c'est sympa une île paradisiaque

Super Adventure Island

Si vous pensez que la vie sur une île paradisiaque se résume à se balader presque nu sur la plage et à se gaver de fruits exotiques, vous avez tout faux. Demandez plutôt à Mister Higgins, le héros de Super Adventure Island : il en sait quelque chose. Surtout depuis qu’un petit sorcier malfaisant a eu la bonne idée de transformer l’élue de son coeur en statue de pierre…

Un gameplay “à l’ancienne”

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 01Désireux de reproduire sur consoles de salon la formule gagnante d’un certain Wonderboy (qui, petit rappel, était une exclusivité Sega), Hudson Soft débarqua sur la Famicom/NES avec Adventure Island, un titre qui allait connaître trois suites sur la même console (voir plus bas). Par après, avec le carton commercial de la Super Famicom/Super NES, le développeur japonais décida assez rapidement de transposer sa licence à succès sur la nouvelle console 16 bits. Mais autant vous le révéler d’entrée de jeu: si les graphismes de Super Adventure Island ont bien profité des capacités de leur nouvelle console hôte, le gameplay, quant à lui, est resté très typé “8 bits”, avec, notamment, un Mister Higgins qui meurt directement dès qu’il y a contact avec un ennemi (un principe maintes fois vu et revu…).

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 02Notre héros pourra bien par moment monter sur un skateboard (!), ce qui lui permettra de se déplacer plus vite et surtout d’être protégé pour «un seul contact» avec l’ennemi (il perd dans ce cas-là son skate directement), mais c’est le seul type de protection que l’on trouvera dans tout le jeu. Vous devrez donc diriger ce jeune homme vêtu d’un pagne en feuilles de palmier et portant une casquette rouge sur la tête. Soucieux de sauver sa belle, il devra traverser une succession de niveaux dont la faune et la flore sont pour le moins hostiles. Sautillant constamment avec une jolie petite foulée (même quand il fait du «sur place» à l’écran), il n’aura droit, pour se défendre, qu’à un boomerang et à une petite hache en pierre.

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 03Mais attention: il ne pourra les utiliser que s’il ramasse les items correspondants à l’une ou l’autre de ces armes. En fait, au début de chaque niveau, il n’a tout simplement pas d’arme du tout, et dès qu’il en ramasse une des deux, il peut s’en servir à volonté. Le changement d’arme se fait en ramassant l’item de l’autre arme en question (les niveaux sont «blindés» de ce côté-là). Chacune de ces armes pourra aussi être upgradée jusqu’à être transformée en petites boules d’énergie roses: il suffit pour cela de récolter plusieurs fois, en cours de niveau, l’item de la même arme.

Une maniabilité… particulière

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 04Gérer les déplacements de ce cher Higgins ne sera pas non plus de tout repos, puisque la maniabilité très «old school» pourra paraître déconcertante à plus d’un joueur (surtout si celui-ci a été élevé, comme beaucoup, avec des titres dont la prise en main est un modèle du genre: je pense notamment aux différents Mario…). Non pas que la maniabilité soit mauvaise, mais ici, votre personnage devra prendre à chaque fois de l’élan pour effectuer un saut efficace. Si il saute sur place, il ne fera que de tout petits sauts. C’est assez déconcertant au début, et ce choix de la part des développeurs a pour conséquence de rendre certains passages du jeu particulièrement difficiles et délicats (notamment quand il faut progresser sur de très petites plates-formes). Quoi qu’il en soit, que vous adhériez ou pas à ce principe, il faudra faire avec, et un petit temps d’adaptation sera nécessaire pour vous sentir vraiment à l’aise.

Vous n’êtes pas allergique aux fruits tropicaux j’espère ?

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 05Autre caractéristique propre à Super Adventure Island, l’énergie d’Higgins est représentée en haut de l’écran par une jauge faite de petits rectangles jaunes. Sa particularité? Quoi que vous fassiez, elle diminue inexorablement, et si elle est vide, le verdict est sans appel: vous perdez une vie. C’est là que les fruits interviennent (on en trouve à tout bout de champ, tout au long des niveaux): en les récoltant, la fameuse jauge se remplit à nouveau, vous évitant ainsi de mourir «prématurément». En étant un peu curieux, vous aurez aussi l’occasion de dénicher de tout petits stages «bonus» (accessibles via une petite étoile), idéaux pour récupérer dans votre escarcelle une précieuse vie supplémentaire. Et à propos de vie justement, le score est, comme dans bon nombre de jeux typés «action/arcade» d’une importance capitale, puisque vous recevrez un 1up supplémentaire par tranche de 50 000 points.

Un décor paradisiaque… ou presque

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 06Comme je l’ai déjà mentionné, sur le plan visuel et surtout en comparaison des épisodes NES, Super Adventure Island profite bien des 16 bits de la console. Les différents décors du jeu sont variés, avec un graphisme mignon et coloré, qui reste malgré tout assez simple (certains diront «simpliste») dans ses traits. Mais un bel effort a été fourni par Hudson Soft pour rendre le soft attractif. Côté animation, on sent par contre à nouveau que la franchise a vu le jour sur 8 bits et qu’Hudson Soft se contente de reproduire une formule éprouvée: l’animation d’Higgins est honnête, correcte, avec un sprite de bonne taille, mais c’est monnaie courante sur la Super NES.

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 07Pour les ennemis, on en vient à la même conclusion, même si dans leur cas, les animations sont très sommaires et ne comptent que peu d’étapes. Les optimistes diront que Super Adventure Island fait bien évoluer la licence tout en ne reniant à aucun moment ses origines «8 bits». Pour ma part, je dirais plutôt qu’Hudson ne s’est pas foulé plus que ça pour faire évoluer son «bébé» et lui donner une forme et un fond plus en accord avec leur temps (on était quand même en 1992 quand le jeu est sorti!).

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 08Par contre, une des -très- bonnes surprises de ce titre, ce sont les musiques. Toute la partie musicale du jeu est signée Yuzo Koshiro, et on peut dire que notre homme est parvenu à tirer profit du chip sonore de la console de fort belle manière. Super Adventure Island s’appréciera donc aussi avec les oreilles, tout autant qu’avec les yeux, sur fond de morceaux très «funky», avec des beats bien placés et des sonorités par moment très “hawaïennes” (vous me direz que ça tombe bien pour un jeu qui se déroule sur une île ^^; ). Un pur bonheur.

Une licence pressée comme un citron

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 09La franchise « Adventure Island » a évolué en parallèle sur différentes machines. La Famicom (NES) japonaise a accueilli le premier opus en 1986 (en même temps que sur les ordinateurs personnels MSX). Ce premier volet sortira par la suite sur les NES américaine (en 1988) et européenne (en 1992). Au final, ce sont pas moins de quatre épisodes qui verront le jour sur la 8 bits de Nintendo (tout du moins pour le Japon). Durant la même période, la série se retrouvera aussi dans les catalogues de la PC Engine, du Game Boy et de la Super NES (avec 2 titres pour cette dernière). Histoire de participer au grand mouvement de recyclage des vielles gloires du jeu vidéo, Hudson a aussi ressorti Adventure Island dans la série « Famicom Mini Series » sur Game Boy Advance.

Super Adventure Island Super Nintendo screenshot 10Après une période creuse, la série fera ensuite reparler d’elle en 2003, sur Gamecube et PlayStation 2 cette fois, avec la sortie d’un remake présent sur la galette « Hudson Selection Vol. 4 Adventure Island » (toujours au Japon). En 2005, les fans japonais ont aussi eu l’occasion d’essayer Super Adventure Island sur leur téléphone mobile, mais cette version était bien différente de l’originale sur Super NES que nous testons ici. De nos jours, en tant que joueurs européens, le moyen le plus simple de jouer à Adventure Island est encore de posséder une Wii: d’une part, la version PC Engine/TurbographX est dispo sur la console virtuelle depuis février 2008, et d’autre part, un remake totalement inédit sorti sur le Wiiware en avril 2009 permet de goûter à une version modernisée de ce grand classique.

En conclusion

En arrivant sur la Super NES, les aventures de Mister Higgins se parent de graphismes plus flatteurs qu’auparavant, mais le gameplay n’a quant à lui pas évolué d’un pouce (par rapport aux épisodes NES s’entend). Un «détail» qui fera grincer les dents de bon nombre de joueurs (notamment les plus «jeunes»), peu habitués à se frotter à des titres aussi ardus/arides dans le gameplay. C’était déjà vrai à l’époque, ça l’est encore plus aujourd’hui. Pour conclure, on dira qu’à défaut d’être un très grand hit 16 bits, ce premier volet estampillé «Adventure Island» restera à tout le moins un bon jeu, digne représentant d’une licence «historique» du jeu vidéo, dont on se souviendra avec nostalgie.

Note Finale
Technique – 6 /10

De belles couleurs, prononcées, pour des environnements au design simple mais finalement sympas. L’animation est sommaire tout au long du jeu, mais les sprites sont de bonne taille, et ce, du "petit" ennemi au gros boss de fin de niveau.

Musique – 7 /10

Etonnant de voir l’effet des musiques de Super Adventure Island sur le joueur lambda: la bonne humeur est de rigueur et les sonorités de certains morceaux font très "musique des îles". Vraiment top.

Gameplay – 7 /10

Déconcertant pour ceux qui ne connaissent pas la série, Super Adventure Island a conservé un gameplay fort basique hérité des volets précédents sur 8 bits. Ca pourra en rebuter certains.

Durée de vie – 8 /10

Si les premiers niveaux se passent sans encombres, la difficulté augmente rapidement, d’autant plus que le gameplay au millimètre ne laisse passer aucune erreur du joueur et que certains passages s’avèrent assez "chauds".

Innovation – 5 /10

La démarche d’Hudson n’est pas originale ou audacieuse: on pousse un peu les graphismes parce qu’on est sur 16 bits et on ressort les mêmes principes de jeu qu’auparavant.

En résumé
Un bon jeu, paré de graphismes 16 bits, mais dont le gameplay n’a pas évolué depuis la génération 8 bits.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Hudson Soft
Édité par Hudson Soft
Sorti le 11.01.1992 (Japon) (*)
Sorti en 04.1992 (USA)
Sorti en 1992 (Europe)
action / plate-forme
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
(*) appelé «Takahashi Meijin no Daibôken Jima» au Japon
Plus Loin
Le "vrai" Mister Higgins existe en chair et en os! Si si, je vous assure! Découvrez-le dans cet excellent article rédigé par Sanjuro. Étonnant!
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