gloire à ajinomoto

Motoko-chan no Wonder Kitchen

Bonjour les amis ! Sautez dans votre machine à remonter le temps et réglez votre cadran sur les années 90. Je ne sais pas comment vous les avez traversées, mais pour ma part, je sais qu’à cette époque, de nombreuses et chouettes consoles de jeux étaient en compétition pour asseoir leur suprématie : la Super Nintendo, la Mega Drive, la TurboGrafx-16, la Saturn, la Playstation… C’est simple : mes plus beaux souvenirs de joueur se situent dans les années 90.

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 01Ayant renoncé à être un hardcore gamer pour au moins cinq bonnes années, monter ce projet avec Vyse (NDKenshiro : Gaming Sanctuary, le site de Bel Cain et Vyse) m’a permis de me rappeler pourquoi j’étais un joueur si passionné. Il ne s’agit pas uniquement de jouer à un jeu et de se dire “LOL, ce jeu assure” ou “WOWEE !! C’est le meilleur jeu de tous les temps ! 100/10 !”… Non, les jeux vidéo sont beaucoup plus que cela. Les “spécialistes” pourront toujours continuer à émettre des hypothèses pour savoir si les jeux vidéo sont vraiment une forme d’art, ou les discréditer encore un peu plus en les décrivant comme un passe-temps pour garçon obèse : la plupart d’entre eux n’ont rien compris au monde du gaming. Si de nos jours, les jeux vidéo sont cools parce que Snoop Dog a une PSP ou parce qu’ils sont popularisés par tel acteur ou telle personnalité de la télé, il y a quelques années, les choses étaient très différentes.

Tu peux me passer la mayonnaise ?

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 02C’est là que des gens comme moi, Vyse, et tant d’autres arrivent, stéréotypés et catalogués pendant des années comme nerds de Star Wars ou fans de comics prétentieux… S’il est vrai que certains sont véritablement comme ça, d’autres voient juste les jeux vidéo comme une passion. Ils les analysent, ils découvrent ce qui les rend vraiment motivant, et ils créent leur propre site en utilisant les autoroutes de l’information et des endroits comme Internet. Cependant, quand il s’agit de parler de jeux vidéo classiques, Vyse et moi-même voulons sortir des sentiers battus : nous souhaitons amener les choses à un autre niveau, ce qui est peut-être un euphémisme. Sinon, nous n’aurions même pas pris la peine de parler de ce titre, Motoko-chan no Wonder Kitchen, un jeu Super Famicom sorti peu de temps avant la disparition de cette glorieuse console, au détour du nouveau millénaire (et par “glorieuse”, j’entends “une console qui, à cause de ses années de succès, est synonyme d’expérience inoubliable pour de nombreux joueurs”).

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 03La Super Famicom est surtout connue pour ses jeux de plate-forme très funs, ses quelques shoot’em-ups, ses merveilleux RPG’s, et presque tout ce qui se trouve entre tout ça… Mais qu’en est-il des jeux de cuisine ? Un peu comme Bemani avec ses jeux mêlant musique et / ou danse, les simulations culinaires ne sont pas très célèbres en dehors de quelques rares franchises, et elles ne l’étaient pas du tout durant la période de cette bonne vieille Super NES. D’ailleurs, jusqu’à ce que j’entende parler de jeux comme “I am the Chef” (Ore no Ryouri) sur Playstation, je me demandais même si il y avait seulement jamais eu un seul jeu Super NES renfermant une infime partie de ce genre si particulier. Eh bien, chers amis, les joueurs Super Famicom ont eu de la chance : il y en a bien eu, et Motoko-chan no Wonder Kitchen est un des deux jeux de la console qui comporte des éléments importants de simulation culinaire.

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 04Pour dieu sait quelle raison, Nintendo a pensé que ce serait une bonne idée de créer un jeu autour d’Ajinomoto, un fabricant très connu au Japon qui vend des produits alimentaires et des condiments (mais qui s’occupe aussi de produits pharmaceutiques, de boissons et d’autres choses). Les deux compagnies ont conclu un accord selon lequel Nintendo pourrait s’occuper du développement du jeu et “emprunter” les produits et mascottes de la marque Ajinomoto pour en faire quelque chose d’original. Si vous étiez fan de ces produits, vous pouviez, par courrier, commander une cartouche et dire à tous vos amis que vous aviez acheté un jeu parlant de mayonnaise. Quoi !? De mayonnaise !!? Je ne plaisante pas. Comme ce cher Naruto se plait à le dire : “Croyez-le !”.

Cuisiner en seulement trois leçons

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 05Comme le suggère le titre du jeu, vous jouerez le rôle de Motoko-chan, une jeune “chef” charmante qui sait que la mayonnaise Ajinomoto est la meilleure de toutes et qu’elle constitue par conséquent une excellente garniture pour à peu près tout… Le reste est sans importance. Mais avant de pouvoir préparer quelques mets savoureux, vous aurez besoin d’en savoir un peu plus sur le monde de Motoko. Elle ne vit pas dans la banlieue de Londres, ni à proximité des artères principales du New Jersey : elle évolue dans un monde fait de magie et de bonne humeur. Vous allez découvrir que les ingrédients dont elle a besoin pour préparer ses plats ont été éparpillés dans d’autres dimensions remplies de fées, d’animaux de la jungle, de sorcières, et de bien d’autres choses… De telle sorte qu’avec son gant magique, ses amis les animaux et un peu d’imagination, elle devra d’abord récolter tous ces ingrédients.

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 06Pour un produit ouvertement promotionnel à destination des jeunes enfants qui rêvent de devenir “chef cuistot”, je peux vous dire que ce jeu renferme bel et bien un peu de fun et qu’il pourra même vous embobiner avec ses décors colorés et ses sons occasionnels. Bien que tous les lieux soient très simples dans leur conception, quelques petites choses risquent malgré tout de vous surprendre. Je n’ai, par exemple, jamais vu auparavant un arc-en-ciel aussi beau que celui rencontré dans ce jeu, avec ses couleurs savamment choisies se reflétant et ondulant sur la surface de l’océan. Si ça ne vous suffit pas, regardez danser “Motoko-chan et les Sept Nains” à la sortie d’une scène, ou admirez un petit pingouin nager le long d’un bateau pirate… Si vous êtes assez bon, vous pourrez même croiser des virus ressemblant à ceux de Dr. Mario !

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 07Quasiment toute action dans le jeu se voit accolée une petite rengaine simple et efficace qui sort forcément du lot, vu que le soft est, par défaut, silencieux. Aussi étrange que cela puisse paraître, vous seriez surpris de constater comme il est cool de ramasser une bouteille de mayonnaise juste pour entendre la petite musique correspondante. Bizarre ? Tout à fait. Inhabituel ? Assurément… Mais les Japonais adorent ces bizarreries. Le gameplay se rapproche plus ou moins d’un jeu d’aventure textuel, avec trois types de recettes, utilisant chacune différents ustensiles et aliments, et correspondant aux niveaux Novice, Intermédiaire et Avancé. Comme mentionné plus haut, votre première mission consistera à visiter des mondes imaginaires à la recherche des ingrédients dont vous aurez besoin.

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 08Vous pourrez interagir avec la plupart des objets et protagonistes présents dans chaque petite scène, ce qui ajoute encore une petite dose de fun supplémentaire. Il y a aussi un mini-jeu au cours duquel vous pourrez vous mesurer à la console dans une partie de Reversi / Othello. Au fur et à mesure de votre progression, un vieil homme viendra vous raconter l’histoire de la mayonnaise et vous expliquera comment Ajinomoto s’est positionné avec succès dans ce secteur. Il vous parlera de tout un tas de choses, telles que la manière dont le fabricant a transformé le terme “Mahonaisse” en “Mayonnaise”, ou le fait qu’Ajinomoto est tout simplement la meilleure marque sur le marché (beau graphique à l’appui), et vous présentera aussi quelques petites questions de type “trivia”.

Ça fait quand même cher le presse-papiers

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 09Rien de tout ceci n’aura une influence sur l’évaluation de votre performance au cours du jeu, mais c’est néanmoins assez amusant et humoristique. En fin de compte, vous pourrez enfin cuisiner ! Au départ, sans aucune connaissance du japonais, vous serez probablement intimidé, mais dans l’ensemble, c’est incroyablement facile : le jeu vous guide à chaque étape de la préparation et les erreurs ont tout simplement été écartées de l’équation (elles ne sont pas possibles, et donc pas sanctionnées). Par la suite, le jeu se termine donc sans aucune difficulté. En adoptant un point de vue un peu plus critique, je dirais que ce jeu est, il est vrai, relativement inutile. Il est court, il n’est pas particulièrement profond, et il ne montre rien de ce que la console est capable de faire.

Motoko-chan no Wonder Kitchen Super Famicom screenshot 10Il ne se plonge pas non plus complètement dans le genre “simulation de cuisine” et ne fait même que l’effleurer, si bien que bon nombre de joueurs risquent de trouver à cette cartouche l’utilité d’un presse-papiers. Pourtant, le peu que ce Motoko-chan no Wonder Kitchen a à offrir est tout à fait charmant et ce jeu ferait un chouette cadeau pour les petits s’il n’était pas, de nos jours, affreusement cher (après tout, il incarne une approche sans danger de la cuisine… ^^; ). En fin de compte, avec Motoko-chan no Wonder Kitchen, j’ai acheté un jeu de collection à un prix qui ferait grincer les dents de beaucoup, mais honnêtement, je peux vous dire que j’ai déjà gaspillé mon argent pour des objets bien pires (et n’essayez pas de me faire dire de quoi il peut bien s’agir). Nintendo ne cessera jamais de me surprendre…

Note Finale
Technique – 5 /10

La console est exploitée au minimum de ses capacités. La direction artistique est assez originale, et le rendu est très propre. Peu d’animations.

Musique – 7 /10

De petites rengaines entêtantes que l’on s’amuse à déclencher en pointant les différents éléments à l’écran. Le morceau qui joue pendant la phase “cuisine” peut énerver au bout d’un moment.

Gameplay – 7 /10

Du point’n click dans toute sa splendeur. Le “gant magique” répond bien et manipuler ustensiles et aliments est très simple.

Durée de vie – 3 /10

Courte, puisqu’il n’y a que trois recettes. Sans comprendre le japonais, on met plus de temps, mais le soft est faisable.

Innovation – 6 /10

Le mélange exploration à la recherche d’ingrédients et préparations culinaires est très original : dommage qu’il n’y ait pas un peu plus de contenu pour donner une durée de vie décente à la cartouche.

En résumé
Jeu publicitaire, Motoko-chan no Wonder Kitchen est un ovni du catalogue Super Famicom. Dispensable mais étonnant.
5
Unique

Infos Pratiques
Développé par Nintendo
Édité par Nintendo
Sorti en 09.1993 (Japon)
Pas sorti aux USA
Pas sorti en Europe
point’n click / simulation
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
Plus Loin
Motoko-chan no Wonder Kitchen (Motoko-chan no Wondaa Kichiyon) n’est pas un jeu Super Famicom comme les autres. Il n’a jamais été commercialisé en magasin, et le seul moyen d’en obtenir une copie était de la commander par courrier. Ajinomoto vend habituellement des condiments alimentaires, mais le fabricant est encore plus connu pour sa très populaire marque de mayonnaise. La “célébrité” et la rareté font souvent grimper le prix de ce titre, vu qu’il est souvent recherché par les collectionneurs et est un des jeux Super Famicom les plus rares. Motoko-chan no Wonder Kitchen est compatible avec la souris Nintendo. Le jeu n’a, en outre, pas de crédits dans son générique de fin.
Encore + d’images
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Crédits
Version originale du test sur Gaming Sanctuary.
Traduit de l'anglais par Kenshiro.
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