réveillez le démon qui est en vous

Go Go Ackman

C’est une certitude : Akira Toriyama est un auteur de manga qui fait vendre. Après avoir accédé à la renommée au début des années 80 avec son manga Dr Slump, il a ensuite enchaîné avec le titre qui allait devenir son oeuvre majeure : Dragon Ball (avec et sans Z).

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 01)Par la force des choses, c’est aussi le mangaka le plus “adapté” en jeux vidéo. On ne compte bien évidemment plus les titres consacrés à DBZ sur nos chères consoles (passées et présentes), mais Toriyama s’est aussi beaucoup impliqué dans le chara design de nombreux jeux : les Dragon Quest (une véritable institution au Japon), Chrono Trigger (sur Super Famicom), les Tobal (sur PSone), ou plus récemment, Blue Dragon (sur Xbox 360)… et j’en oublie peut-être. Tout ceci pour vous dire que quand il a sorti son manga Go! Go! Ackman en 1994, la Super Famicom était encore au sommet de sa gloire, et les joueurs nippons n’ont pas dû attendre longtemps pour voir débouler une adaptation de ce titre en jeu vidéo.

Plus qu’un héros, un anti-héros !

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 02)À l’origine, Go! Go! Ackman fut donc un manga «shonen» humoristique publié au Japon de mai 1993 à août 1994, dans le magazine V-Jump (un magazine consacré aux jeux vidéo), et l’adaptation française sortit chez Glénat en 1998. Relativement court, il ne comporte que douze chapitres, chacun constitué de seulement six pages. Petite originalité: contrairement à 99,9% de la production manga, Go! Go! Ackman a été directement publié en couleurs, et ce n’est que par après qu’une nouvelle version reliée est sortie en noir et blanc. Concernant l’histoire en elle-même, Toriyama nous conte les aventures de Ackman, un petit démon qui sort d’un sommeil de 50 ans.

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 03)Dès son réveil, ses parents et ses soeurs lui expliquent qu’en tant que démons, ils doivent tuer des gens pour récupérer leurs âmes; celles-ci sont alors ensuite vendues au diable. Dans ses aventures, Ackman est constamment accompagné par Godon, une sorte de chauve-souris rouge, qui se charge de rassembler dans une jarre les âmes des personnes tuées par notre héros. Comme dans tout bon manga, histoire de mettre un peu de piment, Ackman trouvera sur son chemin un ennemi juré. Ici, en l’occurrence, il s’agit de Tenshi, un petit angelot tout mimi (mais en apparence seulement). Ce dernier pensait qu’Ackman était bel et bien endormi pour l’éternité; dès lors, imaginez un peu sa surprise quand il tombe nez à nez avec le petit démon bien réveillé ! ;o)

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 04)Son seul et unique but durant tout le reste du manga sera de tuer Ackman, et pour y parvenir, vu qu’il n’arrive pas à le faire lui-même, il engagera toute une galerie de persos bien plus compétents tels que des tueurs à gages, des mercenaires, etc. Mais ne vous méprenez pas non plus: dans Go! Go! Ackman, c’est la rigolade qui prime, et même si notre héros tue plus qu’à son tour, on est bel et bien en présence d’un manga humoristique à l’humour parfois très lourd, voire même douteux. Mais on aime ça. Enfin, sachez aussi qu’outre le manga et les jeux vidéo (3 sur Super Famicom et 1 sur Game Boy), Go! Go! Ackman a aussi été adapté dans un petit anime de 15 minutes, présenté à la V Jump Festa.

Premier contact avec Go Go Ackman, le jeu

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 05)Maintenant que vous connaissez un peu mieux le manga, attaquons le plus important: le jeu vidéo. Dès l’intro, le ton est donné. Et on sent déjà que l’on va avoir à faire à un titre qui ne se prend pas au sérieux. Les dialogues (le plus souvent entre Ackman et Tenshi) sont d’ailleurs assez tordants, même pour le joueur ne lisant pas un traître mot de japonais, puisque chaque intervention d’un perso est accompagnée d’une petite vignette de son visage, très expressive. En terme de gameplay, ce premier Go Go Ackman SFC se présente sous la forme d’un jeu d’action/plate-forme très très classique, mais qui a bien évidemment un gros avantage: une «touche» graphique propre à Toriyama; ce qui, en soit, en fait déjà un jeu avec un gros capital «sympathie».

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 06)Vous dirigerez Ackman du début à la fin, flanqué en permanence de son acolyte volant, Godon, qui ne fait rien dans le jeu, à part ramasser les âmes des ennemis que vous aurez trucidé. Côté mouvements dispos, notre anti-héros pourra sauter de plate-forme en plate-forme, frapper les ennemis avec ses poings, et même lancer une attaque chargée sous la forme d’une onde surpuissante (si vous laissez le bouton d’action enfoncé). En combinant un saut et une pression sur le bouton d’action, il effectuera aussi un saut chassé. Grâce à différents items présents dans les niveaux, il pourra aussi s’équiper d’armes relativement variées (pistolet, sabre, etc.). Mais attention: au premier contact avec un ennemi, il perdra le bénéfice de cette arme et devra se contenter de ses poings pour se défendre.

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 07)Ce sont en fait les armes qui vont servir ici de protection à Ackman, puisqu’une fois touché, il perdra son arme mais pas de vie. Par la suite, en cas de contacts répétés avec les ennemis, il perdra bien entendu de l’énergie. Des items “bombes” sont également présents, et permettent de nettoyer tous les ennemis à l’écran. Les développeurs de Banpresto se sont aussi permis un emprunt à peine dissimulé au monde de Mario, puisqu’en sautant sur certains ennemis, Ackman pourra les aplatir pour ensuite les “faire glisser” vers d’autres ennemis (dans un système plus ou moins proche de ce qui se fait avec les Koopas dans Mario). Notre cher Ackman, pour tout démon sanguinaire qu’il est, possède donc une vie limitée (représentée par des barres rouges en haut de l’écran).

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 08)Il pourra bien entendu en récupérer grâce aux items arborant un coeur, tout comme il pourra restaurer toute sa vie grâce à l’item «capsule». Des items représentant un crâne sont également présents, et permettent d’être invincible pendant quelques secondes. Enfin, pour gagner une vie supplémentaire, vous devrez récolter 100 âmes, ou alors, une manière plus rapide, vous ramassez l’item avec la tête d’Ackman (assez rare quand même). Après tout ce que je viens de vous expliquer, si vous avez une grosse impression de déjà-vu, c’est tout à fait normal, Banpresto ayant intégré dans son jeu les bases même du genre plate-forme, soit tous des mécanismes présents dans pratiquement tous les jeux de plate-forme de l’époque. Et ceci n’est pas une critique, car ce sont finalement des principes solides qui ont fait leurs preuves.

L’intérêt de Go Go Ackman est ailleurs

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 09)Reprenons ensemble les points marquants du titre de Banpresto. Tout d’abord, ce qui saute aux yeux, c’est la grande diversité à la fois des actions et des environnements proposés. Ackman conduira une voiture, voguera sur un radeau de fortune, volera grâce à un “jet pack”, etc. en alternance avec des phases de plate-forme plus classiques. De plus, histoire de casser un peu le rythme et de varier les possibilités de parcourir le jeu, les développeurs ont imaginé un système de questions / réponses posées à Ackman (et donc à vous). En fonction de la réponse que vous donnerez, vous serez dirigé vers tel ou tel sous-niveau. C’est très sympa.

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 10)Ensuite, contrairement à ce que l’on pourrait supposer en connaissant le background du jeu (soit, l’adaptation d’un manga destiné à un public relativement jeune, voire ado), la difficulté globale pourra paraître relativement élevée, même pour un joueur habitué aux jeux de plate-forme (et ceci, dès le mode “normal”). Pour atténuer un peu cet aspect, il y a bien des “continue” illimités, mais même avec ceux-ci, certains passages du jeu pourront s’avérer “casse-tête”. Vous voilà prévenus! ;o) Enfin, même si pour certains joueurs, ça peut paraître secondaire, le fait que le jeu soit basé sur un manga de Toriyama apporte beaucoup. On reconnaît sans souci son univers, son style, que ce soit pour les décors ou les persos, avec un Ackman qui ressemble fortement à Trunk et un Tenshi qui fait immanquablement penser à Krilin. Les fans apprécieront donc à coup sûr cet univers qui leur est familier et qui fait penser à DBZ.

Ma foi, c’est très joli

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 11)Autant être direct: Banpresto n’est pas Konami ou Capcom. En outre, l’éditeur est “abonné” aux adaptations de licences en jeux vidéo. On aurait donc pu avoir quelques appréhensions -légitimes- quant à la réalisation technique du jeu. Mais dans le cas présent, il n’en est rien et les équipes du développeur nippon se sont particulièrement bien débrouillées pour nous proposer une réalisation à la hauteur de l’univers dont le jeu est tiré. On retrouve donc avec plaisir un graphisme très proche du manga (on en attendait pas moins!). Ça bouge un peu partout et de manière fluide, y compris dans les décors, avec de jolis effets visuels (notamment, à titre d’exemples, dans le sous-niveau de la cascade -stage 2-, ou encore dans celui du désert, en extérieur -stage 3-).

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 12)Les mouvements d’Ackman sont assez rigides, mais cohérents, avec de petites animations bien marrantes quand il est trop près du bord d’une plate-forme par exemple. Du côté des ennemis, le chara design est également à la hauteur, et même si leurs comportements sont assez prévisibles, Ackman trouvera “de quoi faire” en les affrontant. Le jeu comporte aussi pas mal de boss de mi-stage et de fin de stage, ayant chacun une “faille”, mais qui sont à chaque fois très sympas visuellement parlant, et jamais bien compliqués à battre. La partie musicale est assurée par des compositions très “nineties”, avec un beat à chaque fois nerveux et parfois même des sonorités sympas comme seule la Super Famicom pouvait en produire (notamment pour le second stage, qui se déroule sur une île, avec une musique très “hawaïenne”).

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 13)Les bruitages sont dans l’ensemble assez bons, avec de jolis effets, mais plutôt convenus. Manier Ackman ne sera pas un problème, vu le nombre de mouvements assez restreints qu’il peut réaliser, mais le jeu nécessitera quand même un bon “timing” de la part du joueur, les contacts entre sprites n’étant pas toujours très faciles à cerner. Enfin, la durée de vie de ce premier Go Go Ackman est tout à fait dans la moyenne (5 “levels”, mais chacun constitué de pas mal de sous-niveaux), et, comme bien souvent pour les jeux de plate-forme sur Super Famicom / Super Nintendo, il n’y a pas de sauvegarde possible (ce qui, entre nous, rallonge aussi un peu la durée de vie).

En conclusion

Go Go Ackman Super Famicom (screenshot 14)Banpresto applique à la lettre son petit manuel du “parfait jeu de plate-forme en 10 leçons”, avec des mécanismes vus et revus, ce qui fait que sur le plan de l’innovation ou de l’originalité, on restera un peu sur sa faim. Mais au final, on lui pardonnera ce côté un peu trop scolaire pour une simple et bonne raison: Go Go Ackman met en scène les aventures du petit démon de Toriyama, avec tout ce que cela implique au niveau des graphismes et du chara design du jeu. Par conséquent, si vous êtes fans de DBZ ou autre, vous adorerez à coup sûr. Et si vous n’êtes pas familier avec l’oeuvre du mangaka, vous passerez quand même un bon moment en compagnie d’un jeu de plate-forme très sympa au gameplay solide.

Note Finale
Technique – 8 /10

On peut ne pas aimer le "style" Toriyama, mais force est de constater que sur le plan technique, le jeu est réussi. L’aspect visuel est soigné, avec des décors très colorés, et l’animation suit la cadence, même si on aurait aimé un sprite d’Ackman un peu plus souple dans ses mouvements.

Musique – 7 /10

Des compositions qui font assez "nineties", au tempo rapide et plaisantes à écouter. Les bruitages sont globalement bons, avec de jolis effets, mais plutôt convenus.

Gameplay – 6 /10

Des mécanismes de jeu archi-classiques maintes fois vus dans d’autres productions "plate-forme". Le choix des sous-niveaux via de petites questions est par contre une bonne idée. Le maniement d’Ackman ne pose aucun souci particulier, mais il faudra quand même faire preuve de dextérité dans certains passages du jeu.

Durée de vie – 7 /10

Pas très long comparé aux ténors du genre sur la même console, mais sa difficulté bien dosée et l’absence de sauvegarde sur la cartouche lui permettent de revendiquer une durée de vie tout à fait convenable.

Innovation – 5 /10

C’est un peu le désert du côté des nouveautés. Le titre n’apporte rien de vraiment neuf au genre "plate-forme", mais il applique à la lettre le b.a.ba du genre, et du coup, on prend un plaisir non dissimulé en y jouant.

En résumé
Un peu trop scolaire, Go Go Ackman profite beaucoup du character design de Toriyama.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Banpresto
Édité par Banpresto
Sorti le 23.12.1994 (Japon)
Pas sorti aux USA
Pas sorti en Europe
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
En vidéo
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Crédits
Infos sur le manga en provenance de Wikipedia.
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