âmes sensibles s'abstenir

Killer Instinct

Quand on évoque les productions nées de la collaboration entre Nintendo et Rare, on pense bien entendu à la série des Donkey Kong Country. Mais dans un genre diamétralement opposé, il y avait aussi Killer Instinct, apparu d’abord en arcade, et par la suite, sur la 16 bits de Nintendo.

Le background

Killer Instinct Super Nintendo screenshot 01Avec Killer Instinct, il n’est point question d’un jeu de plate-forme bon enfant, mais bien d’un beat-’em-all violent, qui projette le joueur dans un futur bien sombre. Le chaos règne sur la planète et seuls l’argent et la violence font tourner le monde. Des multinationales, appelées Corporations, tentent de s’imposer par tous les moyens possibles. L’une d’entre elles, la corporation Ultratech, spécialisée dans la vente d’armes, a mis sur pied un tournoi sanglant, retransmis à la télé, dans lequel des combattants aux origines diverses s’affrontent. Les règles de ce show ultra violent sont simples: tous les coups sont permis. Son enjeu: la gloire pour le vainqueur… et la mort pour les perdants.

Orchid, Cinder et les autres…

Killer Instinct Super Nintendo screenshot 02Le tournoi voit s’affronter une dizaine de combattants, tous plus originaux les uns que les autres: Thunder (un indien iroquois, qui s’est inscrit pour éclaicir les circonstances de la disparition de son frère, participant du tournoi précédent), Orchid (redoutable avec sa transformation en tigre, c’est une tueuse chargée d’infiltrer Ultratech), Riptor (moitié humain moitié lézard, il a servi de cobaye à des manipulations génétiques, Sabrewulf (un homme transformé en loup-garou par un virus et auquel Ultratech a promis un antidote en échange de sa participation au tournoi), Cinder (ses facultés, disons, brûlantes, sont apparues suites à une expérience ratée dans les labos d’Ultratech, qui, bien entendu, lui promet une guérison rapide en échange de sa participation), Glacius (un extra-terrestre emprisonné par Ultratech et dont la corporation espère bien prouver l’infériorité par rapport aux humains), Jago (un guerrier, reconnaissable à son épée), Spinal (un redoutable combattant, revenu d’entre les morts, qui a la faculté de prendre la forme de ses adversaires), TJ Combo (un boxeur aux bras bioniques et à la force de frappe dévastatrice), Fulgore (un prototype de robot issu des labos d’Ultratech, dont le tournoi constitue la dernière phase de test, avant une production en masse) et Eyedoll (le grand méchant du jeu, dernier obstacle des combattants avant d’accéder à la victoire et aux honneurs).

Bien enchaîner les coups

Killer Instinct Super Nintendo screenshot 03Killer Instinct est avant tout basé sur les combos. Chaque perso dispose de plusieurs attaques. À vous de les enchaîner pour infliger le plus de dégats possibles à votre adversaire. Ces combos reçoivent des noms, en fonction du nombre de coups donnés. La graduation va du combo Triple (trois coups) jusqu’au combo Killer (douze coups).Vous pourrez aussi placer un Ultra Combo (quand l’adversaire est presque vaincu), un No Mercy (une fatalité pour achever cruellement votre adversaire) ou encore un Ultimate Combo (mélange de Combo et de No Mercy). Face à un combo de l’adversaire, le joueur expérimenté pourra riposter en réalisant un Combo Breaker. Pour y parvenir, beaucoup d’entraînement et un peu de chance seront nécessaires. Ces Combo Breaker suivent des règles déterminées, à savoir, un coup faible casse un coup moyen, un coup moyen casse un coup fort et un coup fort casse un coup faible.

Killer Instinct Super Nintendo screenshot 04Sachez enfin que dans Killer Instinct les combats ne se déroulent pas en rounds. En fait, chaque combattant possède deux barres de vie. Quand l’une d’elle disparait, il y a une pause de quelques secondes et le combat reprend immédiatement. C’est tout bénef’ pour éviter les temps morts. Les développeurs ont aussi prévu la possibilité d’éjecter l’adversaire en dehors de la zone de combat. Et dans le registre des éléments pas forcément utiles mais bien funs quand même, vous pourrez aussi humilier l’adversaire.

Sur le plan technique

Killer Instinct Super Nintendo screenshot 05La version arcade avait calmé tout le monde à sa sortie, surtout sur le plan graphique. Et une adaptation sur la console 16 bits relevait quasiment de la mission impossible. Mais Rare a relevé le défi en proposant un soft à la réalisation plus qu’honnête. Le développeur y est parvenu en mettant la technique de son côté (merci la cartouche de 32Mb!) et en adaptant la forme (animations moins travaillées -voire supprimées pour certaines- et décors moins fignolés et moins colorés). Les effets de lumière et autres zooms de l’original ont également subi le même sort en passant sur 16 bits.

Maintenant, en terme de contenu, cette version Super Nintendo propose le même challenge, et c’est bien là l’essentiel. La Super Nintendo donne tout ce qu’elle a dans le ventre et c’est donc avec plaisir que l’on retrouve les différents combattants dans des affrontements rythmés, faisant la part belle aux combos.

En conclusion

Au regard des capacités de la Super Nintendo, Killer Instinct est indéniablement une réussite. Il propose en outre une galerie de persos originaux voire charismatiques pour certains. Le mécanisme du jeu est solide et le soft de Rare propose un challenge de taille. Maintenant, en terme de gameplay uniquement, il ne dévoile ses possibilités qu’après une -trop?- longue période d’apprentissage. Et ceci au risque de faire fuir pas mal de joueurs…

Note Finale
Technique – 8 /10

Splendide en arcade, Killer Instinct ne démérite pas dans cette version console. Il réussit en outre à proposer un contenu identique à son aînée.

Musique – 8 /10

Les différentes musiques du jeu apportent un plus indéniable en terme d’ambiance. Idem pour les différentes voix digitalisées.

Gameplay – 7 /10

Le système de combos proposé par Killer Instinct est particulièrement jouissif et plaisant à jouer. Revers de la médaille: l’apprentissage nécessaire pour le maîtriser risque de rebuter pas mal de joueurs.

Durée de vie – 7 /10

Avec une dizaine de combattants proposant autant de manières d’aborder le soft, vous aurez de quoi faire.

Innovation – 7 /10

Killer Instinct ne réinvente pas le beat’em-up, mais son gameplay et son univers sont suffisamment originaux pour lui permettre d’occuper une place de choix dans le petit monde des jeux de baston.

En résumé
Tour de force technologique pour une 16 bits, Killer Instinct ne démérite pas et propose l’essentiel de la version arcade.
8
Très bon

Infos Pratiques
Développé par Rare
Édité par Nintendo
Sorti le 21.09.1995 (Europe)
Sorti le 01.08.1995 (USA)
Pas sorti au Japon
combats à un contre un
1 à 2 joueurs
Cartouche de 32Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe aussi en arcade
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