graine d'harry potter ?

Incantation

Quand un jeu est baptisé Incantation, on s’attend, inconsciemment ou non, à retrouver certains clichés du style: un univers sombre, un sorcier sérieux et ténébreux pour héros, et une panoplie de sorts spectaculaires. Vous voyez plus ou moins le topo. Dès lors, grande sera la surprise du gamer quand il découvrira qu’Incantation, développé par Titus Software, n’est en fait qu’un jeu de plate-forme d’une platitude sans nom, dans lequel un garçonnet se démène avec son sceptre magique pour dégommer des “streums” relous. Et ce n’est pas la seule déconvenue qui attend le joueur…

Incantation Super Nintendo screenshot 01Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je lance un jeu, j’aime bien que l’on me présente le background, ne serait-ce qu’un minimum. Avec Incantation, Titus en a semble-t-il décidé autrement: on tombe directement sur l’écran-titre, et à aucun autre moment du jeu, on ne trouvera ne fut-ce qu’une bribe de scénario. Pire: -attention spoiler- quand vous bouclez le jeu, vous tombez sur un simple écran de texte vous remerciant d’avoir vaincu le grand méchant! Certains jeux, même plus anciens ou tournant sur des consoles moins puissantes, se montrent plus loquaces qu’Incantation, c’est dire… Côté scénario, on supposera donc que notre petit héros, affublé, tel Mickey dans Fantasia, d’une robe de magicien trop grande pour lui, et armé d’un sceptre de sorcier, part en croisade pour botter les fesses de quelques monstres pas beaux et faire la nique, en fin de course, à un démon malfaisant.

Il est petit, et il fait le minimum…

Incantation Super Nintendo screenshot 02Sur le fond, Incantation se présente sous les traits d’un jeu de plate-forme linéaire et répétitif, dont les niveaux comportent quelques passages secrets. Enfin… ils ne sont pas si secrets que cela! Dans les faits, notre magicien va trouver ici et là de petites boules de cristal qu’il peut détruire: en éclatant, celles-ci vont libérer un nuage d’étoiles qui va le téléporter dans une autre partie du niveau en cours. Chaque niveau est à chaque fois construit sur le même schéma: trouver trois items “épis d’or” et ensuite affronter le boss du coin. Réunir les trois épis est indispensable, auquel cas, un orc peu commode vous barrera la route, juste avant l’antre du boss.

Incantation Super Nintendo screenshot 03Pour y parvenir, votre magicien peut courir (bouton A), sauter (bouton B) et “tirer” à l’aide de son sceptre (bouton Y) qui, pour le coup, n’est en fin de compte qu’une arme classique, du genre fusil ou revolver. En maintenant le bouton A enfoncé, le héros peut aussi frapper le sol à répétition, toujours avec son sceptre. Ça n’a aucun effet sur les monstres, et ça n’a aucune utilité (à moins que je sois passé à côté…), à part dans les niveaux “cavernes”, où ce mouvement trouve une application. Utiliser le sceptre est le seul moyen pour notre magicien de se défaire des ennemis: n’essayez pas de leur sauter dessus comme dans un Mario, ça ne ferait qu’entamer prématurément sa jauge d’énergie. Sur ce point, cette caractéristique le rapproche fortement des héros de jeux bien connus comme Mega Man X ou Super Ghouls ‘n Ghosts, l’efficacité en moins!

Incantation Super Nintendo screenshot 04Car si toutes les cartes sont, en théorie, entre les mains du joueur, ce dernier devra composer avec une maniabilité perfectible: les sauts sont loin d’être précis et le sprite du perso est large, ce qui le rend plus vulnérable aux “touchettes” avec les ennemis. Le titre de Titus propose aussi le lot habituel d’items plus ou moins intéressants. Si, de base, votre “arme” projette deux petites sphères bleutées, vous trouverez dans des coffres des upgrades du genre projectiles explosifs, boules de feu, tirs téléguidés, couteaux magiques… De gros cœurs vous donneront une vie supplémentaires, et des pièces, à ramasser, sont présentes en nombre (en fin de niveau, cent pièces récoltées donnent droit à un 1up). On notera aussi la présence de calices, petits sacs et autres harpes contenant trois ou cinq pièces, de quoi augmenter rapidement son capital en pièces.

Le challenge ? Quel challenge ?

Incantation Super Nintendo screenshot 05De prime abord, et sans atteindre le niveau d’un Yoshi’s Island ou d’un Hoshi no Kirby 3, Incantation fait bonne figure. Bon, comme je vous le disais, il n’y a pas la moindre trace de scénario, mais le rendu graphique est bon et trahit la date de sortie tardive du jeu (1996). Sans grande originalité (on traverse coup sur coup forêt, montagne, caverne, marais, village enneigé…), les décors sont détaillés et proposent en arrière-plan un scrolling réussi. Les animations sont fluides, voire amusantes par moment (surtout pour le petit magicien). Certains effets (pluie dans les premiers niveaux, neige plus loin dans le jeu) sont bien intégrés. Les autres aspects du soft sont nettement moins glorieux, à l’image des ennemis qui se répètent d’un niveau à l’autre, tout comme les boss. S’il est vrai que l’on trouve un boss à la fin de chaque niveau, par zone (donc, par lot de trois niveaux successifs), on retrouve à chaque fois le même boss, avec la même tactique, qui change juste de couleur. Boss ou ennemis, leur IA est de toute façon proche du zéro: rares sont ceux qui tirent ou qui foncent sur votre perso à son approche.

Incantation Super Nintendo screenshot 06La bande-son quant à elle, avec ses morceaux courts et répétitifs, renforce encore un peu plus l’aspect enfantin du soft. Et là, le mot est lâché et résonne un peu comme une évidence. Bong sans mais c’est bien sûr! Avec sa difficulté au ras des pâquerettes et sa durée de vie pas bien longue, Incantation est à n’en pas douter calibré pour un jeune public. Dans cette optique, le level design est des plus simpliste (en fait, seuls les trois niveaux dans la caverne font preuve d’un peu d’originalité), et pas des plus harmonieux. Souvent, il est quasi impossible de voir ce qui se passe sur les plate-formes situées en-dessous ou au-dessus du perso, voire même de savoir si elles existent. Par conséquent, on saute à l’aveuglette… et advienne que pourra. Du coup, on sacrifie parfois une vie pour tenter de trouver un des trois épis mentionnés plus haut.

En conclusion

Ce n’est pas avec Incantation que Titus (aujourd’hui disparu) sera parvenu à marquer les esprits. Si l’intention de sortir un jeu de plate-forme sympa sur Super NES était louable (surtout à un moment où les consoles 32 bits menaient déjà la danse), on peut difficilement excuser ses nombreuses lacunes, même en gardant à l’esprit qu’il se destinait à de jeunes enfants: une absence totale de background (dommageable, surtout pour les plus jeunes, qui aiment s’identifier aux héros des jeux), un level design réduit à sa plus simple expression, une maniabilité lacunaire… À croire que le titre est sorti dans la précipitation pour tenter de renflouer les caisses de l’éditeur. Non, franchement, passez votre chemin: sur Super NES, il y a bien mieux à faire.

Note Finale
Technique – 7 /10

Incantation est graphiquement plaisant, mais c’est bien là une de ses seules qualités. L’animation est réussie, mais essentiellement pour le petit magicien. Les ennemis se contentent, dans ce domaine, du minimum…

Musique – 5 /10

Les morceaux cadrent bien avec l’ambiance générale du jeu. Ils confirment aussi sa cible “jeune public”. Le cri poussé par le héros quand il perd une vie est particulièrement agaçant…

Gameplay – 5 /10

La maniabilité du perso est perfectible: les sauts doivent se négocier avec prudence, tout comme l’approche des ennemis (en raison de la largeur du sprite).

Durée de vie – 3 /10

Pour les joueurs confirmés, le challenge est inexistant. Pour les plus jeunes, on imagine la durée de vie déjà plus appropriée, mais ça ne gomme pas les autres défauts du soft.

Innovation – 2 /10

Heuuu… vous vous en doutez, rien de neuf à l’horizon. Incantation, c’est de la plate-forme très basique, avec des items convenus et des mécanismes déjà vus à maintes reprises.

En résumé
Pas de background, un level design quasi inexistant… Circulez, y’a rien à voir.
4
Mauvais

Infos Pratiques
Développé par Titus Software
Édité par Titus Software
Sorti en 12.1996 (USA)
Sorti en 1996 (Europe)
Pas sorti au Japon
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 4Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
Voir aussi
Encore + d’images
Vous aimerez peut-être …
Go Go Ackman Boogerman : A Pick and Flick Adventure Zero The Kamikaze Squirrel Hoshi no Kirby 3 Ganbare Goemon : Yuki Hime Kyuushutsu Emaki Contra III : The Alien Wars Mega Man X Sparkster
Vous avez aimé ce test ? Partagez-le !
© 2007-14 La Mémoire du Pad | Header de Pnutink pour la MdP | Partenaires | Recrutement | Contact Haut de page