une souris à la découverte du far west

An American Tail : Fievel Goes West

Corrigez-moi si je me trompe, mais si on suit une certaine logique marketing, quand on développe un jeu basé sur un film d’animation, n’est-il pas préférable de le sortir plus ou moins en même temps que le film en question, histoire de lui assurer une couverture médiatique sans gros efforts ? Et a fortiori, quand on ne s’appelle pas Disney ? C’est une des questions que je me suis posée en découvrant An American Tail : Fievel Goes West, un petit jeu de plate-forme sorti en 1994, qui n’a visiblement pas marqué les joueurs, moi le premier.

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 01)Ce Fievel Goes West a pourtant quelques arguments de poids dans sa besace : un petit héros sympathique qui peut tout à fait postuler pour un rôle dans un jeu vidéo, une retranscription fidèle des différents lieux du film (du coup, si on a apprécié le dessin animé, on peut difficilement détester le look général du jeu), un challenge pas trop relevé qui plaira surtout aux jeunes joueurs (son cœur de cible), et last but not least, un développeur reconnu dont la simple évocation du nom rassure pas mal de monde : Hudson Soft. Plutôt séduisant non ? Eh bien, figurez-vous que malgré cela, les moments passés en compagnie de l’ami Fievel ne resteront probablement pas gravés à tout jamais dans votre mémoire…

Une histoire de chats et de souris

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 02)An American Tail : Fievel Goes West, sorti le 22 novembre 1991, est officiellement le tout premier film d’animation du studio Amblimation (fruit de la collaboration entre Universal Studios et Amblin Entertainment, la boîte de Spielberg…). Produit par Universal Pictures, il est la suite de “An American Tail” (1986), un dessin animé apparemment de qualité (que je n’ai pas eu l’occasion de voir en intégralité…), dirigé par Don Bluth, qui était parvenu à trouver son public. Une chose pas si évidente que cela dans un secteur où les productions Disney font un peu – beaucoup – la loi. Manque de pot pour cette suite : elle sort en même temps que La Belle et la Bête de Disney, et du coup, elle “performera” nettement moins que son aînée. Ce qui explique probablement, en partie du moins, la faible renommée du jeu qui nous intéresse aujourd’hui.

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 03)Dans cette suite, on retrouve le souriceau russe Fievel Mousekewitz (essayez de prononcer ces quelques mots très rapidement… ^^’ ), qui, après avoir immigré à New York avec toute sa famille, rêve maintenant des étendues sauvages de l’Ouest américain, avec en ligne de mire, le souhait de devenir comme son héros, le chien shérif Burp Wylie. C’est que la vie dans la Grosse Pomme, aussi plaisante et trépidante soit-elle, n’est pas le paradis auquel les Mousekewitz aspiraient tant : les chats y sont très présents, et pour des souris, il faut bien avouer que ça la fout mal… Surtout que Cat R. Waul, un gros matou menaçant, croquerait bien quelques souris pour le déjeuner.

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 04)Grâce à un subterfuge, il parvient à convaincre la famille de Fievel de migrer vers la petite ville de Green River, dans le Far West. Il va sans dire que ce petit bout de terre, présenté comme un endroit merveilleux par le chat, est en fait dirigé par ses sbires et lui-même. Fievel ne va pas tarder à découvrir ce plan machiavélique, mais un peu trop tard : il sera jeté hors du train qui les emmène vers la petite bourgade. Perdu dans le désert, va-t-il survivre aux dangers qui l’attendent ? Parviendra-t-il à sauver sa famille à temps ? Que de suspens chers amis ! D’emblée, les réponses à toutes ces questions se trouvent certainement dans le film… mais pas dans le jeu.

Un soft presque indigent…

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 05)En fait, voir le film est probablement un sage conseil pour bien comprendre les différentes situations et lieux proposés par le soft, car ce dernier ne donne aucune indication sur l’histoire : pas la moindre illustration, pas la moindre ligne de texte… Et si, comme moi, vous n’avez pas vu les aventures animées du jeune Fievel, vous aurez un peu de mal à cerner la logique qui se cache derrière cette succession de niveaux, avec peut-être au final, la désagréable sensation de jouer à un jeu de plate-forme assez quelconque. Petit conseil : avant de vous attaquer au jeu, faites comme moi et prenez cinq minutes pour survoler la page Wikipedia dédiée au film…

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 06)Autre point qui interpelle : le jeu renvoie bon nombre de personnages importants au rang de simples figurants (à l’image du shérif Wylie Burp qui, dans le jeu, vient seulement féliciter Fievel à la fin de chaque niveau), quand il ne fait tout simplement pas l’impasse sur certains d’entre eux. Le souriceau conserve heureusement le rôle principal. Il en va de même pour les quelques grands méchants du film, qui se transforment en boss dans le jeu. Pas très ardus, ils demanderont juste un peu de patience : analysez leurs déplacements, bougez intelligemment en évitant leurs attaques… et les voilà qui mordent la poussière assez rapidement.

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 07)Tout comme ses boss largement “surmontables”, Fievel Goes West est, de toute façon, un soft qui se révélera facile pour un joueur un tant soit peu expérimenté : pas d’énigmes à résoudre, pas de zones cachées à découvrir dans les niveaux, trois “continue” (mais c’est largement suffisant, vu le niveau de difficulté global)… et seulement cinq niveaux (constitués à chaque fois de trois ou quatre petites zones) à visiter. Ce qui, il faut bien l’avouer, est très peu. Dans le genre minimaliste, Hudson Soft fait même encore plus fort en ne prévoyant aucun menu “options” digne de nom. Par conséquent, on ne sait régler ni le niveau de difficulté, ni le nombre de vies, ni même, tout bêtement, configurer son pad ou écouter les différentes musiques du jeu.

Attention : il dégaine son pistolet… à bouchons !

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 08)En début de test, je vous avais vanté la fidélité des graphismes par rapport au long métrage d’animation : c’est toujours d’actualité ! Dans le jeu, ils sont très colorés, finalement très “cartoon”, mais pas toujours riches en détails ou très fouillés. Fievel visitera, dans l’ordre, les rues de New York, des égouts humides, un train de marchandises en mouvement, un désert chaud et aride, et enfin Green River, où l’attend ce fourbe de Cat R. Waul. Mais si le jeu ne regorge pas de détails à profusion, Hudson Soft a quand même fait les choses correctement et a bossé son sujet. J’en veux pour preuve la présence de quelques petits effets sympas comme les nappes de brouillard dans les rues de New York, les ondulations de chaleur dans le désert ou même le bon gros zoom des familles pour l’intro de chaque niveau et un des boss.

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 09)Par contre, les développeurs se sont relâchés côté animation : les ennemis (le plus souvent des chats à la solde de Cat R. Waul, des chauve souris, des poissons, des rapaces…) sont patauds, et l’ami Fievel n’est pas non plus un modèle de souplesse. Ça se ressent surtout lors des sauts du petit héros, qui manquent clairement de précision. C’est le point le plus gênant du jeu, car les autres mouvements sont simples à mettre en œuvre : s’abaisser, nager (en martelant le bouton B), monter et descendre des échelles, sont autant de mouvements qui se réalisent les doigts dans le nez.

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 10)Pour supprimer ses ennemis, Fievel ne pourra cependant pas leur sauter sur la tête. Non, son arme de prédilection à lui, son joujou extra, c’est le pistolet à bouchons ! Un ou plusieurs tirs bien placés et les ennemis ne seront plus qu’un mauvais souvenir. Cependant, si la plupart du temps, viser juste ne pose pas de gros souci, il faut aussi avouer que l’utilisation du pistolet montre rapidement ses limites avec certains ennemis, comme les chats. En effet, croiser leur route tient presque du duel, puisqu’ils sont également armés et qu’il vous faudra les atteindre en pleine tête. Or, comme ils font deux fois la taille du souriceau, il faudra assez souvent combiner saut et tir, ce qui nous ramène au premier écueil du soft : les sauts…

Fievel est plutôt fourmi que cigale

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 11)Qui dit jeu de plate-forme, dit souvent “power-up” et autres items à récupérer. Et dans Fievel Goes West, ils sont tous cachés dans de petits blocs jaunes, qu’il faudra détruire à l’aide du fameux pistolet. On y dénichera un peu de tout, et parfois même un peu plus : des power-up pour le pistolet (qui permettront de tirer deux ou trois bouchons en même temps), un power-up permettant de tirer de l’eau en lieu et place des bouchons (anecdotique, on ne le retrouve que dans le premier stage), des petits cœurs pour redonner de la vie à Fievel, des gros cœurs pour augmenter le nombre de réceptacles “cœur” de la souris (de trois cœurs, Fievel peut alors passer à quatre ou cinq cœurs, mais si il perd une vie ou qu’il arrive dans un nouveau stage, il retombera à trois cœurs d’énergie), ou encore des étoiles qui vont rendre le petit héros momentanément invincible…

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 12)De gros blocs jaunes représentant la tête de Tiger (un ami de Fievel qui, apparemment, l’accompagne pendant une bonne partie du long métrage) sont aussi parfois présents et renferment souvent des vies supplémentaires ou des power-up. Faire fructifier son capital de vies dans Fievel Goes West n’est pas, non plus, spécialement compliqué : selon la rengaine habituelle, cent pièces dorées collectées donneront droit à une vie supplémentaire, en sachant que chaque pièce ramassée équivaut en fait à cinq pièces au compteur ! C’est vous dire la vitesse soutenue à laquelle on cumule les vies pour le petit Fievel…

Monte le son Gaston !

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 13)D’après différentes sources consultées au moment de rédiger ce test, les musiques du film, composées par un certain James Horner, étaient de très bonne tenue et renforçaient à merveille les différentes situations et scènes du film. On s’étonnera donc de ne pas les retrouver dans le jeu. En fait, cela va même plus loin : le soft ne reprend apparemment aucune musique du film. Hudson Soft a planché, tout seul comme un grand, sur de nouvelles compositions et le résultat est, ma foi, assez convaincant. Les morceaux sont plutôt funs à écouter et certains se détachent même du lot (comme celui du premier stage, dans New York, ou celui du quatrième stage, dans le désert).

An American Tail : Fievel Goes West (screenshot 14)Les moins mélomanes d’entre vous remarqueront plus volontiers les différents bruitages : Fievel pousse un petit cri à chaque fois qu’il est touché, les boss et les sbires chats de Cat. R Waul disparaissent dans une série d’explosions pétaradantes, le chariot de chemin de fer (un classique… dans le troisième stage) a des roues qui crissent à la perfection, etc. Grâce aux bruitages, il y a de la vie dans ce jeu, c’est indéniable ! Mais on est cependant obligé d’en profiter “in game”, car comme je vous le disais plus haut, Hudson Soft a fait l’impasse sur un quelconque Sound Test. Pas cool…

En conclusion

Mickey Mouse et ses copains n’ont pas de mouron à se faire : ce n’est pas l’ami Fievel qui risque de venir leur faire de l’ombre, ni même de les chatouiller… An American Tail : Fievel Goes West est un jeu de plate-forme agréable, adapté aux aspirations supposées de son très jeune public : le challenge est varié, à défaut d’être relevé, et les graphismes sont fidèles au long métrage. Hudson Soft est même parvenu à “jouer” avec les atouts de la Super NES pour proposer une expérience colorée, saupoudrée de quelques effets visuels réussis. Mais le développeur ne réalise pas pour autant un sans-faute : Fievel Goes West est aussi un soft superficiel, dans le sens où l’aventure qui nous est proposée n’est pas bien longue (cinq niveaux faciles) et les rouages de son gameplay sont réduits à leur plus simple expression.

Note Finale
Technique – 6 /10

La fidélité aux décors du film est respectée, mais l’animation est assez sommaire. Quelques effets sympas (brouillard, chaleur, zoom) sont présents.

Musique – 6 /10

Des morceaux composés de toute pièce pour le jeu, et aucune musique tirée du film. Mais le résultat est assez fun à écouter. Les bruitages sont plutôt nombreux et convaincants.

Gameplay – 6 /10

Fievel possède la panoplie habituelle du petit héros de plate-forme : s’abaisser, sauter, grimper aux échelles, tirer avec son pistolet à bouchons… Seuls les sauts du souriceau manquent de précision.

Durée de vie – 4 /10

Cinq niveaux caractérisés par une difficulté au ras des pâquerettes : pas besoin de vous faire un dessin ! Le challenge proposé est à la portée de tout un chacun.

Innovation – 3 /10

Académique, scolaire, déjà-vu… autant d’adjectifs qui collent au soft d’Hudson. On ne peut pas dire que ses concepteurs ait décidé de secouer le cocotier du jeu de plate-forme, tant les rouages proposés sont aussi vieux que le genre lui-même.

En résumé
Trop prévisible, Fievel n’apporte pas grand-chose au genre plate-forme sur Super NES.
6
Moyen

Infos Pratiques
Développé par Hudson Soft
Édité par Hudson Soft
Pas sorti au Japon
Sorti en 08.1994 (USA)
Sorti en 11.1994 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
Encore + d’images
Vous aimerez peut-être …
Hameln no Violin Hiki Boogerman : A Pick and Flick Adventure SWAT Kats : The Radical Squadron Contra III : The Alien Wars Sparkster Earthworm Jim Prince of Persia Go Go Ackman 3
Vous avez aimé ce test ? Partagez-le !
© 2007-14 La Mémoire du Pad | Header de Pnutink pour la MdP | Partenaires | Recrutement | Contact Haut de page