l'influence pc engine ?

Flying Hero : Bugyuru no Daibouken

Sofel, voilà un nom d’éditeur que je n’ai pas souvent eu l’occasion de voir apparaître sur mon écran! Avec Flying Hero, c’est la seule et unique fois en fait. Que nous ont donc pondu les petits gars de ce modeste éditeur, aujourd’hui évanoui dans la nature? Réponse: un amour de shoot-them-up vertical aux allures puériles mais bien délirant, comme le suggère si bien la jaquette. Si vous vous posiez la question, sachez au passage que Flying Hero n’a rien à voir avec son homonyme sur Famicom.

Flying Hero Super Famicom (screenshot 01)Tout le monde se souvient avec nostalgie du test de Flying Hero paru dans le numéro 17 de Joypad (février 1993 – Mazette ! Quelle précision !) qui comportait notamment un avis écrit par J’M Destroy que même un certain faucon (ou un certain puma autrefois) n’aurait pas laissé passer dans ses magazines. Extrait : “Assez pourri graphisquement, je l’ai déjà dit, assez pauvre au niveau des armes, pas extraordinaire au niveau des options et des tirs, Flying Hero est pourtant lorsqu’on y joue un jeu pas si pourri.” Merci Monsieur Destroy pour ce morceau de bravoure qui restera dans les annales des tests import. Sans prétendre une seule seconde rivaliser avec un tel chef-d’oeuvre de littérature, nous allons humblement tenter de vous décrire Flying Hero, à vous, les trois pèlerins à s’être égarés sur ce site Internet.

Gaieté et dérision

Flying Hero Super Famicom (screenshot 02)Le moins que l’on puisse dire est que Flying Hero ne se prend absolument pas au sérieux. L’introduction, excessivement candide, vous dévoile un “scénario” monstrueusement mièvre : alors que vous, la petite boule blanche ailée, étiez tranquillos en train de vous prendre la tête avec votre petite amie blonde, un vilain coiffé à la Dragon Ball Z surgit de nulle part (ouoh oh oh oh !) et enlève cette dernière: tellement gros qu’il ne peut s’agir que d’une parodie, ce qui sera confirmé par la suite par l’univers et l’ambiance bébête du soft ou par des clins d’oeil à Salamander ! Délicieusement niais avec ses ennemis souriants, ses chauves-souris pataudes, son Georges Washington tournoyant et ses singes volants, Flying Hero joue la carte de l’humour nigaud et s’inscrit dans un registre très proche de celui de Star Parodia sur PC Engine ou de Parodius, à deux milles kilomètres des classiques et ternes vaisseaux spatiaux gris usuels.

Flying Hero Super Famicom (screenshot 03)Par son côté infantile, la cartouche de Sofel peut également être comparée à l’excellent Pop’n Twinbee de Konami, shoot-them-up vertical tournant également sur Super Famicom. Devant un tableau aussi enfantin, on s’inquiète logiquement à propos de la difficulté du jeu. En mode normal, la première moitié du soft ressemble effectivement à une ballade de santé. On croit alors à un shoot-them-up très facile pour joueurs en culotte courte, mais en réalité, l’autre moitié du jeu se révèle carrément corsée! La montée en difficulté se fait ressentir de façon assez brutale à partir du stage 5, avec plus de tirs et de petites boules rouges à esquiver, une action plus intense et des boss bien plus redoutables. Il sera nécessaire à partir de ce moment là de bien maîtriser votre vitesse (réglable à l’aide du bouton select) ainsi que le système de tir afin d’espérer atteindre les tout derniers stages.

Advanced Directional Shooting System

Flying Hero Super Famicom (screenshot 04)Si Flying Hero était un RPG sorti après 1994, son système de tir aurait sans doute été pompeusement baptisé “Advanced Directional Shooting System”, à l’instar des ridicules “Motion Linear Battle System” ou autres “Flex Range Multi Linear Battle System”… Il n’en est évidemment rien de la part de l’obscur éditeur Sofel, celui-ci préférant se concentrer sur les singes et les décors adorablement bucoliques du jeu. Pourtant, le système de tir conçu par les développeurs de cette cartouche demeure assez original: notre petite boule ailée peut tirer dans quatre directions: tout droit, à 45° sur la gauche en pressant le bouton L, à 45° sur la droite en pressant R, ou à 180° (pour les nuls en géométrie: derrière quoi) en maintenant enfoncés les boutons L et R simultanément.

Flying Hero Super Famicom (screenshot 05)Ce système permet des mouvements intéressants combinant esquives, décalages et changements de direction de tir, notamment face aux boss. Ni complexe, ni spectaculaire, Flying Hero propose trois types de tir : le tir standard, le serpentin électrique (mon préféré) et le nuage. Chacun de ces tirs peut être simple, doublé ou triplé en dévorant les petits gâteaux bonus parfois contenus dans les ballons errant dans le ciel. En ramassant l’option appropriée, vous pouvez aussi vous faire épauler par de mini diablotins sortant constamment de votre corps. Et pour compléter votre arsenal, vous disposez également d’une quantité limitée de bombes, à larguer en appuyant sur le bouton Y. Comme d’habitude, conservez les de préférence pour les gardiens de fin de niveau, et veillez à les utiliser avant de succomber face aux tirs adverses, puisque leur nombre est réinitialisé à chaque vie perdue.

De la verdure, des abeilles, des singes, des ours et des fées

Flying Hero Super Famicom (screenshot 06)Avec le look de son héros et son univers crétin, Flying Hero évoque davantage un shoot them-up PC Engine qu’un produit Super Famicom. Mais la finesse graphique, les effets faisant usage du mode 7 ainsi que les musiques nous rappellent que nous sommes bien sur la 16 bits de Nintendo. D’un style singulier et extravagant, les musiques, aux sonorités amusantes, collent d’ailleurs parfaitement à l’esprit du soft, tout en autodérision et en parodie candide. Personnellement, j’adore ! Que ce soit au niveau des graphismes ou des musiques, ce programme se montre donc très plaisant.

Flying Hero Super Famicom (screenshot 07)Maintenant, la grande question que tout le monde se pose est donc de savoir si au niveau de l’animation Flying Hero appartient à la famille “Super R-Type” (ralentissements à gogo) ou s’inscrit plutôt dans la lignée “Super Aleste” (fluidité des mouvements)? Eh bien sur ce point, la fine équipe de Sofel s’est très bien débrouillée puisqu’aucun problème n’est à signaler: tous les sprites bougent parfaitement sans aucune décélération intempestive et sans aucun clignotement : voilà qui mérite bien qu’on leur tire un coup de chapeau! Flying Hero prouve donc, à l’instar de Super Aleste, qu’il était bien possible de réaliser sur Super Famicom des shoot-them-up comportant beaucoup d’action et de mouvements, et ce sans aucun ralentissements.

Un oublié de l’histoire ?

Flying Hero Super Famicom (screenshot 08)Ajoutez à cette réalisation impeccable des boss tout bonnement géniaux, une très bonne durée de vie (huit stages et un bon niveau de difficulté), et vous obtenez une cartouche chaudement recommandée à tous les fanas de shoot-them-up colorés, pétillants et plein de vie. On regrettera juste que Flying Hero n’en mette pas plein la vue avec des graphismes plus spectaculaires, un rythme plus frénétique et une débauche technique plus impressionnante. C’est sans aucune doute pour ces raisons qu’il n’a pas spécialement marqué son époque, et qu’aujourd’hui, lorsqu’on s’amuse à lister ses shoot-them-up préférés sur les forums, on découvre rarement son nom parmi les softs cités, au contraire d’un Axelay, d’un Super Aleste, ou d’un R-Type III.

Flying Hero Super Famicom (screenshot 09)Autre élément ayant joué en sa défaveur: le fait de ne pas avoir vu le jour en dehors du Japon. Pourtant, au vu de la maigreur de la ludothèque Super Famicom en matière de shoot-them-up de qualité, Flying Hero mériterait haut la main d’être mentionné! D’ailleurs si vous me demandez de choisir entre R-Type III, Chôjikû Yôsai Macross Scrambled Valkyrie, Area 88 et Flying Hero, je vote sans hésiter pour le petit globe blanc vêtu d’un casque d’aviateur, Bugyuru alias “Bernard San” ;o)

Note Finale
Technique – 7 /10

Les graphismes font songer à un jeu Hucard, avec plus de subtilité et de couleurs. Très plaisant, l’univers imaginé et dessiné par Sofel vous enchantera.

Musique – 7 /10

Très spéciales, les musiques de Flying Hero ne ressemblent à aucunes autres. Assez excitantes, elles remplissent parfaitement leur contrat.

Gameplay – 9 /10

Système de tir bien pensé, commandes répondant parfaitement : c’est un véritable plaisir de diriger l’étrange créature ailée de Flying Hero.

Durée de vie – 7 /10

Le programme de Sofel propose trois niveaux de difficulté, et huit stages. En outre, le jeu devient assez coton à partir du stage 5, ce qui lui assure une bonne longévité.

Innovation – 5 /10

Bien sûr, Sofel n’a pas bouleversé le monde du shoot-them-up avec cette production, mais l’ambiance de ce soft reste tout de même assez originale. On mentionnera également le système de tir faisant usage des boutons L et R.

En résumé
Sous ses dehors enfantins, Flying Hero est un shoot’em up agréable qui est loin d’être ridicule.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Sofel
Édité par Sofel
Sorti le 18.12.1992 (Japon)
Pas sorti en Europe
Pas sorti aux USA
shoot’em up
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
En vidéo
Voir une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
Encore + d’images
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Crédits
Version originale du test sur Neo Retro Games.
Repris sur la MdP avec l'autorisation de Gustav XIII.
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