninjas cybernétiques et que les ennemis n’auront pas tous un physique facile; c’est déjà bien assez, me direz-vous, et dans l’absolu, on se moque un peu des tenants et aboutissants qu’on n’imagine pas transcendants. Cependant, en fouillant un peu dans la boîte de jeu, tout s’éclaire grâce au manuel d’instructions: nous sommes en 2998, sur une Terre effroyablement polluée (rien de surprenant jusque-là). Il ne reste désormais qu’un espoir: le programme “Renaissance de la Terre” planifié par le Dr. Gordon Bruford, qui consiste en l’utilisation d’une nouvelle énergie, la Fusion, afin de purifier l’atmosphère.

Run Saber Super NES screenshot 02Pour libérer cette puissance, il faudra cependant inonder la planète d’une forte radioactivité, obligeant l’humanité à s’exiler quelques temps. Tout se déroule parfaitement jusqu’à ce que Bruford s’expose lui-même à ces radiations et se transforme en un gigantesque monstre avide de pouvoir; ses plans vont alors évidemment changer du tout au tout, et il met en place une armée de mutants pour l’épauler dans ses diaboliques desseins. En dernier recours, les humains ayant subsisté lancent l’opération “Run Saber” et envoient trois cyborgs sur la planète dévastée afin de le stopper: l’un deux, Kurtz, est rapidement capturé par Bruford et retourné contre ses deux congénères, Allen et Sheena, qui devront faire front seuls. Au joueur dès lors de choisir son protégé et de se lancer à la poursuite du savant fou. Voilà donc une intrigue certes un peu cinéma bis, mais finalement pas si miteuse!

Le risque zéro existe… la preuve

Run Saber Super NES screenshot 03Je le disais en début de test, Run Saber s’apparente beaucoup au Strider qui a notamment fait le bonheur de la Megadrive – et des années plus tôt, de la NES et de la Master System. Trop, diront certains: ninjas plus qu’agiles évoluant dans des stages futuristes, hordes d’ennemis à l’allure parfois fort familière et boss dont le nombre n’a d’égal que leur démesure, tous les éléments qui caractérisent ce grand classique sont au menu du jour. Si la recette est ici reprise sans une once d’originalité, force est pourtant de reconnaître qu’elle n’a rien perdu de son efficacité et qu’on s’amuse sans vergogne à s’accrocher un peu partout en découpant tout ce qui bouge.

Run Saber Super NES screenshot 04Surtout, la jouabilité répond vraiment présente: pour tout dire, elle paraît même souvent plus souple que celle de l’illustre aîné et on virevolte joyeusement et sans accrocs, si l’on excepte les sauts à la gravité un peu douteuse qui donnent un peu l’impression de se mouvoir sur la Lune. Que vous optiez pour l’un ou l’autre des héros, la façon de jouer n’évoluera en revanche que très peu: ils disposent de mouvements identiques et ne présentent aucune différence de force ou d’agilité, par exemple. Ils se distinguent surtout par leur maniement du sabre: Allen dispose d’une excellente allonge mais sa frappe est strictement horizontale, tandis que les coups de Sheena, s’ils portent moins loin, ont une composante verticale qui lui permet d’atteindre des adversaires situés plus haut.

Run Saber Super NES screenshot 05La nuance est intéressante mais tient finalement presque de l’anecdote, le jeu étant aussi bourrin dans les deux cas. Les pouvoirs spéciaux, quant à eux, posent un dilemme semblable à l’achat d’un produit de vitre: l’emballage varie selon la marque, mais l’écran est dans tous les cas nettoyé avec la même efficacité et la grande question sera surtout de savoir si vous préférez le vert ou le bleu. En parlant de couleurs, il est possible, en mettant le jeu en pause, de sélectionner diverses combinaisons de vêtements à l’aide du bouton Select: les assortiments donnent invariablement dans un mauvais goût certain, mais l’option reste malgré tout bien sympathique.

Merci pour la promenade

Run Saber Super NES screenshot 06On constate assez vite que tout a été pensé pour ne pas frustrer le joueur, et la progression dans les différents tableaux s’effectue avec une réelle aisance: outre l’extrême simplicité des commandes (saut, dash, attaque et coup spécial, et la boucle est bouclée), le faux pas est ainsi largement toléré avec une barre de vie qui compte à la base trois unités, mais peut en fait en accueillir jusqu’à huit grâce aux power-ups récoltés en chemin. Ces derniers sont d’ailleurs généreusement dispensés, et entre les kits de soin, les bonus d’arme et les vies supplémentaires, on se retrouve rarement à court d’arguments face aux affreux mutants qui, tout nombreux et imposants qu’ils sont, n’en restent pas moins très prévisibles dans leurs assauts et simples à surclasser.

Run Saber Super NES screenshot 07Vous l’aurez compris, le titre de Horisoft est loin d’offrir un challenge insurmontable, encore moins si on le compare à des références du genre telles que Contra III: The Alien Wars ou Super Ghouls N’ Ghosts: deux ou trois tentatives infructueuses suffisent avant de terrasser Bruford sans peine, et ce quelle que soit la difficulté choisie. La différence entre les niveaux Normal et Hard n’est d’ailleurs vraiment pas flagrante, et s’avère même insignifiante à deux joueurs puisqu’on se promène dans tous les cas… Pour autant, est-ce vraiment un défaut majeur? Les représentants de l’action/plate-forme sur SNES sont pour la plupart franchement corsés, et pour un joueur moyen (celui qui écrit ce test, par exemple), pouvoir en achever un sans se retrouver avec un début de calvitie est une expérience enrichissante – c’est donc ça, des crédits de fin?

Run Saber Super NES screenshot 08En début de partie, il reste de toute façon possible de diminuer ou d’augmenter le nombre de vies et de continues dans les options, une bonne initiative permettant à chacun d’y trouver son compte… même si le problème des cinq malheureux niveaux reste entier. Au-delà de sa durée de vie, il est surtout dommage que Run Saber apparaisse si “générique” d’un point de vue technique, car une identité visuelle plus marquée l’aurait sans doute aidé à se démarquer de la masse. Le jeu n’est pas à proprement parler laid, mais le design dans son ensemble ne propose franchement rien de transcendant, guère aidé en cela par des sprites peu détaillés (on croirait voir les joueurs de Hyper V-Ball) et des décors souvent très vides – même si l’ambiance froide et “métallique” justifie en partie cet aspect.

Run Saber Super NES screenshot 09Hormis une ou deux fulgurances, comme cette séquence acrobatique sur un avion en perdition ou un niveau dans la jungle préhistorique un peu plus étoffé graphiquement, aucun passage ne marque vraiment l’esprit, et sans motivation particulière pour s’y replonger, la replay value en pâtit forcément… L’un dans l’autre, Run Saber mérite toutefois amplement la poignée d’euros (ou de dollars, la version américaine étant visiblement plus répandue) qu’il vous en coûtera actuellement; c’est un prix fort décent pour quelques heures de jeu sans génie, mais incontestablement plaisantes et bien senties.

En conclusion

Run Saber est typiquement le passe-temps d’un après-midi (le temps nécessaire pour le terminer, en visant large), celui dont on ne garde après coup qu’un vague souvenir mais qui n’en laisse pas moins la sensation d’un titre nerveux, à la prise en main intuitive et très agréable à jouer, seul comme à deux. Un excellent défouloir sans prétention aucune, mais qui ne décevra pas les amateurs du genre.

Note Finale
Technique – 6 /10

Sans être mauvaise, la réalisation manque un peu de panache pour un jeu de 1993 et est loin d’exploiter tout le potentiel de la console. Les couleurs souvent trop criardes et le manque de soin apporté aux sprites renforcent encore une légère sensation d’inachevé.

Musique – 6 /10

La bande-son accompagne efficacement la progression et s’accorde bien avec l’aspect nerveux du titre, même si là encore, on ne trouve rien d’inoubliable ni de bien original. Du travail correct, en somme.

Gameplay – 8 /10

C’est la force du soft : à la fois complet, instinctif et dynamique, le contrôle du héros est des plus satisfaisants malgré cette désagréable impression de “flotter” durant les sauts. La possibilité de s’accrocher quasiment partout apporte une (illusoire) sensation de liberté bien appréciable.

Durée de vie – 4 /10

Seulement cinq niveaux assez courts et un manque flagrant de raisons d’y revenir. En une demi-journée, l’affaire est dans le sac et elle n’en ressortira probablement plus par la suite.

Innovation – 4 /10

Run Saber ne propose pas grand-chose qui n’ait jamais été fait auparavant, tant au niveau du gameplay que dans le traitement de son univers post-apocalyptique. Même si l’efficacité est au rendez-vous, l’originalité fait pour sa part cruellement défaut.

En résumé
Correctement réalisé et nerveux, Run Saber est un excellent défouloir qui ravira les amateurs du genre.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Horisoft
Édité par Atlus
Sorti en septembre 1993 (USA)
Sorti en 1993 (Europe)
Pas sorti au Japon
action / plate-forme
1 à 2 joueurs
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
N’existe sur rien d’autre
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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