ghostbuster en jupon

GS Mikami Joreishi wa Nice Body

Si la Super Nintendo a accueilli son lot de jeux basés sur des héros de dessins animés (principalement de Disney), ce n’est rien comparé à la Super Famicom au Japon. Il suffisait en effet qu’un manga ou un anime connaisse un succès suffisant auprès du public pour qu’il se retrouve adapté en jeu vidéo, avec plus ou moins de réussite.

GS Mikami Super Famicom screenshot 01GS Mikami est un exemple flagrant de cette tendance: un manga et un anime qui cartonnent, et hop, un éditeur (Natsume en l’occurence) nous pond un jeu vite fait bien fait. Signé par Takashi Shiina, le manga de GS Mikami a tout d’abord été publié dans le magazine Shônen Sunday de 1991 à 1999 (39 volumes). Il fut ensuite adapté en anime (45 épisodes, diffusés de 1993 à 1994) et en film d’animation (1993). Apparemment, en ce qui concerne les marchés occidentaux, le film d’animation a eu droit à une sortie sur le marché US via l’éditeur Manga Video. Et au Royaume-Uni, seulement quelques épisodes de la série animée furent aussi proposés en vidéo. Ceci explique en grande partie pourquoi GS Mikami est bien souvent inconnu pour une grande majorité des fans occidentaux d’animation ou de manga.

La Mikami GS Company: une agence d’exorcistes

GS Mikami Super Famicom screenshot 02Le récit fait la part belle à la comédie, tout en mélangeant habilement de l’action et une bonne dose de surnaturel. Dans un Japon imaginaire, la surpopulation et le développement à outrance ont fait perdre leur habitation à de nombreux esprits et fantômes, et ceux-ci se retrouvent obligés de venir hanter des maisons occupées par la population. Pour lutter contre ce fléau, une nouvelle profession a fait son apparition: les Ghost Sweepers (GS). En gros, ce sont des exorcistes qui, contre rémunération, viennent vous débarrasser des esprits un peu trop envahissants. Et parmi les différentes agences d’exorcistes qui ont vu le jour, on trouve la Mikami GS Company, dirigée par… Mikami, et ses deux assistants, Tadao Yokoshima (un jeune adolescent) et Okinu (une fille fantôme).

GS Mikami Super Famicom screenshot 03Tout au long du manga, on retrouve bon nombre de références à la culture traditionnelle japonaise, à la vie dans le monde moderne, et parfois aussi quelques influences en provenance de l’Occident. Les histoires sont indépendantes les unes des autres, mais on a quand même, en toile de fond, une intrigue générale qui permet de développer plus en profondeur les trois personnages principaux, tout en faisant intervenir de manière répétée de nouveaux intervenants.

Je cours, je frappe…

GS Mikami Super Famicom screenshot 04Votre but, dans GS Mikami, est de récupérer six pierres précieuses aux pouvoirs prétendument magiques. Celles-ci sont détenues par des démons ou esprits qui sont autant de boss de fin de niveau. Vous dirigez bien entendu Mikami, et chaque pierre récupérée viendra se placer sur une statue représentant une divinité, Aegis. Une fois la statue complétée, celle-ci aurait le pouvoir d’exaucer n’importe quel voeu. Autant vous dire que nos trois héros sont bigrement intéressés par cette perspective! Le titre de Natsume prend en fait la forme d’un jeu très typé action dans lequel l’héroïne se déplace la plupart du temps de la gauche vers la droite de l’écran, tout en exterminant les fantômes, zombies et autres esprits qui tentent de l’empêcher d’avancer. Pour se défendre, elle dispose d’une seule et unique arme: une sorte de sabre (bâton de prêtresse) qu’elle manie habilement.

GS Mikami Super Famicom screenshot 05À certains moments, elle pourra aussi s’accrocher, à l’aide de son arme, à des plates-formes ornées de chandeliers, pour ensuite, grâce à une petite pirouette (flèche vers le haut sur le pad), se retrouver debout sur ladite plate-forme. C’est une des seules fantaisies que permet votre perso, puisque le seul moyen de tuer les ennemis est d’utiliser votre arme (pas moyen de leur sauter dessus par exemple). On est donc bien dans un soft d’action à forte tendance beat-them-all. L’arme de notre héroïne peut être upgradée grâce à des items contenus dans de petites jarres, ce qui lui permettra, à chaque frappe, de lancer en même temps de petites décharges électriques ou des sortes de couteaux.

GS Mikami Super Famicom screenshot 06C’est aussi dans ces fameuses jarres que vous trouverez des morceaux de gâteau (pour récupérer des coeurs de vie… un classique) ou des attaques spéciales supplémentaires (qui, en début de partie, sont au nombre de trois). Le gros du gameplay est là, et c’est la première déception occasionnée par ce titre. Les petits gars de Natsume ne se sont pas trop foulés pour nous proposer quelque chose d’original: ça sent non seulement le réchauffé à plein nez, mais en plus, l’ensemble manque sérieusement d’originalité.

Niveaux courts et boss (parfois) intéressants

GS Mikami Super Famicom screenshot 07Ce n’est pas tant le nombre de niveaux (six principaux -chacun étant divisé en deux sous-niveaux-, suivis d’un septième niveau et d’un boss final pour clore le jeu) qui pose problème, mais plutôt la longueur de ceux-ci. Car avec une Mikami qui dégomme les ennemis sans difficulté tout en courant à grandes enjambées, on a vraiment l’impression de survoler les différents niveaux pendant une grande partie du jeu. Les environnements traversés sont pour leur part très différents les uns des autres, avec certains en intérieur et d’autres en extérieur. Mais par contre, leur réalisation fait vraiment “cheap”, avec un manque de détails flagrant pour bon nombre d’entre eux. Certains sont, à ce titre, justes passables. Les plus réussis étant ceux du troisième (sur les toits de la ville) et du quatrième stage (dans une sorte de jardin botanique).

GS Mikami Super Famicom screenshot 08Leur level design parvient quand même à éviter la monotonie. Et si dans le premier “report” (nom donné aux stages dans le jeu), vous évoluerez classiquement de gauche à droite, dès le deuxième, vous devrez sauter de plate-forme en plate-forme vers le haut de l’écran. Parmi les stages les plus sympas, on mentionnera le troisième, puisque vous serez sur le dos d’un gros chat courant sur les toits de la ville. Il faudra alors à la fois gérer les ennemis qui vous attaquent et les obstacles, le tout avec un niveau qui défile de manière automatique. Le cinquième “report” fait un peu dans le même trip, puisque dans celui-ci, Mikami survole la ville sur un balai magique (un stage qui, en fin de compte, fait très shoot-’em-up).

GS Mikami Super Famicom screenshot 09Mais ces quelques exemples sont malheureusement les seules originalités que vous trouverez dans le soft. La plupart des ennemis, quant à eux, ne demandent souvent qu’un coup bien placé pour disparaître, à part les zombies et quelques autres où il faudra s’y reprendre à plusieurs fois. Pour vaincre les boss, il faut suivre la même logique: frapper à répétition, même s’il faudra quand même jouer un peu du pad pour éviter leurs attaques. Loin d’être insurmontables, ils opposent quand même plus de résistance que leurs sous-fifres disséminés dans les niveaux. Cette grande facilité qui parcourt le soft de part en part plaide d’ailleurs en faveur de l’orientation très grand public (synonyme ici de “fan service”) de GS Mikami.

Ni franchement beau, ni franchement moche

GS Mikami Super Famicom screenshot 10Sorti en 1993 sur une cartouche de 8Mb, GS Mikami est loin de faire tourner les têtes sur le plan graphique: ni franchement moche, ni beau non plus en somme. Un peu entre deux chaises, le soft de Natsume propose des décors passables et une héroïne qui bouge pas mal, bien qu’ayant une course un peu rigide quand même. Les ennemis rencontrés sont assez diversifiés, mais pas originaux pour un sou. Même triste constat pour les boss, même si ceux-ci s’en tirent un petit peu mieux question originalité. Encore plus que le jeu en lui-même, c’est en fait tout son enrobage qui semble avoir ici fait l’objet d’un soin tout particulier.

GS Mikami Super Famicom screenshot 11Les écrans fixes et autres séquences entre les niveaux (qui racontent le semblant de scénario), tout comme les dialogues lors de ces phases donnent lieu à des persos bien dessinés, tout à fait dans l’esprit du manga. Je suis certain que les fans de l’oeuvre originale ayant acheté le jeu à l’époque ont apprécié à sa juste valeur cet aspect du soft. Maintenant, pour le joueur européen qui n’a aucune référence par rapport à la série, c’est une toute autre histoire. :o( Enfin, les musiques ne parviennent pas à sauver un bilan déjà assez terne. Elles sont pour la plupart répétitives (voire même irritantes, notamment celle du dernier niveau), et les bruitages sont à la fois peu nombreux et manquent de consistance ou d’originalité.

En conclusion

GS Mikami Super Famicom screenshot 12Ghost Sweeper Mikami -Joreishi wa Nice Body- a, dès le départ, toutes les caractéristiques du jeu qui mise sur le succès d’un manga ou d’un anime pour se vendre auprès des fans. Tout l’enrobage graphique du jeu (hors phases in-game) a d’ailleurs été travaillé dans ce sens, avec des persos bien dessinés et un pseudo-scénario qui fait référence à l’oeuvre originale. Allez savoir pourquoi, il faut bien admettre que bizarrement, on prend un certain plaisir à le parcourir, même si on ne peut excuser sa relative facilité et sa courte durée de vie. A faire si vous connaissez le manga et/ou que vous avez envie de goûter à un soft exotique pour épater vos connaissances. ^^;

Note Finale
Technique – 5 /10

Le soft est assez inégal sur le plan visuel, avec des décors passables pour certains niveaux, et vraiment fades pour d’autres. Les petits intermèdes entre les niveaux sont sympas, mais c’est une consolation bien maigre.

Musique – 5 /10

Un tempo nerveux qui rythme l’action couplé à des bruitages assez bateaux. Les thèmes musicaux sont loin d’être originaux, et ont, pour certains, la fâcheuse tendance à se répéter.

Gameplay – 7 /10

Rien de vraiment original côté gameplay: des morceaux de gâteau pour se régénérer, une arme évolutive grâce à des items. La concurrence fait tout aussi bien, et souvent mieux.

Durée de vie – 6 /10

GS Mikami comporte 7 stages. Certains se survolent. Deux ou trois d’entre eux vous prendront un peu plus de temps. Mais les "continue" sont illimités et la progression peut-être sauvegardée par mots de passe. Donc, vous n’y passerez pas des jours non plus.

Innovation – 4 /10

Véritable "produit" qui mise sur son nom pour se vendre, GS Mikami reprend des éléments vus maintes fois dans d’autres titres. Reste son univers manga/anime susceptible de plaire au fans. Pour l’innovation, on cherchera ailleurs…

En résumé
Pris en flagrant délit de “fan service”, GS Mikami n’intéressera que les lecteurs du manga. Et encore…
4
Très moyen

Infos Pratiques
Développé par Natsume
Édité par Banalex
Sorti le 23.09.1993 (Japon)
Pas sorti aux USA
Pas sorti en Europe
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Sauvegarde par mots de passe
Existe sur rien d’autre
Encore + d’images
Vous aimerez peut-être …
Congo’s Caper Kirby Super Star Magical Pop’n Incantation Joe & Mac 3 : Lost in the Tropics ActRaiser 2 Go Go Ackman 2 GunForce
Vous avez aimé ce test ? Partagez-le !
© 2007-14 La Mémoire du Pad | Header de Pnutink pour la MdP | Partenaires | Recrutement | Contact Haut de page