bon élève manquant de caractère

Disney’s Aladdin

Une fois la Super NES sortie sur tous les marchés, elle entra en concurrence directe, pour ne pas dire en collision frontale, avec la Mega Drive de Sega. Les choses sérieuses pouvaient donc commencer, ceci pour le plus grand plaisir des joueurs qui, déjà à l’époque, allaient s’adonner à leur sport favori, à savoir “les comparaisons partisanes censées mettre en évidence la supériorité technique de leur console favorite” (mais où donc vais-je chercher tout ça ? … ;o) …).

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 01)Et que pouvait-on comparer, en dehors des capacités techniques “brutes” de chaque machine ? Eh bien, les jeux pardi !!! Et de préférence ceux au contenu plus ou moins proche qui tournaient sur les deux supports. Parmi ceux-ci, le cultissime Street Fighter II faisait office d’épouvantail (d’abord sorti comme une exclu Super NES, et qui, par la suite, sera décliné sur Mega Drive et PC Engine), mais il y en avait bien d’autres, dont notamment de très nombreux jeux tirés de l’univers Disney.

Contexte “historique” et petite précision

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 02)Contrairement à ce que certains jeunes joueurs pourraient penser, avant que la Super NES ne prenne définitivement l’ascendant sur sa rivale, c’était plutôt le coude à coude entre les deux consoles, et en terme d’image, la Mega Drive faisait même figure d’outsider “dans le coup”, avec des titres comme Castle of Illusion starring Mickey Mouse ou encore un certain Aladdin, développé par Virgin Games pour la console de Sega. Heureusement pour Nintendo, Capcom était plus que productif sur sa 16 bits, et le développeur nippon allait donner “son” interprétation d’Aladdin en jeu vidéo. J’insiste bien sur le mot “interprétation”, car contrairement à certains titres qui faisaient l’objet d’un portage d’une console à l’autre, dans le cas d’Aladdin, on est bien en présence de deux jeux totalement différents sur l’une et l’autre console, aussi bien en terme de contenu qu’en terme d’ambiance.

De la plate-forme très (trop ?) classique

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 03)Si pour The Magical Quest starring Mickey Mouse, les équipes de Capcom s’étaient quelque peu lâchées et avaient fait preuve d’une certaine audace, pour ce Disney’s Aladdin, elles se sont cantonnées à traduire à la lettre en jeu d’action / plate-forme les péripéties animées du jeune voleur. On ne s’étonnera donc pas de diriger ce cher “Al” dans les ruelles d’Agrabah, les donjons du palais, la caverne des voleurs… Accompagné de son petit singe Abou et du tapis volant, il ne pourra utiliser que de simples pommes comme projectiles pour assommer ou éliminer ses adversaires. Donc, ici, point de sabre comme dans la version Mega Drive.

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 04)En fait, dans le titre de Capcom, l’accent est surtout mis sur l’agilité et les acrobaties du jeune héros. Tel un bon gymnaste, il jouera au balancier dès que l’occasion se présentera (c’est-à-dire très très souvent) et s’accrochera sans sourciller aux différentes plates-formes (les niveaux étant construits en conséquence, il est même souvent possible d’avancer sans toucher le sol). Indispensables pour supprimer les ennemis, ces pirouettes vont aussi lui permettre d’ouvrir les coffres ou de faire basculer les jarres contenant quelques bonus. Et si l’animation du jeune héros n’est ici sujette à aucune critique possible, celle des ennemis se situe malheureusement un cran en-dessous, avec seulement quelques étapes assez sèches pour leurs déplacements ou mouvements. Dommage.

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 05)Pour en revenir aux bonus que vous trouverez sur votre route, sachez que ceux-ci sont très classiques, avec, principalement, des baguettes de pain (qui redonnent un coeur), des poulets (qui redonnent tous les coeurs), des pommes par dizaines, des lampes magiques en guise de 1up, des draps (pour planer un court instant), sans oublier des diamants et autres rubis à collecter, qui donnent eux aussi, – je vous le donne en mille – des vies supplémentaires. Vous trouverez aussi dans chaque niveau un scarabée doré. Dissimulé dans un coffre, il s’envole quand vous ouvrez ce dernier : il faut alors essayer de l’attraper pour avoir droit à un stage bonus en fin de niveau. En fait, le stage bonus consiste à faire tourner une roue gardée par le génie. C’est vous qui actionnerai la roue et qui l’arrêterez. Le doigt du génie sert d’indicateur et pourra s’arrêter sur des crédits supplémentaires, vies supplémentaires, etc.

Côté réalisation, on ne criera pas au génie !

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 06)Les “beaux” jeux sur Super Nintendo sont nombreux. La console permettait d’obtenir un rendu attrayant assez facilement grâce à ses différents modes de résolution et à sa palette de couleurs étendue. Il n’est donc pas toujours évident pour un titre de se démarquer, et il faut bien avouer que c’est un peu le problème de ce Disney’s Aladdin. Le soft de Capcom est pourtant réussi sur le plan visuel, mais le développeur fournit ici un travail soigné et lisse auquel il manque un peu d’audace, de personnalité. Le résultat final est, pourrait-on dire, sans surprise. Par moment, il y a bien un peu d’originalité (cfr le niveau avec les têtes de Génie et les ballons), mais sans plus.

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 07)Sur un plan purement esthétique par contre, les couleurs choisies sont le plus souvent vives et harmonieuses, avec des décors finement dessinés et très fidèles à ceux du dessin animé. Il en va de même pour les sprites des différents personnages, qui ressemblent à s’y méprendre à ceux du long métrage. Comme je l’ai déjà précisé, un gros travail a été réalisé sur les animations, avec un Aladdin qui se déplace de manière très souple et qui est capable de réaliser mille et une acrobaties. Ce qui lui donne, du même coup, un petit côté Prince of Persia tout à fait flatteur. Les situations relativement variées donnent aussi lieu à de jolis effets visuels (notamment quand Al s’enfuit de la caverne sur le tapis volant et doit éviter la lave, ou lorsque le couple Aladdin / Jasmine survole Agrabah en tapis volant), mais elles n’empêchent cependant pas le titre de rester ancré dans un trop grand classicisme.

Disney's Aladdin Super Nintendo (screenshot 08)Du côté des musiques, on retrouvera des thèmes entraînants et harmonieux exploitant à bon escient les entrailles de la Super NES. Mais à nouveau, tout comme pour les graphismes, il manque un peu de personnalité aux compositions pour que celles-ci s’impriment dans l’esprit du joueur. Je vais clore ce petit aperçu par le gros point noir du soft : sa durée de vie toute riquiqui. Comptez une petite aprem’ pour boucler les six niveaux du jeu si vous êtes relativement bon au pad. Et même en admettant que vous ne soyez pas un grand habitué des jeux de plate-forme, le titre de Capcom ne devrait pas vous résister beaucoup plus longtemps. Les développeurs ont, malgré cela, prévu un système de mots de passe sous forme d’images… Pour le coup, on s’en serait bien passé, histoire de rallonger un peu la durée de vie famélique du soft…

En conclusion

Disney’s Aladdin est un bon jeu de plate-forme avec lequel on s’amuse sans problème. Mais il lui manque quelques ingrédients importants pour tenir la dragée haute à la concurrence, et ceci, que l’on soit sur Super NES, ou face à l’Aladdin de la Mega Drive. Il cumule pourtant les bons points, à commencer par une réalisation solide et une maniabilité à toute épreuve, mais son manque d’originalité et sa trop courte durée de vie (probablement dictée, en grande partie, par son orientation “jeunes joueurs”) l’empêchent d’obtenir le statut envié de hit absolu. Pour terminer sur un mauvais jeu de mots, je dirais qu’il lui manque une petite étincelle de génie pour être inoubliable…

Note Finale
Technique – 8 /10

Un travail soigné et propre pour les graphismes, avec des couleurs assez prononcées tout au long du jeu. Mais c’est surtout l’animation d’Aladdin qui force le respect dès les premières minutes de
jeu.

Musique – 8 /10

Des thèmes que l’on imagine sans problème tirés du long métrage animé. C’est entraînant et rythmé, avec des compositions adaptées aux différentes situations du jeu, mais comme pour les graphismes, il n’y a pas non plus de quoi s’extasier à longueur de partie.

Gameplay – 7 /10

Des mécanismes classiques (coeurs, items pour l’énergie, pommes comme projectiles, possibilité de gagner des vies sup’ et des crédits …). La maniabilité du jeune voleur ne pose aucun souci non plus, et on prendra un plaisir certain à multiplier les acrobaties tout au long du jeu.

Durée de vie – 5 /10

Disney’s Aladdin n’est pas bien compliqué pour le joueur lambda (orientation "jeunes joueurs" du jeu oblige) et se termine d’ailleurs en une bonne après-midi. Les mots de passe n’arrangent pas les choses dans ce domaine.

Innovation – 5 /10

Contrairement au travail effectué par Virgin Games sur l’Aladdin de la Megadrive, Capcom est ici beaucoup trop scolaire et ne nous fournit qu’un énième bon jeu de plate-forme.

En résumé
Pas aussi prenant que l’Aladdin de la Mega Drive, mais on passe un bon moment malgré tout.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Capcom
Édité par Capcom
Sorti le 26.11.1993 (Japon)
Sorti en 11.1993 (USA)
Sorti en 1993 (Europe)
plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 16Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe sur rien d’autre
En vidéo
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