culte, et le mot est faible

Chrono Trigger

Chrono Trigger: nom d’une relique faisant frémir de nostalgie tout bon possesseur d’une Super Famicom. Ce RPG culte a «juste» le prestige d’être le meilleur RPG de la console du plombier aux côtés de Final Fantasy VI, voire un des meilleurs RPG tout court… Explication.

Genèse du hit

Chrono Trigger Super NES (screenshot 01)Nous sommes en 1995 : la Super NES vit ses derniers jours. Si tout le monde pense connaître la perfection du genre en Final Fantasy VI, SquareSoft nous montre qu’il a plus d’un tour dans son sac et décide de nous en mettre plein les mirettes. La boîte nous sort donc Chrono Trigger, jeu sonnant le glas de la console (enfin pas tout à fait vu que la console s’est vu attribuer des titres jusqu’en 2000) mais réunissant également 4 divinités: Sakaguchi (papa des Final Fantasy entre autres), Uematsu (célèbre compositeur des Final Fantasy et autres RPG cultes), Horii (créateur des DraQue) et Toriyama (designer des DraQue et créateur des Dragon Ball). À partir de là, on peut s’attendre à une bombe. Si vous saviez…

Départ classique pour un voyage unique

Chrono Trigger Super NES (screenshot 02)Comme tout bon RPG de l’époque, le début du jeu est plus que classique. Vous êtes Crono, jeune homme fougueux et insouciant. Votre douce et bienveillante mère vous réveille, vous rappelant l’événement du jour: la fête millénaire. Sur les lieux, le héros fait la connaissance de Marle, jeune fille assez survoltée. Ensemble, ils décident de poursuivre leur visite. Passant de combat d’entraînement à concours de bières, le duo arrive au stand de la création de Lucca, amie d’enfance de Crono. Celle-ci prétend avoir mis au point un système de téléportation. Cependant, elle a besoin de volontaires. Devant le mutisme de l’assemblée, Crono, en parfait Gentleman, se dévoue. Notre héros se retrouve téléporté d’un point à un autre. L’opération est un succès: tout marche à merveille. Marle, bonne enfant, se propose à son tour. C’est à ce moment que tout bascule (heureusement, sinon il n’y aurait pas de jeu…) et la jeune femme se retrouve aspirée par un portail temporel. Crono demande à Lucca de répéter l’opération pour sauver Marle. Banal me direz-vous. Loin de là vous répondrais-je…

Chrono Trigger Super NES (screenshot 03)Le scénario étant bien évidemment un des points forts du soft (et Dieu sait s’il sont nombreux…). Vous n’allez pas vous contenter de sauver la jeune femme en détresse (ce qui devrait en tout et pour tout vous demander une petite heure). Effectivement, des événements bien plus sombres se préparent. Le principal responsable semble être Magus, sorcier noir menant une armée de créatures malfaisantes (bien que assez stupides) d’une poigne de fer. Cependant, votre réel ennemi sera Lavos, entité extra-terrestre ayant pour but de ravager la terre et d’en contrôler ses habitants. Vous allez donc voyager dans 7 époques différentes pour atteindre votre but empli d’originalité: sauver le monde… Vous serez donc projeté de la Préhistoire à la Fin des Temps en passant par le Moyen Age ou encore d’une civilisation magique à un futur chaotique.

Chrono Trigger Super NES (screenshot 04)Les personnages sont tous très travaillés. Curieusement, le héros ne possède pas de passé torturé ni de personnalité (il ne parle pas…), bien qu’on le sente très impliqué. D’autres personnages sont là pour ajuster le tir. Magus comme Frog (pour ne citer qu’eux) sont tous deux assez complexes, Lucca possède un passé assez dramatique (rectifiable, eh oui, c’est cool les voyages temporels…) et Robo est un des rares robots qui arrive à se faire apprécier, il est bien plus qu’attrayant et le voir se faire démolir les circuits par deux fois, c’est pas simple… Ne vous leurrez pas, vous les adorerez tous… Concernant la durée de vie, vous allez en avoir pour votre argent (jeu très cher de nos jours) bien que le soft soit assez court (comptez une trentaine d’heures) car le jeu ne possède pas une, ni deux fins mais plus d’une dizaine avec leurs lots de variations selon vos actions durant l’aventure. Eh oui, ils n’ont pas chômé chez Square…

Graphisme magnifique associé à une bande-son du tonnerre : ça donne quoi à votre avis ?

Chrono Trigger Super NES (screenshot 05)Les graphismes. Tout simplement magnifiques pour l’époque. Hormis Final Fantasy VI qui possède une teinte de couleur plus sombre, on n’a jamais vu un RPG aussi beau. Néanmoins, la Map est assez petite, problème sûrement dû aux 7 époques. Bien évidemment, le jeu a vieilli mais si vous n’êtes pas trop sévère et acceptez de jouer en 2D, vous ne devriez pas avoir de mal à vous y faire. Passons à présent aux compositions: Uematsu, voilà vous avez tout compris. Rien qu’à entendre ce nom vous vous dites «Ouah c’est fantastique» et bien vous êtes bien loin du compte: c’est extraordinaire. Quasiment tous les thèmes du jeu, malgré la faible qualité de la console 16 bits, vont vous pousser à augmenter le son.

Chrono Trigger Super NES (screenshot 06)Oui: fantastique, magnifique mais sachez que le barbu n’a composé qu’une petite dizaine de titres, les autres étant effectués par Yasunori Mitsuda qui, lui, signe plus d’une demi-centaine de thèmes (aussi beaux les uns que les autres). Bref, une fusion de deux Titans pour libérer un travail colossale. Chaque personnage possède sa mélodie, le thème courageux et épique de Frog, futuriste de Robo ou encore le thème principal qui est celui du héros lui-même. Tout est à retenir et à écouter en boucle, encore et encore.

Système simple mais efficace

Chrono Trigger Super NES (screenshot 07)Le gameplay. Assez similaire à celui des Final Fantasy. Votre groupe se voit remplir une jauge d’ATB qui, arrivée au maximum vous permet d’effectuer une action (attaquer, utiliser un item, la magie si vos MP vous le permettent). À noter l’apparition de coups combinés. Effectivement, une des innovations du jeu étant que lorsque la jauge de plusieurs de vos personnages est pleine, vous pourrez employer des techniques utilisant 2 de vos personnages puis 3 vers la fin de l’aventure. Ces techniques sont du plus bel effet mais elles remplissent également leur fonction première, à savoir causer de grands dégâts. Le système est donc très simple à prendre en main et assez instinctif.

Et il vous faut quoi de plus ??

Chrono Trigger Super NES (screenshot 08)Chrono Trigger est définitivement une des meilleures productions SquareSoft. Scénario aussi frais que prenant, ambiance plus qu’appréciable (je me suis rarement senti aussi bien dans un jeu) due à la bande-son et aux graphismes: il a tout pour plaire, même aujourd’hui. Cependant, le jeu n’est pas exempt de défauts (mineurs bien heureusement) même si ceux-là se comptent sur les doigts d’une main: la taille de la map, la non localisation chez nous, l’absence de personnalité du héros. Ensuite, le soft est hors de prix dans sa version US d’origine (prévoyez 120 euros pour une version complète). On peut néanmoins le retrouver dans une réédition le réunissant avec Final Fantasy IV. (NDKenshiro: dispo sur PSone, sous le titre «Final Fantasy Chronicles»)

Chrono Trigger Super NES (screenshot 09)Pour finir, sachez qu’un groupe d’amateurs a eu l’ambitieux projet de créer un remake du mythe rebaptisé pour le coup Chrono Trigger Résurrection, projet qui a été annulé par SquareSoft, soucieux de conserver les droits sur son bijou. À noter que ce jeu a été entièrement traduit en français par un groupe de gamers. Si la langue de Shakespeare vous pose des problèmes, je vous recommande chaudement de vous frotter à l’émulation en attendant une hypothétique réédition DS ou PSP. Dans tous les cas, Chrono Trigger est une bombe, point. Essayez-le et vous ne le regretterez pas.

Pour la petite histoire : l’après Chrono Trigger

Un plaisir de jeu immense. Des heures de bonheur en perspective. Le jeu a fait l’objet d’une suite (Chrono Cross) et un troisième volet est attendu avec impatience par les fans. L’annonce non-officielle d’un Chrono Break a suscité une certaine impatience mais rien n’a vu le jour. Un projet de porter le jeu à la 3D a été entamé par un groupuscule de fans, que Square s’est empressé de démanteler… dommage.

Note Finale
Technique – 9 /10

Magnifique, sans doute le plus beau RPG de la console aux cotés de Final Fantasy VI. Même aujourd’hui, on s’y fait en un rien de temps.

Musique – 9 /10

Mitsuda assisté par Uematsu nous délivre une OST de toute beauté. Variée et fantastique, elle figure parmi les plus merveilleuses du genre.

Gameplay – 9 /10

Reprenant le système de jeu déjà bien au point des FF’s et en y apportant même des modifications, on ne pouvait que s’attendre à du dantesque.

Durée de vie – 9 /10

Le jeu est globalement court (une trentaine d’heure). Cependant le New Game + ainsi que la dizaine de fins rajoute un intérêt certain.

Scénario – 8 /10

Un début classique mais au final une histoire des plus sympathique. Cependant, toutes les subtilités du scénario vous seront dévoilées plusieurs heures avant la fin du soft, ce qui fait que celle-ci est une concentration de combats. Dommage.

En résumé
Squaresoft et Toriyama accouchent d’un RPG inédit et génial. Indispensable.
9
Culte !

Infos Pratiques
Développé par Squaresoft
Édité par Squaresoft
Sorti le 11.03.1995 (Japon)
Sorti le 11.07.1995 (USA)
Pas sorti en Europe (*)
RPG
1 seul joueur
Cartouche de 32Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe aussi sur PSone et Nintendo DS
(*) le jeu est sorti en Europe le 6 février 2009, mais dans sa version DS
Voir aussi
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
Encore + d’images
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Crédits
Version originale du test sur JVrpg.com.
Repris sur la MdP avec l'autorisation de Xogu.
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