un des meilleurs jeux de la saga

Super Castlevania IV

Chose assez rare dans le monde du jeu vidéo, l’arrivée de la Super NES a directement coïncidé avec celle de très gros hits, et les joueurs n’ont donc pas dû attendre trop longtemps avant d’entrevoir les capacités de la console. Nintendo avait annoncé la couleur dès le lancement avec un Super Mario World inoubliable, suivi de près par les éditeurs tiers, dont Konami qui transposa rapidement sur la 16 bits une de ses plus grosses licences: Castlevania.

Un scénario cyclique… et réchauffé

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 01Le destin de la famille Belmont et de Dracula sont scellés à tout jamais. Tous les cent ans, le vampire suceur de sang sort de son sommeil pour faire régner le mal, et à chaque fois, c’est un membre de la famille Belmont qui doit l’affronter pour le renvoyer d’où il vient. Dans Super Castlevania IV (SCIV), c’est à Simon Belmont que revient cette lourde tâche et il devra batailler ferme pour aller trucider le vampire dans son repaire. Voilà donc ce qu’il en est du scénario de cet opus. Comme vous pouvez le voir, cette base scénaristique est loin d’être originale, et pour cause, puisque ce Castlevania n’est en fait rien d’autre qu’un remake en profondeur du tout premier opus sorti sur la NES et sur MSX en 1986.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 02Mais les changements et améliorations furent tels que pour l’Europe et les USA, Konami présenta le jeu comme un tout nouvel épisode (d’où le IV dans le titre). Dans son pays d’origine par contre, le jeu fut d’emblée annoncé comme un remake et se vit juste affublé du titre Akumajo Dracula. Ces considérations mises à part, on notera surtout que SCIV est un des derniers épisodes ayant conservé les bases mêmes de la série, son esprit originel si l’on peut dire. Notamment sur le plan graphique, où Konami donnera une nouvelle orientation à la licence en optant pour une représentation assez différente de l’univers de Castlevania. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder du côté d’Akumajo Dracula XX, toujours sur Super Famicom.

De l’art de manier le fouet

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 03Le gameplay de ce SCIV est calqué sur celui des épisodes précédents sortis sur NES, et plus particulièrement sur celui du 3. Mais le fouet, arme de prédilection du héros depuis le tout premier épisode, se voit ici doté de nouvelles possibilités. Ainsi, notre héros pourfendeur de vampires pourra désormais frapper dans toutes les directions (haut, bas, diagonale, etc.) et ainsi atteindre les ennemis logés dans les moindres recoins des niveaux. En laissant le bouton d’action enfoncé, le fouet servira même de protection à Simon pour parer les tirs/coups des ennemis (l’inconvénient de cette nouvelle «technique» étant que Simon ne peut pas se déplacer pendant qu’il l’utilise).

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 04En enroulant son fouet sur des anneaux prévus à cet effet dans les niveaux, il pourra aussi passer au-dessus de précipices grâce à un mouvement de balancier contrôlé par le joueur. Outre ces possibilités vraiment intéressantes, il faut aussi souligner que le fouet de Simon est évolutif puisque, grâce aux items cachés dans les chandeliers (un grand classique de la série), de simple lanière de cuir, il pourra se transformer en courte chaîne puis en longue chaîne.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 05En marge de cette arme principale, Simon pourra aussi compter sur des armes secondaires telles que le couteau, la hache, l’eau bénite, etc. Elles se dénichent à nouveau dans les fameux chandeliers, et ne peuvent être utilisées, contrairement au fouet, qu’un nombre limité de fois (nombre déterminé par la quantité de coeurs ramassés pendant la partie). Donc, un conseil: utilisez ces armes avec modération, puisque si vous n’avez plus de coeurs en réserve, vous ne pourrez tout simplement plus utiliser votre arme secondaire. En outre, vu qu’on ne peut en porter qu’une seule à la fois, il faudra essayer d’avoir celle qui est à la fois la mieux adaptée à la situation et à votre type de jeu.

Une jolie démo technique et des environnements détaillés

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 06Malgré le fait que SCIV ne tienne que sur une «petite» cartouche de 8Mb, on ne peut que saluer le boulot abattu par les programmeurs pour imaginer les différents environnements que Simon devra traverser. Ceux-ci se singularisent par une alternance de passages en intérieur et en extérieur. Pour vous faire une petite idée, avant d’affronter Dracula, notre héros devra passer par les écuries, par des marais, des grottes, des ruines… pour, par la suite, enchaîner sur les pièces du château (grand hall, bibliothèque, salle de torture, salle des trésors…). De nombreux détails sont également présents, avec notamment des animations un peu partout qui donnent véritablement vie au titre.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 07Il suffit de regarder le niveau de la caverne (avec les gouttes qui tombent des stalactites), ou encore les crânes qui bougent sur votre passage en vous suivant du regard. Pour empêcher Simon d’avancer, un bestiaire particulièrement agressif et tout aussi varié est éparpillé dans tous les niveaux. On y trouve, pêle-mêle, des chauves-souris (classique), des squelettes, des golems, des gargouilles, des zombies et j’en passe. Les animations de tout ce petit monde forcent également le respect, avec des squelettes qui volent en éclats sous les coups de votre fouet, ou encore des golems qui se subdivisent en ennemis de plus en plus petits. Les boss sont tout aussi pittoresques et vraiment impressionnants.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 08Les possibilités de la Super NES en matière de scrollings ont également été mises à contribution, ce qui donne lieu à de jolis effets de profondeur sur les décors en arrière-plan. Enfin, difficile de passer sous silence les niveaux utilisant les effets de transparence, de déformation et -surtout- de rotation: on assiste à un vrai festival, chacun des stages offrant son petit passage d’anthologie.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 09Les petites réserves que l’on pourrait éventuellement émettre (mais c’est une considération d’ordre purement esthétique) concernent l’utilisation par moment de couleurs assez prononcées qui tranchent avec l’inspiration et l’ambiance gothique du titre. Dans le même ordre d’idées, on pourrait aussi dire que le soft a pris quelques rides sur le plan graphique: il fait partie des premiers gros hits de la console, et la Super Nintendo fera, sur le plan visuel, beaucoup mieux par après. Quoi qu’il en soit, chacun appréciera selon ses goûts personnels, mais pour résumer, SCIV est joli, sans toutefois être renversant.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 10Les développeurs ont également mis tout leur savoir-faire dans les musiques, avec des compositions magistrales et nombreuses. Signées par Souji Taro et Masanori Oodachi, certaines sont tout simplement cultes, comme le thème de Simon ou encore Bloody Tears. Elles sont à chaque fois utilisées au moment adéquat pour souligner l’action ou au contraire, pour installer une ambiance plus glauque et pesante. Les bruitages sont également très bien restitués par une Super NES au meilleur de sa forme. Il suffit par exemple d’entendre la grille du premier niveau qui se relève sur votre passage, ou encore les plates-formes de pierre qui s’effritent sous vos pas dans un fracas très convaincant.

Maniabilité et accessibilité au top

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 11La maniabilité de Simon, même si elle nécessite un petit temps d’adaptation, conviendra aisément à la grande majorité des joueurs, et les nouvelles possibilités offertes par le fouet viennent étoffer un gameplay déjà bien solide. Certains joueurs trouveront peut-être Simon un poil trop lent dans ses déplacements (d’autant plus qu’il lui est impossible de courir), mais il est difficile d’en imputer la faute à Konami, puisqu’à l’époque, il s’agissait d’une des caractéristiques de la série depuis le tout premier opus. Tout comme l’impossibilité de sauter depuis un escalier, une autre aptitude qui n’est pas non plus au programme de cet épisode.

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 12Mais ces quelques remarques s’effacent vite devant ses très nombreuses qualités, d’autant plus que le titre est très accessible et que sa difficulté globale est à la fois bien évolutive du début à la fin du jeu et sensiblement moins grande que celle des autres opus estampillés « Castlevania ». Ceci principalement en raison des items présents en nombre, des «continue» illimités et du système de mots de passe implémenté dans le jeu. C’est en tout cas tout bénéf’ pour les joueurs qui prennent la série en cours de route.

La censure est passée par là

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 13Histoire de ne pas trop bousculer voire choquer les jeunes occidentaux, Konami a du procéder à certaines modifications purement «cosmétiques» avant de distribuer son titre aux USA et en Europe. La plus visible concerne la représentation du sang au cours du jeu: celui-ci est rouge dans la version Super Famicom, alors que dans notre version, il devient, comme par miracle, vert (!). Le sang est d’ailleurs purement et simplement absent de l’écran-titre dans notre version (au contraire de la version japonaise).

Super Castlevania IV Super Nintendo screenshot 14D’autres détails moins flagrants ont également été modifiés: la pierre tombale de l’intro ne présente plus ni croix ni le nom de Dracula dans la version occidentale du jeu (assez contradictoire, puisque le texte de l’intro mentionne clairement le nom de Dracula), les statues du niveau 6 se retrouvent habillées dans notre version, alors qu’elles étaient nues sur Super Famicom, et enfin, la police de caractères utilisée pour les mots de passe par exemple est également différente de celle de la version japonaise.

En conclusion

Véritable démo technique de la console à ses débuts, Super Castlevania IV s’est très rapidement positionné comme un des meilleurs jeux d’action/plate-forme de la Super NES. Et pour de nombreux joueurs, il est aussi considéré, à juste titre, comme un des meilleurs épisodes de la série Castlevania, principalement en raison de son ambiance unique, de ses grandes qualités ludiques et de son excellente réalisation. On notera aussi que, grâce à sa difficulté globale moins grande que celle des autres opus, il représente à coup sûr une très bonne entrée en matière pour les joueurs qui n’ont jamais touché à un épisode de la série.

Note Finale
Technique – 8 /10

Si le choix des couleurs (assez prononcées par moment) aura ses partisans et ses détracteurs, il faut bien admettre que Konami utilise déjà de manière optimale les ressources de la Super NES (effets de transparence, mais surtout rotations et scrollings multiples pour les décors).

Musique – 8 /10

On retrouve avec bonheur des thèmes devenus tout simplement cultes, chaque morceau intervenant toujours au moment opportun. Les bruitages sont aussi très bien restitués par le chip sonore de la console.

Gameplay – 8 /10

De nouvelles possibilités pour le fouet de Simon, qui viennent compléter les éléments déjà présents dans la série depuis ses débuts (escaliers, chandeliers…). Aucun souci au niveau de la maniabilité du héros, même si un petit temps d’adaptation est nécessaire.

Durée de vie – 7 /10

Une petite douzaine de niveaux, avec une difficulté globale à la fois progressive et un cran en-dessous des standards habituels de la série. Les "novices" apprécieront.

Innovation – 6 /10

SCIV ne bouleverse pas les fondements de la série et ses acquis passés, les références et autres clins d’oeil aux opus précédents étant même assez nombreux. Mais les évolutions apportées au gameplay sont plus qu’appréciables.

En résumé
Ambiance unique, superbe réalisation : Super Castlevania IV est un des meilleurs représentants de la saga.
9
Culte !

Infos Pratiques
Développé par Konami
Édité par Konami
Sorti le 31.10.1991 (Japon) (*)
Sorti en 12.1991 (USA)
Sorti en 04.1992 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe aussi sur Console Virtuelle (Wii)
(*) appelé «Akumajo Dracula» au Japon
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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Crédits
Infos concernant les différences Europe/USA/Japon en provenance du site de Nashou.
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