ce jeu, c'est trop de la balle !

Spanky’s Quest

Vous ne le connaissez peut-être pas, et pourtant Spanky avait tout de la mascotte idéale: pas le genre de héros qui sauve des princesses ou déjoue des complots terroristes, mais plutôt de ceux qui auraient pu faire fortune rien qu’en vendant des peluches à leur effigie. Mais voilà, le petit singe préfère passer son temps à flâner dans la forêt… Ses balades auront au moins permis à un jeu vidéo de voir le jour, et franchement, il n’est pas dit qu’on ait perdu au change!

Que de rebondissements !

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 01Pas sûr que notre personnage moins funky que Donkey mais mimi comme Kirby apprécie pour autant cette étrange aventure, lui qui n’avait rien demandé: alors qu’il se promenait tranquillement sur fond de musique joyeuse, un bloc de pierre tombe soudain à ses pieds, bientôt suivi d’un deuxième, puis d’une tripotée d’autres; pris de court devant ce spectacle, le petit singe s’évanouit et lorsqu’il reprend conscience, c’est tout un mur qui se dresse devant ses yeux ébahis! C’est le moment que choisissent une sorcière et son corbeau (visiblement responsables de l’édifice) pour traverser l’écran… Bien décidé à sauver son île, Spanky se lance à leur poursuite, bientôt suivi par… un assortiment de fruits à l’air féroce!

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 02C’est alors qu’un fourmilier en tutu rose… Non, on va s’arrêter là: voilà une intrigue déjà bien barrée, un peu floue mais pas franchement commune, en somme: parfaite pour un pur jeu d’action dont le principal intérêt, à n’en pas douter, réside ailleurs! Spanky’s Quest repose en grande partie sur des principes déjà bien rodés, et rappelle notamment deux titres d’arcade mythiques de 1986: Solomon’s Key pour le côté “Je recherche les clés dans le niveau et je gagne la porte”, mais surtout Bubble Bobble, dont l’aspect plate-formes et le dézinguage d’ennemis à coup de boule(s) est ici nettement repris.

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 03Qu’on ne s’y trompe pas cependant, on est loin ici d’un clone bête et méchant du dragon de Taito, et le jeu sait introduire ses propres idées: parmi les plus notables, les sphères que lance le petit primate évoluent selon un mouvement vertical, et non horizontal comme on est plus habitué à le voir. Cela semble tenir du détail, et pourtant toute la différence est là: le joueur peut ainsi faire rebondir le projectile sur la tête de Spanky, lui permettant entre autres de le diriger et, éventuellement, de lui donner une forme différente!

C’est toujours pour sa pomme…

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 04Selon le nombre de rebonds qu’elle effectuera avant d’éclater, la bulle se transformera en effet en un article de sport bien spécifique: la puissance ne varie pas vraiment de l’un à l’autre – tous les ennemis pouvant de toute façon être tués en un coup -, mais chacun sera plus ou moins judicieux selon l’effet recherché. Si les deux premières attaques, matérialisées par des balles de base-ball et de football, n’affectent pas une grande zone mais sont rapides à déployer, le ballon de volley, qui tournoie sur lui-même pendant un court laps de temps, s’avère redoutable contre les boss. Quant au ballon de basket, quatrième et ultime forme, il se démultiplie au moment de l’explosion et couvre ainsi une grande surface, ce qui le rend redoutable lorsque les ennemis sont pléthore.

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 05Mine de rien, le jeu possède ainsi une légère dimension tactique: vaut-il mieux privilégier les frappes rapides, ou se concentrer sur une attaque meurtrière mais longue à préparer? Plus qu’une arme, Spanky tient là une sorte de “cinquième patte” qui lui permet également de récupérer des objets autrement inaccessibles, ou encore de briser certains murs afin de révéler des zones secrètes – dans lesquelles il s’agit de faire rebondir une gigantesque sphère qui, lorsqu’elle éclate, libère une vie. Le maniement est certes déstabilisant et semble peu naturel au début, mais on s’habitue en fait vite aux commandes et après seulement quelques niveaux, le globe se dirige sans problèmes majeurs (même si sa lenteur à se mettre en mouvement peut légèrement agacer).

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 06C’est d’ailleurs heureux, car les adversaires, eux, sont riches en vitamines et ne manquent logiquement pas de vivacité: si les oranges et les pommes sont relativement peu dangereuses puisqu’elles sont incapables de monter ou de descendre les plate-formes, il n’en va pas de même pour les citrons, qui évoluent dans les airs, ou les fraises qui vous poursuivront sans relâche. La variété des ennemis rencontrés est à ce propos bien appréciable, tous ayant des comportements différents qui évitent au joueur de tomber trop vite dans la routine. Les zones sont également construites en ce sens, avec quelques équipements classiques mais toujours efficaces disséminés ici et là: canons, leviers permettant d’actionner des statues cracheuses de feu, palans équipés de masses qui réduisent les imprudents en compote constituent autant d’accessoires amusants… sauf quand ce sont les ennemis qui les utilisent!

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 07Afin de compenser un peu la fragilité du chimpanzé – qui trépasse dès qu’il est touché et n’est ni très rapide, ni d’une agilité simiesque -, le joueur trouvera également sur son chemin quelques couvre-chefs bien utiles, avec entre autres le casque à pointes qui protège d’une collision, la couronne grecque qui donne de la stabilité sur la glace, ou encore la casquette de base-ball agissant comme un aimant; il est simplement dommage qu’on ne puisse pas conserver ces bonus une fois sorti du niveau. Spanky’s Quest n’est donc pas avare en accessoires divers, et on ne peut que s’en réjouir… même si l’item le plus utile, et d’assez loin, reste la vie supplémentaire!

… à croire que c’est une bonne poire !

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 08La difficulté n’est pourtant pas très relevée, et la progression se fait naturellement pour le joueur un tant soit peu méthodique; le challenge provient en fait du système de mots de passe assez discutable, puisqu’ils ne sont distribués qu’après dix niveaux et un combat contre un boss! L’enchaînement n’est pas toujours des plus aisés, et il faut vraiment avoir une bonne connaissance des aires de jeu pour y parvenir, ce qui en général demandera un bon paquet d’essais – surtout vers la fin. Le cinquième et dernier monde a d’ailleurs dû causer pas mal de calvities précoces, avec notamment un niveau 5-10 proprement horrible: se déroulant presque entièrement en chute libre avec des ennemis qui surgissent de partout, il requiert au moins autant de chance que d’habileté (surtout que le temps est compté, un corbeau surgissant pour vous faire la peau si vous êtes trop lent!).

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 09Une fois cette épreuve passée, il faudra de nouveau affronter tous les boss du jeu avant l’affrontement final avec la sorcière: dur, dur! Persévérance et nerfs d’acier exigés pour espérer voir l’épilogue. En dehors de cela, il n’y a vraiment pas grand-chose à reprocher à Spanky’s Quest: Loin d’être d’une beauté renversante, le jeu se révèle mignon comme tout, plein de couleurs chatoyantes et avec des sprites d’une taille respectable (sans même parler des boss, vraiment énormes). L’ensemble sent bon les vacances, à l’image de la bande-son très entraînante et de l’univers enfantin et décalé, et les cinquante niveaux se parcourent finalement avec un réel plaisir.

Spanky's Quest Super Nintendo screenshot 10Ah oui, voilà un autre défaut: l’aventure est tout de même bien courte au vu de l’exiguïté des zones, et un ou deux mondes de plus n’auraient pas été un luxe. Dire que la version nippone était encore plus légère (voir “Plus loin”)… Pas de quoi bouder sa satisfaction pour autant face à ce titre bien ficelé, qui ne dégagera certes pas les routes et ne fera pas plus tomber les manteaux, mais qui mettra toujours un peu de soleil en cette période particulièrement neigeuse. Et ça, ce n’est déjà pas rien.

En conclusion…

Sans être d’une originalité à tomber, Spanky’s Quest repose sur un gameplay solide et séduit par son univers sans prétention mais attachant. Petits ou grands, n’hésitez pas à vous le procurer si d’aventure vous tombiez dessus… même s’il est malheureusement assez rare (surtout dans sa version PAL, jamais commercialisée en France) et quasiment impossible à trouver autrement qu’en loose.

Plus loin

Il y a de nombreuses différences entre les versions de Spanky’s Quest:

  • La cartouche japonaise introduit un tutorial extrêmement simple, sur dix niveaux, qui est absent des autres versions. Cependant, et c’est là que ça se complique, on trouve toujours le même nombre de niveaux et de mondes : en effet, le premier monde des versions occidentales est… le deuxième monde de la version nippone au niveau des situations, mais dans un décor différent. Rebelote pour le monde suivant ; il y a donc un décalage d’un monde à chaque fois. L’équilibre se fait au niveau 3 de la version hors-Japon, puisqu’il est purement absent au pays du Soleil Levant ; les deux derniers mondes sont dès lors identiques sur les différentes moutures.
  • La version japonaise est donc, une fois n’est pas coutume, plus simple, puisque l’on peut considérer que le tutorial n’est pas un vrai niveau ; de plus, on y récupère un paquet de bonus, et on commence avec cinq vies au lieu de trois.
  • Pas d’introduction au Japon ! En revanche, la séquence de fin est nettement plus consistante.
  • Il existe encore pas mal de changements mineurs (musiques modifiées, présence au Japon d’une carte entre les niveaux, pour le sport puisqu’on ne peut de toute façon pas s’y déplacer…)

Ce n’est peut-être pas évident à comprendre, mais je vous rassure, ça ne l’est pas plus à expliquer! Les quelques images plus bas seront peut-être un peu plus explicites…

Note Finale
Technique – 7 /10

Le design est assez épuré – ce qui n’a rien d’un mal, puisque l’action n’en est que plus lisible – et la réalisation n’impressionne guère, mais le tout n’en reste pas moins agréable à l’œil par ses couleurs et la taille des personnages. Contrat rempli!

Musique – 5 /10

Assez dynamique et entraînante, la bande-son devient tout de même vite répétitive et aurait gagné à être un peu plus variée. On s’en accommode, mais elle n’a clairement rien d’inoubliable, tous comme les bruitages corrects sans plus.

Gameplay – 8 /10

L’inertie de la boule peut surprendre et il n’est dans un premier temps pas évident d’en faire ce qu’on veut, mais le coup de main vient assez vite et à partir de là, c’est du tout bon. Encore un exemple d’une jouabilité simple mais redoutable d’efficacité…

Durée de vie – 4 /10

Les cinquante niveaux se traversent pour la plupart très vite, et sans le système de mots de passe assez frustrant, le jeu ne résisterait pas plus de deux ou trois heures. En l’état, en voir le bout n’a rien d’une sinécure…

Innovation – 5 /10

Il est assez difficile de noter cet aspect, car Spanky’s Quest pioche beaucoup à gauche et à droite en réarrangeant ces éléments à sa sauce. Le résultat est du coup relativement original, mais n’échappe pas à une certaine impression de déjà-vu.

En résumé
Un petit jeu attachant, sans grande prétention, mais dont le concept séduira petits et grands.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Natsume
Édité par Natsume
Sorti le 27.12.1991 (Japon) (1)
Sorti en 07.1992 (USA)
Date inconnue pour l’Europe (2)
action / plate-forme
1 joueur
Cartouche de 4Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe aussi sur Game Boy
(1) sous le titre Hansei Zarujirou-Kun no Daibouken
(2) mais des exemplaires du jeu existent bien en version PAL…
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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