attention : konami se lache !

Parodius ! Non-Sense Fantasy

Genre au thème “monomaniaque” par excellence, le shoot’em up des années 80 / 90 a très souvent mis en avant des combats intergalactiques, des aliens baveux, des vaisseaux uniques dernier cri et des armes de destruction massive. C’est un peu l’époque qui voulait cela : la frénésie Star Wars battait son plein (avec, derrière elle, ses jouets et ses goodies en tous genres…) et le carton des précurseurs Space Invaders, Galaxian ou Xevious n’a fait que confirmer la chose.

Parodius Super Nintendo screenshot 01Avec un genre aussi bétonné dans ses stéréotypes, comment proposer quelque chose de différent et se démarquer du reste de la production, qui plus est quand on s’appelle Konami et que l’on a déjà dans son catalogue des titres reconnus comme Gradius ou Salamander ? Eh bien… en retournant tout simplement la situation à son avantage ! Conscient du succès grandissant des “cute’em up” (notamment sur la PC Engine de NEC, LA console blindée en la matière…) et rôdé à l’exercice grâce à sa borne TwinBee, le vénérable développeur allait donner naissance à la série shoot’em up la plus délirante jamais créée : celle des Parodius !

Parodius = parodie (si si !)

Parodius Super Nintendo screenshot 02En ajoutant à son arc les cordes de l’humour et de l’auto-dérision, Konami allait en effet filer la banane aux plus blasés des joueurs, tout en capitalisant sur un système de jeu éprouvé, intégralement repompé de sa série Gradius. Dans Parodius, le choix des options et des armes repose donc aussi sur une jauge, au bas de l’écran, qui comprend sept cases. Certains ennemis abattus laissent derrière eux un item de couleur rouge ou bleue (item qui varie en fonction du vaisseau sélectionné, voir plus bas). Chaque item rouge ramassé va faire avancer d’une case la fameuse jauge. Et quand l’option ou l’arme souhaitée est illuminée, le joueur n’a plus qu’à appuyer sur le bouton Y pour que son “vaisseau” en soit équipé. Certaines items rouges ont aussi un effet “roulette russe” : on ne sait pas les distinguer des items rouges “normaux”, et en les attrapant, le curseur de la jauge s’affole et balaie toutes les options possibles. Une pression sur Y, et le joueur risque par conséquent de prendre une option non souhaitée, ou pire : perdre toutes les options et armes équipées jusque-là si il sélectionne une case vide.

Parodius Super Nintendo screenshot 03En marge des items, les ennemis abandonnent aussi fréquemment des cloches dorées. Elles viennent en droite ligne de TwinBee et accordent les power-up spéciaux. Quand le joueur leur tire dessus, les cloches adoptent différentes couleurs, chacune correspondant à un effet bien précis. Les cloches dorées font simplement gonfler le score, les bleues donnent droit à des méga-bombes qui nettoient tout l’écran, les rouges permettent de déployer des barrières de protection, les vertes font gonfler le vaisseau (ce qui a pour effet de le rendre invincible pendant une poignée de secondes) et les blanches équipent le vaisseau d’un méga-phone (!) débitant des insultes “dévastatrices” à l’attention des ennemis ! Tout un programme ! En fait, plus qu’une bête récupération des systèmes de jeu présents dans Gradius et TwinBee, la combinaison de la jauge d’options et des cloches de couleurs apporte à Parodius une vraie dimension stratégique. Preuve, si besoin en était, que malgré l’humour omniprésent, Konami a voulu confectionner un véritable shoot’em up, capable de rivaliser avec les meilleures productions du genre.

Shoot’em up sous LSD

Parodius Super Nintendo screenshot 04Vous en connaissez beaucoup, vous, des shoot’em up dans lesquels on trouve des pingouins en pagaille, des guêpes teigneuses, des poulets volants, des cochons “sumotori” ou des cochons version “Cupidon” avec arcs et flèches ? Et encore, ce n’est qu’un tout petit aperçu de la faune proposée par Parodius. Dans leur genre, les boss de moitié et de fin de niveau se défendent pas mal non plus, puisque vous aurez l’occasion d’affronter un “chat bateau volant”, un énorme pingouin pirate, une danseuse du ventre aux talons aiguilles acérés, une belle naïade vêtue d’un simple drap, et même, si vous êtes doué, une pieuvre géante qui se shampouine le crâne ! Non, je n’ai pris aucune substance illicite avant d’écrire ce test, je vous le jure ! C’est clair : Parodius peut se vanter de proposer de l’humour à tous les étages, parfois un peu “borderline” et très nippon, mais on reste toujours dans le “soft” (surtout comparé à Gokujou Parodius ! et Jikkyou Oshaberi Parodius, les deux jeux qui suivront sur Super Famicom).

Parodius Super Nintendo screenshot 05Intelligent, Konami ne s’est heureusement pas contenté d’imaginer des personnages et des décors loufoques juste pour le plaisir : chaque niveau ou protagoniste du jeu est bien souvent un clin d’oeil à un jeu ou une série célèbre du développeur, voire même à un titre d’un concurrent. Le passage où votre vaisseau doit se faufiler entre les jambes de la danseuse reprend le principe des boss araignées aperçu dans Gradius II et III. Les fameuses statues Moai (têtes de l’Île de Pâques) et les volcans (qui ici crachent des aubergines et non des rochers) sont eux aussi tirés de la série Gradius. Le niveau 3, avec ses pastilles colorées, fait fortement penser aux murs friables proposés par Salamander. Dans la seconde moitié du jeu, un des niveaux fait clairement référence à Castlevania, et ainsi de suite… Même les boss trouvent leur origine dans d’autres jeux (Gradius en tête), quand ils n’en sont pas carrément repris : l’énorme vaisseau Captain Kebab autour duquel le joueur devra manoeuvrer par-dessus et par-dessous est un clin d’oeil appuyé à R-Type, l’aigle dont le chapeau est aux couleurs du drapeau US est une parodie de l’aigle de feu (premier boss de Gradius II), Viva Core, boss coloré armé de deux pinces mécaniques, est tout simplement tiré de Gradius III

Quatre rigolos dans l’espace

Parodius Super Nintendo screenshot 06Inévitablement, les vaisseaux proposés au joueur se devaient d’être différents et de ne surtout pas se prendre au sérieux. Dans ce premier épisode, ils sont au nombre de quatre (un nombre plus que suffisant pour proposer différentes manières d’aborder le jeu). VicViper est le plus classique : il s’agit du vaisseau de Gradius qui, ici, “a grossi parce qu’il a mangé trop de bonbons” ! (ce n’est pas moi qui le dis, c’est la notice du jeu…). Il hérite bien évidemment des armes de la série dont il est tiré. Plus originale est la pieuvre Octopus (“Takosuke” dans la version jap’ du soft). Avec son bandana japonais sur le front, elle a à sa disposition la panoplie d’armes de Salamander. TwinBee, la petite abeille mécanique de Pop’n TwinBee, débarque elle aussi avec son arsenal perso, gants de boxe en tête. Quant à l’adorable pingouin Pentarou, c’est une vieille icône de Konami, apparue pour la première fois dans le jeu Antarctic Adventure sur MSX, qui n’évoquera pas grand-chose au joueur européen.

Parodius Super Nintendo screenshot 07Ces quatre “vaisseaux” ne se contentent pas de proposer des sprites et des maniabilités sensiblement différentes. Konami a poussé la personnalisation à fond, jusque dans les options et armes que le joueur peut sélectionner en cours de partie. Certaines sont vraiment uniques et spécifiques à un vaisseau (l’option “Missile” qui permet à TwinBee de balancer ses gants de boxe devant lui, le laser de VicViper…). D’autres, sans être totalement identiques, ont des effets fort semblables (les bombes équipées de petits pieds de VicViper et les petites baleines larguées par Pentarou…). Enfin, on remarque aussi que certains éléments “in game” changent en fonction du vaisseau choisi, notamment les sprites représentant les items rouges et bleus mentionnés plus haut (capsules pour VicViper, bonbons pour Pentarou…).

Du bon son dans les oreilles

Parodius Super Nintendo screenshot 08Techniquement, Parodius fait mentir tous ceux qui affirment que la Super NES est incapable d’afficher un shoot’em up correctement. L’animation est fluide et les ralentissements sont quasi inexistants, quel que soit le mode de difficulté choisi (et le nombre plus ou moins grand de sprites affichés à l’écran qui en découle). Je dis bien “quasi”, parce qu’on en observe parfois (notamment face au boss Viva Core), mais c’est vraiment rare ! Parodius propose des graphismes relativement fins, détaillés et surtout débordant de couleurs vives. Les effets spéciaux ne sont pas bien nombreux, mais on les remarque d’autant plus quand ils interviennent (notamment contre un des boss, un poisson “fugu” qui grossit à vue d’oeil). Nettement plus présentes et remarquées sont les musiques. L’OST se partage entre d’un côté, des morceaux de musique classique très connus (Chopin, Beethoven, Wagner… et même du French Cancan !) et de l’autre, des thèmes tout aussi réussis issus de Gradius. Autant dire que le résultat est à la fois surprenant et savoureux.

Parodius Super Nintendo screenshot 09Les bruitages sont de bonne facture, mais ils se font voler la vedette par les digits vocales (très présentes, elles interviennent dès qu’une option ou une arme est sélectionnée par le joueur). S’il ne fallait vraiment trouver qu’un défaut dans le copieux “menu” proposé par Parodius, ce serait probablement son mode 2 joueurs un peu caduque, qui ne permet pas de jouer en simultané : les deux participants jouent séparément, l’un à la suite de l’autre. Pourquoi un tel choix de la part de Konami ? Peut-être pour une question de lisibilité à l’écran, mais peut-être aussi pour des raisons d’ordre technique. Le développeur a probablement voulu jouer la sécurité, en évitant à la Super NES de devoir calculer les déplacements et les actions des deux joueurs en simultané… En marge de l’habituel mode “solo”, on notera aussi la présence d’un énigmatique mode “Lollipop”. En fait, il s’agit tout bêtement d’un niveau, exclusif à ce seul mode, au cours duquel le joueur doit essayer de scorer un maximum.

Le mot de la fin

Parodius Super Nintendo screenshot 10Ce premier Parodius sur Super NES est une franche réussite. Shoot’em up polyvalent, dire qu’il se destine à un très large public n’est pas un vain mot. Son système de jeu hérité de Gradius et ses nombreuses références à d’autres jeux célèbres séduiront les joueurs les plus rompus au genre. Son humour, son ambiance unique et sa réalisation très colorée feront aussi craquer tous ceux qui n’accrochent pas (ou peu) aux shoot’em up intergalactiques habituels. De plus, mis à part son mode 2 joueurs qui propose le minimum, il est franchement difficile de lui trouver des défauts. Bref, si vous êtes fâché avec les shoot’em up ou que vous voulez goûter à quelque chose de différent, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Note Finale
Technique – 7 /10

Le chara design désopilant fait le gros du boulot. Les graphismes sont suffisamment fins et très colorés. Le soft ne rame quasiment jamais, et rien que ça, c’est énorme.

Musique – 8 /10

Le mélange entre thèmes tirés de Gradius et morceaux de musique classique assurent l’ambiance. Parodius, c’est aussi des digits vocales de qualité et des bruitages un peu en retrait.

Gameplay – 7 /10

Très simple à prendre en main, le jeu permet une sélection automatique ou manuelle des différentes options. Chaque “vaisseau” se pilote aisément.

Durée de vie – 7 /10

Complètement paramétrable, Parodius vous occupera pendant de longues heures (à condition de ne régler la difficulté sur 1 ou 2). Le mode Lollipop est sympa, mais sans plus.

Innovation – 6 /10

C’est surtout le mix entre les systèmes de jeu de Gradius / TwinBee, les nombreuses références et l’humour qui est carrément génial. Idem pour le style “kawai”, déjà vu dans d’autres jeux, mais pas à un tel niveau de concentration !

En résumé
Un shoot’em up anti-morosité, qui plaira à tous, y compris à ceux qui n’aiment pas les shoot’ “classiques”.
9
Hilarant

Infos Pratiques
Développé par Konami
Édité par Konami
Sorti le 03.07.1992 (Japon) (*)
Sorti en 1992 (Europe)
Pas sorti aux USA
cute’em up culte
1 à 2 joueurs
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi en arcade, sur NES, PC Engine…
(*) appelé Parodius Da ! au Japon, il ressortira le 30 septembre 1997 sur le service Nintendo Power
Voir aussi, dans la même série
Plus Loin
La série Parodius compte cinq épisodes principaux : Parodius (MSX), Parodius Da ! (arcade, Super NES, PC Engine… testé sur cette page), Gokujou Parodius ! (arcade, Super Famicom), Jikkyou Oshaberi Parodius (Super Famicom, PSone, Saturn) et Sexy Parodius (arcade, PSone, Saturn). On dénombre aussi quelques titres dérivés (des “curiosités” du style pachislot, un jeu de stratégie, un Drama CD…) mais ils sont restés cantonnés au seul Japon. Si vous êtes fan, la compilation Parodius Portable sur PSP est certainement le choix le plus judicieux (sortie en 2007, mais uniquement au Japon).
Encore + d’images
Vous aimerez peut-être …
Thunder Spirits Area 88 Märchen Adventure Cotton 100% Flying Hero : Bugyuru no Daibouken StarFox 2 R-Type III : The Third Lightning Pop’n TwinBee Super SWIV
Vous avez aimé ce test ? Partagez-le !
© 2007-14 La Mémoire du Pad | Header de Pnutink pour la MdP | Partenaires | Recrutement | Contact Haut de page