aventure avec un grand "a" dans hyrule

The Legend of Zelda : A Link to the Past

Tous les fans de jeux vidéo le savent: en achetant une console Nintendo, outre les nombreuses exclusivités qui sortiront dessus, on est sûr de pouvoir goûter à deux séries monumentales: celle des Mario et celle des Zelda. Et concernant cette dernière, avec l’arrivée de la Super NES, l’impatience des fans était grande, car après un premier volet mémorable sur la NES, le second (sur la même console) avait déçu. Mais heureusement pour eux, avec The Legend of Zelda A Link to The Past, la série allait littéralement exploser et prendre une toute nouvelle dimension.

Un scénario comme on les aime

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 01On peut l’affirmer sans trop exagérer: The Legend of Zelda A Link to The Past est le premier opus de la série a avoir été véritablement scénarisé, au sens propre du terme. Dès l’intro du jeu, tous les événements tragiques, constitutifs du passé d’Hyrule, nous sont contés à grand renfort d’illustrations et de texte défilant. Au cours du jeu, les dialogues sont également nombreux (pas comme dans les productions actuelles bien entendu, mais bien par rapport aux deux épisodes précédents), de telle sorte que le joueur se sentira plus acteur, plus impliqué, et appréciera à sa juste valeur toute la richesse et la magie du monde d’Hyrule. Le pitch de départ est présenté comme suit. Des légendes racontent qu’il y a très longtemps, un Pouvoir d’Or était caché dans un endroit tenu secret, à l’abri de la convoitise des hommes. Mais un jour, un passage vers cette Terre s’ouvrit, et nombreux sont ceux qui s’y engouffrèrent, espérant obtenir le fameux pouvoir. Aucun d’entre eux n’en revint.

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 02Par la suite, un pouvoir maléfique s’exhala de la Terre d’Or, et le roi ordonna de sceller le passage à tout jamais, ce qui fut fait grâce à l’intervention de 7 Sages. Ses événements, avec le temps, devinrent légendes. Retour dans l’Hyrule actuel. Un sorcier du nom d’Agahnim est parvenu à détruire le sceau protecteur. Il tua ensuite le roi, et fit disparaître les descendants des 7 Sages (7 jeunes filles, dont une certaine Zelda). Nous retrouvons alors Link, un jeune garçon, qui entend par télépathie, dans son rêve, un appel à l’aide lancé par la princesse Zelda. Elle est retenue prisonnière dans le cachot de son propre palais. L’oncle de Link a également entendu cet appel au secours: il part seul secourir la malheureuse, mais ne revient pas. Link, inquiet, part à la recherche de son oncle…

Les nouveautés de cet épisode majeur

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 03The Legend of Zelda A Link to The Past n’est pas à 100% révolutionnaire dans son concept: il s’inspire en effet, en partie, du premier épisode, ne fut-ce que pour la représentation du jeu (vu de 3/4 haut) et sa forte propension à l’aventure. Mais les similitudes s’arrêtent là, puisqu’il apporte des avancées décisives qui deviendront par la suite des éléments caractéristiques de la série. Tout d’abord, bon nombre d’items à la fois nouveaux et innovants font leur apparition, en marge des items habituels (épée, bouclier, arc et boomerang). Ainsi, cet épisode inaugure l’utilisation du grappin (à la fois arme et accessoire, pour passer au-dessus des précipices), les flacons (qui permettent de stocker potions et fées pour une utilisation ultérieure), le marteau, l’ocarina, les gantelets de puissance (permettant à Link de soulever des objets ou rochers de plus en plus lourds) ou encore les bottes de Pégase. Et ne croyez pas qu’ils sont là pour gonfler inutilement l’inventaire: chacun d’entre eux devra être utilisé à bon escient pour progresser dans le jeu. Leur présence met aussi en avant une des qualités majeures du titre, à savoir la foule d’interactions possibles entre Link et son environnement.

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 04Il pourra ainsi soulever/détruire/ouvrir/pousser de nombreux éléments pour découvrir tous les secrets que les programmeurs ont semé dans Hyrule. Ceci pourra être fait à mains nues, mais également grâce à son épée (pour l’herbe et les buissons), ses gants de puissance (pour les pierres et rochers), ou encore ses bottes (qui lui permettront de courir et de percuter les arbres pour en faire tomber des items cachés). Ensuite, si dans les épisodes précédents les donjons se résumaient à un agencement plus ou moins labyrinthique de salles à explorer, avec The Legend of Zelda A Link to The Past, ceux-ci feront réfléchir le joueur, en monopolisant son attention à chaque instant et en devenant par-là même de véritables petits casse-têtes à résoudre. Un mur ébréché pourra voler en éclats à l’aide d’une bombe, menant à une nouvelle salle; actionner un interrupteur inondera une salle, donnant accès à d’autres parties du donjon; etc. Ceci est d’autant plus vrai que les donjons s’étaleront désormais sur plusieurs étages, reliés entre eux par des escaliers (logique), voire même par des trous au centre desquels Link devra se laisser tomber pour atteindre le niveau inférieur.

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 05Enfin, les capacités de la console sont utilisées intelligemment pour offrir une interface claire et intuitive, notamment pour les cartes, que l’on pourra consulter à chaque instant. Elles seront en mode 7 (pour la carte générale d’Hyrule, avec une vue proche et une vue éloignée) ou en 2D, schématiques, pour les donjons. Ce qui nous amène à une autre constatation: en fonction des renseignements que vous aurez récoltés et votre avancement dans le jeu, votre prochaine destination ou donjon sera à chaque fois indiquée sur la carte. À cet égard, on voit donc apparaître pour la première fois une certaine linéarité dans la série, tant Link doit se déplacer de donjon en donjon dans un ordre précis pour faire avancer le scénario. Mais rassurez-vous: si votre progression globale est «balisée», elle n’exclut jamais la possibilité de se promener librement dans la plupart des différentes régions d’Hyrule pour collecter rubis et fragments de coeur, ou tout simplement profiter de l’énorme aire de jeu proposée par le titre.

Deux royaumes pour le prix d’un seul

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 06Si il y a bien une caractéristique de ce Zelda qui mérite à elle seule tout un paragraphe, c’est le fait qu’Hyrule présente deux dimensions ou mondes parallèles, deux réalités à la fois similaires… et différentes sur bien des points. Durant la première moitié du jeu, Link évoluera dans le Light World (monde de la Lumière, soit l’Hyrule ordinaire). Il devra rassembler trois pendentifs pour ensuite combattre une première fois Agahnim et s’approprier l’épée légendaire, Excalibur. Ceci fait, il aura alors accès au Dark World (monde des Ténèbres, soit un Hyrule altéré par le pouvoir démoniaque de Ganon). Dans celui-ci, sa mission sera de délivrer les sept jeunes filles, descendantes des 7 Sages, et affronter son pire ennemi dans un combat final d’anthologie.

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 07Mais il faut bien avoir à l’esprit que ce ne sont pas deux aires de jeu simplement mises l’une à la suite de l’autre. Le coup de génie de Miyamoto et de son équipe est d’avoir imaginé une interaction entre ces deux «réalités» d’Hyrule, puisque Link pourra passer de l’une à l’autre grâce à un item (le miroir) ou des portails magiques. Une action spécifique dans le Light World aura peut-être une conséquence au même endroit dans le Dark World. Et inversement. De même, un endroit infranchissable dans un des mondes peut devenir franchissable dans l’autre. Le joueur devra donc réfléchir et passer de l’un à l’autre pour progresser. C’est donc là aussi que se situe une des clés du jeu.

Hyrule comme on en rêvait

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 08Comme je vous le précisais au début du test, The Legend of Zelda A Link to The Past revient à une représentation «vue de 3/4 haut». Aux oubliettes donc la vue de côté du second volet sur NES. C’est une très bonne chose. En outre, les amas de pixels sur 8 bits ont laissé la place à un graphisme à la fois simple, mignon, et coloré. On retrouvera d’ailleurs la même «patte» graphique par la suite, dans des épisodes 2D ultérieurs, mais en plus travaillé encore (The Minish Cap sur Game Boy Advance, Four Swords sur GameCube…). La priorité de Nintendo était donc de doter le jeu d’une grande lisibilité, tout en le rendant identifiable entre mille. Pari réussi sur toute la ligne. L’animation est aussi une des grandes forces du jeu: bien que simple et pas vraiment tape-à-l’oeil, elle n’exclut pas certains effets spéciaux particulièrement réussis. Chaque joueur de l’époque se souviendra avec émotion des premières minutes du jeu, au cours desquelles Link se promène sous une pluie battante, avec éclairs et grondements de tonnerre en toile de fond.

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 09Plus loin dans l’aventure, on retrouvera aussi des effets de transparence (pour le brouillard par exemple) ou de déformation. Et la Super NES affiche tout cela sans sourciller, bien entendu. Pour les musiques, on retrouve aux commandes Koji Kondo, génial compositeur qui s’occupait (s’occupe toujours?) de tous les gros titres estampillés Nintendo. Il signe ici des morceaux sublimes qui deviendront récurrents dans la série par la suite (berceuse de Zelda, thème du château d’Hyrule, accompagnement sonore de l’écran de sélection). On retrouve aussi, dans la bande-son, le thème principal du tout premier Zelda, joué par une Super NES virtuose. Du tout bon donc, avec des morceaux qui ne présentent aucune faiblesse et qui forment ensemble une des meilleures OST de la console, tous jeux confondus.

Localisation et portage sur Game Boy Advance

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 10Vous l’aurez peut-être remarqué: j’aime bien ajouter dans mes tests de petits comparatifs entre les différentes versions d’un même jeu, histoire de voir si le titre a été massacré (ou pas) lors de sa localisation pour les marchés US et européen. Et il y a généralement matière à critiquer. Sauf que dans le cas de The Legend of Zelda A Link to The Past, c’est plutôt l’inverse qui se produit, le titre de Nintendo étant un des tout premiers à avoir bénéficié d’une excellente traduction française intégrale, idéale pour apprécier la trame du jeu. Par ailleurs, les modifications graphiques ou autres ne sont pas très nombreuses. Comme d’hab’, les références religieuses ont été gommées (le «prêtre» Agahnim devient le «sorcier» Agahnim dans la version occidentale). Le titre japonais «Kamigami no Triforce» (La Triforce des dieux) est remplacée par «A Link to the Past» (Lien avec le passé). Et le fond noir de l’écran-titre de la version japonaise cède la place à une vue extérieure, en arrière-plan, du château d’Hyrule dans notre version. Pas de quoi fouetter un chat donc.

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 11En 2003, la Game Boy Advance a accueilli dans sa ludothèque le portage de ce titre mythique. Réalisée par Capcom (!) et couplée au jeu multijoueurs Four Swords, cette adaptation apporte son lot de nouveautés plus ou moins intéressantes, dont un palais inédit (le Palais de l’Epée de Quatre, mais son accès est lié à Four Swords) et une quête d’Énigmes (également accessible selon les résultats obtenus dans Four Swords). Du côté de la réalisation, le titre de Nintendo se paie une seconde jeunesse, et ce sont surtout de petits aménagements (esthétiques ou non) qui ont été réalisés. Ainsi, certains objets ont de nouvelles capacités (les flèches peuvent désormais casser les vases, la flamme de la lanterne peut blesser les ennemis…).

The Legend of Zelda A Link to the Past Super Nintendo screenshot 12Deux salles ont été modifiées dans le Palais des Glaces pour simplifier ce passage du jeu. Link conservera dans son inventaire la flûte et la pelle (dans la version Super NES, la pelle était remplacée par la flûte). Enfin, notre héros profite aussi de ce passage sur console portable pour se doter d’une voix, ou plutôt de cris (quand il frappe avec son épée, quand il tombe dans un trou…). Assez énervant au bout d’un moment. On notera aussi que la cartouche permet de reprendre la partie à partir du dernier endroit sauvegardé, ce qui est finalement bien pratique, surtout sur une console portable.

En conclusion

The Legend of Zelda A Link to The Past est LE jeu d’action/aventure à posséder sur Super NES. Nintendo nous livre ici une aventure riche, profonde, avec un gameplay et une réalisation qui ont fait date. Il n’y a rien à ajouter. Si vous ne l’avez pas encore fait (ce dont je doute fortement), ce ne sont pas les occasions qui manquent, puisque vous pouvez désormais le trouver assez facilement sur Game Boy Advance et surtout sur Wii (via la Console Virtuelle).

Note Finale
Technique – 8 /10

Nintendo dote l’univers d’Hyrule d’un style graphique qui fera date. À la fois simple, rondouillard et très lisible, il sera repris plus tard dans d’autres jeux 2D de la série, comme The Minish Cap sur Game Boy Advance.

Musique – 9 /10

Koji Kondo prouve encore une fois tout son talent en signant une des meilleures OST de la Super NES. Certains morceaux deviendront rapidement des “classiques”. D’autres profitent de leur passage sur 16bit pour devenir encore plus beaux, comme le thème du premier Zelda par exemple.

Gameplay – 8 /10

Loin d’être orienté inventaire ou objets, The Legend of Zelda A Link to the Past mise tout sur l’aventure avec un grand “A” et sur l’action. Il introduit bon nombre de mécanismes et d’items qui seront fondamentaux dans la série.

Durée de vie – 7 /10

Nintendo propose aux joueurs un titre à la durée de vie conséquente. Peu de quêtes annexes, mais une aventure riche en donjons (qui feront bouger vos méninges) et à l’aire de jeu dédoublée (grâce à l’ “astuce” Light World/Dark World).

Innovation – 8 /10

Dans The Legend of Zelda A Link to the Past, on trouve les bases esquissées par le tout premier Zelda sur NES, mais surtout une foule de nouveautés et d’innovations qui ont permis à la série de faire un énorme bond en avant.

En résumé
Les aventures 16 bits de Link sont synonymes de perfection. Un des meilleurs épisodes de la saga.
9
Légendaire

Infos Pratiques
Développé par Nintendo
Édité par Nintendo
Sorti le 21.11.1991 (Japon) (*)
Sorti le 13.04.1992 (USA)
Sorti le 24.09.1992 (Europe)
action-RPG
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe aussi sur GBA, Console Virtuelle (Wii)
(*) appelé «Zelda no Densetsu Kamigami no Triforce» au Japon
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Crédits
Infos sur la version Game Boy Advance en provenance du site Le Palais de Zelda.
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