sales gosses va !

Bebe’s Kids

Un beat’em all mettant en scène un bébé, une fillette et un gamin qui se battent contre des vigiles et des hommes dans des costumes de lapin : vous n’en avez probablement jamais rêvé, mais Radical Entertainment l’a quand même fait. C’était en 1994, sur Super NES, avec un jeu sorti exclusivement chez nos amis américains : Bebe’s Kids. C’est sûr, ça change des sempiternels gros baraqués et des héroïnes en jupette légère, mais quand on voit le prix de cette originalité, on se dit que le classique a quand même beaucoup de bon…

Fallait pas les inviter !

Bebe's Kids (screenshot 01)Bebe’s Kids était, à l’origine, un stand-up du comédien américain Robin Harris datant des années 80. L’histoire prend principalement place à Fun Land, un parc d’attractions où il se rend en compagnie de sa petite amie Janika et des quatre jeunes enfants qu’elle garde régulièrement. Mal élevés au possible et incontrôlables, les garnements vont mettre le parc sens dessus dessous et terroriser le personnel, avant de partir à Las Vegas pour un périple tout aussi mouvementé… Un film basé sur la même intrigue a par la suite été envisagé, mais en raison de la mort de Robin Harris, il est en fait devenu en 1992 un dessin animé (on voit d’ailleurs des extraits de la pièce originale durant les premières minutes), le premier à proposer un casting entièrement afro-américain !

Bebe's Kids (screenshot 02)Je ne cache pas n’avoir jamais vu, ni même entendu parler, du spectacle comme du dessin animé auparavant, et les DVD et VHS qui y sont consacrés semblent n’avoir jamais quitté le continent nord-américain ; seul le jeu, sorti en 1994, m’a amené à me renseigner à ce sujet. À quelque chose malheur est bon ! Sur le principe, Bebe’s Kid propose un gameplay tout à fait classique pour le genre, avec des niveaux en 2D vaguement truffés d’ennemis qui se concluent souvent… parfois… enfin, à deux reprises en tout et pour tout, par un combat contre un boss. Il y a en tout cinq mondes, découpés – ou non, selon l’humeur des programmeurs – en deux ou trois sous-niveaux extrêmement courts, qui se bouclent généralement en moins d’une minute.

Bebe's Kids (screenshot 03)Sur votre parcours, vous trouverez de la nourriture saine et équilibrée (hamburgers, frites, soda) pour reprendre des forces, ainsi que divers projectiles utilisables par la très peu intuitive combinaison des touches L, R et B. Il est bien sûr possible de se déplacer sur la profondeur, et vous disposez principalement pour vous défendre d’un coup de pied et d’un assaut au poing, qui se déclenchent respectivement et sans problème avec les boutons X et Y ; jusque-là, l’ensemble ne transcende rien mais se tient à peu près.

Un jeu qui en tient une couche

Bebe's Kids (screenshot 04)Le souci de ces fameuses attaques de base, c’est qu’elles sont parfaitement inefficaces puisqu’il faut les exécuter pas moins d’une quinzaine de fois pour disposer d’un ennemi. À première vue, ça peut paraître un peu gênant pour un beat’em all, mais rassurez-vous, les développeurs ont réponse à tout : les combos, qui se déclenchent avec les deux touches de flanc et X ou Y, sont pour leur part bien plus percutantes et peuvent se déclencher à l’infini. Évidemment, le joueur un peu tatillon y verra un total manque de logique et objectera que ces coups spéciaux occasionnent en outre un important temps de latence, rendant leur utilisation très hasardeuse ; mais devant l’IA catastrophique des ennemis, qui préfèrent courir dans tous les sens plutôt que de jouer leur rôle d’empêcheurs de tourner en rond, il n’aura pas d’autre choix que de laisser sa mauvaise foi de côté et de reconnaître que tout a été pensé dans les moindres détails.

Bebe's Kids (screenshot 05)Blague à part, le fin du fond réside sans l’ombre d’un doute dans la détection des collisions, certainement l’une des plus calamiteuses jamais vues sur console : une fois sur deux, on passe à travers la cible au lieu de la toucher, et la réussite ou l’échec des attaques relève donc de la loterie la plus complète. Je vous laisse imaginer le festival lorsqu’il faut atteindre un ennemi volant – exercice déjà délicat dans un jeu 2D fréquentable – ou toucher un point précis de son anatomie ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai jamais fini le jeu, le dernier boss donnant lieu à un affrontement risible tout d’abord, mais surtout complètement aléatoire (eh oui, je n’ai pu voir la cinématiq… l’image de fin que grâce à la magie d’Internet, ce qui vous vous en doutez n’enlève rien à la magnificence de la scène, directement reprise du stand-up mais n’ayant dans ce contexte aucun sens).

Le hip-hop selon Philippe

Bebe's Kids (screenshot 06)Le gameplay est donc sapé jusque dans ses principes les plus élémentaires, et ce dans une mesure telle que le naufrage s’apparente presque à un sabordage en bonne et due forme. Qui plus est, la structure même du jeu respire le je-m’en-foutisme le plus total : la fête foraine, premier décor du jeu, est ainsi répétée quasiment à l’identique à plusieurs reprises, ce qui ne passe pas inaperçu dans un titre qui comporte moins de dix sous-niveaux. Quant au niveau technique de l’ensemble… S’ils ne peuvent pas rendre compte de l’animation arthritique et de la stupidité des ennemis, les quelques screenshots ici présents donnent quand même un bon aperçu de la chose.

Bebe's Kids (screenshot 07)On se croirait presque sur une 8 bits tant les graphismes sont grossiers et les décors vides, encore que le problème paraît presque secondaire par rapport à la laideur du design : c’est criard, mal dégrossi, sans identité… Vraiment, je n’ai rien vu d’aussi peu inspiré et d’un tel mauvais goût depuis Dragon Bowl, obscur jeu d’arcade hongkongais qui battait pourtant déjà des records en la matière. Il faut tout de même concéder à Bebe’s Kids de timides tentatives pour varier un peu les «plaisirs», comme le niveau 1-2 : Pee Wee (le bébé du groupe) renverse des verres et des bols sur une étagère, et vous devez les briser d’un coup bien placé avant que l’homme situé en dessous ne parvienne à les rattraper. Ça dure trente secondes à tout casser et ne laisse pas franchement de souvenir impérissable, mais c’est toujours ça de pris.

Bebe's Kids (screenshot 08)Dans la même veine, le deuxième stage se déroule dans une maison hantée dans laquelle nos héros se sont réfugiés pour échapper aux gardes, et dont ils devront s’échapper : afin de vous orienter, le thermomètre situé en haut de l’écran vire du bleu vers le rouge lorsque la sortie se rapproche. Cependant, ce passage est horripilant au plus haut point : on circule de salles en salles au petit bonheur la chance, et alors qu’il serait si simple, lorsqu’on sent que l’on s’égare, de revenir sur ses pas pour ensuite essayer une autre voie… Eh bien non, emprunter à nouveau la MÊME porte peut vous éloigner encore plus de l’objectif ! Là on touche au sublime, et je pense que les joueurs qui avaient tenu jusque-là auront mis un terme à leur aventure devant tant de haine.

Bebe's Kids (screenshot 09)Forcément, avec tous les handicaps précités, le jeu s’avère assez dur et vraiment crispant ; de plus, les trois pauvres vies allouées en début de partie partent vraiment vite. Ah oui, cerise sur le gâteau : lorsque vous mourez, la partie ne reprend pas au premier tableau du sous-niveau, et encore moins à l’endroit du trépas ; non, il faudra reprendre depuis le début du niveau ! Qui plus est, le temps alloué pour traverser les zones est généralement très, voire trop juste, et il ne faudra pas hésiter à filer tout droit plutôt que de chercher à éradiquer la vermine – sauf que parfois, le jeu vous obligera à vous y coller pour avancer. On ne sait souvent pas où aller, tous les décors se ressemblant et l’emplacement de certaines sorties allant à l’encontre du bon sens – tiens, si j’empruntais ce trou au plafond situé à seulement trois mètres de hauteur ? Et si je m’engouffrais dans cette immense brèche de trois pixels sur trois, à l’extrême droite de l’écran ? Autant de détails qui, mis bout à bout, rendent l’expérience éprouvante et franchement déconseillée si vous tenez à votre santé mentale.

En conclusion…

Comme pour les films, il y a des mauvais jeux sympathiques auquel on n’arrive pas à en vouloir, parce qu’ils sont attachants malgré leurs défauts, audacieux ou simplement divertissants quand on les prend au second degré ; et puis il y a Bebe’s Kids, enfanté sans la moindre passion, incohérent d’un bout à l’autre et pratiquement injouable à force de cumuler les tares. Fuyez donc tant qu’il est encore temps, ou mieux encore, ne vous approchez de Bebe’s Kids sous aucun prétexte !

Note Finale
Technique – 3 /10

Difficile de croire que le jeu date de 1994 tant il est laid. Que ce soit la réalisation à proprement parler, le design des ennemis ou celui des décors, le niveau est vraiment des plus faibles et, qui plus est, le tout est très mal animé.

Musique – 4 /10

Une bande-son avec pour thème le hip-hop très anodine et répétitive, mais pas trop désagréable (elle a surtout le mérite d’être assez discrète). Les bruitages sont on ne peut plus génériques.

Gameplay – 2 /10

Quelle idée d’introduire des coups de base parfaitement inutiles, et des attaques spéciales aussi délicates à placer ; le combat est le même pour les deux personnages, qui se jouent exactement de la même façon. La gestion des collisions n’arrange rien et fait de Bebe’s Kids l’un des beat’em all les moins maniables qui soient.

Durée de vie – 3 /10

En ligne droite, Bebe’s Kids doit pouvoir se plier en une demi-heure, mais tout est fait pour que le joueur doive y passer plus de temps – ce qu’il ne fera sans doute pas. Quoi qu’il en soit, le contenu est pour le moins limité.

Innovation – 10 /10

Bebe’s Kids est un concept à lui seul, une révolution qui s’aventure dans des contrées jusque alors inexplorées – et pas fréquentées à nouveau depuis -, un titre à jamais unique. Ouf.

En résumé
Incohérent d’un bout à l’autre, Bebe’s Kids cumule les tares. Fuyez-le !
3
So bad !

Infos Pratiques
Développé par Radical Entertainment
Édité par Motown Software
Sorti en avril 1994 (USA)
Pas sorti au Japon
Pas sorti en Europe
beat’em all
1 joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
N’existe que sur Super NES
Vous aimerez peut-être …
Captain America and the Avengers Return of Double Dragon Final Fight 2 Gourmet Sentai : Bara Yarou Batman Returns Teenage Mutant Hero Turtles IV Turtles in Time Knights of the Round Sonic Blast Man
Vous avez aimé ce test ? Partagez-le !
© 2007-14 La Mémoire du Pad | Header de Pnutink pour la MdP | Partenaires | Recrutement | Contact Haut de page