le destin de la ville entre vos mains

Sim City

Bien connu des amateurs de gestion et de stratégie, Sim City est probablement l’un des titres à avoir connu le plus grand nombre d’adaptations et de portages… Très original pour l’époque, le titre de Maxis offre l’expérience toute originale d’incarner le maire d’une cité qui sera amenée à évoluer avec le temps. Rien n’est figé, en temps réel vous devrez présider à son développement!! Défi alléchant, vous dites?

Historique

Sim City Super Nintendo screenshot 01Afin de bien prendre conscience de l’instant, et avant même d’entamer notre sujet, je pense qu’un petit retour en arrière s’impose. Sim City est l’œuvre de Will Wright. Cet homme, actuellement sous le feu des projecteurs pour son travail sur Spore, tout juste sorti sur PC et DS, est également le père de la fameuse série Les Sims. Pas toujours mis en avant, Will Wright fait partie du cercle fermé des plus grands producteurs de jeu vidéo de tous les temps… Il pourrait être comparé, sur console, à un certain Miyamoto, papa de Mario et de Link. À la fin des années 1980, il fonde le studio américain Maxis, d’où sortiront quelques jeux anodins avant que le goût pour la réalisation de cartes urbaines prenne le pas sur l’action. De cet intérêt naquit Sim City sur PC en 1989.

Le jeu est pour l’époque tout particulièrement bien réalisé, proposant des innovations intéressantes en terme de gestion et de personnalisation. Le résultat est brillantissime: la critique adore, les joueurs sont vite conquis, scotchés par millions devant leur micro-ordinateur! En moins de deux ans, Sim City s’arrache à plusieurs millions d’exemplaires de par le monde.

Sim City Super Nintendo screenshot 02Parallèlement à cela, les consoles de jeu vidéo connaissent un essor sans précédent de par le monde. Le succès grandissant de la Super Famicom au Japon et de la Super NES aux Etats-Unis intéresse Will Wright, qui voit en elles un terrain d’exploration pour son travail. Dès lors, Maxis décide de tenter l’aventure console. Sim City débarque dans une première version sur Super Famicom à la fin de l’année 1991. Il faudra attendre le mois d’octobre 1993 pour le voir édité sur Super NES en France (l’attente fut longue pour les fans français puisque le jeu est déjà annoncé par Nintendo dès la sortie de la console, c’est-à-dire dès avril 1992).

Le défi est de taille pour Will Wright: adapter un soft développé et pensé pour le pc sur une console de salon n’est pas une chose aisée. Le territoire est alors totalement vierge. Plus tard, la console accueillera d’autres titres du genre issus du monde PC, tels que Utopia ou encore Civilization: les résultats ne seront pas de franches réussites, ce qui est triste au vu de la performance élevée offerte par l’édition console de Sim City!

Passion : urbaniste !

Passons maintenant au jeu lui-même! Vous l’avez compris, le soft est avant un jeu de gestion urbaine: mais comment cela se passe-t-il concrètement, est ce réellement ludique? L’heure de la dissection approche, je sors les scalpels et on y va!

Sim City Super Nintendo screenshot 03Vous vous retrouvez devant une vaste étendue de terre, vierge pour le moment de toute présence humaine. Vous savez dès lors que les moyens de modeler l’espace à votre guise sont présents: il va falloir être futé et persévérant! Au bout du chemin, vous obtiendrez la reconnaissance de toute une population: gloire, célébrité, les femmes, la totale! Pour l’attirer, vous devrez tout d’abord définir un périmètre d’habitation. Mais pour que celui-ci devienne attractif, il sera nécessaire d’établir un réseau de transport. Ceci fait, vous devrez relier l’ensemble à une centrale énergétique: à relier avec une ligne haute tension. Voilà, les bases de votre cité sont placées. La magie opère, les premiers habitants arrivent sur place et des constructions ont lieu sur les lopins de terres assignés.

Sim City Super Nintendo screenshot 04Mais vos futurs administrés ont besoin d’activité pour vivre: un endroit pour travailler, un autre pour s’approvisionner et dépenser leurs deniers. Pour se faire, vous placerez des zones industrielles et commerciales. Les besoins réels sont pris en compte par une sorte d’histogramme placé en haut à droite de votre écran: si un indicateur est positif, il faut prévoir plus de lopins, à l’inverse, s’il est négatif, il faudra songer à les réduire. Tout se fait en temps réel, chaque choix aura donc des conséquences plus ou moins immédiates sur le devenir de vos concitoyens. La croissance rapide du lieu dépendra donc d’un savant dosage, d’une répartition réfléchie de vos zones commerciales, résidentielles et industrielles sur place!

Sim City Super Nintendo screenshot 05Pour accroître le réalisme, différents critères sont pris en compte dans le jeu. Les activités de vos administrés auront un impact sur le territoire concerné, pas toujours positif d’ailleurs. On notera essentiellement la pollution et la sécurité de manière plus générale. Le «laisser faire» ne sera pas une option, si vous voulez prévenir, il faudra agir à la source. Notons par exemple que si une usine est bénéfique pour l’emploi, son impact sur l’environnement provoque «pollution» voire «smog»; l’incendie et la criminalité sont des risques importants: pour se défendre on construira des postes de police et des casernes de pompiers. Si vous n’agissez pas avant les ennuis, vos administrés prendront la poudre d’escampette, la population va chuter et la valeur foncière des terrains s’écroulera rapidement.

Chaque fin d’année, en tant que maire de la ville, vous déciderez du budget local. Vous décidez du taux d’imposition et répartissez les fonds disponibles selon bon vous semble (voirie, sécurité). Là encore, chacun de vos choix aura des incidences sur la vie locale. Ainsi vous remarquerez que le fait de baisser grandement le budget alloué aux forces de l’ordre aura pour conséquence l’augmentation de la criminalité.

Sim City Super Nintendo screenshot 06La version Super NES de Sim City bénéficie de l’ajout de quelques nouveautés. Les maires les plus méritants obtiennent des récompenses. Elles sont variées et sont obtenues en réalisant avec succès des tâches précises: vous pourrez embellir votre cité avec des parcs, valoriser vos échanges commerciaux en obtenant un centre de congrès, si vos écoles sont au top des bibliothèques seront disponibles. Ces récompenses sont intéressantes, si vous les placez de façon judicieuse elles augmenteront sensiblement la valeur foncière des zones de votre choix. On notera l’apparition de Bowser en tant que monstre, ou encore l’existence d’une carte «Marioland» à débloquer.

Des choix délicats

Sim City Super Nintendo screenshot 07Transposer un soft issu de l’univers PC sur console de jeu vidéo n’est pas un exercice facile. Techniquement, la Super NES s’en sort bien. On ne perçoit pas ou peu de bugs graphiques: pas de clignotement de sprite et l’animation est fluide même lorsque la cité est devenue une mégalopole. Le sérieux problème de Maxis fut de trouver un moyen de transcrire le gameplay PC sur ce nouveau standard. Comment passer du duo clavier-souris à l’utilisation stricte de la manette, et tout ça sans nuire à la jouabilité de la version originelle? Notons dès maintenant que le soft de Maxis n’est pas compatible avec la souris Nintendo…

Sim City Super Nintendo screenshot 08La croix de direction remplace le mulot pour se déplacer sur la carte et dans les menus. Là, c’est un peu le point noir du jeu: c’est lourd et pas suffisamment précis. Maxis se sauve toutefois en plaçant les raccourcis clavier de la version PC de façon intelligente et très pratique. Une pression sur «select» vous propose le choix des actions immédiates (genre choix zone industrielle), une seconde pression vous renvoie sur la carte avec votre construction prête à se placer. Une pression sur «start» vous envoie dans le menu des infos et des actions contextuelles (réglage du temps qui passe, choix de la catastrophe à mettre en scène). On n’est jamais perdu: tout est interactif et très rapide (vous l’avez compris, on est à des kilomètres de certaines versions PC où l’on devait attendre trois plombes que la cassette s’enroule). En cas de besoin, le professeur Wright (clin d’œil à qui vous savez) vient vous aider, proposant des conseils des plus avisés.

Sim City Super Nintendo screenshot 09Notre version Super NES se compose de trois modes différents, tous différents. On retrouvera, tout d’abord le classique «didacticiel»: sorte de mode «bac à sable» dans lequel vous apprendrez les bases du jeu. Le mode «nouvelle cité» constitue le plat principal: vous choisissez une map (parmi un bon millier disponibles), vous nommez la cité et choisissez le mode de difficulté (en fait de difficulté le choix n’affecte que l’étendue de vos finances de départ). Enfin le mode scénario viendra mettre vos capacités de maire à l’épreuve de différentes catastrophes: on y trouve un peu de tout, de l’incendie de forêt à l’invasion d’extraterrestres dans le Nevada! Autant dire que si vous accrochez au jeu, la durée de vie promet d’être assez élevée… À vrai dire, de mon côté, la magie opère toujours des années après.

En conclusion

Maxis nous livre ici une copie des plus intéressantes. Sim City offre une profondeur de jeu inégalée pour l’époque, l’univers est en perpétuel mouvement. Il y a toujours quelque chose à faire! Toutefois tout n’est pas positif, au regard d’une jouabilité limitée, la disparition du couple clavier-souris se ressent difficilement: la lenteur et l’inexactitude du curseur pouvant rebuter certains. Finalement, notre jeu s’apprécie bien rapidement et les défauts passent vite aux oubliettes. Profitez: l’essayer, c’est l’adopter!

Note Finale
Graphismes – 5 /10

Le soft est agréable à regarder, mais il faut reconnaître qu’il pourrait être plus soigné: minimum syndical pour de la Super NES!

Animations – 6 /10

Peu de choses négatives à signaler, le soft n’est que rarement pris à défaut: jamais de ralentissement et de clignotement de sprite!

Jouabilité – 7 /10

L’utilisation pénible de la croix de direction est largement compensée par l’utilisation de raccourcis judicieux, ouf!

Son – 7 /10

Les bruitages sont très limités et uniquement contextuels, les musiques sont reposantes: tout est fait pour faciliter la réflexion.

Fun – 9 /10

Très innovant en 1993 sur console, Sim City sait vite rendre le joueur accroc: un peu à l’image de Tetris quelques années plus tôt, il est difficile de lâcher son pad! Wright a bien fait les choses: jamais jeu de gestion ne fut plus simple d’utilisation et accessible au plus grand nombre. Bel exploit!

Durée de vie – 8 /10

La ville est en perpétuelle évolution, il y aura toujours quelque chose d’intéressant à faire. La présence des scénarios et des bâtiments bonus permettent d’allonger quelque peu la durée de vie du soft de Maxis.

En résumé
Et encore un jeu issu du monde PC ! Le contenu est à la hauteur de la licence, mais l’absence du duo clavier / souris se fait sentir.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Maxis
Édité par Nintendo
Sorti le 26.04.1991 (Japon)
Sorti le 24.09.1992 (Europe)
Sorti en 08.1991 (USA)
gestion / simulation
1 seul joueur
Cartouche de 4Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe aussi sur PC, etc.
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