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Rolling Thunder 3

Les séries de jeux vidéo, c’est bien quand c’est simple… C’est-à-dire presque jamais. Prenez Rolling Thunder 1 et 2, deux jeux d’arcade développés par Namco qui mettent en scène des agents secrets : rien de compliqué jusque-là… sauf qu’est ensuite arrivé le troisième opus, réalisé cette fois par Now Production, exclusif à la Genesis, et comptant plus de morts et d’explosions qu’un volet de Die Hard ! Autant dire qu’il était bien parti pour détonner dans la trilogie…

Comme on se retrouve !

Rolling Thunder 3 (screenshot 01)S’il y a généralement de quoi s’inquiéter quand un grand nom refile le bébé à un développeur tiers, le parcours commun des deux firmes incite ici à l’optimisme : pour avoir travaillé sur plusieurs licences emblématiques de Namco (Dig Dug et Pac-Panic sur Game Boy, Pac-Attack sur Game Gear, et plus tard, deux volumes des Namco Museum pour la Playstation), le développeur nippon est un habitué de la maison. Le géant de Ôta, pour sa part, a édité de nombreuses créations de Now Production, à commencer par la toute première, Metro-Cross, en 1986. Surtout, il y a l’antécédent Splatterhouse, dont le cheminement était très similaire : après un premier volet devenu populaire grâce à l’arcade, la licence circule entre les mêmes mains en vue de deux épisodes exclusifs à la Mega Drive. Résultat des courses : deux excellents beat’em all, qui comptent parmi les meilleurs de la console grâce à une recette de base subtilement retravaillée. Pour ce Rolling Thunder 3, un dépoussiérage des mécaniques un peu grippées de la série n’est donc pas à exclure…

Rolling Thunder 3 (screenshot 02)La grande lessive est en fait lancée dès l’introduction : exit les agents Albatross et Leila, officiellement encore aux trousses de Gimdo, et place à Jay, seul agent disponible pour contrer la menace terroriste ! Cet unique héros (même si la belle Ellen, qui assure habituellement le contact radio, peut également être incarnée grâce à un code) implique de facto la disparition du mode 2 joueurs, et c’est donc en solitaire que l’éphèbe doit se lancer à la poursuite de Dread, second en chef du groupuscule Geldra. L’adversité rencontrée, pour sa part, n’a pas beaucoup changé : les ennemis avancent toujours masqués et affublés de leurs costumes criards, et les prendre au sérieux n’est pas chose aisée. Le second degré est tout de même moins évident que par le passé, et l’intrigue ne vole toujours pas haut : de la raffinerie de pétrole californienne jusqu’au repaire très “draculesque” du vilain, tout ne reste évidemment prétexte qu’à de la castagne en règle.

Un sacré Bond en avant

Rolling Thunder 3 (screenshot 03)Pour se faciliter la tâche, il est désormais possible, au début de chaque niveau, de choisir une arme secondaire en complément du traditionnel pistolet : grenade, bazooka, lance-flammes… Un véritable arsenal est à disposition. Impossible cependant, comme on le fait tous dès que l’occasion se présente, d’abuser du shotgun ou du fusil d’assaut : chaque item utilisé dans un stage deviendra ensuite définitivement indisponible ! Il convient donc de réserver l’artillerie lourde aux niveaux conclus par des boss, l’arme de poing remplissant très bien son office contre le menu fretin (à nouveau régi par un “code couleur” : une balle pour tuer les ennemis bleus, deux pour les verts, etc.). Le fonctionnement du revolver n’a d’ailleurs guère changé : ses munitions restent limitées sans l’être vraiment, des “balles de secours”, nettement plus lentes, prenant le relais une fois le compteur à zéro. Comme à l’accoutumée, des recharges peuvent être trouvées derrière les portes de certains bâtiments, de même que des vies supplémentaires et des soins.

Rolling Thunder 3 (screenshot 04)À l’image de cet équipement de soutien, Now Production a truffé le jeu d’éléments qui rendent la marche en avant bien moins frustrante que par le passé. Certains ennemis pouvaient tuer en un seul coup ? Plus maintenant, puisque Jay dispose de trois points de vie par défaut et ne peut en perdre plus de deux simultanément. Le système de check-point obligeait parfois à refaire des passages délicats ? Terminé : le joueur reprend désormais à l’endroit même où il a échoué. La présence de mots de passe entre chaque niveau ayant en outre été conservée, de même que le Game Over grand seigneur qui permet de reprendre directement au niveau fatal, Rolling Thunder 3 s’avère très accessible ; avant la huitième zone, qui voit les grenadiers et les oiseaux de proie commencer à proliférer, seuls les boss viennent poser de légers problèmes, le temps de décrypter leur fonctionnement.

Motos chocs et moto-cross

Rolling Thunder 3 (screenshot 05)Les plus aguerris peuvent de toute façon renforcer l’opposition en passant la difficulté en Hard, ce qui permet finalement à tous les types de joueurs d’y trouver leur compte. Il faut ajouter que les aptitudes de Jay ne sont pas non plus étrangères à cette progression simplifiée : révolu, le temps des agents incapables de tirer vers le haut et de faire feu en sautant ! La progression s’articulant souvent sur deux niveaux de hauteur, avec les ennemis en surplomb, il était grand temps de changer l’instructeur pour enfin apprendre ces deux mouvements basiques… Du tout bon, donc. Couplées à une réalisation enfin à la hauteur du support, avec des sprites détaillés et une action très fluide, tous ces aménagements plus ou moins subtils amènent à un jeu riche, nerveux, et en même temps très respectueux des bases que ses prédécesseurs avaient tenté de poser avec un relatif succès.

Rolling Thunder 3 (screenshot 06)Histoire de briser la répétitivité de l’action (réelle mais peu marquante grâce aux niveaux très courts), certaines séquences jouent la carte… routière. On trouve ainsi deux phases en véhicule, l’une en moto, l’autre en hors-bord : l’objectif reste de dézinguer de la brute, mais cette fois en dirigeant son véhicule sur deux plans pour éviter les collisions et les ennemis venant de l’arrière. L’effort est à saluer, mais ces scènes, beaucoup trop faciles et chiches en ripostes, n’apportent en fait pas grand-chose et se plient très vite. Le neuvième niveau, à bord d’un avion de ligne, est une idée plus intéressante avec sa notion de timing : afin de progresser, le joueur doit se mettre à couvert derrière les sièges situés à l’arrière-plan, et jaillir au bon moment pour neutraliser les terroristes qui entravent sa course vers le cockpit. De quoi enrichir encore un bilan déjà plus que positif, mais aussi une occasion de souffler avant un dernier round éprouvant !

Le mot de la fin

Rolling Thunder 3 (screenshot 07)La série aura attendu son chant du cygne pour réellement prendre son envol, mais le décollage est spectaculaire ! Désormais affranchi des archaïsmes et nombreuses lourdeurs de ses prédécesseurs, Rolling Thunder 3 brille par son rythme soutenu et se montre difficile à prendre en défaut : peu de jeux d’action de l’époque présentaient un tel équilibre dans leur difficulté, et aujourd’hui encore, le titre reste très plaisant à parcourir. Quelle qu’en soit la raison, il est d’ailleurs dommage que la Console Virtuelle de la Wii n’ait intégré que le deuxième volet à son catalogue : Jay et Ellen avaient nettement plus de chances de réussir une opération séduction que leurs besogneux confrères, sans compter que l’occasion était belle de les faire enfin voyager hors de l’Amérique… Ah, les mystères d’État !

Note Finale
Technique – 8 /10

Rolling Thunder 3 est graphiquement très convaincant, avec des décors riches et variés, et un style très homogène. Surtout, l’animation est de belle facture et contribue au dynamisme de la progression par sa fluidité.

Musique – 7,5 /10

Un peu moins en vue que par le passé, la bande-son reste travaillée et son côté plus feutré s’avère assez plaisant. Les bruitages ont pour leur part nettement progressé, et s’intègrent bien mieux à l’action que par le passé.

Gameplay – 8 /10

La jouabilité ne s’encombre toujours pas de fioritures, et c’est tant mieux. Les nouveautés sont peu nombreuses mais apportent beaucoup en terme d’ergonomie, et Jay répond au doigt et à l’oeil. Du shoot simple et rythmé : la recette reste d’une efficacité imparable.

Durée de vie – 6,5 /10

Quelques niveaux supplémentaires n’auraient pas été un luxe, le jeu se traversant à la vitesse du tonnerre ou presque. Terminer le mode Hard n’est cependant pas chose aisée, et on y revient de temps à autre avec plaisir.

En résumé
Meilleur épisode de la trilogie, Rolling Thunder 3 est brillant et spectaculaire.
8
Très bon !

Infos Pratiques
Développé par Now Production
Édité par Namco
Sorti le 19.05.1993 (USA)
Pas sorti au Japon
Pas sorti en Europe
run’n gun
1 seul joueur
Cartouche de 12Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe sur rien d’autre
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