sang, boyaux, rate et cerveau...

Mortal Kombat II

Dans l’univers vidéo-ludique de l’âge d’or (j’aime bien cette expression), il est clair que Street Fighter II a régné en maître. Il faut dire que la formule Capcom est si parfaite (soyons honnête) que personne ne peut oser la remettre en question. Pourtant, ça n’a pas empêché les autres développeurs de sortir des alternatives, plus ou moins réussies, étant donné qu’il y avait là un énorme marché à prendre.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 01SNK, ADK, Bandaï et bien entendu Midway, se sont lancés à fond dans une concurrence acharnée, ce qui a permis aux joueurs de l’époque de profiter de jeux de bastons originaux et dont la plupart des noms résonnent encore dans la tête des vieux gamers. Dans le cas de Mortal Kombat II, formule “plus plus” oblige, Midway a cherché à gommer les imperfections d’un premier opus sympa mais parfois approximatif, et a bien entendu cherché à faire évoluer sa licence, développer ses idées premières, perfectionner, peaufiner son bébé de sang pour en faire un incontestable hit. Car si le premier opus a joui d’une certaine clémence, due à l’originalité de sa réalisation et de son gameplay, récidiver sans chercher à améliorer les défauts serait à coup sûr se tirer une balle dans le pied.

Des petits nouveaux et deux persos cachés

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 02Mortal Kombat II est donc sorti plus ou moins un an après le premier opus (1993, alors qu’il venait de sortir sur consoles… cette alternance de sorties arcade/consoles est calquée sur les autres éditeurs) et vient poser un sérieux concurrent aux jeux de mandales dans la gueule qui font recette. Pour la petite histoire, après sa défaite, Shang Tsung est allé supplier son maître Shao Kahn d’épargner sa vie. Il lui redonne santé et jeunesse, et un nouveau tournoi commence. Viennent en plus se mêler les forces du Royaume du Mal, ce qui finalement peut se révéler dangereux pour la Terre. Bref, pour nous expliquer ça, nous aurons une petite intro (abrégée sur Super Nintendo, carrément absente sur Megadrive !), pour déboucher sur le panel des combattants.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 03Proposant cette fois la bagatelle de douze “fighters” (c’est cinq de mieux que précédemment), certains sont absents (Kano, Sonya), ce qui laisse plus de place aux petits nouveaux : Mileena, Kung-Lao, Kitana, Jax et Baraka. Petit plus, cette fois on pourra jouer avec Reptile (le perso caché de Mortal Kombat) et même avec Shang Tsung, qui a rajeuni et qui peut toujours se changer en n’importe qui d’autre. Malheureusement, si Goro a été changé en Kintaro (qui a la même forme, mais qui est aussi moche et aussi agressif) et que le boss final est cette fois Shao Kahn (celui-là même qui vous observe selon le niveau, ça nous rappelle quelqu’un d’autre), et bien, il sera impossible de jouer avec.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 04Pourtant, les boss jouables sont à la mode, mais chez Midway visiblement, un boss reste un boss. D’ailleurs, il existe cette fois deux personnages cachés, Smoke et Noob Saibot, qu’on ne contrôlera pas non plus. Toujours est-il qu’avec le nombre enthousiasmant de personnages, il est toujours aussi idiot d’affronter son double. Si autrefois, ça cherchait à combler au maximum une durée de vie bien courte, désormais c’est inutile. Au niveau de la jouabilité, y’a pas à dire, un gros effort a été consenti. En effet, Mortal Kombat II est bien plus jouable que le premier. Les coups sortent plus facilement et même si ça n’a toujours pas la “légèreté” et l’aspect carré d’un Street Fighter, y’a pas à dire, la différence se ressent vite. C’est pas un mal.

Retour des “fatalités”, et difficulté livrée de série

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 05Côté coups spéciaux, la liste par personnage est un peu courte (généralement trois chacun) mais les manipulations ont le mérite d’être originales. Après, on retrouve la même base pour chacun, comme lors du premier épisode. Au moins comme ça, on peut prendre n’importe qui, on est sûr de savoir faire un minimum. À noter aussi que les fatalités font leur grand retour et ont même été doublées (il y en a deux par perso). Histoire de pousser le concept plus loin, on retrouve même des “babalities” (transformation en bébé) et des “friendships” (coup amical). Ce côté délirant va jusqu’à même faire apparaître des têtes de programmeurs sur un bord d’écran, accompagné de cris loufoques.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 06Je suis pas fan de ce côté “super gros délire” car je trouve qu’il gâche un peu le sérieux de la licence, mais ce n’est pas non plus une grave faute de goût. Par contre, le jeu est bien plus difficile qu’avant. Si vous trouviez le premier Mortal Kombat dur, dites-vous que celui-ci va vous faire souffrir ! En mode “very easy”, on perd déjà des combats au premier match. La difficulté est donc encore plus déséquilibrée qu’autrefois, et même si on ne subit plus de vacherie du genre “match d’endurance”, chaque succès se remporte la sueur au front. Et cette difficulté vient en partie du fait que le jeu fait des entorses à ses propres règles.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 07Par exemple, notre opposant se protège en position haute mais ne tombe pas suite à un coup de pied bas, il contre nos attaques les plus puissantes pour laisser passer les siennes… en clair, il triche. Du coup, c’est très dur de finir le jeu (d’autant que les adversaires sont de vrais chiens enragés) car il arrive qu’on ne puisse pas en placer une. C’est dire s’il faut maîtriser son personnage pour avancer, car notre adversaire passe systématiquement prioritaire. Évidemment, ce contre-coup, cet aspect bien pénible ne vaut que pour le solo et comme chacun sait, le vrai cœur de ce type de jeux, c’est évidemment les duels à deux joueurs et du coup, ces considérations n’ont plus lieu d’être.

Sanguinairement vôtre

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 08Techniquement, on retrouve le même type de graphismes et d’animations qu’autrefois. Toujours motion-capturés, les personnages sont superbement animés et limitent au maximum les mouvements irrationnels ou contre-nature. On notera également que les décors sont bien dans le carcan de la licence, avec en plus des personnages un poil plus grands et un poil mieux animés. On sent que l’équipe de développement maîtrise bien son sujet, à tel point qu’on retrouve même des parallaxes en rotation, l’une des nouveautés techniques de Street Fighter II en son temps. Maintenant, pour ce qui est de cette adaptation en particulier, il est clair que cette version aura eu la faveur des joueurs.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 09En effet, le jeu y est plus complet (intro) et surtout plus beau. C’est une version très fidèle à l’arcade et on y retrouve comme toujours sur cette console, des contours très doux et une bonne coloration. À noter aussi que quelque soit la version choisie (Megadrive, 32X ou Super NES), le sang et les effets gores sont tous activés… et ce, sans cheat-codes. Ça fait plaisir de retrouver le jeu d’arcade, non amputé de ce qui fait (en partie) son attrait. Oui, même sur la version Super Nintendo. En fait, face à la pression des développeurs, Nintendo a fini par céder car leur console ne pouvait se passer d’un tel titre, uniquement par mesure de censure. C’est sans doute l’une des premières fois que Nintendo a lâché du leste sur ce sujet.

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 10Enfin au niveau du son, on retrouve ces compositions un peu étranges, pas mélodieuses pour deux sous, mais qui collent extraordinairement bien à l’ambiance et aux décors. Il y a plus de commentaires (en plus des petits coucous délirants des créateurs), et globalement plus de voix digits (c’est surtout vrai pour Lu Kang, les autres partagent à peu près le même panel de digitalisations). Enfin, les bruitages semblent un peu moins dynamiques, juste un cran moins violents. Rien de rédhibitoire. Mortal Kombat II est donc meilleur que le premier, ce qui dans un sens, n’était pas insurmontable. Mais alors pourquoi obtient-il la même note ? La raison est simple et s’appelle la concurrence.

L’herbe plus verte ailleurs ?

Mortal Kombat II Super Nintendo screenshot 11Aussi sympathique qu’il est, la comparaison n’est pas toujours flatteuse pour le titre de Midway. La même année sont sortis d’énormes monstres comme Super Street Fighter II, Samuraï Shodown et Fatal Fury Special, pour ne citer que les trois meilleurs. Contre le hit de Capcom, il est clair que le nombre de personnages jouables (précisons, car en réalité il y en a quatre de plus) est encore à la traîne, et face aux hits de SNK, la réalisation a du mal à suivre… que ce soit sur arcade comme sur consoles. Enfin, le solo est littéralement pourri par une difficulté titanesque et injuste. Il est donc préférable de jouer à deux pour s’éclater, au lieu de se faire éclater. Heureusement pour lui, Mortal Kombat II profite d’une aura particulière, la même qui a su séduire lors du premier opus. La réalisation, même si elle n’égale pas les grands pontes du genre, a encore de quoi surprendre et le gore est un plus indéniable à la série. Un gore qui est ici exacerbé et qui, ma foi, fait encore recette.

Note Finale
Technique – 7 /10

Avec des persos plus grands et mieux animés, cette version est très fidèle à l’arcade. Ses graphismes adoptent des contours très doux et une bonne coloration.

Musique – 7 /10

Des compositions pas mélodieuses pour deux sous, mais qui collent bien à l’ambiance et aux décors. Il y a plus de commentaires et plus de voix digits. Les bruitages semblent un peu moins dynamiques, moins violents.

Gameplay – 7 /10

Sans être aussi carré qu’un Street Fighter II, MKII est plus jouable que le premier épisode, et les coups sortent aussi plus facilement. Les douze persos jouables ont une liste de coups spéciaux un peu courte, mais les fatalités sont de retour.

Durée de vie – 8 /10

En solo, MKII est encore plus dur et plus déséquilibré que le premier opus ! C’est simple : la console triche. Son perso encaisse les attaques puissantes sans broncher et place invariablement, avec succès, ses coups…

Innovation – 5 /10

Une aura particulière, un gore exacerbé et un contenu revu à la hausse sont les atouts majeurs de MKII. Mais comparé à la concurrence, qu’elle vienne de Capcom ou de SNK, le hit de Midway (et par extension, cette version Super NES) perd un peu de sa superbe.

En résumé
Toujours aussi gore, la licence Mortal Kombat reste égale à elle-même mais marque le pas par rapport à la concurrence.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Sculptured Software
Édité par Acclaim
Sorti le 11.11.1994 (Japon)
Sorti le 09.09.1994 (Europe)
Sorti en 09.1994 (USA)
combats à un contre un
1 à 2 joueurs
Cartouche de 24Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi sur MD, en arcade…
Voir aussi, dans la même série
Plus Loin
Si en Occident, Nintendo s’est abstenu de censurer ce second volet, laissant le champ libre au sang et aux fatalités, il a quand même fait placer une jolie étiquette d’avertissement sur la boîte de chaque exemplaire. Au Japon par contre, le soft a bel et bien été censuré, avec du sang vert pour tous les combattants et des “fatalités” en noir et blanc. Mais malgré cela, la version Super NES s’est vendue bien mieux que n’importe quelle autre version et a été considérée comme le meilleur port de la version arcade.
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Crédits
Version originale du test sur Gravitorbox.
Repris sur la MdP avec l'autorisation de iiYama.
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