on ne l'attendait plus... mais il est là !

Nightmare Busters

Entre la réouverture de ses pré-commandes et l’annonce plutôt alléchante d’un ajout collector, Nightmare Busters est le jeu Super NES du moment, celui qui fait le buzz sur la Toile et qui pousse les fans aux commentaires les plus passionnés. Et on comprend facilement pourquoi. Développé au milieu des années 90 par Arcade Zone (un petit studio dont je vous ai déjà parlé lors des tests de Legend et d’Iron Commando), annoncé dans la presse spécialisée (notamment dans Consoles+), le jeu était dans les starting blocks, fin prêt pour une sortie, notamment sous la bannière de Nichibutsu au Japon. Mais finalement, il n’en sera rien.

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 01Différentes raisons ont été évoquées pour expliquer ce destin funeste : une Super NES qui, en 1995, était sur le déclin, des négociations infructueuses entre le développeur et les éditeurs potentiels… Nightmare Busters aurait donc très bien pu rester à l’état de jeu oublié, si le destin n’en avait pas décidé autrement : une PCB du jeu réapparue sur un célèbre site d’enchères, une ROM dumpée distribuée sur le Net dans la foulée, et voilà que notre jeu d’action / arcade acquiert une renommée grandissante auprès des fans. Depuis lors, la Super Fighter Team a acquis les droits du jeu et va le distribuer sous forme de cartouche Super NES dézonée, mais de manière très confidentielle, puisque seulement 600 exemplaires seront produits (déjà tous réservés, ils devraient normalement être envoyés à leurs heureux propriétaires courant 2013). C’est donc une belle revanche sur le passé pour ce jeu qui, nous allons le voir, ne manque pas de qualités…

Rq : Le jeu n’ayant jamais été commercialisé, il n’a pas de boîte. L’illustration reprise dans la colonne de droite a été réalisée par Kotomi pour un de ses cartmods.

Quand le rêve vire au cauchemar

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 02Flynn et Floyd sont deux “nightmare busters” (littéralement, des chasseurs de cauchemar). Ces deux petits êtres (des lutins ? des leprechauns ?), qui portent un costume et un chapeau haut de forme faisant immédiatement penser à l’accoutrement du Chapelier Fou dans Alice au Pays des Merveilles, se sont vus assigner une noble mission : s’inviter dans les rêves tourmentés des petits “n’enfants” et en chasser tous les mauvais esprits. Comme on pouvait s’en douter, les mauvais esprits en question prennent la forme de créatures bien moches style gnomes, trolls, gobelins, mais aussi des “bestioles” plus imposantes comme de gros démons, un loup-garou énorme, un orc cracheur de feu… Notre duo aura pour mission de “nettoyer” cinq stages : un village en proie aux flammes au début de l’aventure, suivi d’une forêt épaisse, d’une grotte profonde, d’un château lugubre… Tous ces endroits ont pour dénominateur commun une ambiance très sombre, bien évidemment ponctuée de situations très périlleuses.

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 03Comme je vous le disais, Nightmare Busters est avant tout un soft d’action / arcade, caractérisé par un rythme très très soutenu, ce qui le rapproche assez bien de jeux comme Super Turrican, Contra III ou encore Rendering Ranger R². Il peut être parcouru en solo (avec Flynn et son costume violet) ou en duo, simultanément (le second joueur prenant alors le contrôle de Floyd, tout de jaune vêtu). Pour venir à bout de leurs adversaires cauchemardesques, et bien qu’ils soient mini riquiqui, nos deux héros ont plus d’un tour dans leur sac, ou plutôt devrais-je dire “plus d’une carte dans leur jeu”, vu qu’ils sont experts en lancer de cartes à jouer ! Disponibles en quantité illimitée, ces cartes peuvent être lancées vers l’avant, vers le haut, et même vers le bas (à condition de sauter au préalable et d’appuyer sur la flèche “bas” de la croix directionnelle).

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 04Ce ne sont pas les seuls projectiles présents dans le jeu : des “upgrade” cachés dans des coffres, des tonneaux ou des caisses viendront augmenter la force de frappe de nos lutins. Le double tir, les cartes enflammées, les grosses boules d’énergie style DBZ sont autant d’armes redoutables qui viendront bien à point au coeur de la bagarre. Elles possèdent des différences bien marquées, notamment au niveau de la puissance et de la cadence de tir, les deux n’allant pas forcément de pair. Par exemple, les boules d’énergie ou le double tir sont puissants, mais comparés aux simples cartes, leur cadence de tir est moins élevée. En marge des cartes et autres projectiles, Flynn et Floyd pourront aussi utiliser de la magie. Particulièrement efficace contre les boss, elle est matérialisée par trois sorts : le tourbillon (une mini-tornade qui balaie tout l’écran), l’explosion (qui survient juste devant le perso) et le disque volant (qui se balade à travers tout l’écran, dans toutes les sens).

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 05Ces trois sorts ne pourront cependant pas être utilisés à volonté : le joueur en reçoit un certain nombre en début de partie, et chaque nouveau “crédit” utilisé en cas de Game Over n’en accorde à nouveau que quelques-uns de chaque. Pour se constituer un stock de sorts plus important, le joueur devra donc dénicher des items “magie”, dissimulés le plus souvent dans les caisses et autres coffres. Enfin, nos deux petits héros possèdent aussi un large éventail de mouvements : saut, glissade, possibilité de s’accrocher à bout de bras à des plates-formes… Ils pourront également “dasher”, à condition de “charger” le coup au préalable (une jauge est prévue à cet effet) et d’en avoir encore en réserve puisque, tout comme pour les sorts, le dash n’est disponible qu’en quantité limitée. Ce mouvement est surtout très utile pour foncer dans un groupe d’ennemis ou pour passer au travers d’une zone dangereuse (les exemples ne manquent pas : piques au sol, flammes bondissantes…) sans être blessé.

Conseil : avoir des nerfs d’acier

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 06La vie des lutins est symbolisée par deux petites barrettes de couleur rouge. Oui, vous avez bien lu : ils n’ont pas de jauge de vie. Juste deux petites barrettes de rien du tout… En étant touchés deux fois, ils perdent donc une vie sur le champ. Des potions, très fréquentes, sont heureusement présentes dans les coffres pour restaurer une barrette de vie éventuellement perdue. Mais même avec cette généreuse attention des développeurs, vous comprendrez que le soft annonce d’emblée la couleur : celle de la difficulté, voire même de la difficulté à outrance. Ce n’est en effet pas le seul élément qui rend l’expérience Nightmare Busters aussi amère. Déjà, du début à la fin du jeu, les ennemis attaquent en nombre et de manière incessante. Rester sur place pour espérer une accalmie est une très mauvaise idée, vu que le flot d’ennemis ne s’arrête que très rarement. Avancer encore et toujours est donc la seule issue possible pour espérer arriver au bout du stage.

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 07Ensuite, les éléments se déchaînent autour des petits héros, que ce soit sous la forme de poutres enflammées, de gros rochers, de boules de lave ou de pièges divers… Tous ces obstacles sont non seulement dangereux, mais surtout, à moins d’avoir des réflexes d’extra-terrestre, ils sont quasiment impossible à éviter. Enfin, certains passages plus délicats, parce que plus axés plate-forme et un peu plus techniques, sont difficiles à aborder à cause de la grande taille du sprite du perso qui, pour le coup, devient plutôt un inconvénient. Bref, des vies, on en perd, qu’on le veuille ou non. Et le mode 2 joueurs ne sera pas de trop pour faire passer la pilule et rendre Nightmare Busters un peu plus convivial, même si, dans ce cas précis, une bonne coordination sera indispensable entre les deux joueurs. La présence d’un gros sprite supplémentaire à l’écran (celui du second joueur) n’arrangera pas les choses en terme de lisibilité de l’action et de confort, mais c’est un moindre mal…

Réalisation “triple A”

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 08Nightmare Busters n’a jamais trouvé le chemin des rayons des grands magasins et autres boutiques spécialisées, mais il affiche pourtant une plastique peu commune qui le propulse directement parmi les plus beaux jeux de la Super NES. L’orientation artistique empruntée par le soft est très réussie, créant une ambiance particulière, unique, à la fois très sombre et très mature. Aucun détail ne semble avoir été laissé au hasard : de beaux gros sprites pour tous les intervenants, des décors magnifiques, des illustrations sympas entre chaque stage… Ce qui frappe aussi, dès les premières minutes de jeu, c’est le nombre important de sprites qui se bousculent ensemble à l’écran : des ennemis, des cartes lancées par le héros, différents items, des effets, des explosions… Tout va très vite et l’animation ne faiblit pas !

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 09Si on veut être un peu plus critique, on peut malgré tout épingler quelques petits détails pas forcément flatteurs, comme la lenteur toute relative du perso quand il se déplace (je chipote), le léger laps de temps qui s’écoule parfois entre le moment où il n’y a plus aucun ennemi à l’écran et celui où l’on peut accéder à la suite du niveau quand le mot “Go” s’affiche, ou encore, et là, on s’en serait bien passé, le “recyclage”, à la fin de l’aventure, des boss déjà vaincus. Mais ces quelques reproches ne pèsent pas très lourd face au reste de la fiche technique du jeu. S’il ne fallait vraiment retenir qu’un seul de ses défauts, ce serait à n’en pas douter sa trop grande difficulté. En l’état, Nightmare Busters est donc un soft très exigeant, mais aussi très bien réalisé, et le fait qu’il n’ait jamais été commercialisé en est d’autant plus regrettable.

Le mot de la fin

Nightmare Busters Super Nintendo screenshot 10Accompagner Flynn et Floyd dans leurs aventures est une expérience grisante qui fera fondre de bonheur n’importe quel fan de la Super NES. Nightmare Busters est très beau, et techniquement, il tutoie les meilleures réalisations de la console. Le plaisir de jeu est lui aussi bien palpable, avec une action très nerveuse et intense que seule une difficulté trop élevée vient quelque peu ternir. Et puis, il y a aussi (et surtout ?) le fait de se lancer dans un jeu inédit que peu de personnes connaissent et / ou ont eu l’occasion d’essayer. Avec du recul, on en vient même à se dire qu’avec toutes ses qualités et ses quelques menus défauts, le jeu d’Arcade Zone aurait probablement réalisé de bonnes ventes sur Super NES, allant chercher son public parmi les fans de jeux d’action et de baston. Si vous avez l’occasion de l’approcher (dans une manifestation retrogaming comme la future PGR 2012, ou d’ici quelques mois, chez un pote qui aurait commandé un exemplaire cartouche…), faites des pieds et des mains pour l’essayer. Il y a peu de chances que vous soyez déçu !

Note Finale
Technique – 9 /10

Nightmare Busters excelle sur bien des points et tutoie les meilleurs : des décors splendides, de gros sprites pour les persos et les ennemis, une animation rapide qui tient le cadence…

Musique – 7 /10

De qualité, les musiques se montrent finalement assez discrètes, ce qui est un “plus” quand on recommence plusieurs fois le même stage. Les bruitages sont nombreux et de bonne facture.

Gameplay – 6 /10

Si les différentes actions possibles sortent sans problème, c’est surtout la taille du sprite du perso qui pose problème, notamment dans les passages plus plate-forme…

Durée de vie – 8 /10

Méchamment difficile, le jeu d’Arcade Zone ne fait aucune concession : des pièges difficiles à éviter, des ennemis en nombre, et une gestion toute “personnelle” de la vie du héros.

Innovation – 7 /10

Doté d’une personnalité très forte, Nightmare Busters n’a que peu d’équivalent sur Super NES. Son univers unique et sa réalisation au top sont autant d’invitations à se lancer dans l’aventure.

En résumé
Nightmare Busters ressuscite et nous laisse goûter à sa plastique réussie et à son challenge corsé.
8
Très bon

Infos Pratiques
Développé par Arcade Zone
Édité par la Super Fighter Team (*)
Pas sorti au Japon (*)
Pas sorti aux USA (*)
Pas sorti en Europe (*)
action / arcade
1 à 2 joueurs
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
(*) D’abord pressenti pour une sortie en 1995/96, le jeu sera finalement distribué en 2013 sous forme de cartouche Super NES dézonée… mais à seulement 600 exemplaires.
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