Metal Gear Solid : une oeuvre culte de Kojima… mes impressions !

Si Console Syndrome et Pix ont intelligemment “teasé” avant et pendant la sortie de leur nouveau livre, je me rends bien compte que je suis un peu complice de la démarche, puisque c’est maintenant le troisième (et dernier !) billet que je consacre à Metal Gear Solid : une oeuvre culte de Hideo Kojima… Après vous avoir présenté l’objet vu de l’extérieur, voici donc mes impressions, à chaud, sur son contenu.

Écrit par trois auteurs réunis sous la bannière de Console Syndrome (Nicolas Courcier, Mehdi El Kanafi et Damien Mecheri), ce bouquin est clairement, à ce jour, le plus complet à avoir été écrit sur le sujet. Plutôt que d’aborder chaque jeu de manière chronologique, ses auteurs ont choisi une autre approche, en faisant une lecture transversale de la saga, ce qui, au final, n’est pas plus mal : ça permet de lancer des pistes de réflexion et d’avoir une bien meilleure vue d’ensemble de la saga qui, il faut bien l’avouer, est complexe.

Le livre commence d’abord par deux petits chapitres : l’un consacré à Konami (la création de la société en 1969, son ascension, son rôle de “leader” dans les années 90, sa baisse de régime dans les années 2000…), l’autre à Hideo Kojima. Dans ce second chapitre, on en apprend plus sur l’homme, ses passions, son parcours, comment il est arrivé chez Konami, ses débuts avec le jeu Penguin Adventure sur MSX (une machine qui me “parle”, vu que quand j’étais petit, mon oncle avait un MSX chez lui…)…

Le chapitre III entre dans le vif du sujet, avec la genèse des principaux jeux de la saga (les jeux “annexes” style Metal Gear Acid 1 et 2, Metal Gear Arcade et autres font l’objet d’un chapitre dédié, plus loin dans le livre). Ici, à grand renfort d’anecdotes et de détails plus ou moins connus, les auteurs nous décrivent dans quel contexte sont apparus les différents jeux, quelles orientations ils ont pris… On y apprend des choses étonnantes, comme le fait qu’au départ, Kojima n’avait pas spécialement pour objectif de créer des suites une fois son premier Metal Gear terminé. Autre anecdote amusante : désireux de passer à autre chose, il essayera à plusieurs reprises de confier la réalisation des nouveaux Metal Gear à quelqu’un d’autre, mais aucun de ses collaborateurs ne voulaient prendre une telle responsabilité ! Sous la pression de Konami et des fans, ce bourreau de travail se retrouvait donc à chaque fois dans le fauteuil du réalisateur… ^^;

Le chapitre IV est le gros “morceau” du livre. Sur plus de cent pages, le scénario complet de la série est raconté, avec quantité de détails et de notes explicatives. Sobrement intitulé “Univers”, ce chapitre est divisé en différents thèmes, présentés de manière chronologique (Les Philosophes, Le programme Mercury, Mission vertueuse, Mission Snake Eater, San Hieronymo, etc.). L’info y est dense, et c’est ici que l’on peut véritablement prendre du recul et voir les liens entre les différents épisodes (ce que l’on ne peut pas forcément faire en jouant aux différents jeux, surtout avec quelques années d’intervalle entre la sortie de chaque nouvel épisode…). Le style adopté ici, très descriptif, rend ce passage assez indigeste : beaucoup d’événements sont relatés (combats, alliances, retournements de situation…) et si, comme moi, vous avez pris la série en cours de route (dans mon cas, à partir de la PS2), vous risquez de vite perdre le fil. Mieux vaut donc avoir joué à chaque jeu pour s’y retrouver et pouvoir mettre une image sur ce qui se raconte…

Avec le chapitre V, on revient à quelque chose de plus concret : l’évolution des différents systèmes de jeu. Plus court, ce passage retranscrit très bien les améliorations apportées par Kojima à son “bébé”: les grandes idées qui tiennent quasiment du génie, mais aussi, sans complexe, les choix qui en auront déboussolé plus d’un (Metal Gear Solid 4 qui peut difficilement se suffire à lui-même et qui laisse sur le carreau les joueurs ne connaissant pas les épisodes précédents, ou la première incursion décevante de la série sur une console portable avec Portable Ops…).

Si la saga compte des épisodes majeurs, elle a aussi donné naissance à des jeux “hors-série” (Metal Gear : Snake’s Revenge, Metal Gear Drama CD, Metal Gear : Ghost Babel…). C’est le sujet du chapitre VI. L’analyse qui en est faite est plus courte, moins approfondie, mais non dénuée d’intérêt. L’essentiel y est, avec une mise en évidence des forces et des faiblesses de chaque jeu.

Après ces deux chapitres plutôt terre à terre, on se triture les méninges avec un bon “décryptage” (chapitre VII), toujours sous l’angle de thématiques importantes. “Guidé par la technique” souligne le fait que la série a toujours été fortement influencée par les consoles qui l’ont accueillie, Kojima et son équipe cherchant à repousser les limites de chaque machine. “Balance entre gameplay et scénario” revient sur l’évolution et le rôle joué par ces deux éléments, indissociables de la saga. “L’art du teasing”, où comment son amour pour le cinéma a permis à Kojima de passer maître dans l’art de faire parler de ses jeux… C’est, selon moi, une des parties les plus intéressantes du livre, avec le chapitre consacré à l’évolution du gameplay. On y sent vraiment toute la réflexion, le soin apporté à chaque détail, bref, tout le boulot abattu par Kojima derrière chacun de ses jeux.

Enfin, le huitième et dernier chapitre aborde la question de la musique. Dans ce domaine aussi, la série a bien évolué, influencée par les différents compositeurs qui ont bossé sur sa bande-son au fil des épisodes. Les auteurs trouvent ici les mots justes pour décrire cette bonification dans le temps, des premiers jeux sur MSX (forcément bridés par leur support) jusqu’au moment où la série trouvera une identité musicale propre, en grande partie avec l’arrivée d’Harry Gregson-Williams, recruté expressément par Kojima pour Metal Gear Solid 2.

Pour conclure, je dirais qu’après la lecture de Metal Gear Solid : une oeuvre de Hideo Kojima, on se sent nettement moins bête ! ^^; Plus sérieusement, on voit surtout que le succès de la série n’est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat d’un travail d’orfèvre réalisé en amont par Kojima et ses collègues. Très bon complément pour le fan en quête d’infos, le livre ne se substitue pas aux jeux, mais il permet d’en apprécier toute la finesse et l’intelligence. Très complet, il se lit facilement, à l’exception de la partie “scénario”, idéale pour une recherche ponctuelle d’infos mais pas forcément pour une lecture d’une seule traite.

Vendu 18€, Metal Gear Solid : une oeuvre culte de Hideo Kojima est dispo à cette adresse.

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