conversion à l'arrache

Thunder Spirits

Souvenez-vous, en 1990, Technosoft a surpris tout le monde avec son Thunder Force III qui faisait l’unanimité et offrait le meilleur shoot de la console jusqu’à l’arrivée de Thunder Force IV. Il créa un tel engouement parmi les fans de shoot, que le jeu est sorti sur Arcade sous le nom de Thunder Force AC, et sur Super Nintendo, dans une version modifiée que nous allons voir ici.

Thunder Spirits screenshot 01S’il tient de la prouesse technique et qu’il a fédéré beaucoup d’amateurs de ce type de jeux (moi ?), Thunder Force III restait avant tout un jeu Mega Drive avec beaucoup de qualités, mais aussi des défauts comme des bugs visuels (rares mais présents), des bruitages pas terribles, des graphismes ternes par endroits et quelques manques comme une intro. Ainsi, lorsque Technosoft a dévoilé vouloir porter le jeu sur Super Nintendo, on s’est tous dit qu’on allait avoir une version fantastique de ce hit, une version ultime qui allait tout écraser. Car si la Super Nintendo n’est pas plus puissante que la Mega Drive, elle a par contre une palette de couleurs bien plus étoffée (c’est ce qui rend la plupart des jeux plus beaux sur ce support) et une qualité de son qu’on ne peut obtenir sur sa concurrente, la faute à un DSP franchement vétuste.

Où qu’il est passé le menu Options ?

Thunder Spirits screenshot 02On lance donc le jeu (qui est quand même assez rare, même en version US) et première déception, il n’y a toujours pas d’intro. Dommage, on était en droit de rêver étant donné que la cartouche est passée de 4 à 8Mb, on se demande alors ce qu’ils ont fait des données. On presse Start et c’est la première gifle, le rapid-fire a disparu ! Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ! Obligé de presser frénétiquement le bouton de tir (B en plus, c’est vachement pratique…), ce qui rend le jeu extrêmement difficile et ne rend pas les sensations d’autrefois. Si on cherche sur le Net, on découvre qu’en fait, le menu d’options est comme sur Mega Drive, c’est-à-dire caché (il faut faire L+Select+Start à l’écran-titre). Là, on peut changer sa config (ouf !), activer le rapid-fire (de toute façon, je ne vois pourquoi il est originellement inactif, étant donné que sur Mega Drive, on ne cherche pas à nous embrouiller avec ça) et choisir son niveau de difficulté.

Thunder Spirits screenshot 03Si on perd le Sound Test (ce qui est vraiment dommage), on gagne par contre deux niveaux de difficulté supplémentaires, Easy et Maniac. On relance donc son jeu et on s’aperçoit que tout à l’heure, ce n’est pas en pressant Start qu’on avait zappé la sélection des niveaux, c’est qu’en fait elle n’existe simplement plus ! Encore une belle nouveauté dont on se serait passé. Toujours en surnombre, les ennemis arrivent sans cesse pour ne laisser aucun moment de répit (quoique en Easy, il y a quelques moments creux). Huit niveaux n’attendent que vous, avec à chaque fois, un boss de mi-level énorme (mais ce n’est rien en comparaison de celui qui vous attend en bout de parcours). Évidemment, on retrouve la panoplie classique des items qui vont bien : bouclier de protection (supporte trois chocs à votre place), vie supplémentaire et les fameux drones rotatifs, qui démultiplient votre puissance de feu et vous protègent en “absorbant” certains tirs ennemis. Thunder Spirits apporte aussi quelques innovations à commencer par le choix de la vitesse.

Thunder Spirits screenshot 04Sous quatre paliers, on peut enfin choisir entre un chip qui trace à mort ou un contrôle plus précis. Je trouve le concept plus innovant et surtout moins pénible que celui d’un R-Type ou d’un Gradius où il faut récupérer un item pour avoir une vitesse de déplacement décente (en plus, j’ai toujours trouvé ça débile, et le pire, c’est que ça sévit encore de nos jours). Avec ça, notre appareil seul contre tous, dernier espoir de l’humanité, blablabla… (ça va, on connait la chanson) possède sa propre panoplie d’armes. Il faut bien sûr récupérer l’item adéquat en plein jeu (parfois en prenant des risques), pour obtenir une puissance de feu accrue. Seules les deux premières armes de base sont upgradables (d’un blaster, on passe à un puissant laser) sinon on obtient des missiles air-sol, le wave de flammes et notre préféré d’entre tous, le hunter (à têtes-chercheuses, avec lui, on est plus sûr de s’en sortir). Il aurait été sympa d’avoir une nouvelle arme, étant donné que cette version arrive un an plus tard, mais bon…

Au menu de ce Thunder Spirits…

Thunder Spirits screenshot 05Un poil plus difficile que sur Mega Drive sans être vraiment horrible, avec les bonnes armes (hunter ?) et en connaissant un peu le jeu, en Easy, on arrive à le finir sans trop de problèmes. Si on n’a pas d’intro, on a quand même une sympathique fin, où on découvre Gene et Sherry (eh oui, ils ont changé de nom au passage), les deux pilotes du vaisseau prodige (eh bé oui, prodige, car aller affronter seul toute une armada alien, quand la flotte humaine attend tranquillement dans son coin, moi je dis prodige… ou bonne poire, ça marche aussi). D’ailleurs, les images de fin sont nouvelles et plus jolies que sur Mega Drive (c’était pas dur). Jusqu’à aujourd’hui, je ne comprenais pas pourquoi Thunder Spirits ne s’appelait pas tout simplement Thunder Force III ou Super Thunder Force (sur Super NES, ils adoraient coller le préfixe “super” à presque tous les jeux). Eh bien ça y est, j’ai pigé, c’est simplement parce que ce n’est pas le même jeu ! Adapté de Thunder Force AC (la version Arcade) au lieu du Thunder Force III originel, nous avons seulement ses trois premiers niveaux, puis ensuite les levels sont nouveaux.

Thunder Spirits screenshot 06Enfin nouveaux… ils sont plus ou moins adaptés des phases de profil de Thunder Force II (il y en a d’autres plus originaux, ou encore le dernier qui semble être une version remaniée de celui de Thunder Force III). Ça vous la coupe hein ? Eh bien, moi aussi, je suis resté hébété devant ça. Pourquoi avoir fait ça, dans quel intérêt ? Proposer un jeu plus long, plus complet ? Penses-tu, on a huit levels comme d’habitude et les cinq qu’on ne connaissait pas sont affreusement moches ! Du coup, les manques se font vite sentir : plus de level caverne, plus de level de glace, bref c’est plus vraiment Thunder Force III ! Généralement vides, peu colorés, les niveaux de Thunder Force II sont dépassés visuellement, et en plus, ils nous les ressortent tel quel.

Thunder Spirits screenshot 07C’est d’ailleurs une critique majeure du jeu : rien n’a été revu. Étant donné les performances de la console en matière de coloration, on était en droit d’avoir des environnements remaniés. C’est beau de rêver non ? Donc, le jeu est toujours aussi fade, avec l’étrange impression qu’il est plus sombre et plus pixelisé. Pire : les effets comme la superbe distorsion du niveau 2, ne sont pas mieux fait ici. Non, je dirais même que la Super Nintendo n’y change absolument rien, et même que là aussi, ça pixellise légèrement plus. Et pour ce qui est des cinq levels pseudo-inédits, ne cherchez aucune prouesse, c’est vide, terne et sans aucun effet graphique. À croire que la Super NES a fait un bon en arrière. Mais il y a pire que tout ça réuni, la cerise sur le gâteau, la goutte qui fait déborder le vase, le divin sacrement : le framerate est tout pourri !

Thunder Spirits screenshot 08Sucrerie finale pour nous gâcher une journée pourtant bien commencée, le jeu est super buggé. En fait non, il ne bugge pas… sauf quand on tire… c’est-à-dire tout le temps. Elle est bonne celle-là hein ? Et avec ça, on conserve tous les effets pas terribles de la version d’origine avec des explosions moches, des clignotements à foison, de gros ralentissements… encore que les ralentissements rendent service. Mais si, lorsqu’on passe un boss un peu chaud, c’est pratique d’avoir un pseudo-slow-motion non ? Vous vous rappelez, cette fonction qui mettait la pause toutes les demi-secondes pour ralentir le temps (on avait ça sur certains pads évolués) ? Et bé voilà, pareil, sauf qu’ici on ne peut pas enlever la fonction, elle est imposée. Et c’est pire encore au niveau 2, ou lorsqu’on utilise le hunter. Quel bonheur cette version !

Un shoot qui connaît – plus ou moins – ses gammes…

Thunder Spirits screenshot 09Bon trêve de moqueries et de déceptions (car le jeu les accumule depuis un moment déjà), s’il y a un sujet que la Super Nintendo maîtrise bien, c’est le son. On le sait, la console a un puissant DSP développé par Sony (à l’époque, ils n’étaient pas encore concurrents), qui permet d’obtenir les meilleures sonorités. Et c’est vrai que la qualité est encore meilleure que sur Mega Drive, avec par exemple des voix digits qui ne coupent plus la musique. Malheureusement, qualité ou pas, une fois passées dans le synthétiseur de la Super NES (qui fait un son bien particulier), les musiques n’ont plus le même charme. Les trois premières restent superbes, c’est pas la question, mais je sais pas, avec les sonorités de la console de Nintendo, ça colle pas génial. N’empêche que les compositions sont toujours meilleures que sur la suite du jeu. Si on retrouve des musiques qu’on n’entendra que dans Thunder Force IV (les fameux Omake), on regrette de ne pas avoir droit aux meilleurs morceaux de Thunder Force II.

Thunder Spirits screenshot 10Quitte à piquer les levels, autant reprendre aussi ce qu’il y a de meilleur. D’ailleurs, d’une façon générale, une fois la moitié du jeu passée, les musiques dégringolent en terme de mélodies, faisant de Thunder Spirits un portage raté. Oui, raté, car même les bruitages sont repris de la Mega Drive et ils auraient pu faire l’effort de modifier ça… Au moins ça. À la place, Seika (responsable de cette adaptation) apporte d’autres modifs, largement plus discutables : un rapid-fire à activer, de nouveaux levels tout moisis… Et la conversion est vraiment fainéante puisqu’on a pas de nouveaux graphismes (même pas une recoloration des niveaux connus), pas de nouveaux effets, pas de nouvelles super musiques (ce serait même le contraire), bref un portage fait à l’arrache.

Thunder Spirits screenshot 11Et si encore le jeu était fluide, sans reproche, je dis pas. Mais il ne faut pas trop compter là-dessus, puisque le jeu saccade en permanence (et je mâche mes mots), quand il ne s’accompagne pas de gros ralentissements et d’effacements complets de sprites. La grande classe ! Alors croyez-moi, après avoir vu des jeux aussi puissants et impressionnants que Super Aleste et Axelay, on était en droit d’avoir mieux. Ce qui aurait pu être une version ultime du superbe Thunder Force III est une conversion faite à l’arrache de Thunder Force AC. Bien sûr, le jeu reste marrant, mais il a perdu toute sa magie et toute son ambiance. Un conseil : restez sur le jeu Mega Drive, sinon vous risquez d’être déçu autant que je le suis.

Note Finale
Technique – 3 /10

Rien n’a été remanié pour cette sortie Super NES : le jeu est toujours aussi fade, sombre et pixelisé. Pire : les effets ne sont pas mieux faits que sur Mega Drive, et le framerate est tout pourri !

Musique – 7 /10

La qualité sonore est meilleure, comparé à la Mega Drive, et les voix digits ne coupent plus la musique. Par contre, passées dans le synthé de la Super NES, les musiques n’ont plus le même charme.

Gameplay – 6 /10

Rien que du très classique, avec les items habituels (tirs différents, drones rotatifs…), mais un menu Options caché avec rapid-fire et réglage de la difficulté.

Durée de vie – 6 /10

En mode Easy, et avec les bonnes armes, on peut finir Thunder Spirits sans trop de problèmes. Mais de manière plus globale, cette version Super NES est un peu plus difficile que la version Mega Drive.

Innovation – 4 /10

Si les trois premiers niveaux viennent de Thunder Force AC, les autres sont “inédits” (entre guillemets, parce que fortement inspirés de Thunder Force II). Niveau créativité, on a fait mieux…

En résumé
Cette conversion de Thunder Force AC reste amusante, mais croule sous les pépins techniques et de contenu.
6
Honnête

Infos Pratiques
Développé par Seika Corp.
Édité par Seika Corp.
Sorti le 27.12.1991 (Japon)
Sorti en 06.1992 (USA)
Pas sorti en Europe
shoot’em up
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi sur Mega Drive, Saturn, arcade…
Encore + d’images
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Crédits
Version originale du test sur GravitorBox.
Repris sur la MdP avec l'autorisation de iiYama.
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