Spleeeeeennndddiiiiiide ?

The Mask

Si Jim Carrey est un acteur aux multiples facettes, capable de jongler entre rôles très légers et plus graves, il excelle dans les comédies déjantées où son talent de comique, unique et très visuel, peut s’exprimer pleinement. Au box office, ce sont d’ailleurs surtout ces dernières qui cartonnent, le grand public se bornant à associer l’acteur à des rôles que lui seul peut endosser.

The Mask Super Nintendo screenshot 01D’une certaine manière, on peut difficilement en vouloir aux spectateurs : en 1994, année de la consécration pour Jim Carrey, les trois grosses comédies que sont Ace Ventura, Dumb and Dumber et – surtout – The Mask ont fini de le cataloguer dans la case “acteur comique”. Tiré d’une bande dessinée publiée chez Dark Horse Comics, The Mask a très bien marché dans les salles, et le retrouver par la suite sous forme de jeu vidéo n’était qu’une simple question de temps. Il faudra finalement une petite année à Black Pearl Software pour transposer les folles aventures de Stanley Ipkiss, alias “The Mask”, en jeu vidéo. Un délai suffisant pour reproduire la douce folie du film original ? C’est ce que nous allons voir ensemble…

La star de The Mask ? C’est The Mask !

The Mask Super Nintendo screenshot 02Sans grande surprise, The Mask suit les grandes tendances de son époque et se transforme en jeu d’action / plate-forme plutôt classique, dont les différents niveaux sont inspirés du film, avec une grande attention portée au personnage verdâtre et fantasque, incarné cette fois par le joueur. Le déroulement du jeu ne suit pas vraiment celui du film, mais son objectif reste inchangé : comme dans le long métrage, Stanley doit mettre en échec le gangster Dorian Tyrell qui, tel le Petit Poucet, abandonne derrière lui des liasses de billets verts. Tyrell veut absolument s’emparer des puissants pouvoirs procurés par le masque de Loki, dieu des ténèbres. Il a d’ailleurs kidnappé la belle Tina, chère au coeur de Stanley, et ne compte la libérer qu’en échange du précieux accessoire. Vous remarquerez au passage que la vie ennuyeuse du banquier Ipkiss, timide et malchanceux, qui a pour seuls amis son Jack Russell Milo et son collègue Charlie, est complètement passée sous silence, et seul son alter-ego masqué et très désinhibé a été conservé pour le jeu.

The Mask Super Nintendo screenshot 03Pour être tout à fait exact, on aperçoit bien Stanley dans sa forme “humaine”, sans le masque et en pyjama, pendant un bref instant, quand The Mask a perdu tous ses points de vie. Mais ce n’est qu’un détail qui n’apporte rien au jeu… Très “nombriliste”, le titre compte beaucoup sur son héros pour emporter l’adhésion du joueur. Notre comique de service est en effet doté de nombreuses actions et mouvements, tous tirés du film : frapper avec un maillet (pour exploser ces satanés réveils, ou pour frapper le sol à certains endroits plus fragiles, afin de libérer un passage), faire la toupie (comme Taz, le diable de Tasmanie), dégainer une pelletée de flingues énormes comme dans la scène finale du film (ce qui permet, ici, de supprimer tous les ennemis visibles à l’écran), utiliser un klaxon énorme (pour atteindre un ennemi en gardant ses distances), frapper avec des gants de boxe (son attaque “de base”), marcher à pas feutrés (utile pour ne pas attirer l’attention de certains ennemis) ou au contraire courir, faire des bonds énormes… et même passer dans des bouches d’aération et autres endroits très étroits !

The Mask Super Nintendo screenshot 04Les différentes actions spéciales s’exécutent en utilisant le pouvoir “Morph” du personnage. Son principe est simple : à chaque action réalisée, le compteur de points Morph situé dans le coin inférieur gauche de l’écran diminue. Si il descend trop bas, The Mask ne peut alors plus compter que sur ses mouvements basiques (coups de poing, saut normal…), et il faut attendre que le compteur récupère lentement de précieux points pour pouvoir à nouveau utiliser les coups spéciaux. Pour mémoire, un mécanisme similaire, et plutôt efficace, avait déjà été observé dans Earthworm Jim pour la gestion des munitions, ce qui poussait le joueur à ne pas faire n’importe quoi avec son arme. Le but est ici le même, et il vaudra d’ailleurs mieux se présenter devant un boss avec un compteur Morph affichant un gros chiffre pour espérer s’en sortir.

The Mask Super Nintendo screenshot 05Bien évidemment, les développeurs ont tout prévu et des items portant la lettre M sont aussi présents un peu partout dans les niveaux : ils rechargent le fameux compteur, mais comme ils sont plutôt rares, on essayera de ne pas abuser des coups spéciaux et de jouer la carte de la parcimonie. Milo, le petit chien nerveux de Stanley, est aussi présent dans le jeu (une seule fois par niveau, il porte lui aussi un masque), mais si vous le croisez, c’est que c’est un peu votre jour de chance ! Non seulement, il se cache très bien (d’où la difficulté de mettre la main dessus), mais en plus, il rebooste la vie de The Mask à son maximum. En temps normal par contre, il faudra tout simplement récolter des coeurs verts pour que l’énergie du héros (elle aussi exprimée en points) reprenne quelque peu des couleurs.

Petite virée en ville

The Mask Super Nintendo screenshot 06Contrairement à de nombreuses adaptations de film, The Mask peut compter sur une architecture des niveaux plutôt originale, qui s’apparente à chaque fois à celle d’un petit labyrinthe dont le parcours n’est pas linéaire ou constamment orienté de la gauche vers la droite de l’écran. Notre héros a la faculté d’emprunter les ascenseurs, de se glisser dans les conduits d’aération… et il ne s’en prive pas ! D’ailleurs, pour le joueur, fureter un peu partout est même recommandé si il veut mettre la main sur les quelques bonus planqués un peu partout (liasses de billets, points de vie, 1UP…), sur les “checkpoints” symbolisés par le chapeau jaune du héros ou sur l’ami Milo évoqué plus haut. Fureter, on le fait volontiers, tant les différents lieux sont plutôt bien construits, assez jolis, mais sans grande personnalité, comme si ils se faisaient volontairement discrets pour mettre encore un peu plus le héros en valeur.

The Mask Super Nintendo screenshot 07Le point de départ du jeu est l’immeuble très mal fréquenté de Stanley, gardé par une concierge teigneuse qui tire à vue avec sa carabine. The Mask se baladera ensuite à l’extérieur, sur les toits des immeubles, à l’intérieur de la banque, dans le parc, la prison, les égouts de la ville… pour finir son périple au dancing Coco Bongo, lieu de l’affrontement final contre son double maléfique : Dorian, qui lui aussi porte un masque. Colorés et suffisamment fins, les graphismes du jeu ont une connotation très “comics”, sans en faire des tonnes. Dans l’ensemble, les niveaux sont assez vastes, même si certains sont plus vite survolés que d’autres. Les musiques parviennent à reproduire les différentes ambiances du film, rumba endiablée incluse ! L’harmonie n’est pas toujours au rendez-vous (certaines compositions portent vite sur les nerfs, notamment celle qui accompagne l’affrontement final contre Dorian), mais le gros de la bande-son remplit ses objectifs sans trop forcer.

The Mask Super Nintendo screenshot 08Finalement, ce qui impressionne le plus, dès les premières minutes du jeu, c’est l’animation impeccable de The Mask : on y retrouve toute la gestuelle de Jim Carrey (sa démarche, ses mimiques, ses poses loufoques…) qui, il faut bien le dire, représente du pain béni pour une adaptation en jeu vidéo. Pour les ennemis, le tableau est moins flatteur puisqu’ils ont clairement des étapes d’animation en moins. Très peu nombreux ni très variés, ils ont tous le même gabarit et ne sont pas originaux pour un sou. Certains viennent directement au contact du héros, alors que d’autres misent plus sur la surprise (d’où l’intérêt pour notre héros de parfois marcher à pas feutrés). Mais bon, vu que dans un cas comme dans l’autre, ils ne servent que de punchingball, ces lacunes ne constituent pas un drame non plus… La prise en main du héros est simple et on mémorise très vite les différentes actions possibles. La difficulté du soft n’est donc pas à chercher du côté du maniement du perso, mais plutôt dans l’endurance des boss. The Mask fait le grand écart entre, d’un côté, des ennemis “simples” qui n’offrent que peu de résistance, et de l’autre, des boss coriaces assez “chiants” où affrontement rime avec détection des coups pas super précise.

Le mot de la fin

The Mask Super Nintendo screenshot 09Les enfants et la grande majorité des adultes ont adoré The Mask lors de sa sortie dans les salles de cinéma, et à part quelques grincheux qui ne supportaient pas les gesticulations de Jim Carrey, les acheteurs potentiels du jeu étaient donc nombreux. On peut dire aujourd’hui que ceux qui ont acheté le jeu à l’époque n’ont pas été roulés : le jeu vidéo fait mieux que la plupart des adaptations ciné, grâce notamment à un personnage central dont les animations font mouche et à des niveaux non linéaires qui poussent le joueur à l’exploration. Mais dans le même temps, The Mask n’est pas parfait, avec ses rencontres brouillonnes contre les boss (en cause, une détection des coups pas franchement optimale), son faible nombre d’ennemis et quelques passages “chauds” où la précision est de mise pour les sauts. De quoi l’empêcher de briller aux côtés d’un Batman Returns et de quelques autres en somme, tout en restant malgré tout un divertissement fort recommandable. Ce qui n’est déjà pas si mal…

Note Finale
Technique – 7 /10

Sans gros défauts, mais sans grande personnalité non plus, la réalisation de The Mask capitalise beaucoup sur son perso principal, avec une animation soignée et des décors “cartoons” qui le mettent encore plus en valeur.

Musique – 6 /10

La rumba endiablée du film est bien entendu présente, et le reste de la bande-son est plutôt plaisant, sans toutefois éviter le piège de “la compo qui porte vite sur les nerfs” (notamment pour la scène finale du jeu).

Gameplay – 7 /10

The Mask possède une palette de coups et mouvements importante. On s’y retrouve sans problème, même si tous les boutons du pad sont utilisés. Dommage qu’il y ait une telle différence de difficulté entre simples ennemis et boss.

Durée de vie – 6 /10

Le soft ne compte que sept niveaux. D’une longueur raisonnable, certains sont vite expédiés alors qu’autres portent bien leur surnom de labyrinthe (surtout le niveau des égouts…).

Innovation – 5 /10

Eeeuuuhhh… Une progression non-linéaire dans les niveaux (merci les bouches d’aérations et autres), une belle brochette de coups différents (merci le film), et pour le reste, de la bonne action / plate-forme des familles.

En résumé
Une adaptation ciné dont la qualité est au-dessus de la moyenne, sans pour autant être parfaite.
6
Honnête

Infos Pratiques
Développé par Black Pearl Software
Édité par Black Pearl Software
Sorti le 27.12.1996 (Japon) (*)
Sorti en 10.1995 (USA)
Sorti le 26.10.1995 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
(*) au Japon, le jeu a été édité par Virgin Interactive
Encore + d’images
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