orientation 100% action

ActRaiser 2

Lors de sa sortie au Japon (et par la suite dans le reste du monde), ActRaiser premier du nom s’était rapidement imposé comme un grand hit dans le catalogue de la toute jeune Super Famicom. Le pari de sortir un tel jeu n’était pourtant pas gagné d’avance, puisque le duo Quintet/Enix avait osé le mélange des genres, en mixant des phases d’action et des phases plus orientées gestion… Mais le succès fut au rendez-vous. Au passage, je vous renvoie à l’excellent test de Gustav XIII pour de plus amples informations concernant ce premier volet. Quoi qu’il en soit, les joueurs avides de nouveauté ont donc plébiscité ce jeu si original et la sortie d’une suite semblait évidente. Le tout était encore de savoir sous quelle forme, les développeurs pouvant soit proposer une suite sans saveur, simple resucée du premier, soit prendre le risque de proposer quelque chose de différent. Ils optèrent pour la seconde solution…

Elle est où la partie “gestion” ?

ActRaiser (screenshot 01)Malgré les attentes -légitimes- des fans soucieux de revivre la même expérience, l’équipe derrière ActRaiser 2 a en effet décidé de zapper tout le côté gestion du premier opus, pour faire de cette suite un soft orienté 100% action. Face à un tel constat, on pourra toujours discuter pendant des heures sur le bien fondé (ou non) d’une telle orientation, mais une chose est sûre: quand on voit le résultat final, une fois la manette en main, il faut bien reconnaître que d’une part, ils n’ont certainement pas eu tort de faire un tel choix, et que d’autre part, ils n’ont pas cherché la facilité qui aurait, à vue de nez, consisté à reproposer la même formule que dans ActRaiser, mais en plus beau. On notera aussi que tout n’est pas perdu pour le fan, puisque, pour bien marquer la filiation avec son prédécesseur, ActRaiser 2 reprend quand même certains éléments déjà présents dans le 1, à commencer par une ambiance unique (aussi bien visuelle que sonore) baignée d’ «heroic fantasy» et un scénario qui vient se greffer directement après la fin du premier. Mais c’est à peu près tout.

ActRaiser (screenshot 02)Si vous n’avez pas eu l’occasion de jouer à celui-ci, une petite intro est d’ailleurs présente dans cette suite pour vous donner un cours de rattrapage en version accélérée. Vous y apprendrez qu’après votre victoire sur Tanzra (le diable dans la version jap’), son corps mutilé a été ramené dans le monde souterrain. Mais les treize démons se sont rassemblés et ont à nouveau invoqué l’esprit de leur puissant maître. Pour se venger, Tanzra les envoie ensuite sur Terre pour semer la mort et la destruction. Et en tant que divinité, vous devrez donc à nouveau payer de votre personne et vous opposer à de tels desseins.

Dieu, c’est moi… enfin… c’est vous !

ActRaiser (screenshot 03)Vous ne pourrez en effet compter que sur vous-même pour affronter les innombrables dangers qui vous attendent. Mais vous aurez quand même droit à quelques avantages inhérents à votre statut de dieu vivant: un glaive (difficile de faire plus rudimentaire, mais c’est une arme qui a fait ses preuves ;o)… et qui vous permettra ici de frapper à peu près dans toutes les directions), un bouclier (qui vous permettra de bloquer pratiquement tous les projectiles ennemis, que vous soyez accroupi, debout, ou avec le bouclier incliné vers le haut), deux ailes dans le dos (pratique pour planer dans les airs) et enfin, à ne pas oublier, quelques pouvoirs bien destructeurs (disponibles en quantité limitée, cela va sans dire, et qui se présentent donc sous la forme d’attaques spéciales). Pour réaliser toutes ces actions, le soft ne s’embarrasse pas de commandes compliquées et mise sur la facilité. C’est une bonne chose.

ActRaiser (screenshot 04)Ainsi, pour frapper avec votre glaive, vous utiliserez les boutons X ou Y. Parer avec le bouclier se fait de manière automatique si vous êtes accroupi ou debout. Et pour vous protéger des projectiles arrivant par le haut, il vous suffira d’appuyer sur la flèche “haut” de la croix directionnelle pour protéger votre tête à l’aide du bouclier. L’utilisation des quelques pouvoirs suit la même logique et chaque position de votre perso détermine en fait une attaque différente: debout, le lance-flammes; accroupi, l’aura de protection autour de vous; flèche vers le haut, le lancement de trois grosses boules de feu. Pour les enclencher, il suffira de rester appuyé sur le bouton d’attaque. Enfin, votre perso ne pourra pas courir (il sera même assez lent dans ses déplacements), mais par contre, il pourra sauter d’une plate-forme à une autre, ou même planer grâce à ses ailes si vous appuyez deux fois sur le bouton de saut. Cette dernière faculté est même très efficace, puisque en vol, vous pourrez aussi appuyer sur le bouton d’attaque et ainsi fondre “en piqué” sur vos ennemis.

ActRaiser (screenshot 05)Une fois votre perso maîtrisé (c’est quasi-immédiat), vous serez fin prêt pour partir à l’assaut des 8 stages que compte le jeu. Il n’y a aucun ordre préétabli entre ceux-ci. Vous pourrez donc les boucler dans l’ordre qu’il vous plaira, ce qui permet, d’une part, d’éviter tout déroulement trop linéaire de la partie, et d’autre part, si on bloque sur un des stages (ça peut arriver fréquemment, étant donné qu’ils sont truffés d’ennemis et de pièges en tout genre), de s’attaquer à un autre, quitte à revenir sur le premier par après.

Un peu de technique dans un monde de brutes…

ActRaiser (screenshot 06)Bon. Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, d’autant que vous devez certainement le savoir: ActRaiser 2 fait partie du club très fermé des plus beaux jeux de la Super Nintendo, et si l’on envisage uniquement le genre auquel il appartient (soit, les jeux d’action), c’est très certainement le plus beau jeu de sa catégorie. Rarement un titre 16 bits a réussi à proposer une telle finesse au niveau des graphismes, conjuguée à une utilisation judicieuse des couleurs. En un mot: une merveille. Je ne suis pas développeur, et je ne saurais donc pas vous renseigner sur le mode d’affichage utilisé pour ce jeu, mais très peu de titres présentent autant de détails et une telle finesse à l’écran, surtout si l’on tient compte du fait qu’en plus, bon nombre d’éléments sont animés en même temps, y compris dans les décors.

ActRaiser (screenshot 07)À titre d’exemple, le premier stage (Industen) donne le ton directement en en mettant plein la vue au joueur, avec des cascades qui ruissellent en arrière-plan, et des ennemis aux sprites relativement imposants. Les sept autres stages qui composent le jeu sont bien entendu, vous vous en doutez, dans la même veine, et utilisent de manière optimale les ressources de la console, notamment les effets de distorsion et de transparence. Hors stages, on retrouve aussi avec bonheur le système de présentation en mode 7 sur la carte générale, une des «marques de fabrique» du premier épisode. Je sais qu’on en a l’habitude sur Super NES, mais avec ActRaiser 2, on est clairement un cran au-dessus de la concurrence (en terme de réalisation).

ActRaiser (screenshot 08)Une fois le jeu parcouru de bout en bout, un mot vient aussi immanquablement à l’esprit: diversité. Et ceci vaut aussi bien pour les environnements traversés que pour les ennemis rencontrés. Les premiers changent du tout au tout d’un stage à l’autre, et même si leurs thèmes sont assez classiques (forêt, marécages, océan, etc.), leur réalisation est telle que l’on est à chaque fois surpris par tant de beauté. Quant aux seconds, ils sont très variés et spécifiques à chaque stage. On évite donc le syndrome des ennemis qui se répètent en changeant uniquement de couleur ou de type d’attaque. Leur chara design est aussi un des points forts du titre, avec pour ce dernier, une dimension très «heroic fantasy» (parmi les ennemis, on compte en effet des goules, des chauves-souris, des gobelins, etc.). Les différents boss sont à chaque fois énormes et font référence aux 7 péchés capitaux. Pour chaque stage, vous aurez aussi l’honneur d’affronter un boss de mi-niveau, pas nécessairement dur à battre, même si il faudra malgré tout rester vigilant.

ActRaiser (screenshot 09)Terminons ce chapitre dédié à l’aspect technique du jeu par les musiques. ActRaiser premier du nom avait des musiques tout simplement géniales, qui laissaient déjà entrevoir ce que l’on pouvait espérer des prochains titres Super Famicom dans le domaine de la restitution sonore. Pour ActRaiser 2, c’est Yuzo Koshiro qui s’est occupé des différentes compositions, et le résultat final est tout simplement… bluffant. Les différents morceaux tendent vers le symphonique, et il s’en dégage à chaque fois un côté majestueux et sombre. Idéal pour accentuer l’ambiance «heroïc fantasy» du jeu. Certains morceaux ont un rythme plus lent, d’autres sont plus vifs et énergiques, mais on a à chaque fois affaire à une tracklist d’exception qui a fait l’objet de toutes les attentions. Très peu de jeux vidéo parviennent à un tel degré d’excellence.

ActRaiser 2 : un digne successeur ?

ActRaiser (screenshot 10)Bon. ActRaiser 2 est une tuerie sur le plan visuel ou sonore. Mais en terme d’intérêt et de gameplay, arrive-t-il au même niveau que son prédécesseur? Je vous répondrai sans hésitations par un oui franc, mais en ajoutant quand même quelques nuances. Tout d’abord, on peut tourner le problème dans tous les sens, le fan ayant adoré ActRaiser premier du nom aura inévitablement un petit pincement au coeur en voyant que ce qui faisait la spécificité du premier (mélange gestion/action) n’est plus dans ce second volet. Ensuite, bien qu’il soit accessible, le jeu est relativement dur et surtout court avec ses 8 stages (notamment si vous y jouez en mode normal… il n’y a pas de mode facile). Les modes «hard» et «expert» arrivent à point nommé pour rattraper le coup, mais encore faut-il que le joueur ait le courage de les sélectionner une fois le jeu bouclé en «normal». En conséquence, si on le compare directement à l’expérience procurée par son prédécesseur, il est certain qu’ActRaiser 2 a certaines lacunes. Par contre, si vous le prenez à part, c’est-à-dire en tant que jeu d’action pur et dur, ce titre est un des meilleurs de sa catégorie sur la 16 bits de Nintendo. CQFD.

En conclusion

Grâce à la renommée du premier épisode, ActRaiser 2 a inévitablement attiré sur lui l’attention des joueurs lors de sa sortie, pour le meilleur surtout (avec sa réalisation technique sublime), et parfois pour le pire (dans le sens où ceux-ci pouvaient être déçus de ne pas retrouver le gameplay si spécifique du premier). Mais passé ces moments de doute, force est d’admettre qu’ActRaiser 2 est un grand jeu d’action qui parvient à imposer une identité qui lui est propre. Très peu de «suites» peuvent prétendre avoir réussi un tel tour de force. On remerciera donc Quintet et Enix d’avoir osé «toucher» au mythe ActRaiser pour nous proposer un titre différent mais tout aussi plaisant.

Note Finale
Technique – 9 /10

Difficile de trouver plus beau sur la console dans la catégorie très peuplée des jeux d’action. Des graphismes splendides et pas le moindre ralentissement. Impressionnant.

Musique – 9 /10

Des compositions majestueuses restituant une ambiance assez sombre, avec notamment un côté très symphonique qui prend aux tripes. Du grand art.

Gameplay – 8 /10

ActRaiser 2 est certes difficile, mais malgré une certaine inertie dans ses déplacements (à appréhender), votre perso répond au quart de tour. Les possibilités de protection et de coups sont aussi faciles à mettre en oeuvre.

Durée de vie – 8 /10

Le soft de Quintet/Enix vous résistera un bon moment, mais se sera surtout en raison de son degré de difficulté plutôt qu’en raison de son contenu (8 stages seulement). Les modes "hard" et "expert" permettent de rallonger sensiblement la durée de vie.

Innovation – 7 /10

ActRaiser 2 ne réinvente pas tous les mécanismes du jeu d’action, mais avec sa réalisation hors-norme, il est suffisamment original et beau pour captiver une grande partie des joueurs.

En résumé
Une suite qui surprend en abandonnant l’aspect gestion du premier opus.
8
Bon

Infos Pratiques
Développé par Quintet
Édité par Enix
Sorti le 29.10.1993 (Japon)
Sorti en 11.1993 (USA)
Sorti en 1994 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe sur rien d’autre
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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