"baby rpg" sympatoche

The Twisted Tales of Spike Mc Fang

En mettant sur pied la Mémoire du Pad, j’avais pour objectif de parler des gros hits de la Super NES, mais pas seulement. Je voulais aussi mettre en lumière certains jeux plus ou moins oubliés qui pourtant méritent eux aussi toute notre attention. C’est le cas avec The Twisted Tales of Spike Mc Fang (Spike Mc Fang pour le reste de l’article): un petit action-RPG pétrit de qualités que je vous propose de découvrir dans les lignes qui suivent.

La suite d’un jeu PC Engine

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 01Appelé Chou Makai Taisen Dorabocchan au Japon, cet épisode 16 bits est en fait la suite de Makai Prince Dorabocchan, un titre sorti au Japon sur la PC Engine, la petite console de NEC. Développé par le studio Red et édité par Naxat Soft, il met en scène les péripéties de Spike (Dorabô dans la version japonaise), un jeune prince vampire, dans son combat contre le cruel général Von Hesler, un démon qui tente par tous les moyens d’envahir le royaume de Vladamasco sur lequel règnent les parents de Spike. Par la suite, notre jeune héros sera rejoint dans son périple par Rudy et Camelia, une amie dont le royaume est également menacé. Son but est donc simple: reprendre les rennes du royaume et aller vaincre Von Hesler dans son antre.

Très loin d’une quelconque représentation réaliste ou mature, Spike Mc Fang s’inscrit de plein pied dans la mouvance “kawaï”, avec une représentation de l’action en vue de dessus, des personnages petits et mignons, des couleurs chaleureuses et des ennemis tout aussi avenants (du moins pour la plupart).

Un gameplay simplifié à l’extrême

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 02Là où certains jeux sur Super Famicom conservent un bon degré de difficulté malgré une esthétique destinée à capter le regard du joueur, Spike Mc Fang va à l’opposé de ce principe, en offrant des graphismes visant clairement une audience grand public couplés ici à une facilité déconcertante pour le gamer moyen. Tous les éléments du gameplay ont en effet été édulcorés, et le jeu mise d’ailleurs beaucoup plus sur l’action que sur le côté RPG/aventure. Je m’explique.

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 03Tout d’abord, bien que ce cher Spike doive, comme dans tout bon RPG, combattre pour gagner de l’expérience et de l’argent, vous n’aurez jamais accès à des stats compliquées qui reprennent toute une série de paramètres, comme on peut en retrouver dans les Final Fantasy et autres. En fait, le soft va à l’essentiel: à chaque fois que son expérience montera d’un niveau, Spike sera averti par son mentor, le professeur Steam, via son portable. Tout au plus, vous pourrez consulter le nombre de points d’expérience nécessaire pour passer au niveau suivant en affichant votre unique page d’inventaire. Changer de niveau signifiera ici “avoir une plus grande réserve de vie/énergie”, vie qui est symbolisée à l’écran par des tomates bien rouges. Chaque niveau de Spike étant représenté par une grosse tomate, elle-même subdivisée par quatre petites tomates.

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 04Et non, je vous rassure tout de suite: je n’ai pas bu avant de rédiger ce test. :o) En fait, en lieu et place du sang bien frais de ses ennemis, notre petit vampire se nourrit exclusivement avec du jus de tomates. C’est bon pour la santé! Pour regagner de la vie, il lui suffira de récupérer les tomates (petites ou grosses) laissées par les ennemis ou bien d’utiliser des cartes tomates/jus de tomates achetées dans les boutiques (voir ci-dessous). Cette analogie sang/jus de tomate est un peu simpliste, mais bon. Personnellement, je trouve que ça accentue encore un peu plus le petit côté “humour décalé” du soft.

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 05On retrouve la même simplicité dans l’inventaire, qui s’articule uniquement autour des chapeaux de Spike et des cartes magiques à collecter. Spike va en effet utiliser son chapeau comme un boomerang qu’il lance à la tête des ennemis éloignés. Original. Et pour les combats rapprochés, il se sert de sa cape en tournoyant sur lui-même, ce qui lui permet de toucher plusieurs ennemis d’un seul coup. Inconvénient de cette technique: si vous effectuez cette attaque de manière trop répétée, Spike, tout en continuant à tourner sur lui-même, devient incontrôlable pendant un court moment (ce qui augmente un peu, du même coup, la portée de son attaque). C’est une chouette trouvaille qui incite le joueur à faire un petit choix stratégique entre d’une part, l’attaque avec le chapeau (plus lente à mettre en oeuvre et à l’efficacité variable en fonction du chapeau), et d’autre part, l’attaque rapprochée avec la cape (à utiliser avec modération).

Au fur et à mesure du jeu, les quelques boutiques présentes dans les villages proposeront à la vente des chapeaux de plus en plus efficaces, mais bien évidemment, assez chers à acheter. Et hormis les chapeaux, il n’y a pas tout simplement pas d’autres items d’équipement.

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 06Le système de cartes magiques (qui, en gros, sont les items du jeu) est quant à lui un petit peu plus fouillé. Spike possède dans son inventaire un nombre limité d’emplacements destinés à recevoir différentes cartes. Et chaque emplacement ne peut recevoir qu’une seule sorte de carte, pour un maximum de 10 cartes. Ces dernières, tout comme les chapeaux, devront être achetées dans les boutiques, et permettront principalement de récupérer de la vie (cartes tomate/jus de tomate). Le jeu comporte aussi d’autres sortes de cartes, qui s’obtiennent également dans les villages, mais dans une autre échoppe tenue par une sorte de machine à sous.

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 07Dans cette dernière, en échange de 20 pièces, vous recevrez une carte magique au hasard. Vous ne saurez donc jamais laquelle sortira, mais ce sont bien souvent ces cartes-là les plus intéressantes pour avancer dans le jeu. On y trouve un peu de tout, comme la carte d’invisibilité, la carte qui “booste” votre allié ou encore celles qui permettent de lancer des attaques magiques élémentaires. Enfin, certaines cartes sont plus particulières et vous seront données lors de votre progression dans l’aventure. Il faut quand même souligner qu’utiliser ce système des cartes n’est nullement obligatoire pour terminer le jeu. Ce qui est un peu dommage. On peut très bien se contenter d’acheter un max de cartes “jus de tomate” dans les boutiques et s’en sortir assez facilement.

Un “baby-RPG” très bien réalisé

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 08Cette simplification dans le gameplay trouve aussi un écho dans le cheminement que vous devrez emprunter dans le jeu. Dès le début de la partie, vous serez pris par la main pour aller d’un point A à un point B. Le soft ne comporte d’ailleurs pas de carte générale, les déplacements d’un endroit à un autre se faisant dans des “niveaux” représentés en vue de dessus. Ce qui me conforte dans l’idée que Red avait pour objectif de séduire les jeunes joueurs et de ne pas les embarrasser avec des mécanismes trop lourds ou complexes. En cours de route, le scénario fera en sorte que Spike soit rejoint par deux de ses amis, Rudy et Camelia. Ceux-ci pourront être contrôlés soit par la console, soit par un second joueur humain (à condition que vous ayez entré un «cheat code» à l’écran-titre du jeu). L’idée est louable, mais dans la pratique, quand vous êtes seul pour jouer, l’IA du second perso s’avère pour le moins inefficace, celui-ci se contentant de frapper de temps en temps un ennemi à proximité. Dès lors, si vous n’avez pas d’ami sous la main, comptez plutôt uniquement sur vous-même pour avancer et latter les ennemis!

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 09Les contrées traversées par Spike sont aussi relativement classiques (jungle, désert, plaine, montagne enneigée, nuages…) mais elles sont toutes splendides. Côté durée de vie, le jeu est très court, avec une aventure qui dure en tout et pour tout entre 4 et 5 heures montre en main. Et c’est d’ailleurs aussi à cet endroit que se situe un des gros paradoxes de Spike Mc Fang: alors que les “simples” ennemis rencontrés sont faciles à battre (ils ont également un niveau d’expérience, tout comme vous, et leur “vie” suit la même logique que celle de votre perso), certains boss s’avéreront nettement plus délicats à aborder, d’autant plus qu’ils ont pour la plupart la faculté de se régénérer (mais une seule fois seulement). En fait, pour espérer les vaincre, mieux vaut avoir un niveau d’expérience équivalent ou supérieur, ainsi qu’une grosse réserve de jus de tomate! Il ne sera pas non plus idiot d’utiliser contre eux les cartes magiques spéciales dont je vous ai parlé précédemment. Mais bon, même en tenant compte des boss, le jeu est quand même au final très court.

The Twisted Tales of Spike Mc Fang Super NES screenshot 10Les musiques qui vous tiendront compagnie pendant votre aventure n’ont rien d’extraordinaire ou de spectaculaire, mais elles s’inscrivent tout à fait dans l’atmosphère bon enfant du jeu. On pourrait les qualifier de légères ou d’entraînantes, notamment celles des combats contre les boss. Les bruitages ne se font pas non plus remarquer outre mesure, même si ils sont d’un niveau tout à fait correct. Ils joueront cependant un rôle essentiel vers la fin de l’aventure (ceux qui auront fait le jeu comprendront de quoi je parle).

En conclusion

Quand on joue à Spike Mc Fang, on se demande pourquoi ce titre n’a pas connu un plus gros succès auprès des possesseurs de Super NES, ou du moins, une plus grosse renommée. Tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour en faire un hit: une réalisation graphique excellente, un univers cohérent et un gameplay certes simplifié mais efficace à souhait. Son seul gros point faible étant sa durée de vie beaucoup trop courte pour qu’il puisse rivaliser avec les action-RPG de Square et consorts. Enfin bref, tout ceci pour vous dire que l’on prend quand même un plaisir bien réel en jouant à ce -court- jeu, et c’est l’essentiel. Le genre de soft idéal pour se détendre entre deux “gros” RPG’s plus gourmands en temps.

Note Finale
Technique – 8 /10

Avec ses environnements colorés, SMF flatte la rétine du joueur dans le bon sens. Même chose pour les sprites des persos principaux et des ennemis, qui bénéficient d’animations soignées. Certains passages se paient aussi le luxe de petits effets spéciaux (zoom principalement).

Musique – 7 /10

Les musiques du jeu ne sont peut-être pas inoubliables, mais elles jouent bien leur rôle quand il s’agit de motiver le joueur durant sa progression. Les bruitages font jeu égal avec les musiques et s’intègrent parfaitement à l’ensemble.

Gameplay – 7 /10

On est à la limite du jeu d’action, tous les éléments "RPG" ayant été simplifiés, voire même supprimés. Certainement trop simple pour les joueurs confirmés et exigeants, l’interface et le gameplay auront au moins le mérite de convenir à tous les autres.

Durée de vie – 4 /10

On ne peut qu’être déçu par la faible durée de vie du titre. Ceci d’autant plus que votre progression est sauvée sur la cartouche. Sur ce point, SMF méritait mieux. Avec une durée de vie “à la Zelda”, le soft de Red aurait été une tuerie.

Innovation – 8 /10

Pour une fois qu’un héros n’est pas armé d’une épée et d’un bouclier, on ne peut qu’applaudir des deux mains! On trouve aussi dans ce titre de vraies bonnes idées, comme le chapeau servant d’arme, la gestion des cartes, ou le Spike incontrôlable quand il tourne trop sur lui-même.

En résumé
Un action-RPG “simplifié” dont le seul gros défaut est une durée de vie bien trop courte.
8
Très bon

Infos Pratiques
Développé par Red
Édité par BPS (USA) (1)
Sorti le 19.03.1993 (Japon) (2)
Sorti en 06.1994 (USA)
Pas sorti en Europe
action-RPG
1 à 2 joueurs (moyennant cheat code)
Cartouche de 8Mb
Sauvegarde sur la cartouche
Existe sur rien d’autre
(1) au Japon, le jeu a été édité par Naxat Soft
(2) appelé «Chou Makai Taisen Dorabocchan» au Japon
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